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 [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]

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Eressëa S. Hravan


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Magie : Je suis dans ton ombre ♥️.
Localisation : Qui sait ? ~
Occupations : Chaparder, détrousser, tromper, faire chanter, abuser...
Humeur : Qui vivra verra ♫ !


MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Sam 3 Avr - 16:48

    Il y a la démence pure, la folie fantasque, l’excentricité aliénée, la bizarrerie biscornue et… La stupidité.

    ✖️

    Orange, Noir, Vert, Rouge…
    Citrouilles, lanternes, crânes, fantômes…
    Lumières, sorts, enchantements…
    Fête, joie, rires, hurlements et…
    Frivolités ?
    Le bal d’Halloween.

    Eres entra dans l’animation ambiante, s’y mêlant avec l’aisance propre aux mauvaises graines qui se sentent partout chez elles. Rater une si belle fête ? Pour rien au monde ! Distraction garantie, boissons légalement gratuites, bourses clinquantes à porté de main, anonymat assuré et femmes en abondance, il fallait être fou pour rester chez soi ! Et il avait promis de ramener une belle citrouille à une rousse de sa connaissance. Croisant un superbe spécimen des coloquintes, il la fixa droit dans les triangles et esquissa un rictus railleur au regard de sa démentielle grimace édentée : quelle bonne tête.

    Pour l’occasion, le voleur avait hésité : discret ou tape-à-l’œil ? Juste milieu. Son égo l’emportant souvent sur sa prudence naturelle l’avait fait opter pour le costume typique du magicien fantasque, imposant l’ample cape au large col et le chapeau haut de forme tandis que son besoin de réserve et sa prévoyance avait réussi à maintenir le déguisement intégralement noir, couvrant son regard d’un loup aux longs yeux de biche.
    Si élégamment paré, le larron se glissa jusqu’au bar, croisant une superbe femme qui trainait derrière elle un pauvre gamin. Grande sœur énervée, mauvaise blague d’une crapule en herbe ? Quoi qu’il en soit, la scène le fit sourire. Se saisissant d’une flûte à champagne où s’émoustillaient de petites bulles oranges dans un liquide violet, il contempla un instant la mixture d’un air circonspect et décidant qu’un empoisonnement serait très mal venu à cette fête, y trempa ses lèvres. Doux, sucré et pas mauvais.
    Une mine espiègle au visage, il commença son repérage. Il n’était pas si difficile de reconnaitre les bonnes pêches : la qualité de certain déguisement témoignait des moyens des déguisés, et même si Eres n’était pas venu pour travailler… Alléger une ou deux dames de leurs si jolis bijoux ne pourrait faire de mal à personne.
    Vidant son verre, il avisa la jeune femme accoudée au comptoir à côté de lui. Si elle n’avait pas forcé sur la créativité, son habillement de soirée n’en était pas moins somptueux et son air morose de cavalière sans cavalier ne put qu’inciter Eres à l’inviter. Elle accepta avec un enthousiasme difficilement contenu et le couple entra sur la piste de danse.


    Le chenapan valsait avec cette grâce leste et souple dont la nature l’avait si généreusement doté, guidant le plus courtoisement du monde sa compagne et soutenant une conversation un peu trop superficielle à son goût, mais fort agréable aux oreilles de sa partenaire qui s’émerveillait des réponses vives et pleine d’esprit de son sauveur de la soirée.
    Le temps s’écoulait, ils prirent un autre verre, une autre danse… Et Eres commençait à se lasser du babillement infantile de la délicieuse enfant qui -hélas !- avait entreprit de lui raconter toutes les péripéties de son excitante existence de fille de pêcheur… A l’aube d’un nouveau saut dans le passé, et alors qu’ils déambulaient au bord de la piste, la canaille se décida à passer au stade supérieur de la rencontre. Cependant, un évènement d’une ampleur considérable l’en empêcha.


    ✖️
    Oppression. Suprématie. Puissance.

    Eres n’avait jamais étudié à l’Académie, mais son instinct de préservation lui avait appris à estimer et reconnaitre le Potentiel des sorciers. En ce cas de toute façon, même le plus buté des ignorants aurait pu sentir qu’un monstrueux personnage approchait.
    Soufflé, le voleur tourna les yeux vers la source du deferlement de puissance : l’illuminé qui s’était désigné leur chef accostait la statue d’Uen. Eres fronça les sourcils : n’était-ce pas là que la tête de la rébellion avait fait son appel… ? Riposte alors ? Sund, pour sa toute première apparition en publique décidait de gifler les résistants en pleine face. Provocation. C’était dangereux : pour peu que ceux-ci se sentent trop offensé pour rester de marbre, cette fête d’halloween serait la plus sanglante de l’histoire de l’humanité. Cependant le Neutre estima Gabriel Jewell suffisamment intelligent pour ne pas houspiller ses chiens à l’attaque. Et il n’était pas si simple de maintenir ses idées de rebellions avec une telle pression sur les épaules…


    Quoi qu’il en soit, il était hors de question pour la crapule de rester dans les parages : il ne croyait pas spécialement au pouvoir absolu du Grand Malade, ça lui paraissait un peu gros, mais cette démonstration de potentiel lui suffisait pour se sentir largement menacé. Qu’il y ait un « truc » ou pas, il ne fallait pas rester là.

    « A genoux, citoyens. »

    De quoi ? Pour peu, si l’ambiance s’y était prêtée, Eres aurait éclaté de rire ! Il y avait vraiment des gens allumés sur cette île, « à genoux » rien que ça ! Avec en plus un ton glaciale emprunt d’un sérieux assez hilarant compte tenu de la demande… Quelle blague ! Décidemment, il n’y avait pas à tergiverser et déjà, Eres s’employait à disparaître du théâtre.
    Ainsi allait-il s’effacer avant que cela ne se remarque quand… au beau milieu de la foule qui s’abaissait, il nota un petit bout de femme brun qui jouait des coudes avec ardeur… Par cette catin d’Uen, Misaki ! Qu’est-ce qu’elle fichait là ? Tiraillé entre son instinct de survie et son sens de l’honneur, Eres jura ; la rebelle avait arrêté sa cavalcade vers la gueule du loup, mais ne semblait pas vouloir poser les genoux à terre.


    Raaah… Au diable cette chipie ! Le voleur fit volte-face, avant que l’immobilité de la foule ne soit complète et arrivé à hauteur de la cadette Kurohana, il la contraint à descendre d’un étage.

    « On a des tendances suicidaires ? » chuchota-t-il, aigre.

    Elle ne semblait pas très réactive, tant mieux. Il garda cependant une main sur son épaule, au cas où une idée particulièrement idiote traverserait l’esprit de la jeune opposante.
    A vrai dire, peut-être aurait-ce été le cas… Mais l’acte suivant de la pièce souffla un zéphyr lugubre sur l’assemblée.


    « Non. »

    Il y a la démence pure, la folie fantasque, l’excentricité aliénée, la bizarrerie biscornue…
    Eres n’y vit que de la stupidité.
    Un type se tenait là, bien droit, fier et ferme, debout au milieu de la soumission, tenant tête au tyran. Il fallait vraiment être le plus fini des crétins pour sacrifier sa vie de la sorte. Pourtant, Eres ressentit une vague de sympathie, d’estime et de compassion envers ce rouquin si effronté. Stupidité géniale ? Il aurait approuvé le concept.


    Voleur si froid envers le monde, Eres gouta cependant la pointe d’amertume qui l’envahi lorsque l’impudent se fit mettre en pièce. Par une femme dont on ne vit que la chevelure grise avant qu’elle ne se transforme et réduise en charpie l’insolent. Les traits d’Eres se durcirent : une femme au milieu de tellement d’autres… Personne n’était à l’abri nulle part, décidemment. Un tueur fanatique un peu trop grisé par la puissance d’un toqué égocentrique pouvait se cacher derrière chaque visage.
    Il ne détourna pas le regard, assistant de son impuissance cet inconnu qui mourrait pour ses convictions, lui laissant une place dans sa mémoire.
    L’unique chose qu’il put faire pour lui.


    Le petit corps qu’il maintenait encore se recroquevilla, vaincu par une infinie douleur. Apparemment, pour la jeune Misaki l’exécuté n’était pas qu’un inconnu. Il n’essaya pas de la consoler, ce n’était pas à lui de le faire. Plus tard, elle trouverait bien quelqu’un avec qui pleurer…

    Les derniers restes de celui qui était mort pour avoir osé prononcer un mot contre le dictateur partirent en fumée, qu’importe du fait de qui. Une odeur de chair brûlé embauma l’air, ajoutant à l’angoisse et au sanglant une touche de sinistre.

    Une main toujours sur l’épaule de sa protégée, Eres attendit patiemment la suite, un air sévère au visage.
    Qu’y avait-il d’autre à faire, de toute façon ?

