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 [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]

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Misaki Kurohana

The Puppet.

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Magie : ♦️ Eléments ♦️ Eau, Vent.
♦️ Prédisposition ♦️ Empathie, Prescience, Chance.
♦️ Don ♦️ Annulation.
Localisation : ♦ Jamais bien loin de Gabriel.
Occupations : ♦ Etudiante à l'Académie, Résitance.
Humeur : ♦ Légère, la plupart du temps.


MessageSujet: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mar 5 Jan - 19:46




    Entre chien et loup.
    Les silhouettes masquées ondulaient, dans cette semi-obscurité propre à cet instant précis : le soleil avait déjà disparu à l’horizon alors que ses rayons s’attardaient encore dans les cieux grisés. La décoration accentuait encore plus l’atmosphère particulière, propre à la fête des morts. C’était des tentes, des globes de lumières magiques, des citrouilles enchantées qui vomissaient des confiseries pour les enfants, des spectres vaporeux qui survolaient les convives aux milles visages inconnus. Orange, noir, sombre et gai à la fois, le décor s’étirait à n’en plus finir.

    L’étrange s’éprenait de chacun. La fête chassait les craintes, les rires mystérieux de faisaient entendre. Déjà, quelques couples valsaient sur la piste de danse, sous les doux sons de l’orchestre et sa composition digne des plus raffinés ectoplasmes. Murmures et souffles se diffusaient, la rumeur glissait. On était là pour se faire frissonner, pour déguster les mets du buffet, assortis on ne peut mieux à l’ambiance. Partisans, Opposants, Sund… Cela avait-il la moindre importance ? Ce n’était que rumeurs, chuchotis infernaux. Pour certains une simple plaisanterie, pour d’autre de l’espoir, de l’excitation, de la crainte ou encore de l’indifférence. Variés étaient les sentiments, les émotions qui voltigeaient à nu au-delà des masques, des œillades mesquines et autres loufoqueries propres à Halloween.




    Jamais Misaki n'avait assisté à un tel spectacle.
    Son regard d’acajou n’avait de cesse de contempler chaque détail, chaque globe lumineux, chaque détail, aussi émerveillée qu’une enfant. La magie de l’instant la laissait sans voix, derrière son masque noir brodé de perles et de plumes. Encore plus pâle dans sa robe à bustier noire d’encre, elle ne se rendait même pas compte à quel point elle-même faisait partie du décor, guilleret petit fantôme paré de dentelles. Le tissus chatouillait ses cuisses, de petites perles lumineuses pleuvaient jusqu’à elle, caressant la peau nue de ses frêles épaules. Heureusement, il ne faisait pas très froid sous les tentes : encore un joli tour de magie.

    Quand elle cessa de s’émerveiller de chaque détail, elle pu commencer à s’intéresser aux Watériniens présents.
    Nombreux, enthousiaste, plongés dans l’ambiance, il semblait que tout se déroulait à merveille. Elle essaya bien de reconnaître quelques individus, de les distingues dans cette foule de regards scintillants d’énigmes, elle n’obtenait que des œillades mystérieuses. Pourtant, elle aurait voulu retrouver Gabriel… Noyée parmi les masques, encore et encore, elle faisait le tour des tentes, fascinée.

    Elle s’approcha du gigantesque buffet, inspectant le contenu de son air curieux. Les aliments aux couleurs étranges s’y rencontraient, mettant aux défis chaque individu de les manger. Personne n’était présent pour dire aux invités quelle était la composition de tel ou tel amuse-bouche, sans compter les véritables plats qui trônaient un peu plus loin, sur un second buffet. Elle prit, curieuses, un drôle de fruit noir et orange rayé avant de réaliser qu’il s’agissait d’une simple tomate cerise. Les miracles de la botanique quand on a le don approprié. Elle soupçonnait toutefois les Directeurs de l’Académie d’avoir caché parmi les aliments quelques surprises, un peu trop pimentés, ou à la texture étrange, par exemple. Elle nota que les boissons n’en faisaient pas moins les fières. Toutes les coupes dressées là se paraient de teintes tout aussi étranges que le reste. Après un soupir amusé, elle saisit une flute d’un vert presque phosphorescent et s’éloigna.

    Il lui semblait plus simple de retrouver Gabriel si elle se tenait à l’écart, lui-même ne se risquerait pas à prendre un bain de foule. Il demeurait très prudent, en cette soirée, plus que d’habitude. Elle secoua la tête, regrettant d’avoir quelque peu oublié ses devoirs. Elle devait veiller à la sécurité de l’espoir watérinien, quoi qu’il arrivât. Bien sûr, jamais son hôte lui avait donné une mission pareille. Peut-être aurait-il jugé cela ridicule. Il s’agissait d’une promesse qu’elle s’était faite, puisqu’il lui confiait peu de choses à faire. Elle se démenait pour organiser bien des choses en dehors de ses heures de cours à l’Académie, mais ne parvenait pas à se montrer suffisamment utile à son goût. Au moins, si elle parvenait à mieux protéger son pouvoir, peut-être parviendrait-elle à appliquer l’annulation sur d’autres personnes… Cette perspective la motivait à travailler plus dur encore.

    Elle se posta près d’un bâtiment, dont la façade avait été décorée spécialement pour l’occasion et trempa les lèvres dans sa boisson. Sucrée et piquante à la fois, elle ne pouvait s’empêcher de la trouver délicieuse. Cette pauvre Misaki ignorait qu’il y avait de l’alcool dedans… Que voulez-vous, elle quittait à peine sa prison. Mais ce n’était pas une telle dose qui allait la rendre intenable, Gabriel pouvait venir l’esprit tranquille. D’une main distraite, elle replaça une plume couleur jais dans ses cheveux, avant que son regard dans la foule soit attiré par une tignasse rousse. James, peut-être ? Elle se demandait qui il avait bien trouvé à charmé, cette fois-ci. Enfin, elle ne pourrait pas lui demander immédiatement, les consignes étaient claires, pour le moment, ils devaient se répartir de part et d’autres de la place publique.

    Plus tard, elle lui accorderait une danse.
    Et Gaby, danserait-il ?
    Bonne question.


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Chazera Ohnelli


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Magie : Change-forme ~ curieux ?
Localisation : Au mauvais endroit au mauvais moment - pour vous.
Occupations : Ta mère a disparu depuis quelques jours, tu disais..?
Humeur : Instable, si on veut.


MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Ven 8 Jan - 4:04

La noirceur cache votre malheur
À petits pas il s'approche
Demoiselles, relevez vos jupons
Et que dans vos pas de danse
S'éteigne la belle romance
Étouffée par cette malchance
Surveillez vos hommes
Car l'infortune vous les prendra
Dansez, tournez, mes belles masquées
Mais attendez mon arrivée
Le Malin vous promet une perverse veillée
De vos péchés le bal sera gorgé
Une seule personne se délectera de cette soirée...

    Et Chazera rit. Elle rit, discrètement, les lèvres jointes en un mauvais rictus, d'une réserve si contrastante avec sa démesure ordinaire. Utile que dire que ce n'est point bon signe ? C'était tout sauf cela, Ohnelli entendait bien s'amuser, à cette soirée d'halloween...

    Pourtant, elle n'était pas encore à la fête. Elle était à une entrée discrète de la grande place, éloignée des tentes, accotée sur un lampadaire, son inquiétante petite comptine aux lèvres. Son visage masqué était tourné vers les lumières glauques des chapiteaux. D'ordinaire, cet événement la laissait totalement indifférente et elle se contentait de priver les employés de la compagnie familiale de congé pour ensoleiller sa journée, mais cette fois-ci, un frisson d'excitation l'y avait poussée. Quelque chose allait se produire. Une forte intuition le lui hurlait. Un change-forme ne réprime jamais son instinct. Ce qui fait en quoi ils sont uniques et dérangeants. Un peu primitifs, mais humainement brillants, déroutants... et en cette fête des confiseries, Chazera, en tant que change-forme, allait joindre la danse pour suivre l'élan de son « ça ». Peut-être Sund y serait-il, qui sait... première apparition publique de sa part ? Peut-être pourrait-elle lui offrir une valse endiablée, faire roussir les Opposants de frustration, quelle bonne idée !

    Elle eut tout d'abord un plaisir fou à se procurer le costume, dont la richesse était à la hauteur de sa fortune. Son masque semblable à ceux des carnavals avait une expression vague, un peu flippant, sa petite bouche de porcelaine argentée ainsi que l'espèce de masque à la toréador dégradé de noir et piqué de quelques parures précieuses fixé sur la partie supérieur du visage figé, tout cela pour un résultat surprenant. Ses yeux prenaient une forme moulée de manière effilée, deux mystérieux orifices noirs insondables, derrière lequel l'on pouvait deviner l'éclat violet de ses prunelles. Ses cheveux étaient pour une fois libres et leur teinte cendrée se mariait parfaitement avec l'onyx et l'argent du masque, petites pierres présentes sur le couvre-chef tout de soie et tulle conçu qu'elle portait. Une fleur d'un vif lilas violacé à la taille grotesque s'affichait fièrement sur le côté de sa tête. Son cou naturellement ivoire était à découvert, ceinturé d'un collier plongeant dans le corset brodé d'argent de sa robe. Justement, celle-ci valait bien une semaine de salaire du petit paysan. Les manches longues lignées de dentelle noire se refermaient sur ses gants de soie blanche. Le bas de sa robe s'ouvrait sur ses jambes drapées de nylon blanc, l'arrière bien au chaud dans les jupons. De nombreux détails, par-ci par-là, rendait le costume lourd et riche en beauté, quoi qu'un peu exagéré, et d'une effrayante excentricité.

    Elle adorait néanmoins le genre de la chose qui, selon elle, lui allait comme un charme. Surtout l'aspect mystérieux du masque.

    Chazera prit sur elle et cessa d'admirer ses froufrous à milles Un. La jeune change-forme entama la courte traversée jusqu'aux tentes. Le claquement régulier de ses escarpins lilas résonnait à ses oreilles par-dessus le brouhaha des festivités d'halloween. Un rictus amusé flottait sous son masque tristement impassible. Elle se demandait qui sentirait son aura sournoise s'approcher.

    *

    Il y avait déjà une bonne foule, sous les tentes. Le buffet était merveilleusement... repoussant, ce qui l'amusa néanmoins, et les costumes diversifiés. Elle se retint à quatre bras pour ne pas en déchirer quelques-uns pour voir son propriété s'égosiller d'indignation.
    Chazera se faufila derrière l'amas de personnes encore un peu gênées de leur habillement débile et croisa un petit garçon qui lâcha un hoquet d'horreur. Elle ne dit cependant rien et se contenta de poser l'index sur ses lèvres pour lui dire de se taire. Il tremblota, puis figea. La jeune femme hocha lentement de la tête, puis se faufila plus loin de manière leste. Elle croisa un petit fantôme émerveillé – petit, c'était relatif, la demoiselle devait bien être de sa taille – qui avait l'air de chercher quelqu'un. Une Opposante, celle-là, bien à l'évidence. Cependant, l'envie du tourment n'y était pas. Elle devait encore inspecter le terrain de jeu. Voir qui y était, qui n'y était pas. La jeune Ohnelli se dit très honnêtement qu'elle aurait dû forcer son jardinier à y aller. Ses missions sabotage n'était un secret pour personne, on la savait trouble-fête et dangereuse, elle n'aurait pas été gênée que son « meilleur ami » y assiste. D'ailleurs, rien ne la gênait réellement.

    Chazera déambula, lentement, tout près de la phase enfantine, encore avec un brin de résistance de l'autre extrémité... sa schizophrénie hésitait, balançait, et c'était préférable que les convives profitent avant qu'elle ne se décide. C'était triste, mais vrai.

    Alors, que le bal commence !
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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Ven 8 Jan - 22:03


    La nuit recouvrait lentement le ciel de son voile sombre lorsqu’un homme vêtu d’une longue cape noire sortit d’un appartement. Un trait de lumière éclaira la rue. Il fit un pas dehors, sa peau était recouverte d’une poudre blanche lui conférant un air cadavérique, ses yeux luisaient d’une couleur rougeâtre et il lança un sourire qui laissa apparaître deux canines affûtées. La cape s’envola, dévoilant au passage l’élégant costume dont il s’était paré. Le vampire fit demi-tour et déposa un baiser amoureux sur les lèvres d’une jeune femme aux cheveux couleur d’encre. Elle lui rendit son baiser et plongea ensuite son regard dans le sien. Les amants se toisèrent en silence et le jeune homme finit par demander, sur le ton le plus tendre qu’il avait en réserve :
    «
    T’es sûre que tu ne veux pas venir ? »
    Elle répondit un signe de la tête et d’un petit rire avant de déposer, sur le visage de son fiancé un loup qu’elle avait confectionné, de plumes sombres et de perles dorées. Il l’embrassa encore, elle rit, posa ses mains contre sa poitrine et l’embrassa dans le cou. Le vampire entoura de ses bras sa frêle victime et enfouit son visage maquillé dans ses cheveux noirs. L’image était digne d’un film. Le couple parfait. L’Amour avec un grand A. Puis il se recula, l’embrassa encore et s’envola dans la nuit. Elle le regarda partir. Après quelques mètres, il se retourna, lui fit signe. Elle répondit. Quand elle ne vit plus la cape sombre voleter derrière lui, elle referma la porte.
    ~●~

    Impossible donc de savoir qui était réellement le personnage qui s’avançait sur la place publique. La cape recouvrait la quasi-totalité de sa personne, il avait placé la capuche sur ses cheveux teints en noir pour l’occasion. Son visage était caché derrière un loup noir décoré d’or et d’argent. N’apparaissait que ses yeux, colorés de rouge par les soins de sa fiancée, une partie de son front, recouvert de poudre blanche, ses lèvres fines d’où dépassaient ses canines surdéveloppées. Le déguisement était sobre, le loup mis à part, et plutôt réaliste, Kaori avait mis du cœur à l’ouvrage et il se sentait particulièrement fier dans ce costume. Il marchait avec la grâce qu’il imaginait à la créature dont il avait revêtu l’apparence, le temps d’une nuit.

    L’atmosphère de la place publique l’enivra à peine arrivé. La musique, les décors, la magie. Le jeune homme promena son regard d’un élément à un autre avec l’émerveillement d’un petit garçon. Son amoureuse allait se mordre de les doigts d’avoir manqué cette belle fête. Il pourrait la narguer longtemps. Un sourire amusé dévoila un peu plus ses canines factices. Puis il se lança, glissant parmi les citrouilles et les masques, sous les tentes. Il cru reconnaître ça et là quelques uns de ses élèves, impossible de vraiment savoir, c’était la magie des bals masqués. Lui-même, parfaitement caché sous son déguisement, jouait de clins d’œil, de sourires mystérieux. Il devait simplement se retenir d’utiliser son don, pour ne pas être reconnu. La soirée perdrait une bonne partie de son intérêt, sinon. Ce serait dommage. Très dommage. La merveilleuse Kaori avait donc eu l’idée de lui trouver des gants de cuir noir, très confortables, pas épais, juste pour le style. Sa courte errance l’amena prés du buffet où il cueillit une coupe contenant un liquide vermeille qu’il porta à ses lèvres d’un geste théâtral.

    Cette soirée était plus que prometteuse. Et la curiosité ne cessait de le piquer. Qui donc se cachait sous ces masques ? Etait-ce une de ses élèves qui se cachait derrière un déguisement de sorcière aux formes généreuses ? Sund était-il venu rire au nez des Opposants, faisant un tour dans au milieu du peuple qu’il tenait entre ses mains ? Gabriel pointerait-il le bout de son nez ? Assurément, il avait l’air d’aimer se montrer. Les pensées qui traversaient son esprit firent sourire le professeur qui avala une nouvelle gorgée du liquide sucré. Le professeur commença alors à chercher dans la foule une cible, une jeune fille qu’il ferait danser, sans savoir qui elle serait, sans espoir de la retrouver. Oublier un peu la monotonie du quotidien, faire une parenthèse enchantée dans la vie de tous les jours, au fond c’était pour ça qu’il était venu. Le vampire cherchait une victime dans la foule. Celle qu’il jugerait la plus apte à lui faire passer quelques heures dans un autre monde. Oh il ne s’agissait pas d’être infidèle à son aimée, ça non. Juste de planer, un instant, dans un univers de masques, de vampires, de citrouilles, de musique enchantée, sous le regard de centaines de gens qui ne se reconnaissent pas. Sund n’était plus, pas plus que Gabriel, et Nobuo Ogada.