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Ed'wina Elmingürr

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Magie : † Faire de son corps le plus dangereux des poisons ou des somnifères, doux mélange d'eau et de terre.
Localisation : † Dans l'ombre de Sund
Occupations : † Etudiante et Capitaine des Services Secrets
Humeur : † Extrêmiste non pacifique


MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mer 7 Avr - 0:14

We share the good times…



    L’histoire ne serait pas ce qu’elle était si nous le ne la prenions pas à son origine.
    Pour la présence d’Ed’wina à ce stupide bal, il en était exactement de même. Reine des reines et gamine particulièrement horripilante il y avait encore quelques mois à peine dans son petit orphelinat loin de Waterin et de tous ses problèmes, l’actuelle capitaine des Services Secrets aimait par-dessus tout se mêler à une foule de jeunes ignorants en songeant qu’elle aurait pu en faire partie. Après tout, quelle vérité pensait-elle détenir ? Savoir qui était Sund ? A la bonne heure ! Cela, elle l’ignorait et elle ignorait bien entendu qu’elle l’ignorait. En bref, elle pensait connaître le Maître les lieux mieux que personne et c’était certainement la raison pour laquelle son magnifique petit postérieur se trouvait écrasé sur un haut tabouret aux côtés d’une des grandes dessertes qui occupait une bonne partie du chapiteau.
    Pour narguer les autres.
    Mais une chose était parfaitement claire, elle s’ennuyait à en mourir et l’homme de tous ses songes n’avait toujours pas montré le bout de son nez.

    Ed’wina ne devait pas aller à la fête.
    Enfin ça, c’était au début.
    La jeune fille déambulait plus ou moins joyeusement dans les couloirs sombres du château. L’obscurité lui convenait, elle camouflait avec dédain sa peau, ses cheveux, ses lèvres sans aucune couleur, sans aucune saveur. Elle visitait, au hasard de ses pas sautillants, armée d’une tenue légère et frivole, l’immense demeure qu’elle avait rejointe. Les pièces se succédaient, ennuyantes et ternes, à son image, sans jamais présenter à la petite faiseuse de poisons leurs secrets les mieux gardés. Ed’wina allait abandonner sa quête désespérée d’aventures quand au détour d’un couloir, elle aperçut le soyeux délicat d’une robe inconnue. D’accord, la robe l’était, pas sa propriétaire. L’agaçante Nailah se mouvait avec grâce dans les couloirs et s’éloigna en adressant un regard méprisant à sa jeune subordonnée. Ed’ fronça les sourcils. Elle n’avait même pas eu le temps de lancer une pique somme toute habituelle que la Vipère se trouvait déjà hors de vue. Un air suspicieux se peignit sur son visage et elle passa la tête par la porte de la pièce que Nailah venait de quitter.
    Et l’admiration fut.
    Non pas qu’elle se mit à aduler subitement son Commandant détesté, non. Mais ce fut plutôt ses yeux qui se mirent à papillonner devant le spectacle des centaines des tenues qui s’étalaient à sa vue qui la ravit. Jamais rien, à part peut-être la voix de son bien-aimé, ne lui avait autant plu. La jeune fille s’avança dans la grande pièce qui prenait à chaque pas des allures de cavernes aux milles merveilles, l’entourant de toutes ces robes divines.
    Soudain, ses yeux émerveillés furent attirés par un présentoir aux couleurs sobres. Des masques. Des masques en tous genres, principalement des loups, aux couleurs diverses et aux styles variés.
    Obnubilée par la présence de Sund, Ed’wina en avait oublié ce fameux Bal d’Halloween. Son visage prit une teinte horrifiée et profondément choquée : avait-elle seulement perdu la tête ? Un événement aussi important que celui-ci nécessitait la présence du dirigeant, aussi tyrannique soit-il. Et que faisait-elle encore là, au château, alors que Sund devait déjà être sous les lumières orangées de la fête des Morts?

    Une ironie en soi.
    Insouciance de l’innocente enfance.



    We share the music…



    Ed’wina se saisit au hasard d’un des luxueux masques du présentoir –elle s’arrangerait plus tard avec sa propriétaire, quitte à finir en rôti- et sortit en trombe de la pièce pour regagner sa lugubre chambre. Le divin loup qu’elle avait « emprunté » était certainement la chose la plus sobre qui pouvait se faire. Et contre toute attente, il était d’un blanc nacré, discrètement bordé de fines perles noires. Le genre de masque qui ne passait pas inaperçu malgré sa simplicité.

    Parfait, tout simplement parfait.

    La question de la tenue ne posa pas plus de problème et elle bondit dans la seule robe capable de convenir à une fête telle d’un Bal d’Halloween. Il s’agissait d’une création de Nailah. Etrange, n’est-ce pas ? N’allez pas chercher bien loin, il était tout simplement question de choix entre donner cette robe ratée à la gamine écervelée ou la jeter tout simplement à la poubelle. Et plutôt que de gâcher une pièce qu’elle avait tout de même exécutée avec soin, la jeune femme l’avait gracieusement offerte à sa petite Capitaine. Une robe à l’origine d’une longueur tout à fait respectable, allant caresser de son tissu sombre et doux comme le vent les genoux de la jeune fille. Mais connaissant le peu de respect que cette dernière vouait à sa supérieure, la jolie robe, quoique ratée au niveau des manches qui retombaient sans formes sur ses maigres bras, fut mise en pièces. Oh ! Pas complètement déchirée, loin de là ! Ed’wina aimait beaucoup customiser, c’était certain. Aussi, le vêtement se retrouva coupé au plus court, de façon à tout juste couvrir les fesses plates d’Ed’wina, les manches retirées et un énorme ruban blanc noué autour de la taille. Une robe originale, sobre, cela tranchait avec le caractère décalé de la jeune fille. Ses énormes bottes cloutées lui servirent de chaussures et sans plus de manières, elle s’élança vers l’endroit où se tenait le Bal : la Place publique.

    Bien entendu, le Maître ne noterait même pas son absence
    Après tout, les masques dissimulant chacun des traits du visage servaient à cela.



    We share the one dream…



    La fête battait déjà à son plein lorsqu’Ed’wina arriva.
    Sur le chemin, fait en courant, ses cheveux avaient pris une jolie teinte rousse qui contrastait avec la bichromie de sa tenue et ses courtes mèches s’échappaient de ses macarons du matin. Ses yeux, perçants, lançaient des éclairs à quiconque la regardait à travers le loup blanc. Sa robe provocante ne couvrant que le nécessaire ne la gênait absolument pas et elle se chargerait de faire comprendre à qui la toucherait qui était le plus fort.
    Sauf Sund, bien sûr.

    Son arrivée sur les lieux ne changea en rien l’atmosphère et la faiseuse de poisons fut profondément vexée de ne pas provoquer plus de remous dans la foule que cela.
    Pas contrariante du tout…
    Il fallait croire que même costumée comme une adulte, la jeune fille ne pouvait mentir sur son corps et se faire passer pour telle. Son regard d’obsidienne balaya la foule et tomba tour à tour sur Nailah qu’elle reconnut aisément au bras d’un homme inconnu et sur une tignasse rousse qu’elle identifia comme appartenant à cet homme qu’elle avait violemment menacé un jour dernier. Les autres, elle avait dû en croiser certains mais les masques empêchaient toute identification.
    Plantée comme elle l’était non loin de la piste de danse, droite comme un i et un léger sourire flottant sur ses lèvres grises, il était presque normal qu’elle soit conviée pour une danse. Le pauvre homme reçut un discret coup de genoux à l’entrejambe.

    « Dégage. »

    Un geste presque naturel, mécanique pour la gamine aux mille poisons.
    Comme si de rien n’était, et d’un pas décidé, elle laissa le malheureux choir dans cette foule et gagna le buffet.

    Un brin excentrique, celui-ci ne plaisait pas trop à Ed’wina. Pour commencer, il était fort en couleurs et ensuite, il recelait de mets les plus étranges. Non pas qu’elle fut effrayée de goûter à ces choses inconnues, mais elle trouvait cela d’un genre plutôt douteux.
    Et s’ils avaient été préparés par les Résistants dans l’espoir de tuer Sund ?
    Se laissant une fois de plus emporter dans ces fausses idées, Ed’ prit autant de coupes colorées qu’elle le put pour les goûter avant que le Maître n’arrive et chercha du regard un endroit où s’asseoir. Elle dénicha un haut tabouret non loin de l’endroit où elle se trouvait et s’y assit, un œil constamment fixé sur l’entrée, dans l’espoir de voir apparaître son fantasme personnifié.

    Si seulement elle savait que l’homme de tous ses rêves était déjà là, sous une autre identité…
    Mais ça, tout le monde l’ignorait…

    Elle commença à vider les verres un à un, sans jamais rien trouver de suspect.
    Le quatrième fut celui de trop. D’un rose fuchsia, il dégageait une légère brume et un parfum de mûre odorante. Rien de bien équivoque somme toute. Pourtant, ses lèvres furent à peine trempées dans le liquide sirupeux que sa tête fut lourde et chargée de sommeil.
    Sur son tabouret, au beau milieu du Bal d’Halloween, Ed’wina s’endormit. Le verre tomba sur le sol et éclata, déversant son contenu sous le buffet.
    Alcool.
    Mal être d’une société… D’accord, surtout de la jeune fille qui le tenait apparemment très mal.



    We share the one Love…



    Ce fut l’immense afflux de magie qui réveilla la gamine.
    Sa respiration se bloqua quelque part dans sa poitrine et elle se mit à suffoquer, se délectant de chaque vague oppressant un peu plus son frêle corps. Cette puissance, elle ne l’avait sentie qu’une seule fois, à une moindre échelle pourtant, il y a un peu plus d’un an, à la fin de cette année de tortures.
    Sund.
    Un sourire radieux et libidineux à la fois se dessina sur les fines lèvres de la jeune fille.

    « A genoux, citoyens. »

    La voix de Sund fit perdre la tête à Ed’wina.
    Elle ne s’agenouilla pas.
    Non. Elle se laissa littéralement tomber par terre depuis son perchoir, écorchant ses genoux blancs et écrasa son front sur le sol, se blessant à nouveau. Rien n’était assez douloureux pour prouver son amour.
    La magie de son bien-aimé lui tournait la tête et lui procurait mille frissons.
    Son souffle redevint peu à peu normal et elle allait relever lentement la tête pour observer le Maître quand une voix retentit au milieu de toutes ces rumeurs sans nom. Une voix claire, sans appel.

    « Non. »

    La voix d’un suicidaire.

    Ed’ releva brusquement la tête et chercha l’impertinent de son regard qui se fit de braise. Tout comme ces cheveux. Evidemment. Elle aurait dû s’en douter, se douter que ce mec pervers était un Résistant qui ne pouvait causer que des problèmes à la société.
    Evidemment.
    Sa prunelle glissa vers Sund, quémandant à travers le masque nacré l’autorisation d’achever cet insolent. Elle ne l’eut pas. Car en une fraction de seconde, la partenaire de danse de l’impudent James fut sur lui. Une créature pas vraiment humaine, tenant plus de la louve que d’autre chose, une créature devant certainement être de la même trempe que la petite Wina. En plus excessive et douée de toute évidence…
    Et le massacra en bonne et due forme, aussi bien qu’elle n’aurait jamais pu le faire elle-même.

    Son regard ne put s’en détourner.



    We share the one World.



    L’hémoglobine gicla et un sourire sadique se peignit sur le tendre visage d’Ed’wina.

    En soi, il était plutôt étrange pour la jeune fille de voir couler le sang, quel que fut la victime. Après tout, cette douceur écarlate restait son arme fétiche et savoir que d’autres qu’elle possédait également le Précieux lui paraissait parfois bien dur à accepter. Ici, en l’occurrence, voir James se faire saigner lui donna plus l’envie de se jeter sur son cadavre pour boire le sang à la source que de s’apitoyer sur son sort.
    Une goutte du liquide vermeil ayant éclaboussé son fin visage, Ed’wina sortit un petit bout de langue pour la cueillir sur sa pointe. Au coin de la bouche, une trace écarlate demeura, donnant à ces traits d’ange les allures du Malin en personne.

    Alors que son regard partait dans des méandres ténébreux de ces délices sanglantes, il revint sur le corps sans vie de James lorsqu’une vague de chaleur envahit l’atmosphère déjà viciée et le cadavre prit feu, sans que personne ne sache d’où venait ce Potentiel. Un coup d’œil sombre à son impériale supérieure lui apprit tout de même que ce bûcher venait d’elle.
    Le plaisir lui fit oublier de craindre ce feu destructeur.
    Elle aussi aurait aimé participer gaiement à ce joyeux massacre.
    Ses yeux revinrent se poser sur James.

    Tas de cendres et d’os blanchis.
    Un immense sourire se peignit sur ses lèvres.
    Mort. Ineffable vérité.
    Sadisme.


Dernière édition par Ed'wina Elmingürr le Mer 14 Avr - 18:49, édité 1 fois
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James Catterson


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Magie : Magie de Feu, surtout. Et quelques facultés dans le domaine de la télékinésie.
Occupations : Charmer, fumer, offrir des fleurs, s'extasier, se pavaner... etc.
Humeur : Frivole.


MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mer 7 Avr - 18:10

Le feu. Il aimait le feu.

    { Une explosion de sensations, une explosion de lumières, une explosion de couleurs, une explosion de sang, une explosion de douleur, une explosion de plaisir, le cœur qui bat, qui bat trop fort, le sang qui coule, qui coule hors du corps, la douleur qui s’insinue, qui s’insinue dans chaque veine, dans chaque membre, dans chaque partie du corps, la douleur trop forte, la douleur trop forte qui devient bonheur, la douleur trop forte qui devient plaisir, la douleur trop forte qui dévaste, inonde, écrase, déchire, recouvre, tord, envole, lave, anime, détruit, tue. L’âme, le corps, l’esprit, détachement insupportable, union intégrale, séparation infinie. Brutalité, douceur indéfinissable, unité des sensations existantes et inexistantes.

    Le paroxysme de la douleur qui devient jouissance intégrale, pensées de l’instant qui s’écoulent avec le reste du liquide vermeil vital au fonctionnement de la machine. C’est con mais qu’est-ce que c’est bon. Les derniers battements d’un cœur qui se vide de son sang, instant suprême, sentir, ressentir, subir ou vivre, peu importe, il était ce cœur. Mince, moi qui avais promis une danse à Misaki… Le sang qui coule, qui coule, qui coule, le noir total qui entoure, qui enveloppe, terrible, effrayant, rassurant, annonciateur. Ils auraient pu éviter de lacérer ma jolie gueule, quand même… Vraiment aucun respect, même pour les morts. Dernier tressautement, une esquisse difficile de sourire qui se dessine délicieusement sur les lèvres, fantôme immuable d’une excentricité qui sera éternelle.

    Explosion, explosion suprême, overdose de sensations, blackout, la fin du commencement, commencement de la fin, passage, brutalité, douleur, plaisir, ataraxie, sublimation, détachement, légèreté, liberté. Mourir. Etre en cessant d’être. Rideau d’obscurité, rideau de tranquillité, rideau d’insensibilité.

    Extinction.

    Néant.


Mort.

Douce.
Cruelle.
Douloureuse.
Implacable.
Dévastatrice.
Jouissive.
Libre.
Magnifique.

Salvatrice.
}
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Gabriel Jewel

Sund - The Master.

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Jeu 29 Avr - 14:00

    Le bal était un évènement en soit, cela faisait des semaines et des semaines qu’on en parlait. Mais à l’avenir, on ne se souviendrait de ce jour que comme celui de la première apparition de Sund. Et de celui du premier résistant tué, James Catterson. Si l’habitude de fêter les morts – Ô tragique ironie – avec ce bal se perdait à l’avenir, la date resterait malgré tout d’une importance capitale pour l’Histoire de l’île. Et surtout, plus que par l’avenir qui restait bien obscur pour Sund lui-même, les évènements de cette soirée marqueraient la plupart des convives pour longtemps. Car Sund était venu, comme la rumeur l’annonçait, il s’était présenté face aux habitants qu’il fuyait pourtant depuis sa prise de pouvoir, et pire encore, il avait très bien pu envoyer quelqu’un à sa place : qui pouvait réellement savoir si cet homme encapuchonné, enveloppé dans une cape trop large, était vraiment le tyran ? D’autant plus qu’il avait fait de son mieux pour que personne ne reconnaisse Gabriel en lui. Oui, vraiment, il pensait son plan parfait. Fourbe à souhait. Il ne voyait absolument pas comment on pourrait lui gâcher cette soirée.

    Les premiers signes de la catastrophe à venir se montrèrent dès que l’ordre claqua. Certains s’agenouillèrent sans faire d’histoire. D’autre, au contraire, restait obstinément debout. Sund décida de leur laisser un peu de temps, ennuyé à l’idée de devoir tuer trop de gens. Ses yeux dissimulés se posèrent tout d’abord sur Starfield. Elle était l’un des dangers potentiels de la soirée. Malgré son apparence de poupée inoffensive, elle détenait un pouvoir destructeur si puissant qu’en venant au pouvoir, le tyran n’avait pas hésité une seule seconde pour être sûr qu’elle se range de son côté. Or, il savait parfaitement qu’elle n’aimait pas sa condition. Elle pouvait parfaitement tenter de profiter de cette soirée pour le supprimer, et devenir ainsi aussi libre que les habitants. Et surtout, en pareil cas, la supercherie serait découverte avant même qu’il n’ait le temps de s’amuser, et sans même qu’il puisse connaître leurs réactions à tous, lorsqu’ils apprendraient que Gabriel Jewel et Sund ne faisaient qu’un. Mais elle s’était agenouillée, elle. C’était le garde du corps qui posait visiblement problème, lui jetant toute sa haine au visage par son simple regard. Devoir le tuer ennuierait profondément Sund, qui préférerait mille fois ne voir aucun mort durant cette soirée. N’avait-il pas fait suffisamment couler le sang ? Mais s’il fallait un mort pour l’exemple, devant tous, très bien, il mourrait. Ce plan simple, il n’eut bien heureusement nullement besoin de le mettre en œuvre. Car Einleen intervint. Elle avait sauvé un opposant. Sund décida de ne rien lui dire dans l’immédiat mais, peut-être, de lui en parler plus tard. Il verrait bien. De toute façon, il ne garda pas longtemps son attention sur elle.