    Le professeur abandonna son verre sur la table où il l’avait pris et se glissa dans l’océan de robes excentriques, de masques spectaculaires, de sourires et des œillades qui en disaient bien plus que des mots. Il finit par se perdre dans la foule, à effleurer les uns et les autres. Tout sourire.


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Nailah Temset

Commandant des Services Secrets de l'Armée Noire.

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Expérience : 42
Magie : » Dons : Contrôle le Feu & lit l'Avenir.
» Conséquences : Maladie due au contrecoup.
Localisation : » Dans un recoin sombre de ta conscience.
Occupations : » Se jouer de vous.
Humeur : » Aguicheuse, pourquoi ?


MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Ven 8 Jan - 23:06

    Splendeur.

    Pour l’occasion, Nailah s’était cousue une robe sublime.
    Evidemment, il en fallait peu pour que sa classe naturelle ressorte, pour mettre ses formes en valeur, pour que sa grâce soit élevée à celle d’une déesse ardente. Néanmoins, elle avait un talent indéniable pour la couture et parvenait toujours à se confectionner les tenues les plus à même de la rendre magnifique. Cette fois-ci, elle avait opté pour une longue robe de soie moulante, fendue jusqu’à mi-cuisse. Le décolleté l’avantageait sans paraître vulgaire, les motifs représentant des vipères pourpres et argents ondulaient au rythme de ses pas.
    C’était une Nailah dans toute sa splendeur qui avançait calmement dans les rues Wateriniennes, aussi à l’aise sur ses talons que dans des chaussons. Sa coiffure ne changeait pas de l’ordinaire : une queue de cheval élégante qui laissait ondoyer sa chevelure dans son dos. Néanmoins, son maquillage avait tout pour envoûter. Ses yeux soulignés de Khôl n’en étaient que plus hypnotiques, ses prunelles onyx plus flamboyantes encore. Elle avait lourdement insisté sur un fard à paupière sombre, pour accentuer l’effet d’éclat dissimulé de ses iris. Le tout avait été finement étudié pour que même à travers son masque on puisse voir le travail minutieux qu’elle avait effectué.
    Masque fabriqué aussi par ses soins, au contour pourpre et argent, les vipères élégantes et perfides s’enroulaient autour de son regard, discrètes.

    Les éclats lui parvenaient déjà depuis la Place.
    La musique, les couleurs, le jeu de lumière charmant, tout semblait plus magique chaque année. Oui, le Bla d’Halloween était pour le moins une distraction potable pour Nailah. Elle aimait charmer, sorcière indolente ou provocatrice selon sa proie. Ce jour là, elle se sentait d’humeur à jouer, à tromper. Elle serait perfide, ô combien sournoise…
    Elle se glissa parmi les invités, féline dans sa grâce, sa manière d’onduler. Elle attirait déjà les regards de nombreux individus, elle lançait en retour quelques œillades délicieusement mystérieuses. Elle se glissa jusqu’au buffet, saisit quelques tomates à l’aspect farfelu qu’elle glissa entre ses lèvres, une à une, avant de se saisir d’un verre de cocktail sucré. Elle s’éloigna à pas majestueux, afin de se trouver un poste d’observation décent. Sur un côté, des tabourets étaient installés auprès bar. Parfait. Elle pu alors contempler les convives à sa guise, promenant son regard, un coude nonchalamment posé sur le comptoir auquel elle faisait dos.

    Que cette soirée s’annonçait prometteuse !
    Sund ne lui avait pas dit s’il comptait apparaître. La sale gamine non plus. Enfin, la gosse, elle s’en moquait éperdument, le maître était bien plus distrayant. S’il venait, comment allait-il intervenir ? Quelle terreur nouvelle allait-il inspirer aux habitants de son île ? Voilà des questions dont elle avait hâte de connaître les réponses… Oh, il faudrait aussi qu’elle se renseignât, tout de même, concernant ses droits et ses devoirs, durant cette soirée. Pourrait-elle faire un bûcher de Résistants, si elle en croisait ? Après tous, les Opposants de Sund ne méritaient que de périr dans les flammes, quelque soit l’intérêt qu’ils avaient d’un point de vue purement stratégique dans la lutte contre l’ennui incessant qui poursuivait la jeune Partisane.
    Qui vivra verra.

    Elle finit d’une traite son verre, avant de le poser sur le comptoir puis se laissa glisser jusqu’au sol.
    Proie repérée.
    Un pas après l’autre, elle traversa la piste où valsaient déjà quelques couples, ne quittant pas des yeux l’objet de son intérêt. Un déguisement de vampire, quoi de plus amusant ? Parfaitement accordé avec son humeur vicieuse, son insatiable besoin de se plonger dans les ténèbres. Peut-être s’agissait-il d’un opposant, peut-être un partisan. Pas moyen de le savoir. De même, elle ne pouvait qu’estimer vaguement son âge, mais qu’est-ce qui lui disait que ce n’était pas un gosse ? Ou un vieux ? Un prof ? Heureusement, il était bien connu que les hommes d’âge mûr étaient les plus expérimentés. Si Nailah avait dû se contenter d’individus de son âge, les stocks auraient été épuisés depuis un long moment déjà.

    Ô, combien de bêtises pourrait-elle faire ce soir ?
    Combien de mesquineries, combien de mauvais coups ?
    A quel point pourrait-elle profiter des gens ?

    Aucune limite ne se présentait à elle.
    D’ailleurs, si elle poussait le jeu trop loin, si on la reconnaissait, il lu serait très aisé de contredire l’infâme accusateur. Une petite flamme contrôlée du bout des doigts, un brasier digne de ce nom et Nailah Temset ne serait plus. Après tout, elle n’était pas sensée contrôler le feu : peu nombreux étaient ceux qui savaient que le maître de l’île avait débridé ses pouvoirs. Et les conséquences, elle n’en avait rien à foutre. Qu’elle s’affaiblisse, qu’elle crache du sang ! Qu’elle se consume que trop vite : la vie était faite pour être vécue à fond.
    Et il y avait intérêt à ce que le charmant homme qu’elle allait aborder soit du même avis.

    Enfin, elle parvenait jusqu’ à lui, se glissait dans son dos.
    Enfin, elle posait sa main délicate sur son épaule.
    Enfin, son souffle trouva son oreille.

    Elle susurra :

    « Les buveurs de sang sont-ils seuls au point de boire dans des verres ? »

    Puis, provocatrice, elle saisit le verre en question et plongea ses lèvres dedans, avant de le rendre à son propriétaire. Elle se planta devant lui, cherchant à l’enivrer par son regard seul, l’éclat de ses prunelles chargé de concupiscence.
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Damon Claymore


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mar 12 Jan - 20:00

    Un bal. Normalement, à ce genre d’événements, les gens s’amusaient, riaient, étaient heureux. Ce n’était bien entendu pas le cas de Damon. Il se sentait obligé de venir au cas où l’autre cinglé – Sund, quoi- décidait de participer à la fête. Pour le jeune impulsif, cette idée était peu probable : après tout, ce lâche restait cloîtré dans son château depuis sa prise de pouvoir. Quel intérêt aurait-il eu à participer à un vulgaire bal d’Halloween, où il serait obligé de s’afficher avec un masque pour pouvoir entrer et donc, ne pourrait certainement pas dire clairement qui il était. D’après Gabriel, ce serait justement le but recherché : cet homme était sournois et il préférerait certainement faire peur tout en restant caché, semer le doute en s’infiltrant et laissant deviner son identité sans dire qui il était vraiment. Or, Damon faisait confiance au jugement de Jewel, qui avait vu si souvent juste par le passé. Et malgré la haine qu’il ressentait envers le despote, malgré la rage qui lui bloquait la gorge à chaque fois qu’on parlait de lui, il ne voulait manquer son éventuelle première apparition publique pour rien au monde. Un long moment, il s’était imaginé pouvoir l’assassiner en bonne et due forme lors de cette soirée…Bien sûr, il avait conscience que ce ne serait pas si facile. A supposer qu’il vienne, il prendrait certainement ses précautions. Et la priorité de Damon serait d’être persuadé que le porteur d’Espoir soit en sécurité, car seul son potentiel semblait être en mesure de rivaliser avec celui du despote. Or, si le despote en question se révélait avoir un coup d’avance sur la Résistance, ils étaient finis, et avec eux, ses rêves sanglants de vengeance. Bien entendu, si Gabriel tombait, c’était toute la Résistance qui s’écroulait avec lui. Et ça, c’était tout sauf ce que désirait Damon. Il devait donc protéger la Résistance et son leader, il s’agissait de l’unique raison qui le conduirait jusqu’au bal.

    A cause de ce manque de motivation, du moins, de désir de réellement participer à un bal masqué, il ne fit aucun réel effort concernant sa tenue. Il se vêtit d’une chemise bordeaux, qui épousait délicieusement ses muscles épais, et d’un simple mais seyant pantalon noir. De toute façon, qu’il soit masqué voire même déguisé ou non, on le reconnaitrait : rares étaient les Wateriniens qui pouvaient se targuer de posséder une carrure telle que la sienne, toute de muscle qui plus est. Il ne se prit pas la tête pour le masque non plus, pour l’évidente raison qu’on saurait qui il était assez aisément malgré tout. En prime, il n’allait pas claquer des mille et des cents dans un masque débile qui ne lui servirait qu’une fois et qu’il allait abandonner dans un coin par la suite. C’est vrai quoi, même s’il était loin d’être super économe, il ne voyait pas l’intérêt de dépenser une petite fortune dans une chose qui ne servirait qu’une seule fois. Aussi s’offrit-il un masque à bas prix, peu élaboré, noir et sans ornement. Ce masque lui cernait les yeux, descendant jusque son nez et couvrant ses sourcils. Quelques-unes de ses mèches de cheveux retombaient sur ce sombre décor, renforçant l’impression de dangereux mystère qu’il offrait, conjugué ainsi avec ses yeux écarlates. Il aurait pu faire des efforts, demander à quelqu’un de le camoufler par magie s’il voulait ne pas être reconnu mais il n’avait pas suffisamment confiance aux gens pour les laisser lui lancer un sort en toute impunité. Alors, tant pis. Même s’il n’hésitait pas à crier qu’il pensait que Sund était le plus minable de tous, il s’agissait après tout d’une fête : et l’idée qu’on puisse tenter un assassinat lui semblait un peu tirée par les cheveux, quoi que possible malgré tout. Les directeurs de l’Orphelinat et de l’Académie ainsi que Jewel avaient sûrement fait leur possible pour éviter les conflits. Bien entendu, il restait l’inconnue, c'est-à-dire de savoir si oui ou non le tyran allait pointer le bout de son nez. Ca, ils ne le sauraient qu’en tant voulu…

    C’est ainsi vêtu qu’il s’en alla vers le bal. Il s’en serait bien passé s’il ne risquait pas d’y avoir l’événement du siècle ou du moins de l’année : la première apparition publique de Sund l’infâme. La Resistance ne l’avait pas engagé puisqu’il n’était pas payé. Mais c’était personnellement qu’il s’était juré de la protéger. Et même si personne n’était témoin de ses promesses, il les tenait, c’était une question de loyauté envers lui-même et les valeurs qu’on lui avait inculquées. La fête se déroulait comme tous les ans, apparemment. Les jeunes et les moins jeunes s’amusaient, certains profitant de leurs costumes pour agir comme jamais ils ne l’auraient fait à visage découvert. En y réfléchissant, Damon ressentait la joie régnante presque inhabituelle. Etait-ce parce qu’il était habitué à voir des gens méfiants, sur leurs gardes, effrayés ? Ou certains forçaient bel et bien leurs émotions, ce qui rendait cette joie frénétique, irréelle ? Hésitant entre l’idée de relâchement bienfaiteur et de sentiments exagérés, comme pour oublier dans l’excès, Damon finit par conclure que cette ambiance étrange devait être à la fois à cause de son habitude de croiser des regards méfiants, mais certains devaient également se forcer. Par ailleurs, planté comme un piquet près de l’entrée, il commençait à s’attirer des regards curieux. Il faut dire que sa carrure attirait les regards, et nombreux étaient ceux qui levaient les yeux pour découvrir une mine patibulaire… Il savait que se faire remarquer n’était pas vraiment une bonne idée. Ce n’était pas comme s’il camouflait son appartenance à la Résistance – sans non plus la crier sur tous les toits. Et toutes les personnes qui avaient souhaité sa protection devaient se souvenir de cette question : dans quel clan tu es, toi ? Il était donc facile de déduire qu’il n’acceptait pas soit les Résistants, soit les Partisans. Et tous ceux qui n’étaient pas Neutres avaient dû clairement comprendre sa position, qu’il donne un refus ou un accord.

    De plus, s’il s’était déjà fait repérer, que ce soit par des Partisans ou comme un individu louche qui gâcherait la belle fête, il risquait de ne pouvoir s’acquitter de la mission qu’il s’était offerte, à savoir protéger la Résistance et leur chef. Sachant très bien que les Résistants devaient s’éparpiller, il se mit à marcher, fendant la foule d’un pas sûr malgré son absence de destination. Au moins, il pouvait avoir l’air de chercher quelqu’un, ce qui excuserait un minimum son air de chien de garde. Il fallait donc qu’il trouve une solution pour ne pas se faire trop remarquer. Bouger était la meilleure solution, car il n’avait aucune envie de sourire niaisement tout au long de la soirée. A la limite, il pourrait errer un instant… Il n’avait pas du tout envie de participer aux festivités, qui étaient loin de le ravir. Auparavant, il les appréciait. Mais avant, c’était différent. Même s’il affichait déjà des mines patibulaires, son père était avec lui et il était alors heureux. Songer de nouveau à la disparition de son père lui évoqua Sund et la pensée de ce type provoqua un bouillonnement immédiat dans les veines de Damon tant sa haine était puissante. Il se rendit vite compte qu’il devait maîtriser la rage qui courrait dans ses veines : si on lui décelait une aura aussi agressive, on risquait soit de le prendre pour un Partisan – quelle insulte grossière ! - soit de deviner qu’il n’était pas venu exactement pour s’amuser. Bien entendu, il n’irait pas jouer avec les gamins déguisaient qui se poursuivaient en riant, ce ne serait qu’attirer l’attention sur lui. Néanmoins, en tant qu’adulte, il avait une autre solution pour s’amuser – ou au moins en avoir à peu près l’air. Cette idée était loin de lui plaire. Il n’aimait pas faire ça. Mais Damon savait, grâce à son père, qui avait insisté pour qu’il apprenne en lui assurant que cela lui servirait un jour. Merci, papa, tu avais raison, même si c’était ennuyeux et qu’il s’agissait de la dernière chose qu’il avait envie de faire. Parce que, le guerrier et la danse, c’était loin d’être une grande histoire d’amour.

    Pourtant, ce n’était pas une mauvaise idée. Il s’arrêta au coin d’une tente pour y réfléchir un instant. Danser lui permettrait d’avoir l’air de s’impliquer dans la fête, et pourquoi pas de donner l’impression qu’il s’amusait un tant soit peut – ce qui n’était pas vraiment gagné avec sa tête habituelle de chien de garde qu’il ne comptait pas quitter. En plus, avec un tout petit peu de chance, il réussirait à découvrir des choses… Non pas qu’il ait envie de bavarder, chose qu’il ferait le moins possible comme d’ordinaire. Oui, sa cavalière devrait se battre un peu pour avoir une conversation avec lui. Mais elle y serait certainement prête, n’est-ce pas ? Elle devait être elle aussi toute imprégnée de l’esprit de la fête… Ou pas. Il verrait bien. L’hésitation demeura un instant : d’accord, inviter une inconnue à danser, dans cet esprit de jeu et malgré sa mine peu avenante, n’était pas une mauvaise idée. Mais s’il tombait –quel horreur ! – sur une Partisane ? Une psychopathe, qui plus est ? Il réfléchit un instant. Certes, ce serait fâcheux. Néanmoins… Même s’il tombait sur une Partisane, ce pourrait être profitable à la Résistance. Admettons que celle-ci soit un peu bavarde. S’il éviterait de parler, il n’irait pas non plus jusqu’à ordonner à sa partenaire de se taire. Aussi pouvait-il éventuellement glaner quelques petites informations… Bien entendu, il préférait éviter de tomber sur une Partisane. Mais il pouvait toujours faire comme si le démon de la fête s’était emparé de lui, histoire de faire bonne figure… Alors qu’il réfléchissait, ses yeux écarlates s’arrêtèrent sur une jeune fille splendide, silhouette inconnue, qui, il lui semblait, ne le serait pas moins habillée normalement.