    C’est sur Misaki, qu’il venait de quitter sans même qu’elle sache qu’il était de retour, que ses yeux se posèrent ensuite. Elle aussi, elle restait debout. Cela ne l’étonnait guère mais, paradoxalement, un drôle de sentiment lui serra les entrailles. C’était fourbe, c’était moche, c’était… De l’angoisse. De l’inquiétude. Une peur profonde et bien réelle de la voir mourir ce soir. Superficiellement, il s’agaçait de se sentiment tout en se disant qu’il ne s’agissait ni plus ni moins d’un manque de désir de perdre celle qu’il considérait, dans son double jeu, à la fois comme son meilleur jouet et sa meilleure alliée. En réalité, il le savait pertinemment, au fond, il était juste inquiet à l’idée de la perdre, elle. Elle qui ressemblait tant à la personne qu’il avait à la fois le plus aimée et le plus haïe, mais surtout elle à qui il s’était attaché, indéniablement, sans même s’en rendre compte, à force de vivre à ses côtés. Et c’était cette épreuve, ce risque de la voir disparaître de sa vie, elle aussi, comme tant d’autres, qui le faisait vraiment réaliser son attachement. Quel idiot. Il allait finir par la perdre, il le savait, puisqu’il se lasserait bien de son double jeu un jour ou l’autre. Et peut-être qu’avant cela, on le démasquerait. Elle ne lui pardonnerait sûrement pas tous ses actes, tous ses mensonges. Et ce même si elle le voyait au quotidien perdre du poids, ravagé par l’angoisse et la culpabilité. Gabriel fronça les sourcils. Même s’il était amené à la perdre un jour ou l’autre, il ne voulait pas qu’elle meure. Pas ce soir en tous cas. Malheureusement, il ne pouvait rien faire. Quoi que… Il songea, un instant, à manipuler l’esprit de quelqu’un de suffisamment puissant pour la faire ployer. Mais il n’eut une nouvelle fois pas à agir puisqu’un homme, inconnu parmi tous les inconnus de ce bal masqué, la fit lui-même s’assoir. Parfait. Vraiment, parfait.

    Son attention fut retenue par une pensée qui lui était directement adressée. Nailah. Il posa rapidement ses yeux sur ce fameux gamin, mais il n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit. Son regard fut attiré ailleurs. James Catterson avait dit « non ». Un mot simple. Un mot court. Le dernier mot de l’exubérant personnage. Cela embêtait énormément Sund. Il aurait mille fois préféré qu’il s’agenouille sans faire d’histoire. Mais déjà, Chazera était sur lui. Il aurait put l’en empêcher, mais cela aurait été si louche qu’il se contenta de fermer les yeux pour ne pas voir le massacre, heureux de porter son capuchon à cet instant plus qu’avant encore. James. Ce n’était pas un homme qu’il appréciait vraiment, ou en tous cas pas un homme qu’il disait apprécier. Il était collant, excentrique, extraverti, un peu idiot et surtout bien trop gentil. Peut-être que Gabriel l’enviait d’être ainsi et que cela justifiait sa désaffection pour lui. Oui, il l’enviait certainement un peu, admirait ses qualités humaines dont il se savait dépourvu : lui était bien plus solitaire, introverti, incapable d’aller vers les autres. Assurément, l’excentrique était un type bien. Un type bien, membre de la Résistance, luttant pour la liberté, qui se faisait déchirer sous ses yeux et pour lui. Toute l’horreur de sa situation le frappa de plein fouet. Mais il savait qu’il ne pouvait rien arrêter. Et il prenait goût, non pas au meurtre, au torture ou au sang, mais au Pouvoir, à tout contrôler et à se retrouver au final apprécier par la plupart des Waterinniens : les Opposants appréciaient généralement Gabriel, la plupart des Partisans adulaient Sund. Pour ces choses qu’il appréciait, il ne fit rien. Il laissa mourir Catterson, et décida de continuer sur cette voie sombre. Les ténèbres dans lesquelles il s’était enfoncé, suivant la lumière pale et tremblotante de la Puissance, étaient trop denses pour qu’il s’imagine pouvoir retourner en arrière.

    Le meurtre de James ne lui donna aucune envie de rester là. Nailah se chargea d’achever l’agonisant, il lui en fut reconnaissant : non seulement elle débarrassait la place d’un spectacle ignoble mais, en plus, elle lui épargnait cette tâche. D’un autre côté, il savait pertinemment qu’abuser de ses dons pouvait la tuer, et ne lui permettrait pas de vivre trop longtemps. C’était après tout grâce à lui qu’elle avait un niveau si élevé. Cela l’embêtait quelque peu, de nouveau : s’il n’était pas très proche d’elle de par la nature même de Sund qui ne s’approchait jamais trop de ses hommes, comme pour entretenir le mythe, elle demeurait une très bonne commandante. Et ses dons étaient évidemment d’une grande utilité. Qu’elle se fatigue n’augurait rien de bon à l’idée de Sund. Lui-même fatigué de tout cela, notamment d’avoir du contrer des protections que lui-même et les directeurs avaient mis en place pour éviter les accidents, il répondit donc assez distraitement à la demoiselle, par le même moyen qu’elle avait utilisé pour lui communiquer la raison de la présence du gosse à ses côtés.


    Amène-le moi plus tard.

    Tout aussi court et clair qu’elle-même, du moins, pour la première partie : il déciderait du sort d’Hayden. Il n’avait pas très envie de faire une incursion dans son esprit dans l’immédiat et préférait le faire parler pour connaître ses motivations. Quant à la seconde partie, et bien, elle pouvait l’interpréter comme elle le souhaitait. Plus tard restait une notion vague. Cela pouvait tout aussi bien désigner un instant dans l’immédiat que le lendemain. Mais, quoi qu’il en soit, Sund décida qu’il était tant pour lui de s’en aller. De sa voix métallique, inhumaine, il prononça quelques paroles avant cela.

    « Vous voilà prévenus, Résistants. »

    Oui, ils étaient prévenus du sort qui les attendait. Voilà tout. Puis Sund et son effroyable pouvoir oppressant s’envolèrent proprement, faisant disparaître une nouvelle fois le sceptre d’Uen aux yeux de tous. Oui, Sund s’était éclipsé. Mais l’histoire de sa première apparition, il en était sûr, serait un sujet toujours plus fascinant ou plus effroyable pour les partisans comme pour les résistants. Une page de l’Histoire était marquée alors même que s’achevait tragiquement celle de James Catterson. Le nom qui allait courir sur toutes les lèvres pour un moment, sans le moindre doute.
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Einleen Starfield

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Jeu 29 Avr - 16:28

    Ce n’était pas parce que Sund s’éclipsait que la jeune femme en était rassurée pour autant. Non, elle tremblait toujours autant, surtout après avoir croisé son regard. Il n’avait rien dit, même pas par télépathie, mais il n’oublierait pas ce qu’il venait de voir, elle en était certaine. Et cela ne l’aiderait certainement pas à obtenir, un jour, la liberté. Mais que pouvait-elle y faire ? Voire se faire tuer sous ses yeux chacun des membres de la Résistance qui tenait tête au « Seigneur » ne lui plaisait pas du tout. D’autant plus que le bourreau de l’exécution à laquelle elle venait d’assister lui était familier. Il faudrait qu’elle songe à se renseigner sur les change-forme… Était-ce Chazera ? L’Ohnelli vouait une telle admiration pour son maître que cela ne l’étonnerait guère, quoiqu’une amère déception s’empara d’Einleen. Elle avait espérer qu’à défaut de devenir humaine, qu’elle se débarrassât de ses chaînes, qu’elle fût libre. Mais il semblerait que Sund sût comment garder ses animaux de compagnie auprès de lui.

    Tous les watérinniens semblaient abasourdis. Certains contemplaient encore ce qui restait de feu James Catterson. D’autres s’étaient déjà enfuis, même s’ils ne se sentiraient pas vraiment en sécurité dans leur foyer. La preuve en avait été faite : rien n’ébranlerait la résolution de Sund. Et où était donc le fameux Gabriel Jewel ? C’était sans doute la question qui se peignait sur le visage de nombreux Opposants. L’un des leurs y avait laissé sa peau ; leur motivation devait en avoir pris un coup. Qui serait le suivant ? Une autre question, perfide encore. Les plus lâches n’oseraient probablement plus s’investir dans la Résistance, désormais. Ils feraient profil bas, courberaient l’échine encore et encore, subissant la doctrine du Tyran, privés de toute souveraineté. Un peuple brisé, voilà ce que Sund créait. Le désespoir. Et quelques soient ses intentions, il ne parviendrait pas à rétablir une sécurité interne. C’était le chaos qui plongeait ses racines ténébreuses dans les sous sols de Waterin, se nourrissant de peur, de vengeance, des multiples vents de la souffrance qui soufflaient dans les cœurs des habitants.