    Après tout… Même s’il passait une soirée accompagné, il n’était pas obligé de retrouver la personne à l’avenir. Qu’elle soit Partisane ou pas. Il serait certainement reconnu s’il était croisé dans la rue, mais lui pouvait parfaitement faire comme si elle n’était pas là… Voire carrément ne pas la reconnaître. S’il avait une carrure impressionnante, celle de la jeune femme semblait être tout le contraire. Il en venait presque à se demander par quel miracle il l’avait vue. Décidant de ne pas tergiverser plus longtemps, il s’avança à grandes enjambées vers elle, de manière à détruire la distance entre eux. Puis, une fois suffisamment proche, il lui tendit la main et, sans autre forme de procès, sans sourire, sans politesse, il lui posa une question très simple, de son ton froid habituel, ses yeux profondément ancrés dans le regard de la jeune fille.


    " Tu danses ? "

    A toi de choisir, Einleen. Saisirais-tu la main tendue ?
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Einleen Starfield

Chanteuse à l'Auberge Ahea.

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Sam 16 Jan - 16:03

    Hésitation.

    Oui, Einleen, la douce Einleen avait longuement hésité.
    Parce qu’elle fuyait toujours la compagnie, parce qu’elle s’estimait trop dangereuse. Parce qu’elle craignait de faire du mal à quelqu’un, d’un simple regard, perdant le contrôle de son don. Il y en avait eu, dans sa famille… De ces fous qui n’étaient plus maître de leurs iris si bien que chaque individu croisant leur regard se voyait foudroyé. C’était bien là l’une des pires craintes de la jeune fille.
    Alors, même si elle avait déjà acheté une tenue, elle ne parvenait pas à se décider. Ou plutôt, à ne pas céder à la tentation. Pourtant, elle avait de bonnes raisons, de rester cloitrée. Ô combien justifiées…
    Mais comment supporter cette insatiable solitude ?

    Einleen tournait en rond, tel un lion en cage, dans ses appartements. Elle n’aimait pas ce vide, cette impression d’être seule au monde. Car pour être vide, le château l’était probablement, privé de nombreux de ses membres. Tous se rendaient au bal d’Halloween, évidemment. Tous se paraient de vêtements sophistiqués, de masques pour aller assister au bal, espérant du fond du cœur que leur seigneur et maître se présenterait à l’évènement, asseyant une fois de plus sa suprématie. Einleen souhaitait tout le contraire. Que Sund laissât les Watériniens en paix. Ils n’étaient qu’humains. De braves individus qui ne souhaitaient que s’amuser, reprendre une vie normale bien qu’un Tyran soit à la tête de l’île, bien qu’ils soient divisés. Craindre son voisin, toiser suspicieusement les gens dans la rue, s’en prendre injustement à des innocents… Décidément, Ein’ ne pouvait supporter les conséquences de l’abus de pouvoir.

    Par Syeen, par Uen ! La Paix !
    C’était tout ce qu’elle demandait.

    Einleen soupira.
    Son étrange regard se posa sur la robe posée sur son immense lit. Noire, c’était une robe ancienne typique de Waterin quelques siècles plus tôt. Faites de satin, le corset était lacé de rouge bordeaux, sur le devant. Elle laissait les épaules nues et les manches évasées bouffantes arrivaient au niveau des coudes. Très serrée à la taille, la robe s’élargissait ensuite pour former une grande corole satinée, dont chaque plis était doublé de dentelles. De la dentelle, il y en avait aussi tout le long du col, et des rubans rouges venaient, ça et là, donner un peu de vie à la robe.
    Une robe magnifique, qui lui donnerait volontiers des airs fantomatiques.

    La jeune femme ne pu résister : elle l’enfila.
    Puis, ce fut la curiosité qui la poussa à mettre le pied dehors. Un châle sur ses épaules, elle se rendit à pied du château jusqu’à la place principale, prenant garde à éviter les passants, empruntant des rues peu fréquentées. Néanmoins, une fois parvenue au lieu de la fête, il ne lui était pas vraiment possible d’esquiver la population en joie. Même les recoins les plus sombres étaient occupés par des gamins qui s’y dissimulaient pour tenter de terrifier les passants.
    Faute de mieux, la petite Einleen se mêla parmi la foule, prenant soin d’éviter les regards. Elle commençait à douter de ses actes : qu’est ce qui lui avait pris de se rendre à un tel évènement ? La cohue lui donnait le tournis, la musique, l’ambiance particulière, ces visages masqués dont elle essayait de fuir le regard la hantaient comme les plus terrifiants fantômes de son passé. Elle se sentait écrasée par les auras de chacun, étouffant dans son corset. Elle voulut garder la tête froide, s’esquiver sans attirer l’attention.
    Jamais elle n’aurait dû venir en des lieux pareils.

    Elle frôla la crise cardiaque lorsqu’une main vint soudain se planter devant son regard.
    Sursaut.
    Mouvement de recul.

    « Tu danses ? »

    Elle leva enfin le regard vers son vis-à-vis, se tordant le cou pour tenter d’apercevoir son visage, d’autant plus que son champ de vision était quelque peu limité par son masque. Elle découvrit une silhouette totalement opposée à la sienne. Elle était petite frêle, douce, tandis qu’elle faisait face à un gigantesque grizzly. Bon, voilà qui était peut être un peu abusé, mais Damon en imposait par sa taille et sa carrure : jamais Einleen ne s’était sentie aussi menue. Puis, elle croisa ce regard écarlate. Sec, sans signe de bonté ou quoi que ce soit, correspondant tout à fait au ton employé. Si n’importe quelle personne sensée aurait pris ses jambes à son cou, Einleen présentait des symptômes plutôt étranges. Elle se sentit rassurée par un tel regard, par la force qu’il dégageait. La crainte que son pouvoir se déclenchât sans qu’elle en eût conscience s’évapora pour ne devenir qu’éther, valsant avec les notes ectoplasmiques d’Halloween.
    Il lui fallut quelques secondes pour réagir. Puis, les joues légèrement rougies par une telle demande, aussi inattendue qu’étrange à ses yeux, elle saisit la main tendue, jugeant qu’il serait mal avisé d’abuser de la patience de cet individu aux airs grognons.

    « Pourquoi pas ? »

    Sa voix ne gardait aucune trace de la panique éprouvée un peu plus tôt : douce et mélodieuse, elle s’était élevée jusqu’à Damon. Seule sa petite main semblait hésitante, encore un peu tremblante, à cause de l’émotion.
    Ce fut seulement une fois sa main emprisonnée dans celle de l’inconnu qu’elle se rendit compte de sa bêtise. Elle ne le connaissait pas, elle ne savait pas ce qu’il lui voulait… Il pouvait donc être dangereux, non ? Car à songer uniquement à ne pas blesser les gens, elle n’avait même pas pensé un instant à sa propre sécurité. Elle se sentit bien sotte. Néanmoins, elle ne baissa pas le regard et continua à fixer les prunelles écarlates. Défi ? Fierté ? Intérêt ? Elle-même ne savait pas trop…

    « Puis-je connaître le nom de mon cavalier ? » demanda-t-elle alors.

    S’il y avait une chose dont pouvait se réjouir Damon, c’est qu’au moins, Einleen savait danser.
    Merci, la famille Starfield.
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James Catterson


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Dim 24 Jan - 1:55

    Et la musique emplissait l’air, et les invités masqués dansaient, et les robes et les capes virevoltaient, et tout le monde semblait plus ou moins s’amuser. Car tels étaient les principes fondamentaux d’une fête digne de ce nom.

    L’avantage d’être né un soir du 31 octobre, c’est que l’on pouvait toujours avoir l‘impression de fêter son anniversaire en même temps que l‘on fêtait Halloween. Et encore une fois, alors que James scindait la foule de sa démarche élégante, se mouvant entre fantômes et divers démons, observant décors et costumes d’un œil à la fois enjoué et admirateur, il eut un instant la pensée que tout ceci pourrait bien être organisé pour lui, quand l’on y pensait. Certes, il n’en était rien en vérité. C’était bien Halloween que l’on fêtait ce soir-là sur la place publique de la ville, et non la venue au monde d’un certain James Orson Catterson, mais était-il interdit de rêver ou de fantasmer ? A ce que je sache, non. En tous les cas, si le Résistant le plus excentrique de Waterin semblait bien vivre dans un monde à part, il n’empêche qu’il ne se laissait pas aussi facilement berner par les illusions. Ou du moins, dans un certain sens. Disons plutôt qu’il ne se faisait pas d’illusions sur la fête de ce soir, mais que paradoxalement, il aimait se laisser aller à quelques pensées du genre, complètement inutiles mais relativement satisfaisantes pour l’ego, somme toute. Je crois qu’essayer de comprendre l’esprit de James serait de toutes façons au moins aussi ardu que d’essayer de comprendre l’inexplicable. Pas impossible, mais difficile.

    Mais passons.

    James s’arrêta dans un coin un peu plus espacé qu’un autre, près d’un des piliers qui semblaient entourer esthétiquement la place. Il avait eu ce sourire éclatant scotché aux lèvres tout du long de son passage dans la foule, tournant sans arrêt la tête pour accrocher un regard ou un autre, charmant, charmé et charmeur. Maintenant qu’il stoppait enfin sa marche, il prit le temps de s’adosser contre le fameux pilier pour sortir un paquet de cigarettes d’une poche de son élégant pantalon noir, d‘un geste nonchalant. Il sortit une clope, l’apporta à sa bouche et tendit son index ; une flamme apparue au bout de son doigt, et dans les secondes qui suivirent, James inspirait déjà la fumée dont il était indéniablement accro. Derrière les trous prévus à cet effet du loup noir à la fois sobre et élégant qu’il portait sur les yeux, les iris noisettes de James se baladèrent sur les invités qui passaient, qui dansaient. Sa tignasse rousse parfaitement identifiable était coiffée et souple, et contre toute attente ou presque, notre excentrique de première classe ne semblait pas porter un costume d’Halloween à son image. C’est-à-dire qu’il ne portait rien de bien fantaisiste. Non car voyez-vous, James prônait l’apparence élégante à l’apparence excentrique. S’il était certes fantasque, il aimait s’habiller classe. Pour mettre sa jolie gueule et son joli corps en avant, voyez-vous. Son costume, d’un noir contrastant avec l’orange de sa chevelure, se composait d’un pantalon sobre, d’une chemise blanche à la coupe des anciens temps terriens, raffinée et élégante, ainsi que d’une cape d’encre, déposée sur ses épaules, qui cascadait dans son dos et qui s’agitait autour de lui à chacun de ses pas. Un pendentif sur la poitrine, une ou deux bagues discrètes aux doigts. Des détails, par-ci par-là. Sobriété élégante. Vêtu comme un de ces aristocrates français ou anglais, convié à une réception, et où les loups étaient de mise. Sobre, élégante, simple. Mais réussi.

    James écarta la cigarette de ses lèvres et leva le nez vers le ciel étoilé. L‘air était censé être frais, mais sous les tentes, grâce à la magie, la température était parfaite. Cette fête serait réussie. Ou du moins était-elle censée l’être. Les décorations, la musique, les costumes, l’ambiance… Tout était enivrant, charmant, fascinant. Le jeune homme était une de ces personnes qui ne se lasserait jamais de ce genre de fêtes, auquel il était pourtant habitué depuis l’enfance. Son regard se porta de nouveau sur les personnes costumées, et ses pensée vagabondèrent sur d’autres chemins. Il espérait croiser Gabriel, ce soir, bien entendu. La fête ne serait pas totalement réussie s’il n’avait même pas la chance de le voir, c’était certain. Et cette charmante Misaki, la Reine des Lys, où était-elle ? James comptait lui accordait une danse, ce soir, bien évidemment. Il faudrait qu’il la croise. Certes, avec tous ces déguisements, il était malaisé de trouver une personne précise, mais cela restait tout de même dans le domaine du possible. En attendant…

    James écrasa sa cigarette dans un cendrier qui traînait là, puis se dirigea ensuite de sa démarche assurée et élégante vers le buffet qu’il avait déjà aperçu, mais duquel il ne s’était pas encore approché. Que tout cela était intriguant… Un éclat amusé dans les yeux, le jeune homme parcourut les diverses boissons, divers verres et divers plats qui ornaient la table, puis se décida finalement pour une coupe de ce qui semblait lui être du champagne. Avalant quelques gorgées, le verre en main, James se remit ensuite en route, bien décidé à trouver une cavalière pour se mettre à danser. Certes, il était Résistant, et certes, il devait être vigilant, mais qui dit qu’on ne pouvait pas associer travail et plaisir, dans la vie ? Certainement pas Catterson, en tous cas. Ses pas le menèrent à travers la foule, et après quelques minutes, son regard s’attarda sur une demoiselle au costume riche et recherché, au masque intriguant, les cheveux cendrés, une fleur couleur lilas y étant accrochée. Jolie. Aussitôt, le fameux sourire Jamesien se dessina sur les lèvres du rouquin, alors qu’il déposait sa flûte de champagne sur un plateau et qu’il s’approchait pour l’accoster. Effectuant une courbette devant la demoiselle masquée, le dos droit et une seconde, se relevant bien vite, le sourire toujours aux lèvres, James tendit une main vers elle d’un geste élégant :

    - Douce fleur, me feriez-vous l‘honneur de m‘accorder une danse ?

    Comment, si James avait le chic pour accoster les mauvaises personnes ?
    Complètement.
    N’est-ce pas, chère Chazera ?
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Chazera Ohnelli


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mer 27 Jan - 1:26

    Un schizophrène a la particularité de ne jamais être ennuyant. Lorsque les deux personnalités se chevauchent, il est plaisant pour certains érudits à la recherche d'énigmes à résoudre de tenter de décortiquer chacune d'entre elles, de déterminer laquelle se prononçait à un moment opportun. Si un caractère vous déplaît, l'autre, foncièrement antipode, vous plaira donc et saura vous réjouir. Relativement, s'entend. Ceci est une maladie déroutante, mais vous ne pourriez savoir à quel point ça l'est d'autant plus pour la personne qui en est victime. Chazera hésitait alors quant à l'expression à adopter à ce moment-là : sourire niais ou pétrifiante froideur ? Même si, après réflexion, cela n'avait guère d'impact en général, dans de telles circonstances. Son masque impassible ne laissait aucun loisir aux voyeurs; du front au menton, c'était porcelaine et feutre noir. Les éclats malicieux de ses prunelles violettes étaient dissimulés au grand publique, fait qui permettrait sûrement un approche plus aisée d'autrui... elle avait envie de jouer à un jeu différent, en cette soirée d'halloween. Elle avait beau être relativement reconnaissable par la richesse de ses parures, certains autres bourgeois étaient d'autant plus excentriques, ce qui jetait un voile sur sa propre identité. N'était-ce pas ça, le but initial de la soirée ? Plonger dans un univers de fantaisie, là on l'on ignore l'ascendance de l'inconnu qui invita la demoiselle pour une danse, hypnotiser notre cavalier à travers des mystères langoureux... non, Chazera n'avait pas envie de tout détruire ou qu'on la reconnaisse. La jeune Ohnelli désirait se perdre dans l'aura d'étrange de la fête, s'imprégner dans l'inconnu, être la belle anonyme d'une soirée de l'un de ces jeunes costumés... c'était comme une fantaisie de petite fille. Le fameux baiser, puis l'oubli de qui nous étions durant ce court instant et de fil en aiguille la perte d'un demoiseau énigmatique qui nous aura ravie le temps d'une veillée... juste le temps d'une petite veillée... être enivrante, enivrée, se noyer d'enivrement... et non pas celle due à l'alcool, loin de là. Celle qui, même une fois la musique cessée et les lampions éteints, la fera gambader vers le Domaine en bousculant les couples passants, celle qui la fera sourire comme une enfant même au lendemain. Ce qu'elle faisait déjà, mais différemment.
    Chazera Ohnelli s'imbiba de l'atmosphère irréelle de la fête et devint alors bourgeoise sans nom aux cheveux de cendre.