    Einleen s’était redressée, suivant le mouvement de la foule, lâcha la main de Damon, encore tremblante. Elle aussi, se sentait brisée. Elle avait l’impression que la moindre parcelle de chaos se propageait d’un corps à un autre, glissant dans chacune des cellules de son propre corps avant d’en trouver un autre instaurant une vague de panique dévastatrice et muette. Certains essayaient de se joindre à nouveau à la fête, soit parce qu’ils désiraient faire comme si de rien n’était, soit parce qu’il s’agissait de Partisans qui se réjouissaient. D’autres restaient figés, sans comprendre. Ou en ne comprenant que trop. C’était le cas de Damon.
    Il demeurait immobile, comme figé dans sa fureur, qu’il ne souhaitait que relâcher sur l’infect tyran. Elle le devinait : ce n’était pas bien difficile. Elle n’avait que peu observer l’homme, mais commençait à saisir quel genre de grizzly il était. Sérieusement, elle crut un instant qu’il allait imploser. Elle se sentait mal pour lui, elle n’y pouvait rien, c’était dans sa nature. Il semblait que les gestes les plus insensés venaient aux moments les plus opportuns ou les plus saugrenus. Ici, ce serait plutôt improbable, car cet élan avait quelque chose de complètement décalé, si ce n’était désespéré.

    Einleen l’étreignit.
    Une simple étreinte, ses bras enlacés autour de son cou, ses cheveux balayant ses épaules, son cœur battant contre le sien. Elle aurait voulu pouvoir apaiser sa colère, ainsi. Mais aussi sa propre tristesse : la jeune fille était bouleversée, noyée dans un monde qui ne lui convenait pas. Égarée, elle n’avait trouvé qu’une bouée de secours à sa portée, alors qu’il semblait n’être qu’un condensé de rage et de désir de vengeance.
    Elle s’attendait à ce qu’il la repousse, qu’il s’en fût. Cet instant arriverait, il allait reprendre du poil de la bête, la haïr comme il était en droit de le faire, étant donné les circonstances. Il allait la planter là, rentrer ruminer ses plans, boire un coup. Ne pas s’apitoyer, mais se battre. C’était ainsi qu’elle imaginait, de ces quelques paroles échangées, de cette danse, instant grisant malgré tout, un souvenir impérissable, et pas seulement pas ses suites. Elle aurait souhaité parler, trouver la force de laisser les mots franchir ses lèvres, mais ils n’avaient aucun sens. Ses pensées se bousculaient, se heurtaient les unes aux autres, ses sentiments trop confus pour qu’elle puisse les exprimer de façon cohérente. Alors, elle espérait que son geste suffisait. Qu’il parlerait pour elle. Après tout, ce n’était pas grave, s’il ne lui rendait pas sa sympathie. Non, cela n’avait pas la moindre importance. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était qu’il se reprît. Qu’il avança. Que sa détermination n’en fût que plus forte, sans qu’il s’autodétruisît pour autant.

    Et la petite Einleen, si altruiste, mettait tous ses désirs dans la une embrassade qui pouvait bien passer pour futile et déplacée. Simplement parce qu’elle était une utopiste brisée. Ou simplement parce qu’il y avait encore une petit place pour l’espoir dans son âme malmenée.
    Qui sait ?
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Damon Claymore


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Ven 30 Avr - 23:48

    Damon ne quittait pas des yeux la moindre offensive de Chazera, jusqu’à ce que celle-ci s’éloigne. James n’était même pas encore mort… Quelle horreur… Elle comptait vraiment le laisser agoniser ? Elle n’était vraiment qu’un abominable monstre. Car ce n’était pas elle qui venait de faire brûler James, pas vrai ? Il en était certain. Honnête envers lui-même, il pensa que c’était sûrement Sund qui venait faire preuve d’un peu d’humanité en ne laissant pas agoniser ce pauvre James. Ca le dégoutait d’autant plus du personnage tyrannique. S’il voulait sauver les apparences, il était trop tard. Il avait déjà dit à sa bête de tuer le Résistant. S’il venait à l’esprit de Damon que la demoiselle pouvait tout à fait avoir agit de son propre chef ? Parfaitement. Mais cela en revenait au même : cet homme était ignoble. Il laissait les gens mourir pour… Pour quoi au juste ? Le pouvoir ? C’était pathétique. Damon était un homme plutôt désintéressé du pouvoir, justement, et n’avait jamais désiré contrôler l’île, que ce soit en tant que dictateur ou partiellement comme son père. A la limite, il aurait accepté des grades élevés au sein de l’armée, non pas pour le pouvoir en lui-même mais bien parce qu’il resterait proche des armes, sa passion, et rien de plus. Oui, vraiment, le pouvoir ne l’intéressait pas : de ce fait, il ne parvenait pas à comprendre ceux qui en étaient avides. Et il n’en supportait que moins Sund.

    Une fois Catterson calciné, Damon posa de nouveau ses yeux sur ce monstre. Oh, ce qu’il pouvait rêver de le détruire ! Même si cela le détruirait lui-même, il avait pour seul but la vengeance. Et il savait qu’il ne disposait pas des forces nécessaires pour ce faire… Voilà déjà que ce grand lâche s’éclipsait grâce à son potentiel des plus alarmants. Et une autre personne, en plus de Sund, Chazera et Einleen, en prit pour son grade dans l’esprit du garde du corps : Jewel. Qu’est ce qu’il avait foutu ce soir ? Il avait bien entendu dit qu’il y avait des risques d’apparitions de Sund, et que celle-ci ferait certainement des remous, quoi qu’il se passe alors. Mais il aurait très bien pu neutraliser la Change-forme en moins de deux ! Son Potentiel devait être à peu près aussi imposant que celui du tyran. S’en serait suivit un combat entre ces deux entités, peut-être… Et Damon, à cette idée, se rendit compte de l’absurdité de sa pensée. Non, où qu’il soit, il valait mieux que Gabriel y restât. Un affrontement direct était bien trop risqué pour le moment. Si jamais elle perdait Gabriel, la Résistance serait totalement anéantie : déjà l’exécution de James puait la fuite. Sans les dons de Gabriel, vu qu’ils n’étaient pas encore suffisamment nombreux à s’être laissé convaincre du bien fondé de la Résistance, celle-ci ne pourrait avancer. Mais alors, pourquoi s’était-il montré aussi négligeant ? D’ordinaire, Gabriel était bien plus prudent que cela. Mais là, il ne leur avait pas fait de réelle mise en garde, juste demandé d’être prudent… En même temps, Damon se rendit compte qu’il fallait bien qu’il se relâche un peu. Il ne pouvait pas prévoir que James allait se suicider. Un énième relent de colère se porta sur Catterson, mais il se jugula bien vite : il respectait bien trop les morts pour éprouver à leur égard des sentiments aussi laids que la colère ou la haine. Exception faite pour Sund le jour où il l’atteindrait, bien entendu.

    Bref. Damon resta au sol, tête levée sans qu’il ne la voie réellement vers la statue de la Justice. Il n’arrivait pas à y croire. Ou plutôt, il comprenait bien trop bien. La Résistance, pour laquelle il se battait, avait connu son premier mort. C’était une véritable catastrophe. Elle était encore trop fragile. Même s’ils pouvaient récupérer de nouveaux membres à la suite de ce bain de sang, la plupart craindraient trop pour leur vie pour se joindre à la cause. La Résistance allait connaître des jours de plus en plus sombres, et Damon en venait presque à craindre qu’elle s’éteigne. Si c’était le cas… Et bien, tant pis, il ferait cavalier seul pour atteindre son but, comme il avait toujours prit l’habitude de le faire. Maintenant, il fallait se relever et… Einleen.

    Que faisait-elle ? Damon n’y comprenait rien. Totalement interdit face au geste de la demoiselle, il demeura un moment sans réagir, faute de savoir comment réagir. Il ne comprenait pas. Pourquoi agissait-elle ainsi ? Etait-elle si retournée de la venue de Sund qu’elle avait besoin de se raccrocher à n’importe quoi ? Ou avait-il trop exposé ses sentiments face au tyran et à l’exécution, à tel point qu’elle se sente forcée de le rassurer d’une manière ou d’une autre, de faire passer sa colère ? Qu’elle apprenne en ce cas que la rage viscérale qui l’animait ne s’éteindrait qu’une fois Sund disparu. Et, de toute façon, cela ne regardait que lui. Revenu sur Waterin grâce en grande partie à ce contact physique, qui lui était si inhabituel, il se libéra de la prise de la demoiselle sans douceur mais sans trop forcer non plus. Il se maudissait de sentir ce besoin de ce contact, ce plaisir à sentir les cheveux d’Einleen contre ses épaules, cette étrange plénitude à sentir l’odeur délicate de la peau douce des bras entourant agréablement son cou. Et c’était bien pour cela qu’il se libérait et que sa décision se raffermit : plus jamais il ne devait la revoir. De plus, à poser ses prunelles écarlates, son regard toujours aussi dur sur elle, il se souvint qu’elle l’avait humilié. Pour le sauver, certes, il ne l’oubliait peut-être pas. Mais cela n’empêchait qu’il avait dû ployer face à cet homme, à cause d’elle. Il lui en voudrait, pensait-il, toute sa vie pour l’avoir forcé à bafouer sa fierté de telle façon. Certes, il avait la rancune tenace, mais comment en vouloir longtemps à une personne aussi charmante ? C’était peut-être pour cela qu’il ne souhaitait plus la revoir, entre autre. Le regard impénétrable, il prit la parole, la voix peut-être un peu trop froide pour être normale, surtout après les évènements de la soirée qui le faisait bouillir intérieurement. A vrai dire, il ne prononça qu’un seul mot.