    La demoiselle savamment costumée scruta la foule de nouveau. Un vampire assoiffé abordait une femme vêtue – enfin, dévêtue – de bien vulgaire manière, un géant aux efforts de déguisement bien minimes dansait avec la Starfield, un chat faisait des minouches enflammées à une momie bien en chair – trouvez l'erreur –, une ballerine pigeait dans le plat d'amuse-gueule et un loup-garou à la crinière de lion déposait délicatement une coupe de champagne sur un plateau, les yeux rivés sur elle. Chazera scotcha son regard sur lui. Il avait une silhouette fine, agréable. La jeune femme sourit sous son masque. Il s'approchait et ne semblait pas vouloir dévier. Elle nota avec amusement que son masque représentait un loup noir, ce qui attisa son instinct de change-forme. L'inconnu fit une adroite courbette puis, se redressant, tendit la main.

    « Douce fleur, me feriez-vous l'honneur de m'accorder une danse ? »

    Toute d'allégresse et de grâce vêtue, Chazera posa une main sur son buste découvert et releva légèrement le menton en un geste feint de réflexion. Il ne lui avait pas passé par l'esprit de refuser. N'étions-nous pas là pour jouer la comédie ?

    « Mais très certainement. »

    La bourgeoise déposa ses doigts gantés sur ceux de son interlocuteur après avoir effectué une noble révérence. Elle l'entraîna sur la piste à travers les danseurs d'une démarche élancée. Elle tourna sur elle-même une ou deux fois avec frivolité puis refit face à son cavalier. La change-forme le sentait confiant et agile, ce pourquoi elle laissa transparaître sa propre assurance, question de s'adapter au personnage. Le menton dignement levé, mais pas trop pour avoir l'air hautaine, elle s'approcha de son partenaire, son corset lacé frôlant son torse. Chazera avança son visage figé vers l'oreille de son compagnon.

    « Croyez-vous pouvoir vous en sortir avec une seule danse de ma part, délicieux coquelicot ? Une fois que l'on m'aborde, il est impossible d'aller conquérir ailleurs... »


    Son ton était rieur. Rieur, mais une pointe de sérieux cabalistique rendait la maxime aguichante.
    Un détail plaisait tout particulièrement à la jeune costumée : personne autour ne pouvait voir ses lèvres prononcer ces mots, la musique les réduisait à des murmures insaisissables pour l'entourage. Seul lui, le premier à lui avoir offert une danse de façon si charmante, était en mesure de les comprendre. C'était presque intime, entre eux, un secret susurré à une oreille discrète... elle pouvait s'imaginer la scène, au milieu de la foule, comme le parfait acte de théâtre... la parfaite scène d'amour, la parfaite scène de meurtre, la parfaite scène de drame. Lequel choisir ? Chaque histoire avait son attrait, son petit ajout épicé... le publique attendait, impatient.

    James Orson Catterson avait le don de choisir ses cavalières, en effet...

    En espérant qu'il fasse le bon choix pour l'acte final, n'est-ce pas ?

    Murmure à mon oreille si cette pièce sera un drame...
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Damon Claymore


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mar 2 Fév - 21:52

    Elle lui sembla quelque peu effrayée quand il lui tendit la main. Il y avait la surprise, certes mais… Autre chose. Quelque chose d’enfoui au plus profond des yeux lunaires de la demoiselle. C’est en tout cas ce qu’il pensa, juste après sa demande et avant qu’elle ne plonge son regard dans le sien. Cela ne lui semblait pas une crainte de lui – et pourtant, elle avait toute les raisons du monde d’avoir peur de la bête qui venait de se planter devant elle. C’était trop étrange… C’était comme si elle avait peur d’un feu interne. L’idée que Sund pourrait venir, peut-être ? Non, il ne lui semblait pas... Ou alors, c’était bien dissimulé entre autres choses. Il décida néanmoins que cela ne le regardait pas. Après tout, quelle que soit sa crainte, elle ne semblait pas le concerner directement… Et s’évanouit à la rencontre de leurs regards. Pourquoi, il ne le comprit pas. Il avait de toute façon autre chose à penser. A commencer par la sensation étrange que lui procura la rencontre de leurs prunelles. Il sentait quelque chose, dans le regard profond de cette demoiselle… Quoi, il n’en savait rien. Autant dire tout de suite que ça avait le don de l’agacer. Une sensation de danger, légèrement. Non, autre chose. Ce n’était pas cela qui le perturbait le plus. Fascination ? Peut-être bien… Mais il s’y refusait. Il ne pouvait être fasciné par qui que ce soit, surtout pas par une inconnue qui pouvait fort bien être rangée du côté de son plus grand adversaire, son ennemi suprême. Malgré la confusion, il garda la tête baissée vers elle, continuant à la regarder dans les yeux. Une manière de se leurrer, peut-être, ou mieux encore de ne rien en laisser paraître. Car ses yeux restaient dur, de glace, et ne laissaient d’aucune façon passer son trouble furtif.

    Alors qu’elle lui répondait un "pourquoi pas " à valeur de toute évidence positive, il se souvint qu’il était censé avoir au moins un peu l’air de s’amuser. Par conséquent, il était inutile de se prendre la tête pour "rien". Bien sûr qu’il avait l’air de tout sauf d’être heureux. Mais s’il pouvait éviter de s’ajouter des problèmes inutiles… Enfin. Avouons-le, c’était surtout un prétexte facile pour ne pas avoir à se poser de questions. Tellement facile qu’il se décida en effet à ne se poser aucune question. Ni sur l’origine des tremblements de la petite main que la jeune fille avait posée sur la sienne, ni sur l’étrange chose qu’avait provoqué le regard de la demoiselle en lui. D’ailleurs, il s’y habituait déjà. Il referma sa main sur celle de la jeune fille et l’entraîna avec un maximum de douceur – il ne s’agissait pas d’avoir l’air de la trainer de force, cela risquait de faire très mauvais genre et d’attirer l’attention sur lui ce que, rappelons-le, malgré sa carrure imposante qui ne le laissait pas inaperçu, il ne voulait surtout pas. Certes, le jour où il se soucierait vraiment des apparences n’était pas encore arrivé. Et alors ? Il n’empêchait que là, il préférait largement, à défaut d’avoir l’air de passer un bon moment, donner l’impression d’amuser la demoiselle plutôt que de la forcer et de profiter de son apparence imposante pour l’effrayer et la dominer. Bref. C’est alors qu’il commençait à l’entraîner dans la danse, la fixant toujours droit dans les yeux, ce qu’il ne pensait d’ailleurs pas faire constamment, peu désireux d’attraper un torticolis à force de baisser la tête, qu’elle lui posa une question qui fut un véritable problème pour le géant.

    Son nom ? Ah ah. Il aurait dû s’y attendre, c’est vrai. C’était même terriblement prévisible. Et pourtant, il se retrouva totalement démuni face à cette question toute bête. Donner un nom, donner une identité, c’était prendre le risque de se revoir, de se reconnaître… Surtout dans son cas, étant donné que son métier fonctionnait surtout au bouche à oreille. Quelle était la bonne attitude à adopter ? Ne pas répondre ? Non, elle pourrait s’offusquer de son manque de politesse et s’en aller, le laissant seul et sans sa couverture d’amusement. Lui donner un faux nom, alors ? Non. Non seulement il n’aimait pas l’idée de renier ainsi qui il était et par extension ses origines, ses parents, mais en plus elle risquait de le découvrir, un peu plus tard, son véritable nom. Le grand désavantage de se montrer si peu déguisé et d’être aussi imposant. Il n’avait donc pas vraiment de choix. Il lui était impossible de ne pas répondre, inconcevable de maquiller son identité. Il devait donc la lui donner. Cependant, il ne comptait pas pour autant lui donner énormément d’éléments. Alors, la faisant valser avec une délicatesse surprenante, il prit la parole, le ton toujours aussi dur.


    " Damon. Et toi ?"

    Il était arrivé à un compromis avec lui-même : il s’était décidé à ne lui donner que son prénom. Après tout, elle n’avait pas réclamé qu’il lui donne son nom complet. Certes, l’île n’était pas bien grande, et son prénom n’était pas des plus fréquents. Néanmoins, il osait encore espérer qu’elle ne puisse pas le retrouver après ce bal. Il le voyait comme un moment perdu, une occasion de passer un moment avec quelqu’un et une excuse pour l’oublier. Vraiment, il ne pensait pas du tout à se lier à l’avenir avec elle. Pourquoi il lui retournait la question ? Par pure politesse, pour ne pas trop donner l’impression d’être un rustre qui s’ennuyait à danser avec la jeune fille. Parce qu’elle risquait de s’en vexer, pensait-il. Donc, s’il ne faisait aucun effort d’expression, il prenait au moins la peine d’en faire au niveau du dialogue par de petites questions simples, et ce bien qu’il n’avait pas vraiment envie de l’entretenir. Pas mal, n’est-ce pas ?
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Gabriel Jewel

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mar 16 Fév - 11:08

    Soucis. C’est avec ce simple mot, au pluriel s’il vous plaît, que nous pouvons résumer la préparation de Gabriel pour le bal, et ce qu’il pensait de celui-ci de manière générale. Un amas de problèmes en tout genre, où toute sorte d’angoisses seraient exprimées. Rien de très positif. Oh, il avait plus d’un projet qui, au final, se révéleraient divertissants, mais quand même… Pour les mener à bien, il était confronté à de nombreuses difficultés. Tant mieux, dans un sens. Il n’aimait pas ce qui était trop facile. Non, il pourrait s’amuser, mais pas en même temps que tout le monde : car sous son allure angélique, sous l’image du leader de la Résistance lui-même, se dissimulait l’Ennemi. L’Adversaire. Le Monstre tantôt haï, tantôt adulé, mais qui au fond rassemblait la population qu’il divisait par la craintive fascination qu’il exerçait sur tous, plus ou moins intensément. Qui n’a jamais désiré imposer ses lois, être écouté avec une attention presque religieuse ? Même si les lois en questions étaient très justes, l’idée restait la même que les injustices que créaient Sund petit à petit : tout le monde ou presque ne pouvait que désirer être au dessus des autres, commander d’une façon où d’une autre. Oui, la division des pouvoirs au sein du Conseil précédant n’était ni plus ni moins qu’une façon de se donner bonne conscience, pensait Gabriel. Ainsi, les gens participaient plus ou moins aux décisions. Mais tous n’étaient pas membres du Conseil : il y avait toujours ceux qui dirigeait, et les autres. En tant que Sund, il était juste plus extrémiste… Moins hypocrite. Il établissait son contrôle, directement et sans le moindre détour. Il y allait franchement. Bien sûr que ses méthodes étaient discutables et bien entendu que nombreux étaient ceux qui le trouvait lâche de se cloîtrer dans son château sans se douter qu’il vivait en réalité au cœur de la Resistance. Mais ce soir, peut être, ce soir, il se montrerait. Et peut-être que ce soir, il imposerait plus encore sa domination. Peut-être.

    Il y avait longuement pensé, et cela avait été l’un de ses plus grands soucis. Sund allait-il montrer le bout de son nez ? A supposer que oui, le chef de la Résistance ne pouvait pas se faire porter pâle ou autre : il s’agirait du meilleur moyen d’attirer les soupçons sur sa personne. Non, il devait se rendre à la fête. Mais comment faire pour être sûr, dans ce cas, que Sund apparaîtrait bel et bien ? A cause de Misaki, il ne pouvait se permettre une illusion pour Gabriel ou Sund : son don la préservait sans aucun doute contre cela, et ne ferait que le rendre plus louche encore. Parce qu’on faisait plus clair que Gabriel, comme personnalité, quoi qu’on ait rien à lui reprocher. Au fond, que savait Misaki de lui ? Pas grand-chose, c’est sûr. Il faisait de son mieux pour éviter qu’elle en apprenne trop, justement. Il préférait de loin garder sa part de mystère, qui le faisait se sentir bien plus entier que s’il exposait sa vie à tout va. Allez savoir pourquoi, il appréciait plus garder sa vie et ses secrets tout près de lui que de se confier, d’avoir une chance d’alléger le poids qui pesait sur ses frêles épaules… Et le risque d’être trahi. C’était sans aucun doute ce dernier qui faisait qu’il ne se confiait jamais ou presque. Résultat, il était un vrai mystère pour la plupart des gens qui l’entourait. Mystère à qui on accordait pourtant toute sa confiance, juste parce qu’il représentait la puissance des Opposants… La Justice. Il avait fini par prendre une décision quand à l’apparition de Sund ou non, et à organiser sa soirée en fonction de cette décision. Il était prêt, mentalement. Mais un autre souci, que l’on pourrait qualifier de mineur mais cependant essentiel, vint le perturber.

    Bal d’Halloween. Cela voulait dire : déguisement. Ou au moins tenue particulière. Et ça, c’était loin de l’arranger. En tant que Sund, il avait fait le plus clairement possible comprendre que Jewel était SA cible. Mais alors ? Et si l’un des Partisans décidait de passer outre cela et profitait de la fête pour l’attaquer ? Certes, il n’aurait pas trop de mal à l’esquiver, à se défendre mais… Il ne voulait pas que la fête soit gâchée par sa présence. Non, il voulait qu’elle se déroule le plus normalement possible. Donc, il faudrait qu’il ne soit pas identifiable, ou pas facilement. Il pouvait très bien user d’un sort pour que personne ne l’identifie. Cependant, il fallait qu’on voie qu’il était là quand même. Problématique. En plus, il fallait que son costume ne montre pas à quel point il avait minci. Histoire de ne pas attirer plus encore l’attention qui engendrerait l’inquiétude des autres Résistants, voyez-vous … Il avait au départ pensé se déguiser d’une façon qui ne lui correspondait pas du tout. Ainsi, il serait moins facilement identifiable. Cependant, après réflexion, c’était l’attitude la plus logique qu’il pouvait avoir en tant que hors-la-loi – car c’était ni plus ni moins ce qu’était Gabriel Jewel. Donc, il avait décidé qu’il se vêtirait de façon typiquement Gabrielienne. Ainsi, il avait fini par choisir une chemise blanche, au col fermé par un lacet de cuir noir formant deux boucles à la symétrie parfaite. La coupe de sa veste noire également permettait de voir un minimum cette chemise, et son pantalon noir surmontait des bottes de cuir noires, élégantes sans attirer l’attention, à l’image des gants noirs qu’il portait. A sa tenue sophistiquée s’ajoutait un marque métallique d’un gris presque noir, tout de courbes délicates, qui lui grimpait sur l’arrête du nez et au dessus des pommettes pour faire le tour de ses yeux. L’ouvrage fin qui recouvrait ses sourcils partait légèrement sur les côtés, de fins morceaux de fer délicatement travaillé achevant sa tenue raffinée. Il mit énormément de temps à trouver un costume correct, ce qui lui valu une légère course pour être tout à fait prêt à temps.

    Ayant volontairement mieux dormi pour une fois, il avait laissé Misaki partir de son côté. Lui, il n’avait pas très envie d’y aller, mais s’y sentait presque contraint. L’ambiance festive qu’il y trouva le mit immédiatement mal à l’aise. Les gens riaient, les enfants jouaient. L’allégresse régnait au royaume de l’ignorance. Ignorance. Rares étaient les gens qui se doutaient de l’identité de leurs interlocuteurs ou de leurs partenaires de danse. Mais les gens n’en avaient cure : pour la première fois depuis un bon moment, ils s’amusaient. Ils se libéraient. Ils vivaient, comme si de rien n’était et, idée qui faisait enrager Gabriel, comme si Sund n’existait pas. Les Partisans vivaient bien sa présence, bien entendu. Mais les Résistants et les Neutres, qui étaient moins bien placés pour survivre à la tyrannie… Ils s’amusaient, ils vivaient. Et toute cette joyeuse agitation donnait la migraine à Gabriel qui se mit bien vite sur les côtés, où l’action n’était pas trop vive. Ils étaient heureux. Ils étaient oppressés mais ils faisaient comme si de rien n’étaient. Et ça les rendait heureux. Gabriel ne savait pas ce qui le troublait le plus : la culpabilité qu’il ressentait à nuire ainsi à leur bonheur ou le fait qu’ils ignorent complètement la présence de Sund ? La peine ou la rage ? Perturbé, il fronça les sourcils et décida de chasser ces pensées. Il devait trouver une solution pour ne plus y penser. Il se sentait tourmenté, tendu, et faisait de son mieux pour que cela ne se devine pas au plus profond de l’éclat d’émeraude de ses yeux. Oh, les gens pouvaient bien penser qu’il se sentait mal pour une autre raison, qu’il n’était plus habitué aux bains de foule par exemple, s’ils identifiaient Gabriel, ou, s’ils ne le connaissaient pas suffisamment pour le reconnaître, s’imaginer une chose ou une autre au lieu du lourd secret qu’il portait. Mais cela n’empêchait pas le fait qu’il se sentait totalement intrus à la fête.

    Heureusement, il trouva la clé de sa libération. Alors qu’il se donnait l’air le plus assuré qu’il le pouvait, il reconnu une silhouette, une démarche. Une demoiselle qui passa juste à côté de lui. Une tentative d’intrusion dans l’esprit de la charmante demoiselle confirma ce qu’il savait déjà. Misaki ! Elle lui tournait le dos, à quelque pas à peine de lui. Aussi s’avança-t-il jusqu’à elle, discrètement, puis posa l’une de ses mains gantées aux longs doigts fins sur l’épaule de la demoiselle. Il éprouvait un réel soulagement à retrouver quelqu’un qu’il connaissait – et qui n’était pas Catterson - et pourrait le distraire un tant soit peu pour une partie de la soirée au moins. Aussi commença-t-il à lui souffler quelque mot, à voix basse. Rendu un peu plus audacieux par le masque, lui aussi, peut-être ?


    " Cette robe te va à ravir, Misaki. "
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Jeu 4 Mar - 12:27

    Anxiété.
    Misaki plongea son regard dans la foule.
    Elle la scruta encore et encore, tentant d’y apercevoir Gabriel.

    Ce dernier avait refusé de lui montrer sa tenue auparavant, même lorsqu’elle avait avancé l’argument de sa sécurité. Une véritable tête de mule, qu’elle soupçonnait même de ne pas l’avoir choisit, tout simplement. Et maintenant, elle se rongeait les sangs à l’attendre, et se trouvait incapable de le reconnaître dans la cohue. Bien entendu, sans masque, cela aurait été quelque peu délicat. Puis, montrer son visage n’était pas vraiment une bonne idée pour Gabriel : il devait absolument se soustraire au regard de tous. Anxieuse, elle tordait ses mains dans tous les sens pour ne pas agresser le tissu délicat de sa robe. Puis, elle se demanda si elle ne s’était pas trompée. Et si, justement, il demeurait dans la foule, jugeant qu’il y serait plus en sécurité ? Si jamais il considérait cela moins dangereux que d’agir en marginal et être ainsi plus repérable ? D’un rapide coup d’œil sur les côtés, elle remarqua alors qu’elle n’était pas la seule à rester à l’écart de la danse. Tant mieux.

    Peu à peu, plongée dans ses pensées et son inquiétude, elle se coupait du monde extérieur. Même si son regard acajou ne lâchait pas la foule ondulant au rythme des airs lugubres, cherchant par pur réflexe son hôte, son esprit vacillait dans le lointain. Pourtant, cela ne faisait que très peu de temps qu’elle se tenait à l’écart… Et déjà, elle s’égarait. Manque de concentration ? Entre les feux Halloweenesques intrigants, les masques, la mélopée appelant le mystère, toutes ces ombres, tous ces visages et ses pensées inquiètes, elle n’arrivait pas à se défaire de son immobilité raide. Elle ressemblait désormais à une statue, figée dans un mélange de crainte et de fascination mêlées.
    Elle sursauta, quand une main se posa sur son épaule, et sur la défensive, elle fit volte-face. Elle contempla le masque, la silhouette élégante avec surprise, puis reconnu la voix de Gabriel.

    Soulagement.
    C’était ce qu’exprimait son soupir, son regard. Puis, d’un ton parfaitement calme, elle lui répondit aimablement :

    « Merci, mais je me sens bien ridicule à côté de ton élégance, Gabriel. »

    Le compliment avait effacé tout son ressentiment. Elle avait aussitôt oublié de le houspiller quant à son retard, à son imprudence, aux soucis qu’il lui donnait. Un jour, son cœur allait lâcher, à la petite Misaki, non ? Gabriel devrait en prendre un peu soin. Bon, il fallait admettre qu’elle pouvait être agaçante, à vouloir le faire manger convenablement, à le couver quelque peu, à monopoliser sa salle de bain, à se balader dans des tenues pas possible ou ce genre de détails.
    Néanmoins, n’était-elle pas un adorable petit jouet ? Sund s’accorderait certainement sur ces points… Mais Gabriel ?

    Elle replongea son regard dans la foule, pour ne pas montrer la fascination qu’elle éprouvait pour Gabriel. Jamais elle ne s’était autant réjouie de son don d’annulation que ce jour même. Autant que la semi obscurité qui régnait et la lumière orangée, en cas de rougissement intempestifs. Elle se morigéna pour ses gamineries. Elle était sensée protéger Gabriel, pas baver devant ! En essayant de paraître calme, elle cherchait de quoi la distraire, pour oublier le contact de sa main sur son épaule : une première, sans compter les nuits d’orage. En apercevant James, elle se dit qu’il y avait pire qu’elle, certainement. Rassurant ? De se comparer à Catterson ? Uuuh. Pas vraiment. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher de sourire quand elle voyait son petit numéro. Quoi que la « fleur » qu’il avait décidé de cueillir ne lui semblait pas être d’un caractère très avenant. Bon courage, James !
    A l’opposé, Damon, lui, faisait toujours aussi professionnel. Il dansait pour la forme, mais même à une telle distance, elle savait qu’il était alerte et près à agir. Elle le connaissait peu, voire pas du tout. Il se présentait aux réunions, et c’était tout. Elle ne pouvait pas s’empêcher de le trouver intimidant, encore plus petite à côté de lui. Et pourtant, sa ravissante cavalière ne semblait pas tellement mal à l’aise.

    Calmée par ses observations, elle reporta son attention sur Gabriel et lui offrit son sourire le plus charmant, pour ensuite aborder les sujets les plus professionnels :

    « Rien à signaler ? »

    Elle regrettait un peu ses paroles. Elle aurait voulu n’être là que pour son plaisir, profiter de l’ambiance si particulière d’Halloween, ce Bal fascinant pour s’amuser, se plonger entièrement dans cette atmosphère étrange et profiter de la fête. Elle avait tellement manqué de fête, de distractions, enfermée dans sa tour ! Petite princesse perdue, elle ne faisait que découvrir le monde. Un monde devenu bien hostile, impitoyable, dans lequel elle n’avait de cesse de lutter pour son propre bonheur.
    Néanmoins, elle ne perdait pas son sourire.
    Elle restait l’innocente petite Misaki, adorable, douce, véhémente, qui dans toutes les circonstances, balançant encore entre insouciance et implication, un étrange mélange entre l’enfance et la maturité. Ce qui rendait l’adolescente pleine de surprise, n’est-ce pas ?
    Croyez-moi, ce serait bien une chose que Gabriel apprendrait à ses dépends.

    En attendant, elle essayait de repérer les choses suspectes.
    Chose difficile lors d’un Bal pour Halloween, puisque chacun se dissimulait derrière un masque, une autre personnalité, une sorte de fuite de soi-même forcée par quelques esprits intrigués. Elle-même avait l’impression de s’éloigner peu à peu de ce qu’elle était en temps normal. Etait-ce là la magie du moment ? N’était-ce qu’influence, ou bien y avait-il vraiment un sort derrière tout cela ? Car si la magie ne l’affectait pas directement, le fait qu’elle puisse influencer tous les autres conviés modifiait sensiblement l’ambiance et l’influençait indirectement.
    Elle soupira, trouvant sa théorie un peu tirée par les cheveux.
    Son comportement enfantin l’exaspérait elle-même, parfois. En l’occurrence, elle se trouvait déchirée entre plaisir et responsabilités, et ne savait pas comme agir de manière sensée. Son esprit, son fil de pensée lui semblaient aussi volatiles et éparses que l’éther.

    Besoin d’une douche froide ?
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Einleen Starfield

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Jeu 4 Mar - 14:45

    Einleen, désormais calmée, n’avait de cesse de s’émerveiller de l’imposante carrure de son cavalier. Pas effrayée pour deux sous, elle se sentait glisser dans un cocon paisible et rassurant, coupée du monde terrifiant qu’elle venait de quitter. La foule ne lui faisait plus aucun effet, la crainte de ses pouvoirs s’évaporait au fur et à mesure qu’elle regagnait confiance en elle. Elle s’amusait même, par moment, du contraste que présentait le couple, du regard de certains, de l’ambiance amusante et lugubre à la fois… Mais la crainte n’était devenu qu’éther, et ne reprendrait consistance que plus tard, peut-être, vicieuse. Néanmoins, tant qu’elle serait avec le dénommé Damon, elle décida qu’elle n’aurait qu’à ignorer son malaise, ses ennuis, sa vie, pour se concentrer uniquement sur le rythme de ses pas, les battements de son cœur dans sa poitrine, du froissement de la dentelle et du regard rougeoyant hypnotique derrière le masque de son vis-à-vis.

    Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, alors qu’il ne donnait que son prénom.
    Elle aussi, cela l’arrangeait plutôt. Son propre nom était plutôt connu, du moins chez les intéressés. Pour un peu que Damon soient en froid avec sa famille pour un meurtre x ou y, elle se trouverait bien ennuyée, cette soirée gâchée, avec en prime un nouvel ennemi. Elle était Partisane et bien peu fière de faire partie du camp de Sund. Cela ne se révélait pas sur tous les toits, encore moins pour quelqu’un de son espèce. Pour un peu, elle se qualifierait elle-même de monstre de foire.
    Là n’était pas la question, cependant.
    Elle ne voulait pas se préoccuper de ce genre de chose pour le moment, elle ne souhaitait pas s’égarer. Juste profiter de l’instant présent, même si cela signifiait d’éviter soigneusement tous sujets trop personnels. A la limite, pourquoi ne pas aborder la taverne ? Elle y chantait. Si jamais Damon désirait la retrouver, ce serait la meilleure option… quand bien même serait-elle condamnée à attendre qu’il veuille bien se montrer. Ou alors, elle se taisait simplement, en se disant que n’importe qui passerait par là. C’était après tout un lieu connu et très fréquenté… Elle poussa un léger soupir et se contenta de répondre à sa question pour le moment.

    Ce ne fut qu’un murmure douceâtre s’échappant de ses lèvres.

    « Einleen. »

    Ein’ pria pour que sa maladresse ne lui joue pas encore des tours.
    Elle imaginait déjà tous les scénarii possibles et imaginables. Trébucher, s’étaler lamentablement, éternuer de façon disgracieuse… Le summum serait tout de même de déchirer sa robe. A cela s’ajoutait bien entendu la crainte de dire quelque chose qui ne fallait pas, de vexer son interlocuteur intriguant et peu loquace.
    Elle brûlait d’en savoir plus sur lui. Son pouvoir ? Sa profession ? Sa vie ? Toutes ces questions indiscrètes qui se bousculaient dans sa tête, et qu’elle ne pouvaient prononcer, car elle ne ferait que l’engager à lui poser des questions réciproques sur elle-même, ce dont elle n’avait aucune envie. Elle ne pourrait pas y répondre et retrouverait dans l’embarras. Et puis, elle ne voulait pas paraître trop curieuse, trop inquisitive. L’indiscrétion était certes une partie intégrante de son caractère, mais elle se devait de la brider, de se montrer sage et civilisée. On pouvait au moins dire qu’elle conservait quelque chose de ses origines Nobles, bien qu’elle ne pût réellement s’en vanter.

    Sund allait-il apparaître ?
    Ce problème d’actualité apparut à son esprit de manière soudaine et inopinée. Elle ne voulait pas y penser. Ein’ ne souhaitait que fuir son quotidien et là, poussée par le silence pesant, elle se remettait à nouveau à penser à Sund, son maître et sauveur, son geôlier, aussi. D’un petit mouvement de tête, elle le chassa de son esprit.
    Comme Damon était bien plus grand qu’elle, elle ne pouvait même pas observer les autres convives pas dessus son épaule. Heureusement, la valse était une danse propre à l’observation, puis qu’elle impliquait de se mettre quelque peu de profil et autorisait une certaine distance entre les danseurs. Einleen s’en réjouissait. Autrement elle n’aurait pas sut où se mettre, ni que faire.
    Le malaise s’effritait, sans disparaître pour autant.

    Elle se demanda si son cavalier déciderait de faire cesser cette valse dès la fin du morceau ou bien s’il se satisfaisait de ce silence qu’elle trouvait pesant et qu’ils continueraient à danser. Bien que cela lui soit agréable de suivre les pas de Damon, elle pensait trop. Son esprit n’avait de cesse de s’égarer, ses pensées traitresses, ses questions incessantes qui la taraudaient, cette envie insatiable d’en savoir plus. Qu’y pouvait-elle s’il l’intriguait de la sorte ? Il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même.
    Plutôt que laisser s’échapper une malencontreuse interrogation, elle se contenta de lâcher d’un ton doux et amusé :

    « Je vous trouve bien taciturne. »

    Elle le vouvoyait, même après que ce dernier l’ait tutoyée.
    Elle ne trouvait pas cela impoli pour autant, mais elle ne parvenait pas à se défaire de cette respectable distance imposée par le langage. Et elle ne pourrait pas s’empêcher de l’interroger encore et encore si soudain elle se mettait à lui parler plus familièrement. Puis, cela faisait aussi son charme, son langage, son côté sage et enfantin, n’est-ce pas ?

    Einleen jeta un regard à Damon.
    Un petit effort ?
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Hayden Cole


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mer 17 Mar - 11:54

    - Viens donc par ici ma douce.


    - Tu es fou ! Avec le monde qu'il y a autours.


    Il fit couler sa main sur les hanches généreuses de sa cavalière.


    - Personne ne nous regarde.


    Comment ? L'excitation d'un bal costumé débride les esprits ? Mais c'est que vous avez le sens de l'observation mes très chers amis. Les deux amoureux qui batifolaient ainsi en toute insouciance faisaient en effet bien peu de cas de la décence, comme si pareille préoccupation eût pu trouver un écho de raison et de sagesse devant leur passion enflammée. Attisée par quelques verres de cet excellent champagne fluorescent dont ils s'étaient faits un régal et par le costume aguicheur et séduisant de leur partenaire, vous vous doutez bien qu'elle mettait sérieusement à mal leur désir émoustillé qu'excitait l'impudence d'un jeu de séduction rudement mené. Nonobstant la faible cachette que leur offrait le recoin plissé et peu éclairé de la tente, ils ne se trouvaient séparés de la foule costumée que de l'épaisseur de la fameuse toile. Autant dire que les deux amants, s'ils passaient relativement inaperçu, démontraient là une certaine propension à l'exhibitionnisme. Les choses commençaient à devenir intéressantes lorsque retentit à leur côté un gargouillement d'un romantisme absolu. Vous savez ? Ce petit borborygme d'une grande distinction et d'une élégance certaine qui retentit entre les mains de n'importe quel sale gosse se sentant des velléités d'emmerdeur dans un moment pareil. Toujours pas ? Faîtes un effort. C'est cet horripilant bruit de succion qu'exercent des lèvres avides alors que le liquide qu'elles aspirent remonte à grande peine le long de la paille, souffrant d'une quantité insuffisante et résonnant dans le gobelet. Vous y êtes ? En effet, il y avait bien un petit crétin qui ruinait l'ambiance sentimentale du moment. Son masque précautionneusement soulevé d'une main, il avait glissé l'outil de son forfait, à savoir une paille d'un orange soutenu, entre ses lèvres si fines qu'elles en paraissaient pratiquement inexistantes et s'évertuait le plus innocemment du monde à aspirer le fin fond de sa boisson sans se soucier du son indigent et dérangeant qui en naissait. Se retournant, car il était posté debout, à la marge de la fête mais l'observant avec attention, il entreprit d'excuser sa conduite auprès des deux amoureux bafoués dans leur intimité.


    - Excusez-moi. Je vous ai dérangé ? Ne vous en fait pas pour moi, je viens de terminer.