    " Adieu. "

    Adieu. Lui qui ne disait jamais au revoir, qui partait la plupart du temps sans prévenir, il venait de lui dire adieu. Un mot qui signifiait terriblement plus qu’un simple au revoir. Il traduisait là qu’il comptait à ce que la soirée de leur rencontre soit la dernière. Même s’il trouvait cela dommage, au fond, et qu’il aurait aimé la connaître un peu mieux. Au pire, il y avait la carte de l’auberge : mais bien qu’il y eu passé un sacré bout de temps, y sacrifiant ses soirées de congé à défaut d’avoir autre chose à faire, il ne l’avait jamais vu, et n’avait pas non plus entendu son prénom chantant. Einleen. Il n’avait même pas eu le courage de le prononcer dans les mots qu’il espérait être les derniers qu’il lui dirait. Et c’est sans laisser le temps à la demoiselle de répondre quoi que ce soit, adressa un dernier regard chargé de rage sur l’endroit où était Sund peu avant, que l’ours s’éloigna, pour rentrer ruminer ses plans de vengeance concernant la Change-Forme anonyme, boire un coup pour se donner un peu de courage, et surtout, surtout, quoi qu’il advienne, continuer à se battre. Oui, Einleen avait bien cerné le personnage qui, alors qu’il rentrait chez lui, blessé par ses propres paroles à l’intention de celle qu’il ignorait être une partisane, il se demandait ce que l’adorable chanteuse de l’auberge allait bien faire, cette soirée passée. Lui, il continuerait à lutter, quoi qu’il advienne.
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Chazera Ohnelli


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Sam 1 Mai - 21:08

    Impardonnable.


    Tout simplement impardonnable. Comment avait-il pu? Fuir ainsi, après cette scène sanglante débordante d’aveux d’admiration et de fidélité, s’éclipser avec égoïsme de devant toutes ces convives terrifiées. Un bâtard ! Voilà ce qu’il était, ce sombre homme sans gratitude, ce tyran ignorant le concept si logique et vital de la reconnaissance, un beau et bon bâtard ! Consanguin, un usurpateur au sang tout sauf bleu, un déchet ! Elle lui avait offert ce meurtre, un sacrifice pour un roi sans scrupule, pour démonter la loyauté ainsi que son respect. L’acte même avait été amusant, bien-sûr. Mais l’homme qu’elle avait assassiné était une personne d’une rare excentricité, frondeur, et à bien y repenser, porteur de ce qu’elle mettait en priorité : la soif de vivre comme bon lui semblait. Un rustre gaspillage. Horrible, dégoûtant et rustre gaspillage. C’était rire de ses sujets que de s’en aller ainsi, sans piper mots. « Vous voilà prévenus, Résistants. » Ciel, elle n’avait pas fait cela pour effrayer les innocents composant le camp adverse ! Ni même pour que tous la voient comme un des Partisans, elle s’en fichait des autres, ce qu’elle voulait, c’était Sund ! Après avoir tué tant de gens, éteins des vies par simple question de « politique » à deux sous, l’idée de donner une vie en preuve de fidélité lui semblait-elle absurde ? Les humains étaient si incohérents… qu’est-ce qui avait bien pu passer par la tête de Sund, au juste, hein ? Qu’en avait-il pensé ? Cela ne démontrait qu’un seul et unique total désintérêt envers elle, rien de plus. Eh bien, un chien battu ne luttera jamais si on l’amène vers un milieu plus clément. La nature n’agit pas ainsi.

    Chazera était au centre de la place, le tourbillon d’activité reprenait, certains encore fêtards et d’autres fuyards. Elle s’en fichait. Elle fixait toujours l’estrade où Il avait fait son apparition, où il l’avait dédaignée avec autant d’arrogance. La change-forme grinçait des dents, les poings fermés, les ongles plantés de la chair de sa paume avec frustration. Alors, c’était ainsi, hein ? Bien. Le Grand, l’Absolu désirait garder les yeux au loin, du haut de son trône, plutôt que de dévisager ses alentours. Pauvre petite bourgeoise qu’elle était ne semblait pas le mériter. Elle renifla avec orgueil. Plutôt mourir que de s’appuyer sur son sort et pleurer le refus qu’elle venait d’essuyer. La colère bouillait en elle. Par l’unique posture crispée de son cou, il était clair qu’elle l’avait mal pris. Très mal pris. On n’a pas des qualités comme on n’a pas que des défauts; cela n’empêche pas d’en avoir de très gros. Tels la rancune. L’immense, l’insatiable rancune. Celle qui remonta le long de sa colonne en un frisson violent, l’étrangla au point de ne plus respirer et fit étinceler ses yeux avec haine, pendant qu’une goutte de sang perlait sur sa lèvre inférieure, coupure faite par sa propre morsure. Les ignorants qui valsaient autour d’elle ne l’intéressaient pas, même dans un pareil état de courroux elle était encore plus encline au sadisme et à la violence. Mais le sujet de sa colère n’était pas eux. Et Chazera Ohnelli n’en fait payer qu’un seul et unique si vengeance s’impose. Une cible simple.
    La change-forme se retourna sèchement en faisant voleter sa belle robe souillée autour d’elle. Elle gronda de colère puis bouscula quelques personnages affolés par sa proximité.

    « Bandes d’idiots. »


    Puis, brusquement, le battement d’ailes morbide d’un oiseau sombre se fit entendre aux oreilles des invités secoués. L’animal enragé plongea par une ouverture des toiles des tentes et s’envola vers un coin retiré de la ville avec la vive intention d’y dépenser sa frustration, qu’elle soit plus supportable pour le moment. Elle était loin d’être pressée d’assouvir sa vengeance.

    Le corbeau croassa, dispersant dans la nuit noire son mauvais présage.
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Lun 10 Mai - 7:25

    Ravagée.
    C’était un néant glacial et brûlant à la fois s’était engouffré en Misaki, annihilant en quelques instants toutes formes de sentiment, ne lui laissant que ce vide insatiable et douloureux. C’était son petit univers d’enfant qui s’effondrait, un décor chevaleresque qui laissait place à l’horrible vérité. Et les larmes se tarirent, elle se sentait juste vide, épuisée. C’était l’innocence envolée, l’espoir retiré. La cruauté qui vous frappait en plein fouet et vous coupait le souffle.
    James était mort.
    Sund parti.
    Le chaos régnait, grand dévoreur aux gouffres infinis, hurlant tourments et horreurs du destin. Misaki trouva la force de se redresser, pour regarder ce qui restait du cadavre fumant de son ami. Si la vue de cette chose lui était insoutenable, si elle rêvait, comme tout les autres, de se détourner du résultat horrible massacre, elle ne pouvait pas le laisser ainsi. Il ne le méritait pas. Sa bravoure méritait des funérailles dignes de ce nom, pas d’une incinération qu’aurait inspiré la pitié du Maître ou quelqu’un d’autre. Il ne pouvait rester là, calciné sur la place, ignoré de tous. Misaki prit sa décision, réunit tout le courage dont elle disposait pour se lever. Elle fit volte-face, son regard se planta dans celui de son sauveur. En scrutant les traits du blond, elle ignorait tout simplement si elle devait le haïr ou le remercier. Les deux, peut-être ? Il n’était pas de la Résistance, en tout cas. Misaki chercha quelque chose à dire, mais ne trouva rien. Un trop plein d’émotion l’avait rendue muette, sa soudaine vacuité la privant de tout raisonnement sensé. Elle faisait face à un parfait inconnu, sans être capable d’analyser son expression. Sans avoir fait le rapprochement entre sa voix et celle de celui qui l’avait libérée. Sans ressentir sa présence. C’était qu’un fantôme, une ombre diffuse, un produit de son imagination.