    Ce disant, il laissa choir son gobelet sur le plateau tendu d'un serveur qui passait dans les parages mais ne s'écarta pas une seconde de son poste d'observation, adossé à l'un des piquets dressés pour l'occasion afin de soutenir la tente. Douchés, humiliés et gênés, les deux amants entreprirent de déguerpir sans demander leur reste à la recherche d'un endroit plus adapté à leurs batifolages. On comprend que la présence d'un gamin pour ces projets soit dérangeante, surtout quand le dit gamin se trouve être à ce point disposé à les indisposer. Mais passons, là n'est pas le propos... Hayden replaça correctement son masque sur le visage puisqu'après avoir piocher ici et là les amuse bouche les plus saugrenus qu'il eût pu trouver, il n'avait plus besoin de découvrir la moitié de celui-ci. On vous comprend... Quelle diable idée avait prise Hayden de participer à pareil événement ? Car encore s'il avait été accompagné, on eût pu supposer une de ces petites manœuvres dont il avait le secret afin de se distraire d'une façon où d'une autre en jouant perpétuellement son rôle hypocrite auprès d'une poignée d'étudiants de l'académie. Or, le pauvre chéri nous la jouait solitaire, errant depuis une bonne demi-heure parmi les sorcières, vampires et autres démons de ce registre sans but apparent. S'il s'amusait ? Soyez sérieux. Ce genre de futiles distractions n'éveillait chez lui aucune sensibilité particulière. De toute façon, comme la totalité des gens ici présent, n'agissait-il pas perpétuellement sous couvert d'un masque ? Nul besoin d'une fête pour avoir plaisir à dissimuler aux autres ce qu'il était vraiment. Chez lui c'était une seconde nature rivée au corps...Pourtant, il s'était plié aux ridicules simagrées du déguisement puisqu'il n'y avait moyen de se présenter ici sans l'indispensable témoignage de duplicité. Ce n'était qu'un mensonge supplémentaire dont chacun se paraît, heureux de pouvoir en user avec effronterie et impunité. Blasphème insupportable pour ce serviteur de la justice et de la vérité. Détestable endroit de vices et d'hypocrisie, cette fête ne lui inspirait qu'un profond dégoût. Inutile de préciser l'estime dans laquelle il tenait tous ses participants même si en définitive il ne faisait que les imiter pour mieux s'en venger. Bien sûr, il faisait parfaitement illusion dans cette foule bariolée dont les toilettes rivalisaient d'élégance horrifique et de beauté ténébreuse bien que l'on puisse s'étonner qu'un orphelin sans le sous puisse disposer de pareille parure.


    Mais a-t-on seulement idée des merveilles que l'on peut trouver dans un grenier ? Pourquoi courir les rues et gaspiller ses maigres économies quand tout ce dont l'on a besoin se trouvait soigneusement oublié dans un coffre d'un orphelinat ? Restons pragmatiques s'il vous plaît. Certes ses vêtements n'étaient plus de prime jeunesse et certes les couleurs s'en trouvaient quelque peu délavées, mais pour une occasion de cette nature, l'aspect défraichi ne faisait qu'en renforcer le charme. Son masque tout d'abord était d'une simplicité aussi aberrante qu'esthétique. Recouvrant la totalité du visage, D'un blanc pur tranchant à peine avec la peau déjà très pâle de son cou, il recouvrait la totalité du visage, jusqu'à ses yeux dissimulés par une gaze noire qui lui permettait de voir sans être vu. Les lèvres s'en trouvaient peintes dans un sourire dérangeant, à la fois intriguant et effrayant, celui d'un démon quelconque qui se verrait satisfait d'un grand méfait. Une impression renforcée par les yeux noirs au regard sévère et méchant si ce n'est la petite larme de rire perlant à leur coin. Fait rare si ce n'est exceptionnel, Hayden s'était relevé les cheveux pour l'occasion. Certes, bien peu des filaments grisâtres qui ornaient son crâne se trouvaient emprisonnés dans sa courte queue de cheval, mais il avait trouvé le moyen de coincer ses mèches plus courtes sous celles qu'il était parvenu à tirer et ce catogan anarchie et improvisé ne laissait retomber que quelques mèches sur son masque au lieu du rideau habituel qui aurait du en recouvrir la totalité de la partie supérieure. Une chemise d'un autre temps, d'un blanc cassé et parcheminé, s'étirait sur son corps fin et maigrelet, largement trop grande pour lui mais arrangée de telle façon que ce détail importait peu. Resserrée à son cou, elle s'ornait d'une écharpe à la dentelle élimée tout aussi usée par le temps qui reposait élégamment sur son torse, pincée d'une broche banale à sa base pour retenir le nœud qu'elle formait. Une dentelle qui se retrouvait aux poignets, tombant allègrement sur ses longues mains. Sa veste ne manquait pas de rappelé l'apparence vétuste d'un aristocrate, au pourpre passé, cintré à sa taille et laissé ouverte s'arrêtant juste à ses genoux dissimulés comme le reste de ses jambes sous un pantalon noir et pour une fois à sa taille puisqu'il trahissait la minceur de ses jambes tout en restant quelque peu flottant. Enfin, ses mollets disparaissaient sous des bottes de daim sombre aux boucles déliées. Une tenue qui jointe à ses cheveux gris laissait croire à l'apparition d'un fantôme du passé qui lancerait alentours un sourire effrayant de moquerie et de triomphe.


    Triomphe ? Gloire ? Victoire ? Inutile de se précipiter sur ses espoirs. Hayden n'aspirait à aucun de ces idéaux fades remplis d'égotisme. La jouissance supposée qu'il pourrait tirer de cette soirée ne souffrait pas d'un orgueil démesuré ni d'une confiance anticipée. Non. La seule chose qu'il attendait ne prendrait que la forme d'une occasion encore incertaine et imprécise. Celle de mener à bien les projets que lui dictait son cœur depuis quelques temps, depuis que le destin de Waterin avait été scellé et abandonné aux initiatives de ceux qui comme lui saurait rétablir la justice et l'équité. Ce qui l'avait mené ici n'était qu'une rumeur, l'alléchante allégation selon laquelle Sund ferait une apparition lors de cette soirée. Lui qui était resté cloitré si longtemps dans son manoir de dirigeant intangible et contesté, il se risquerait peut être enfin à honorer ses sujets d'une présence concrète qui remplissait d'ores et déjà Hayden d'espoirs perfides et inavoués. Sans doute n'était-ce là qu'utopie et médisance, une prédiction sans fondement qui ne lui apporterait que déception. Mais le doute seul méritait qu'il fît le déplacement. Il n'aurait pas d'autre chance de l'approcher et de se présenter à lui comme le serviteur dévoué qu'il entendait être. Soyons honnête, comme s'il allait renoncer à pareille opportunité. Sa seule crainte résidait dans la discrétion qu'exigerait une éventuelle entrevue auprès de l'homme le plus puissant de l'île. Il ne pourrait souffrir que quiconque le reconnaisse et mettre ainsi en péril un anonymat d'une valeur dont il avait pleinement conscience. Par ailleurs, il doutait fortement que Partisans comme Opposants soient absents de cette événement de premier ordre. Dans le pire des cas il n'aurait qu'à suivre son instinct, poser quelques questions précises dont les réponses dicteraient ses choix. Son don pour la détection des mensonges lui était indispensable pour ce genre de situation mais il n'était pas dit que même ainsi il puisse parvenir à ses fins sans se trahir. Voilà bien un défi qui lui mettait l'eau à la bouche, une ambition à la hauteur de ses talents ! Que chacun se tienne sur ses gardes, un renard s'est glissé dans le poulailler...


    Pour l'heure cependant, ces réjouissances devaient attendre et Hayden continuait ses errements indolents. De fait, il eût été impensable pour quiconque le côtoyant habituellement de ne pas le reconnaître. Sa démarche décontractée, nonchalante au possible et désinvolte se reconnaissait entre mille. Si l'on ajoute à cela sa haute silhouette d'asperge sur pattes, le doute n'était plus possible. Pourtant, entre les atours savamment étudiés et de toute beauté qui se pressait à ses côtés, il était quantité négligeable et à sa grande joie personne ne vint l'aborder. Il préférait de très loin un rôle de second plan dans toute l'agitation qui l'entourait, observateur aguerri et fauteur de trouble à ses heures perdues. Fauteur de trouble ? Eh oui, l'ennui voyez-vous lorsque l'on attend impatiemment un événement de l'ampleur de celui qui devait se préparer, c'est que le temps semble se dérouler avec une lenteur exaspérante, menaçant votre patience de sa fatale conséquence : l'ennui. Et puisqu'il fallait bien s'occuper d'une façon ou d'une autre, pourquoi ne pas choisir une quelconque victime parmi toutes celles mises à sa disposition ? Pourquoi on vous le demande... C'est ainsi qu'au détour d'une table où se dressait maintes victuailles étranges, Hayden tomba sur une personne de sa connaissance. Enfin... Il serait beaucoup dire que la demoiselle en question puisse retourner cette pensée fort arrogante sur l'étendue de leurs relations puisqu'il qu'il y avait fort à parier qu'elle n'avait même pas conscience de son existence. Ce n'est pas sans faute qu'Hayden cherchait toujours à passer inaperçu voyez-vous... Toujours est-il qu'elle se trouva toute désignée pour faire les frais de son besoin de distraction. Rien de bien grave qu'on se rassure. Il ne quitterait pas son rôle habituel, mais une rencontre digne de ce nom avec quelqu'un d'aussi populaire qu'elle à l'académie aurait de quoi pimenter sa soirée. Car évidemment, on ne ferait avaler à personne qu'il se trouvât ne serait ce qu'un étudiant de la dite académie pour ignorer qui elle était.


    Nailah Temset, 18 ans, célibataire aux dernières nouvelle, élève moyenne, officiellement décrite comme l'une des plus jolies filles de l'académie. En général, elle était typiquement le genre de personne qu'Hayden n'abordait jamais. Trop voyante, trop sûre d'elle... S'ils s'étaient trouvés à l'académie, nul doute que mille murmures auraient commenté ce qu'il s'apprêtait à faire. Heureusement qu'ils se trouvaient en terrain neutre... Car si Nailah attiraient tous les regards et s'en accommodait parfaitement, Hayden mettait un point d'honneur à se montrer aussi banal si ce n'est plus que ses camarades anonymes aux yeux de la belle. Quoique belle soit un adjectif dont la nécessité de l'usage reste ici encore à prouver. Nul doute qu'aux yeux de la majorité des gens normalement constituée se serait damnée pour qu'elle leur accorde un instant d'attention. Elle correspondait à ce genre de beauté sauvage et envoutante dont raffole les foules tout en les jalousant. Normal donc qu'elle laissât Hayden particulièrement indifférent. Oui, ce garçon est désespérant, nous l'accordons de bonne grâce... C'est pourquoi il se dirigea avec un calme parfait et une nonchalance évidente vers la petite splendeur qui évoluait avec grâce auprès d'un autre figurant de cette ridicule fête d'Haloween, mettant en avant tout son charme aguicheur et ses capacités de séduction. Si Hayden venait de décider que son rôle dans cette soirée serait de détruire la vie des petits couples innocents ? C'est à peu près ça. Alors qu'elle posait sur sa proie des yeux de biches énamourée, voilà que notre insupportable gamin de service fit mine de glisser en passant prêt d'eux et bouscula le jeune homme en le poussant vers l'académicienne dans une attitude qui trahissait le fait qu'il venait de perdre l'équilibre et se raccrochait comme il le pouvait à la cape de l'inconnu. Comme si lui était capable de perdre l'équilibre... De toute façon il n'était plus à une hypocrisie près me direz-vous... De toute façon, son but était atteint. Le contenu du verre venait de se loger aimablement dans le décolleté de la demoiselle, rien de bien méchant. Si ? Ah bon, autant pour nous...



    - Je suis désolé, j'ai glissé et...


    Il redressa soudain la tête, ce qui trahit son étonnement. Il étonnant de voir que le visage dissimuler par un masque les attitudes puissent dévoiler si précisément les émotions exprimées.


    - Nailah ?


    Oui, il venait de décréter qu'il se ferait passé pour quelqu'un qu'elle connaissait. Juste pour s'amuser de sa réaction. Nul doute que quelqu'un d'aussi aimé qu'elle devait connaître au moins la moitié de l'académie à force de cotoyer toute sorte d'admirateur. Sauf qu'en l'occurrence, il avait aussi décidé d'être un chieur... Pardon ? C'est sa nature dites-vous ? Autant pour nous alors...


    - Ah mais si ce n'est que toi c'est bon !


    Et le voici qui refourrait ses mains dans ses poches et s'apprêtait à faire demi-tour en retrouvant sa démarche flegmatique. Sans oublier qu'il s'était exprimé tout du long avec sa voix fuyante et fluette, fade, insipide et sans saveur. Ah...la douce satisfaction du forfait accompli... A étrangler le petit chéri ? Vous n'avez même pas idée.
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Nailah Temset

Commandant des Services Secrets de l'Armée Noire.

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Jeu 18 Mar - 8:29

    Soufflet.
    Une offense comme on en voyait peu. Le genre d’affronts que la noblesse réglait en duels, et dont Nailah Temset se vengeait à coup sûr.
    Pour la simple et bonne raison qu’elle n’eut jamais l’occasion de voir la réaction de Nobuo.
    Rappelons, par ailleurs, qu’elle ignorait encore qu’elle faisait face à son professeur de biologie… Pour elle, il n’était qu’un inconnu déguisé, une ombre parmi tant d’autres, glissant dans l’ambiance d’Halloween, cette fête aux milles visages, aux milles possibilités. Une des raisons pour lesquelles elle aimait tant ces Bals Masqués, étaient les masques, justement. Elégants et distingués, effaçant l’identité, ils rendaient les personnalités plus floues, plus abordables.
    Et tous les crimes étaient permis…

    Tous ?
    Certainement pas.
    Nailah toisa l’affreux gosse, l’être abject et anonyme qui avait osé prétendre la connaître et la provoquer. Le misérable gueux qui s’attaquait à la dangereuse Oréade. Elle fronça légèrement son nez délicat, tant l’aspect poussiéreux du costume de l’importun l’horripilait. Un manque flagrant de savoir vivre, lorsque l’on savait ce que cette fête pourrait représenter : la première apparition de Sund le tyran en public ! Et puis, ne se sentait-il pas minable parmi tous ces individus distingués ?
    Un tel affront ne saurait être pardonné. De une, parce que l’impudent avait malmené son orgueil démesuré… Mais aussi parce que le scélérat avait proféré son nom. A un bal masqué ! Où était l’intérêt du masque si les petits crétins insupportables et chieurs de sa catégorie divulguaient les identités à tout va ! Honteux. Inutile. Méprisable. Cela ne méritait qu’une peine, qu’une seule.
    Le bûcher, par Unla !

    Après tout, elle pouvait bien se permettre, non ?
    Elle était Commandant des Services Secrets, pour commencer. Tout devrait lui être permis. Les pleins pouvoirs, elle ne rêvait que de cela. Mais étrangement, elle aurait beau faire les yeux doux à Sund, cela ne fonctionnerait jamais. Il pourrait au moins la couvrir pour ses meurtres, en punition de cette humiliation des plus insultantes. Sans compter qu’elle comptait bien mettre la main sur son vampire : il en était plus question désormais.
    Au pire, elle pouvait toujours faire bonne figure, le laisser filer pour le rôtir après. Et personne ne pourrait l’accuser dans la mesure où la vengeance serait futile, comme elle prétendrait d’ailleurs, et qu’elle ne possédait de toute façon pas les pouvoirs de brûler vif qui que ce soit. Masquer ses petits tous n’étaient plus tellement un problème pour elle.
    Seulement, voilà. Admettons que ce sale gosse ait un quelconque intérêt, elle s’attirerait des ennuis, et pas des moindres. Si Nailah se présentait comme étant une élève moyenne, c’était qu’elle n’avait pas la passion d’étudier. Mais elle avait une mémoire adaptée à son travail, travail plutôt plaisant en soit, dans la mesure où elle devait sans cesse enquêter sur la vie des gens. Cela équivalait à un commérage secret à grande envergure, où le moindre détail pouvait détruire une existence en quelques secondes. Un jeu grisant, le genre de chose qui distrayait l’exigeante Nailah Temset.
    Alors, elle fit simplement fonctionner ses méninges.