    Oui, Eres venait d’être relégué au rôle de simple reflet de fantasmes, quelqu’un sur qui pouvoir se reposer, la vague vision d’un ami, l’illusion d’un soutient. Parce qu’à cet instant même, Misaki avait perdu sa foi en Gabriel. Dénuée d’espoir et de cible, c’était vers son hôte qu’elle dirigeait sa colère. Gabriel n’avait rien fait. Il s’était éclipsé comme un lâche, avait laissé James mourir, il ne s’était pas donné la peine de faire face à Sund. Désormais, le moral de la résistance serait au plus bas. Certains pourraient décider de les trahir, d’autres de déserter : Sund venait d’asseoir son pouvoir, et cela se sentait déjà dans l’atmosphère de Waterin.
    Bien entendu, la raison voulait que Gabriel eût agit de la sorte. Il ne pouvait pas se permettre une défaite, pas maintenant, l’Opposition devait gagner en puissance, s’ils voulaient un jour se débarrasser du tyran.

    Son regard vide se posa par hasard sur la silhouette massive de Damon, un peu plus loin.
    Misaki ne réagit pas tout de suite, l’information prit du temps à monter au cerveau. Elle n’était que pantin du destin – si elle savait à quel point ! – marionnette désarticulée et dépourvue de volonté, elle ne pouvait qu’assister impuissante à la scène qui se jouait. Mais, elle se souvint qu’elle désirait faire quelque chose.
    James.
    Elle revint à la réalité. Elle ne savait pas si c’était par sens du devoir ou l’odeur de chair brûlée, mais elle revint à elle, encore étourdie de chagrin et de fureur, encore empêtrée dans la mélasse de ses sentiments, perdue dans les aléas du chaos installé. L’incompréhension se lisait sur ses traits qui, à cet instant, n’avaient plus rien d’enfantins. Pourquoi fallait-il que sa liberté fût ainsi maculée par le sang de ses proches ? Celui de sa sœur, d’abord, puis celui de James ? Qui serait le suivant ? Que faisait Gabriel ? Serait-il intervenu si cela avait-été elle à la place de Catterson ? Car après tout, le chef de la Résistance n’avait jamais beaucoup apprécié l’extravagance de l’énergumène.

    Mais à la question : « Et moi ? », il y avait une réponse tellement simple.
    À nouveau focalisée sur Eres, Misaki s’interrogea, sans trouver la force de parler. Elle devait paraître complètement illuminée, à le fixer, sans rien dire, à pencher légèrement la tête sur le côté, les traits tirés et rougis par les larmes. Complètement déphasée.

    « Je suis désolée. »

    Elle avait murmuré d’une voix rauque des paroles sans intérêts, sans significations aucune, à moins que ces mots eurent trop de sens différents. Désolée, elle l’était, au plus profond d’elle. Elle était désolée pour James, pour la Résistance, désolée de sa faiblesse, du triste spectacle qu’elle offrait, désolée que quelqu’un qu’elle ne connaissait même pas fût obligé de la sauver. Tant de choses stupides ou sincères, rien qu’un mélange vaporeux de ressentis. Misaki baissa les yeux, s’avança, quitta Eres. Elle aurait dû le remercier… Elle en prendrait conscience plus tard, si elle se remettait de ce tragique évènement.

    Rattraper Damon.
    Misaki comptait lui demander de l’aide pour enterrer James. Elle se foutait royalement de l’humeur massacrante de l’imposant rebelle, elle ne pouvait tout simplement pas lâcher le morceau. Enterrer James était sa priorité, elle s’occuperait d’organiser avec l’accord ou non de Gabriel une cérémonie en son honneur. Damon n’aurait de toute façon pas le choix, n’est-ce pas ? Elle était Second de la Résistance, elle faisait office de meneur malgré son jeune âge. Il ne pouvait que l’aider !
    Ensuite, elle aurait une discussion avec Gabriel. S’il ne s’esquivait pas. S’il avait encore suffisamment de trippes pour l’affronter. Mais, elle se doutait qu’il resterait relativement stoïque, laissant transparaître qu’une peine légère comparée à la détresse qui animait Misaki. Le contraste serait fulgurant, la conversation plutôt vaine. Malgré cela, Misaki comptait y aller tout de même, le harceler jusqu’à ce qu’il cédât quelque chose : n’importe quoi.
    Si elle en avait encore la force.


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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mer 12 Mai - 17:23

« Vous voilà prévenus, Résistants. »

    Et sur ce, il disparut. Eres n’attendit pas pour se relever et regarder d’un air consterné Uen, à peine perturbée par l’immonde profanation de sa fonction qui venait d’être causé sous ses yeux morts. Comme quoi, cette histoire de justice, ce n’était vraiment que du flan. Mais le vaurien n’en était pas tout à fait là : il ne revenait toujours pas de l’apparition éclair du dictateur.
    Quoi, c’était tout ? Il arrivait, se plantait devant la déesse rocailleuse, demandait qu’on se mette à genoux, jouait la potiche devant un spectacle morbide qu’il n’avait même pas orchestré et repartait avec un simple « vous voila prévenus, Résistants » comme s’il était l’auteur du meurtre ? C’tait une blague ?


    Non mais c’était qui ce guignol ? Il ne devait même pas avoir prononcé dix mots ! Il plombait une merveilleuse fête qui avait merveilleusement bien commencé le merveilleux jour des merveilles d’Halloween pour sept mots complètement inutiles… puis détalait comme un lapin ? Et si l’ahuri génial ne l’avait pas ouvert, il se serait contenté de ses six premières syllabes ? Où était exactement située la précise utilité de cette venue ? Prouver que le Grand Manitou Impérialiste de Waterin existait bel et bien ? Mais… c’était ridicule ! Grotesque ! Il aurait pu… On ne sait pas, annoncer quelque chose ! Défier ce couard de Gabriel ! Demander à ce qu’on le lui livre, après tout le fuyard ne semblait pas valoir beaucoup plus ! Ou même buter ceux qui le regardaient de travers ! Qui avaient des sales gueules à son sens ! N’importe quoi de sanguinaire, tyrannique, capricieux ou enfantin mais ça… Ce n’était même pas puéril ! Juste effroyablement, platement et bêtement inutile ! Avait-il déplacé son très noble postérieur pour le simple plaisir de voir qu’effectivement, la population s’agenouillait -du moins en majorité, Eres eut un regard navré pour les cendres du rouquin- plutôt que de se faire défigurer par une furie frustrée charognarde ? Ou peut-être que l’éminent saltimbanque de Waterin était tout simplement parti dégobiller ses tripes comme le suggérait à tout le monde l’odeur âcre et macabre des restes encore fumant de ce qui fut James Catterson ?

    Décidemment Hravan, un brin énervé, était content d’être neutre. Prendre parti entre un taré désœuvré au point de jouer les potiches funèbres, ou un planqué trouillard qui laissait mourir ses hommes… Il se préférait encore. Bien sûr, Eres aurait pu songer au maintient de la terreur ou à une vérification quant à la soumission des citoyens, ou même n’importe quoi d’autre qui aurait expliqué l’arrivée comme un cheveu sur la soupe du gourou dans les citrouilles… Mais il trouvait si lâche et décevant d’avoir massacré l’étincelle de joie, le bref moment de répit qu’offrait le Bal d’Halloween qu’il ne voulait même pas chercher d’explication aux actes des deux têtes actuels de Waterin.

    Le petit-être qu’il avait à contrecœur à sa charge remua, et les idées cyniques et hargneuses d’Eres se turent. Il baissa les yeux vers elle. Pauvre gosse. Elle n’était peut-être pas si mal autrefois, dans sa tour, loin de tout ça. Peut-être n’avait-ce pas été la meilleure façon de la protéger que de la lui ouvrir… Il songeait à cela sans réels remords : il lui avait donné le choix après tout. M’enfin de toute façon, Kana Kurohana n’aurait sans doute pas voulu voir sa fille emmurée durant toute son existence.
    Misaki regardait le bûché improvisé, se levant avec la lenteur des utopistes anéantis, coite. Malgré lui, il espérait que le défunt et la mouflette n’avaient pas été trop proches… Il ne lui connaissait plus de famille mais ce pouvait être un précieux ami, un amant même peut-être… Après tout, mouflette elle n’en était plus vraiment une depuis un moment.


    Elle se tourna vers lui et plongea ses prunelles chocolat dans l’acier du larron, l’air complètement perdue. Tant et si bien qu’Eres ne sut à quoi s’attendre : allait-elle le rabrouer pour l’avoir empêché d’être idiote ?
    Non, même pas… Plus spectrale encore qu’un fantôme fraîchement libéré de sa dépouille, son regard ne s’accrocha pas longtemps à lui pour dériver un peu plus loin. Eres pencha légèrement la tête sur le côté… Les termes de sa promesse… Incluaient-ils les dommages cérébraux ? Il espérait que le choc ne l’avait pas rendue… Folle ?


    L’œil de la bambette parut regagner une vague intensité alors qu’elle reportait son attention sur le voleur qui ne l’avait pas quitté des yeux, inquiet de savoir s’il était désormais parjure ou non. Elle ne disait rien, semblait complètement hallucinée, abêtie par les évènements. Eres cherchait quelque chose à dire, indisposé par ce regard enfantin posé sur lui qui ne reflétait rien, absolument rien si ce n’est une incrédulité devant laquelle il était parfaitement impuissant. Il eut la vague idée de la secouer, la gifler peut-être… Mais la gamine lui semblait si menue et fragile qu’il abandonna vite l’idée, de peur de la briser pour de bon.
    Au pire, elle allait bien finir par se lasser de toute façon.


    « Je suis désolée. »

    Il y avait un espoir de rétablissement. Sa phrase n’avait certes pas beaucoup de lien avec la condition présente mais c’était tout de même une phrase. Mais pourquoi « désolée » ? Eres avait certes été brièvement agacé de ne pas avoir pu filer comme le voleur qu’il était, mais était-ce vraiment « je suis désolée » que l’on sortait dans ce genre de situation ? A vrai dire, le garnement était si soulagée qu’elle soit toujours saine d’esprit qu’il ne songea même pas à lui en vouloir.
    Il ne répondit ni par un sourire, ni par une mimique, ni par une parole. Car il le savait bien, au fond : ces mots ne lui étaient pas destinés. Elle était déboussolée, et ça se comprenait, sans doute.


    Eressëa la regarda s’éloigner, emboîter le pas à… A… Quelqu’un de très grand. Il n’avait plus le goût à l’ironie ce soir, et il se contenterait donc de s’assurer que le colosse n’était pas hostile à son petit grain de sel brun. C’aurait été dommage. Elle avait l’air de le connaître toutefois, au jugé de la démarche déterminée à le rattraper qu’elle empruntait.

    La crapule poussa un long soupir triste et recula lui aussi, guettant son bout de résistance : le molosse n’avait franchement pas l’air chaleureux, vu de dos. Eres préférait être sûr des bons termes entretenus entre Misaki et lui. Il s’adossa à Uen et disparut dans son ombre, cherchant vaguement une connaissance des yeux. Inconsciemment, il quêtait Jezebel mais le mac ne semblait pas être dans le coin… Rousse non plus, le théâtre aurait compté un mort supplémentaire autrement.

    Il était triste, sans vraiment savoir pourquoi. Des morts, il en avait déjà vu. Connu même. Provoqué parfois. Pourquoi celui-ci serait-il différent ? Parce qu’Eres avait appris à le respecter pour son acte crétin, suicidaire mais grandiose quelques centièmes de secondes avant sa fin ? Y avait-il un peu du fait de Misaki, affecté par la détresse de la morveuse ? Mais il s’en fichait dans le fond, de Misaki… Non ?

    Ne préférant pas y penser, il se contenta de faire son office et surveilla son serment. Qui sait ce qu’une jeune écervelée anéantie pouvait bien inventer, un soir d’Halloween, par vengeance et tristesse ? Mieux valait être certain d'avoir bel et bien passé le flambeau de sa garde à un autre, avant de se retirer.
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Nailah Temset

Commandant des Services Secrets de l'Armée Noire.

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Sam 22 Mai - 15:50

    Nailah plongea son regard d’onyx dans les yeux vitreux du Chaos.

    Désordre insatiable, il s’installait. Elle le distinguait dans le regard de chacun, tandis qu’elle se tenait droite et fière, la cape empruntée sur ses épaules lui donnait cette allure de reine destructrice satisfaite, qui contemplait le désastre. Qu’il était bon de voir l’autorité de maître ainsi imposée ! De voir les membres de la Résistance ébranlés, désorientés !

    Là, il y avait cette gamine, élève un peu trop parfaite au sein de l’Académie, cette gentille petite fille aux pieds de Gabriel… Ah ! Son cher n’était pas venu, n’avait pas daigné montrer le bout de son nez. Non, il s’était certainement éclipsé la queue entre les jambes, ce couard qui se prétendait grand. Oui, Nailah était certaine que malgré tout, son potentiel n’égalait en rien celui de Sund. Et la voilà, cette Misaki – était-ce bien son nom ? – effondrée, larmoyante, ô combien pitoyable, à même le sol.
    Et cette traîtresse d’Einleen ! Elle avait su s’attirer les faveurs du maître mais les refusaient. Oui, cette jeune idéaliste était pathétique, jusqu’au bout. Elle sauvait un résistant, le contemplait de son regard énamouré, elle, petite chose fragile face à ce titan. Et, pour toute réponse, un adieu sec. Elle voulait la voir éplorée et abattue. La voir écroulée sous le poids du chagrin, désespérée. Enfin, si tel était le cas, elle n’en montra rien, au grand déplaisir de Nailah. Elle partit simplement la tête basse, sans donner lieu à une scène excessive. Dommage. Mais de toute façon, elle ne perdait rien pour attendre. Pour l’instant, elle posait moins de problème parmi les Partisans. Car son don se révélait être un véritable danger, dans le fond. Peut-être finirait-elle par embrasser leur cause ? Nailah n’y croyait pas trop. Un jour ou l’autre, il faudrait faire quelque chose contre cette petite écervelée.
    La carcasse fumante de Catterson.
    Lui ne serait plus là pour se pavaner, il constituait désormais le martyre de la Résistance. L’odeur de la chair brûlée allait en décourager plus d’un.
    Il y avait aussi ces regards emplis de rages, d’incompréhension, de terreur. Oh, ces gens qui ne craignaient pas encore Sund… Du moins, jusqu’à ce soir. Il était temps pour tous de comprendre la portée de son pouvoir, sa force, son implacable domination. « À genoux. ». L’échine courbée. Car vous ne valez pas mieux, misérables qui ne s’étaient pas alliés à Sund en temps et en heure.

    Ah, Chazera.
    Petite Chazera… Animal fidèle mais outrancier, complètement déréglé et qui ne connaît que l’excès. Oh, elle servait bien le maître ! Mais, elle ne le comprenait pas. Les finesses de la stratégie lui restaient obscures, elle était bien trop sauvage et pelotonnée dans ses instincts rassurants pour comprendre qu’il ne pouvait pas se permettre d’adorer ses partisans, qu’il n’était de toute façon pas l’homme à l’emploi. Il ne fallait pas s’attendre à de la reconnaissance, car dans le fond, le suzerain partait du principe que ce n’était pas pour lui que l’on se battait, mais pour ses propres idéaux. N’en avait-elle pas ? N’était-elle qu’une vulgaire fanatique ? Nailah avait du mal à la cerner encore, cette créature était bien trop sauvage pour son entendement, bien trop aléatoire. Elle espérait que sa déception ne les mènerait pas à une confrontation quelconque. Qu’elle continuât à aduler son cher Sund, qu’elle essayât de s’attirer ses faveurs. Il fallait un bon animal domestique et parfaitement dressé, pas un fauve incontrôlable. La jeune femme se promit d’en discuter avec le maître. Après tout, elle était là pour observer.
    Ed’wina aussi, d’ailleurs. Son rôle dans ce genre de situation était de relever autant de détail possible, et de les rapporter par la suite. Elle faisait partie de l’Armée Noire, avait un rang haut placé… Il manquerait plus qu’elle se montre inutile… Nailah perdit un peu de sa bonne humeur à cette pensée : ne l’avait-elle pas vue se balader dans une de ses robes ? Voilà une affaire qu’elle allait devoir régler, aussi. On ne martyrise pas ses robes sans en payer le prix, ce n’était pas nouveau. Plus d’un avait manqué d’être calciné pour cela. Parfois, elle se disait qu’elle devrait explorer un peu plus les trames du futur avec son don, au risque de devenir folle. Au moins, elle pourrait éviter que ces précieuses créations fussent ainsi traitées.

    Le chaos n’avait pas besoin d’elle pour s’installer.
    Il n’avait besoin de personne, si ce n’était une étincelle. Cette étincelle n’avait été autre que la mort d’un homme aux cheveux orangés, un homme bien étrange, dont l’existence avait été futile… Mais sa mort annonçait le commencement d’une nouvelle ère. Magnifique, tout simplement magnifique, cette agitation, ce tumulte grisant, cette atmosphère teintée de terreur et d’excitation. Néanmoins, Nailah ne pouvait assister à ce spectacle adorable plus longtemps. La tête lui tournait, la nausée la guettait, elle reconnaissait là les symptômes désagréables de l’utilisation à outrance de son Potentiel débridé.
    Alors, les traits durs et froids, elle s’adressa au sale gosse :

    « Le maître te rencontrera en temps et en heure. »

    Elle ne comptait pas lui en dire plus, il verrait bien. Un gamin arrogant n’avait pas besoin de connaître les détails, il n’avait qu’à apprendre la patience. Qu’on lui dît quand se présenter, seulement quand cela l’arrangerait. Point barre. De toute manière, Nai’ ne pouvait tout simplement pas le blairer, elle ne lui ferait donc pas de cadeau.
    Sur ce, de sa démarche impériale, elle quitta les lieux, direction le château.
    Un peu de repos, puis il lui faudrait se remettre au travail.
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Misaki Kurohana

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Humeur : ♦ Légère, la plupart du temps.


MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Sam 22 Mai - 15:54

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   

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