    Y avait-il un gosse avec de tels cheveux dans la résistance ? Elle pourrait dans ce cas s’organiser un barbecue en bonne et due forme qui permettrait au Maître de prouver à quel point il ne plaisantait guère. Hélas, il ne lui disait rien. Peut-être était-il à l’Académie… Mais elle s’intéressait si peu aux gosses ! Non, elle s’ennuyait vraiment pendant les cours, elle séchait, s’occupait ailleurs à quelques batifolages.
    Elle ne pensait pas l’avoir croisé dans le château non plus. Après réflexion, elle haïssait les gamins. Elle n’avait plus qu’à jouer la comédie, à présent. Un jeu de scène jusque pour un sale gosse, voilà où elle était rendue. Jamais son égo ne s’en remettrait. En plus, le rôle de courtisane outrée lui seyait moins bien, à son goût, que celui de l’ardente et mystérieuse élève qui disparaissait toutes les nuits. Comment ça, il ne s’agissait pas d’un rôle ? Tout n’était que personnages, tout n’était que masques et jeu, les multiples facettes se confondant pour mieux tromper encore et les mimiques sournoises ou aguicheuses illuminaient son visage à longueur de journées. Il s’agissait désormais de choisir qu’elle costume endossé. Noblesse outrée ? Gentille femme qui adore les enfants ? Méprisante adolescente ? Rien de cela lui paraissait bien amusant…
    Mais peut-être qu’un rôle conviendrait.
    Celui de la partisane.

    Elle jeta un œil à son décolleté, en grimaçant. Heureusement, la boisson renversée n’était ni trop poisseuse, ni trop alcoolisée. Sur sa robe noire, cela ne devrait pas se voir. Où alors, elle prendrait cinq minutes pour recoudre cela selon ses exigences, sans avoir besoin de quitter la fête. En attendant, elle se contenta de poser sa main sur sa poitrine en un mouvement outré, pour faire sécher sa robe à l’aide de ses talents cachés. Sans adresser un regard à sa proie du soir, elle fit un pas en avant, et de son autre main, attrapa le jeune garçon par la peau du cou. Une main brûlante, car en même temps que la fureur sans nom, la magie se déversait dans les veines de la sulfureuse couturière. Malgré tout, elle l’interpella d’une voix calme, grave et mesurée, empreinte de mystères et de promesses, déguisée sous un soupçon de menace.

    « Pas si vite, l’avorton. Peut-être voudrais-tu aller dire deux trois mots au Seigneur ? »

    Ne pas le tuer.
    Ne pas le tuer, ne pas le tuer, ne pas le tuer, surtout.
    Surtout, ne pas briser son petit cou gracile d’insupportable crécelle.
    Ne pas, non plus, le brûler vif devant tout le monde.
    Même en clamant que c’était l’œuvre de Sund.
    Ne pas le torturer, ne pas le tuer.
    Calme !

    De toute façon, ses paroles étaient claires, même pour le plus crétin. Y avait-il d’autre Seigneur en ces lieux à part Sund ? Y avait-il un autre individu pour inspirer autant de crainte ?
    Sans ajouter un mot, elle l’attira à l’écart, sans rien perdre de sa démarche féline et envoûtante, sans rien perdre de son éclat habituel.
    Il s’agissait de Nailah Temset, voyons.
    Personne ne s’inquiéterait de la voir se traîner un enfant de la sorte même à un tel évènement : garnement mal élevé, petit frère exaspérant, où bien chenapan chapardeur. Les possibilités peu alarmantes étaient multiples et, même par ces temps de trouble, les gens n’imagineraient jamais qu’une jeune et séduisante jeune femme puisse enlever simplement un enfant. Il en allait ainsi. La plupart des individus passaient leur vie à se voiler la face, préférant les doux contes de fées aux histoire terrifiantes qui n'étaient autre que la triste réalité. Sund devrait se montrer intransigeant pour ne pas être relégué au rang de vulgaire légende, n'est-ce pas ? Pour l'instant, il n'était que murmures, vagues échos d'une menace et décrets... Mais sinon ? Rien que cela, selon Nailah, suffirait à faire sortir le Seigneur de sa cachette, pour se présenter à ses sujets.

    Enfin, elle s’arrêta, dans les ténèbres, éloignée du brouhaha et des valses, loin des oreilles indiscrètes aussi. Néanmoins, pas suffisamment loin pour faire un feu de joie sans que cela ne se remarquât. Elle poussa un profond soupir, examina son décolleté du bout des doigts pour vérifier que le tissus comme ça peau étaient bien secs, puis, toisa Hayden dans l’obscurité. Du haut de ses talons, de son orgueil, elle le dominait de toute sa taille et de son élégance et de sa distinction. Non pas qu’elle voulut faire de l’effet, mais plutôt que c’était la pause la plus naturelle qu’elle pouvait adopter, ne sachant encore comment les choses allaient tourner. Elle pouvait au moins accorder un mérite au petit vaurien : il savait la distraire. Elle ne lui pardonnait rien pour autant, elle aurait largement préféré être distraite par le vampire charmant qu’elle avait abandonné de manière cavalière pour régler ses comptes avec un gamin. Ô joie.

    « Alors, je t’écoute. »

    Derrière son ton hautain et méprisant, elle prenait garde à rester suffisamment vague, pour qu’il lui dise ce qu’il voudrait bien lui dire. Des paroles d’effronté ne l’étonneraient guère, elle s’y préparait déjà, à vrai dire. Se faire violence était aussi une autre facette de la beauté dévastatrice, de toute évidence. Seulement, Nailah avait acquis le pouvoir. Le pouvoir de l’ombre, certes, mais le pouvoir ne se mesurait pas de la sorte. Le pouvoir donnait l’assurance. Et il prodiguait folie à tous ceux qui en faisaient usage à outrance.
    Jusqu’où irait la démence de Nailah Temset ?
    Unla seul sait.
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Hayden Cole


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Jeu 18 Mar - 17:20

    Hayden se crispa sitôt qu'il sentit les doigts brûlants et féminins se resserrer sur sa nuque. La poigne en était assurée sans être très ferme et si le geste lui-même trahissait la fureur de celle qui l'avait intenté, la menace dont il était porteur restait encore dans les limites d'une punition pour l'outrecuidance plutôt que d'une vengeance aux visées moins innocentes. Néanmoins la violence de cette réaction était révélatrice. Certes il aurait été présomptueux de sa part de prétendre qu'il l'avait anticipée, ne s'imaginant guère que la demoiselle en viendrait aux mains au beau milieu d'une foule aussi nombreuse, d'autant plus que son apparence et son comportement laissaient présager davantage de délicatesse envoutante que de sauvagerie malveillante. Celui qui a dit que la première impression dans une rencontre était déterminante était sans conteste un être d'une sagesse exceptionnelle. Aux yeux de l'impertinent qui s'était cru impénitent, sa victime désignée venait de se trahir en moins de cinq minutes après qu'il eut posé le regard sur sa soit-disant désirable personne. Ses minauderies précédentes, jonglant entre l'élégance et le charme d'un danger sous-jacent, n'était que la partie visible et altérée de son véritable tempérament. Preuve en était qu'une ridicule petite plaisanterie la rendait immédiatement tout feu tout flamme, c'était le cas de le dire. La disproportion de sa colère dantesque face à l'innocence apparente de l'acte qui l'avait provoquée montrait le peu de maîtrise qu'elle avait d'elle même sitôt qu'elle se sentait bafouée, un orgueil ulcéré sans aucun doute qu'un gamin de son genre puisse se dérober trop simplement à son courroux. Et puis cette assurance irréfléchie et tyrannique qui lui laissait croire qu'elle pouvait agir comme bon lui semblait et ne la prévenait guère d'une quelconque notion de prudence face au petit crétin qui se tenait devant elle.


    Que de défauts et d'amateurisme réunis en cette petite fille capricieuse ! Hayden se sentait à la fois déçu et ravi de la tournure que prenaient les évènements. La situation était inédite car si tout le monde faisait preuve d'une hypocrisie parfois effarante, peu en faisait un art. Or ce n'était pas tous les jours que ce petit chéri avait l'opportunité de se frotter à l'un de ses congénères, une dissimulatrice de sa catégorie, un autre perfide individu de son espèce. Détrompez-vous si au détour de ces lignes vous auriez pu penser qu'une quelconque estime transparaissait de l'analyse de la petite chipie par le petit crétin. Si Hayden avait percé à jour aussi facilement la duplicité de sa victime, il ne pouvait pas décemment se placer au même rang, question d'éthique voyez-vous. Nul doute qu'elle savait compensé le désavantage de son impulsivité par les charmes qu'elle déployait allègrement et astucieusement à l'intention des autres, ces êtres naïfs qui pensent encore que l'apparence physique gageait d'une certaine sincérité. Comme s'il était contraint par ces ridicules illusions... Les artifices de séduction de la belle n'avaient aucune prise sur sa personne et son regard affuté, exercé à repérer les points faibles de chacun, ne lui révélait que par trop de certitude la vérité qu'elle comptait certainement gardé jalousement derrière ses simagrées de façade. Une profonde satisfaction envahie l'enflure qui se laissait trainé à l'écart de la foule, ne résistant que faiblement pour ne pas se montrer trop suspect et surtout la laisser croire qu'elle maîtrisait parfaitement la situation. L'avantage, c'était bel et bien lui qui le détenait. Il avait bougé le premier, il détenait donc une longueur d'avance qu'il comptait bien mettre à profit. Évidemment, il lui faudrait jouer finement car après tout, il ne savait pas encore si elle pourrait lui être utile, une incertitude qui se trouva bien vite levée.



    - Pas si vite, l’avorton. Peut-être voudrais-tu aller dire deux trois mots au Seigneur ?


    Ô joie, ô désirs exaltés, ô sublime félicité d'un destin qui le conduisait droit vers son bonheur ! Hayden tressaillit ce qui du confirmer une certaine appréhension pour le bourreau dont les ongles commençaient à malmener sa peau délicate par la simple pression qu'ils y exerçait. Sous son masque, il prit grand soin de se mordre les lèvres afin d'éviter le hurlement de suprême contentement qui menaçait de les franchir. Voilà la confirmation qu'il attendait pour savoir si le jeu auquel il s'apprêtait à se livrer s'accompagnait d'un enjeu suffisamment alléchant pour qu'il déploit quelques efforts, quelques ruses patiemment élaborées. C'était un comble humiliant pour cette partisane qui le menaçait de son souhait le plus cher. Car l'allusion était claire et encore une fois révélatrice d'informations plus qu'utiles. Alors qu'ils s'éloignaient encore vers un endroit d'une tranquillité plus assurée, il fit glisser en toute discrétion l'un des scalpels dissimuler dans sa manche jusqu'à son poignet qu'il entama délicatement, goûtant d'avance au plaisir qu'il ressentirait devant l'impuissance de la belle si les choses devaient déraper. Une assurance ô combien précieuse si ses déductions se révélaient exactes. Aucun doute que le seigneur auquel elle faisait allusion était son bien aimé Sund qui nourrissait tant d'espoir et de fantasme. Maintenant, il était intéressant de constater que toute partisane qu'elle était, elle n'hésiterait pas à en appeler à son arbitrage pour qu'il corrige un pauvre gosse qui aura eu le malheur de trébucher, de salir la demoiselle qu'elle était, de l'appeler par son nom et d'estimer l'incident mineur par ce fait. Ce n'était pas sérieux... Aurait-elle vraiment l'impudence de déranger cet être supérieur d'une histoire aussi risible et puérile ? Le ton de sa voix pourtant laissait croire qu'elle ne plaisantait pas avec cette menace. Elle était confiante dans ce qu'elle avançait, elle savait que la chose n'était pas irréalisable et elle était suffisamment énervée pour punir comme il se devait le petit crétin qu'elle tenait entre ses griffes. La conclusion logique de toutes ces observations ? Elle n'était pas n'importe qui. De toute évidence elle avait l'oreille du merveilleux dirigeant de cette île, qu'elle lui offrit la volupté de son corps dans la fidélité qu'elle lui vouait ou non.


    La belle enflammée finit par le lâcher une fois à l'abri des oreilles indiscrètes. Encore une erreur de tactique, que ne voulait-elle pas que l'on surprenne dans cet échange ? Par ailleurs, il doutait qu'elle ne l'ait mené jusqu'ici que pour le tuer puisqu'ils avaient été observés par la moitié des participants au bal. Quoiqu'il en soit, si elle comptait dissimuler aux autres son comportement comme ses paroles, Hayden resterait aux premières loges et il se ferait un plaisir que de chercher à affiner sa compréhension d'une personne susceptible de le mener à Sund aussi facilement qu'elle le prétendait. Il se retourna pour lui faire face, ne cherchant pas à s'éloigner mais rehaussant la veste qui avait quitté son épaule au cours de leur exode stratégique vers la marge des festivités. Il ne fut guère surpris de son attitude à la fois hautaine, méprisante et intransigeante. Nailah ne supposait pas une seconde qu'il puisse ne pas lui répondre. Or cette réponse demandait un minimum de tact. Trop d'empressement à l'idée de cette rencontre le trahirait et il craignait qu'elle ne changeât d'avis toute à son caprice de lui faire regretter sa provocation. Il ne pouvait pas se permettre de faire preuve d'autant d'imprudence qu'elle et puis il fallait aussi lui montrer à qui elle avait à faire, qu'elle ne commette pas l'agaçante erreur de le croire démuni au cas où elle risquerait de se montrer moins patiente qu'elle ne l'avait été jusqu'ici. Une sorte de rage contrôlée émanait de sa personne, comme si elle n'attendait qu'une occasion pour le voir réduit en poussière. En l'occurrence le mot cendre serait plus approprié mais passons... Hayden releva vers elle son masque au sourire tellement incongru vu la situation dans laquelle il se trouvait et la tension meurtrière ambiante. C'était maintenant que tout allait se jouer.



    - Alors, je t’écoute.


    - Je doute qu'il ait très envie d'être dérangé simplement pour ma petite plaisanterie et je doute que ce soit toi.


    Suicidaire le Hayden ? Non on vous jure. Mais non on vous dit, cessez d'insister. Il s'était exprimé avec méfiance, la voix pleine de tressaillement d'incertitude presque comme s'il était apeuré et jouait là sa dernière carte. Si sa méfiance trahissait en effet ses doutes persistants quand à la capacité pour la jeune fille de le conduire devant celui qu'il comptait rejoindre, tout le reste n'était que pure comédie. Il jouait même sur un semblant d'assurance et d'impertinence mêlé pour maintenir la crédibilité avec son attitude précédente. D'ailleurs, quitte à jouer les proies acculées, autant en rajouter une couche tout en dévoilant à la mignonne toute la complexité de la situation.


    - Tu comptes me faire du mal ?


    Comme il se délectait de cette inquiétude feinte et misérable qui pointait dans ses intonations ! Là oui, il s'éclatait.


    - Parce que si c'est le cas, je ne vais pas me laisser faire. Permets-moi une démonstration.


    Il releva simplement la main et claqua des doigts. Instantanément, la poubelle près de laquelle ils étaient passés en s'éloignant explosa, projetant alentours des détritus carbonisés bien que l'explosion soit restée d'une grande modestie, de quoi confondre l'expression de son Don avec la puissance d'un vulgaire pétard. Il tira sur ses manches de dentelle et d'un geste nonchalant mais qui ne manquait pas d'élégance, dévoila à sa victime son poignet blessé d'où gouttait du sang. Une vision digne d'halloween, n'est ce pas ?


    - Je suis capable de faire exploser mon sang. Oh ! Et il y en a sur ta robe alors si jamais tu t'en prends à moi...


    Pendant qu'ils marchaient il avait évidemment pris garde à souillé l'élégant tissu de son fluide vital. Il décida que le jeu avait suffisamment duré. Maintenant qu'il la tenait en son pouvoir, il pouvait se permettre de quitter le rôle du gamin apeuré et puis il avait pris un grand plaisir à la manipuler jusqu'ici. Il se tint plus droit, révélant sa grande taille dans toute sa splendeur de grand échalas, prêt une nouvelle fois à claquer des doigts, menace on ne peut plus explicite pour la demoiselle si elle ne remplissait pas ses exigences.


    - Maintenant que tu comprends à quoi tu en es rendu je vais répondre à ta question : je me ferais une joie de le rencontrer et j'espère bien que tu vas m'y mener.


    Un large sourire s'imprima sur ses lèvres alors même que son masque le dissimulait mais qu'à cela ne tienne. Cette joie profonde ne pouvait souffrir de ce genre de préoccupations. En jouant les imbéciles effrayés et inoffensifs, il était parvenu à gagner le temps nécessaire pour qu'elle constate sa vulnérabilité face à son pouvoir et qu'elle réalise qu'elle était à sa merci. Certes, le risque subsistait toujours puisqu'il ignorait l'étendue des capacités de son adversaire mais en l'occurrence la moindre réaction l'amputerait de sa jambe, elle devait en être consciente. Le principe de l'arroseur arrosé, vous connaissez ? Elle l'avait mené à l'écart, comptant bien régler ses comptes mais désormais la situation lui échappait et se retournait contre elle. Elle devait fulminer intérieurement, d'autant plus qu'à aucun Hayden n'avait précisé sa position. Elle pourrait pensé en toute légitimité avoir affaire à un illuminé d'opposant se préparant à un quelconque attentat suicide sur la personne de son bien aimé seigneur. Un point qu'Hayden éclaircit après avoir laissé passer un petit silence.


    - N'aies crainte, je compte bien me soumettre à son jugement.


    Allusion à l'affaire qui les concernait et qui semblait tellement minime en comparaison des évènements qui se produisait et promesse ambigüe concernant ses propres motivations. L'aura-t-elle perçu ? Sans doute à moins qu'elle ne pense à une plaisanterie ironique et ne s'en méfie que davantage. Une telle complicité de prime abord, n'était-ce pas magnifique ? Pardon ? Ah ? Ils désirent s'entretuer ? Si vous le dîtes...
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Nailah Temset

Commandant des Services Secrets de l'Armée Noire.

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Dim 21 Mar - 0:48

    Nailah haussa un sourcil sarcastique.

    L’arrogante petite créature se plaisait à jouer les grands. Imbue de sa personne, elle oubliait à qui elle faisait face. Qu’étaient-ce ces petites explosions ? Des pétards ensanglantés ? Elle baissa la tête. Sa noble personne une fois de plus maculée. De sang. C’était peut être c’est outrage de plus qui l’empêcha d’éclater de rire face à l’assurance du sale gosse. Non, mais, vraiment, elle n’avait pas envie de ressembler à une princesse guerrière et sauvage, elle n’allait pas déchirer sa robe, non plus. Mais au moins, désormais, pas besoin de se soucier de la légère souillure au niveau du décolleté : le sang faisait très Halloween et la couleur en rien ne gâchait l’élégance de sa robe confectionnée par ses soins. Seule chose qui la dérangeait vraiment : le sang, ça se lavait relativement mal, et elle avait passé des heures à coudre sa petite merveille. Et en plus, il s’agissait du sang de l’avorton. Cela avait quelque chose d’un peu écœurant. Elle plissa légèrement le nez de dégoût, sans rien perdre de son masque hautain.

    La démonstration sur les poubelles n’avait rien eu de très impressionnant. D’ailleurs, elle se demanda comment il pourrait seulement rivaliser avec elle. Peut-être Nailah était-elle un peu longue à la détente, ce soir, car il lui fallut quelques secondes pour faire le rapprochement entre sa robe maculée de sang et la poubelle fumante. Magnifique. Adieu la nouvelle tenue d’Halloween, elle devrait désormais passer en mode, «les pompiers sont arrivés à temps ». Elle poussa un profond soupir, avant de toiser Hayden de son regard le plus méprisant, ses prunelles d’onyx n’affichant plus que l’ennui et l’exaspération. Voilà que le petit crétin perdait de son intérêt. Aillant elle-même un orgueil que trop imposant, Nai’ ne pouvait tout simplement pas supporter les impertinents de cette espèce.

    « Tu ne penses pas que le maître à d’autre chose à faire à l’heure actuelle, pauvre imbécile ? »

    Non, mais vraiment.
    Sund devait sûrement préparer son intervention, il avait d’autres choses à faire que de s’occuper de pauvres gosses fanatiques et insolents. Même Ed’wina savait cela. Elle avait beau être une sale gosse, et son capitaine, cette gosse ne se prenait pas la tête avec de la stratégie inutile. Sans faire étalage de jugeote à outrance, elle se rendait bien plus utile et avait l’air plus futée. C’était certainement pour ça qu’elle était d’ores et déjà dans les rangs des partisans, contrairement au petit malin auquel Nailah faisait face dorénavant. Oui, il était préférable d’avoir une gamine grossière dans les pattes, plutôt qu’un petit chimiste malsain. Puis, le pouvoir d’Eddy était bien plus utile, selon le Commandant des Services Secrets : faire des poisons avait vraiment de l’utilité dans le métier. Les explosions étaient bonnes pour les tarés comme le prof de bio, où encore les personnes qui se trouvaient au front dans l’Armée Noire. Pas les petits vicieux dénués de toute force.

    Elle poursuivit, toujours aussi méprisante :

    « Si tu veux que je te mène à Sund, il va falloir que tu arrêtes de prendre les gens pour des imbéciles. »

    D’un simple froncement de sourcils, elle prit soin de brûler chaque morceau de tissus ensanglanté, en évitant habilement de se brûler. Bon, elle devrait aller récupérer une cape quelque part, après tout ça. Où l’un de ses manteaux en fourrure si couteux. Parce que, elle ne pouvait tout simplement faire face à Sund dans l’un de ses moments de Gloire dans une tenue pareille. Un jour, ce gamin le lui paierait cet affront. Pour l’instant, elle n’avait même pas besoin de lui dévoiler son identité pour lui montrer qu’il s’était frotté à plus fort que lui. Elle alluma une petite flammèche au bout de son index sans aucun effort, éclairant son visage dans la pénombre, avant de lâcher, d’un ton sec :

    « Recommence encore une fois un de tes sales coups, et tu finis rôti sans même avoir aperçu l’ombre de ton adoré. Compris ? »

    Menace.
    Sentait-il l’air autour de lui se raréfier ?
    La moindre particule d’oxygène prête à s’enflammer ?
    Car après tout, ils partageaient théoriquement plus ou moins les mêmes éléments, il devrait être en mesure de sentir ce genre de changements imperceptibles dans l’atmosphère. L’odeur de la mort, des flammes des Enfers qui lui tendent tendrement les bras.

    Oh !
    Il pouvait toujours l’aspergée de sang en se taillant une artère, mais elle si elle mourait dans une explosion, elle aurait tout de même le temps de faire brûler sa petite tête d’animal stupide. Elle devinait le gamin assez malin pour ne pas tenter ce genre de folie. D’autant plus qu’en cas de stupide bluff de sa part, elle n’hésiterait pas une seconde à l’incendier pour de bon.

    Il pourrait aussi, si l’envie lui prenait, de filer aussitôt, déguisé comme il l’était. Mais puisqu’il avait repéré Nailah, Sund serait alors obligé d’intervenir avant qu’il ne divulgue quelques informations cruciales concernant la jeune femme si populaire à l’Académie. Là, encore, ce serait pas de quartier. Personne ne devait savoir que Nailah manipulait le feu à sa guise, ne parlons même pas de son poste réel au sein de l’Armée Noire, ou le simple fait qu’elle s’était rangé aux côtés du Tyran. Bref. Si l’avorton se retournait contre elle, il signait aussitôt son arrêt de mort. Et cela prouverait qu’une chose : qu’il n’était pas réellement du côté de partisans. Donc, la chose était réglée, en un sens.

    Néanmoins, comment Hayden était-il sensé croire Nailah ? Il avait été bien stupide de révéler ses intentions à une parfaite inconnue. Bien entendu, la jeune femme ignorait tout de sa capacité à détecter les mensonges, donc, elle ne pouvait pas penser autrement. Si jamais, selon elle, il était tombé sur des résistants qui comptaient le manipuler par la suite, il aurait été un sacré ennui pour l’organisation de l’Opposition. Combien de gamins stupides pouvait-il y avoir ? Y en avait-il d’autres qui en cherchant à joindre leur force à celle du Seigneur, se trouvaient à agir contre eux ? Combien de taupes pourrait-il y avoir dans leurs rangs ? Nailah se promis de faire part de ses doutes aux seigneurs, afin de monter une enquête.

    Impérieuse, elle croisa les bras sur la poitrine, en hésitant vraiment à le réduire à l’état de grillades. Elle se sentit obligée de lui laisser une seconde chance. Ce qui impliquait éventuellement la politesse, la perte des faux semblants et autres jeux débiles, dont elle commençait à se lasser sérieusement. Elle était arrivée à un point de non retour, auquel Hayden ferait mieux de prendre garde : un faux pas, désormais, et jamais personne ne retrouverait une seule trace de sa petite personne, car même les os seront réduits à l’état de cendres éparpillées sur l’ensemble de l’île. Elle se promettait alors de le faire brûler à petit feu, lentement, en bonne sadique qu’elle pourrait être. Alors, seulement, elle pourrait retourner jouer en paix, au chat et à la souris, à ses flirts mondains et surtout, à son maître adulé pour l’assister au mieux –bien mieux que le ferait jamais ce gamin. Lui n’était qu’un sale garnement, elle restait la délicieuse vipère aux courbes enchanteresses. Elle était vicieuse, intelligente, même si elle n’en montrait rien en cours. Mais en plus de cela elle avait le physique avantageux pour mener l’enquête. Avant qu’Hayden puisse espérer réellement obtenir tout ce qu’il voulait de la gente féminine, une petite dizaine d’années pouvaient s’écouler. Parce que soit il paraîtrait suspect pour un adolescent, soit carrément pervers.
    Hélas, ce n’était pas à elle de décider de l’utilité de ce garçon.

    « Deuxième chance, attention à ce que tu vas dire. »

    C’était pourtant bien connu, on ne jouait pas avec le feu.
    Après tout, c'est dangereux.
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Damon Claymore


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Dim 21 Mar - 12:01

    Einleen. Un prénom aux sonorités chantantes, douces, et plus encore lorsque c’était elle qui le prononçait. Einleen. Joli prénom, délicat, qui correspondait tout à fait à la personne à laquelle il était rattaché. Einleen. Prénom qui plaisait énormément à Damon. A moins que ce ne fut la voix qui le prononça qui lui plaisait ? Non, quand même. Le prénom était plaisant. Voilà tout. Il ne fit aucun commentaire à voix haute. N’en pensait pas moins. Le regard qu’il portait sur elle restait dur. Se montrer un peu plus aimable ? Ah non, apparemment, cela ne rentrait pas dans les capacités de notre garde du corps. Dommage pour sa pauvre cavalière, qui était bien partie pour devoir supporter un grizzly taciturne toute la soirée. Le supporter, c’était aussi supporter les regards qu’il portait alentours, discrets mais néanmoins bien présent. Il n’était pas là pour s’amuser, et cela se ressentait dans son attitude. Certes, même quand il s’amusait un tant soit peu, cela ne se voyait pas vraiment chez lui. Mais pour Einleen qui ne le connaissait pas, peut-être se disait-elle qu’il s’ennuyait à mourir. Peut-être. Qu’elle n’était qu’un prétexte quand à la présence du colosse dans cette fête, sur la piste de danse, au cœur même des événements. Etrangement, il ne s’ennuyait pas. Lui-même ne comprenait pas pourquoi. Il n’aimait pas danser, fondamentalement. Mais ce soir, cela ne le dérangeait pas plus que ça. Etrange. Pas déplaisant, bien au contraire, mais très étrange. Cela échappait à son contrôle. Et donc, parallèlement, il n’appréciait que très peu son accoutumance à la danse.

    Etait-il en train de se laisser influencer par le démon de la fête ? Si on lui avait dit que ce serait possible, alors qu’il s’y rendait, il aurait trouvée l’idée grotesque. Non, même. Il la trouvait toujours aussi grotesque. Non, quoi qu’il se passe, même s’il dansait, il ne devait pas se laisser glisser dans l’amusement. Sa vigilance devait rester la même. Il n’entretenait pas la conversation, mais le silence ne le gênait pas, au contraire. Premièrement, parce qu’il n’avait jamais été un grand bavard. Ensuite, il n’était ainsi pas distrait, pas tenté par la négligence des responsabilités qu’il s’était donné un peu tout seul – car si les Résistants devaient rester vigilant, jamais Gabriel ne leur avait ordonné de ne pas s’amuser, bien au contraire : il était là, c’était censé mettre les Résistants en confiance, les rassurer, et leur permettre de se distraire un peu malgré le joug du tyran. Damon, lui, refusait de se détendre. Pire encore, il était même plus tendu qu’au quotidien, métier exclu. Relâcher sa vigilance ? C’était hors de question, non seulement parce qu’il ne voulait pas se reposer entièrement sur le chef de la résistance, qu’il ne connaissait pas vraiment, qu’il n’allait pas jusqu’à admirer mais envers lequel il témoignait un grand respect, mais aussi parce que Sund risquait de venir. Et qu’il était hors de question qu’il ne fasse pas attention à cet événement. Il se devait d’être prêt à agir au cas où tout cela tournerait mal. Et ce, même si ce serait synonyme de mort pour lui. De toute façon, il avait l’habitude de jouer sa vie. C’était le principe même du métier de garde du corps.

    Dernière raison pour laquelle il n’était nullement gêné par le silence, mais aussi la plus obscure : il était tout à fait satisfait de se contenter de danser avec elle. Et il sentait bien que ce n’était pas exclusivement parce qu’ainsi, elle n’apprendrait rien sur lui, qu’ils ne se reverraient jamais après cela. Il tentait vainement de se convaincre que c’était bel et bien pour ces raisons. Mais il n’était pas vraiment dupe. Il y avait autre chose. Depuis qu’il avait plongé ses yeux dans ceux de la demoiselle. Et Damon refusait que cela s’approfondisse. Il ne la connaissait pas. L’idée qu’elle puisse être une partisane le hantait toujours. Et même. Il ne voulait pas la revoir par la suite, il ne souhaitait tout bêtement pas s’attacher à elle. Il allait continuer de danser, jusqu’à ce qu’elle soit fatiguée, ou de danser, ou de son comportement et… Mais, qu’est ce qu’elle lui faisait, là ?

    Lui, bien taciturne ? Ce n’était pas comme si c’était une nouveauté. C’était un reproche ? Peut-être bien. Et même si cela pouvait paraître au premier abord étrange, il comprenait parfaitement le reproche de son manque de conversation. D’une part parce qu’on avait souvent critiqué son amabilité sans pareille. D’autre part car elle était humaine, tout simplement, et de toute évidence très différente de lui : certainement préférerait-elle converser aimablement avec les gens qui l’entouraient plutôt que d’être satisfaite d’un silence que les gens normaux trouvaient en général pesant. Mais, si c’était un reproche, c’était quoi, ce ton ? Damon n’y comprenait plus rien. D’ordinaire, les gens ne disaient pas ce genre de chose d’un air aussi… Amusé ? Elle s’amusait de cela ? Il n’y comprenait plus rien. Se moquait-elle de lui ? Si l’idée le choqua, un instant, il ne s’en offusqua étrangement pas plus que ça. Parce que, ce ne pouvait être le cas, n’est ce pas ? Non, ce n’était pas le cas. Tentait-il de s’en convaincre ou le ressentait-il au plus profond de lui, ça… Il poussa un soupir à la suite des paroles de la demoiselle. Elle voulait quoi ? Qu’il se mette à bavarder avec elle ? Il fixait ses prunelles grises alors qu’elle levait les yeux sur lui. Autant lui demander tout de suite…


    « Tu préfèrerais que je fouille dans ta vie privée ? »

    Son ton aurait pu être agressif, il ne l’était pas. Juste… Plat. Il s’étonnait lui-même. D’ordinaire, il aurait rembarré la personne sans se soucier de son état d’âme. Oui, mais là… Il se convainquait qu’il agissait ainsi pour ne pas la perdre, pour conserver son alibi pour se trouver au cœur des évènements. Avec sa question, il signifiait d’ailleurs assez clairement qu’il n’avait aucune envie qu’elle lui pose trop de questions indiscrètes, qu’il considérerait cela comme une intrusion dans sa vie privée. Un effort ? Fallait pas demander la lune non plus. Des efforts, il en avait déjà fait, d’abord en lui proposant de danser, ensuite en répondant à sa question concernant son prénom. Bon, au pire des cas… Il lui accorderait une question facile, passe-partout. Du genre, lui demander quel était son métier. Lui, il ne serait même pas obligé de lui répondre clairement. Ouais, il ne lui dirait pas qu’il est garde du corps. Il répondrait autre chose. Comme ça, elle aurait moins de chances de le retrouver par la suite. Ouais. Parfait.
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Hayden Cole


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mar 23 Mar - 14:42


    - Tu ne penses pas que le maître à d’autre chose à faire à l’heure actuelle, pauvre imbécile ?


    Allons...
    C'était tellement décevant ! Même après qu'il eût révélé ses intentions, elle restait toujours dupe de son apparente et insignifiante bêtise sans se méfier de sa fourbe et machiavélique intelligence. Si cela continuait, il allait finir par se lasser du jeu... Les choses ne lui seraient encore que plus faciles si elle venait à se contredire. Peut-on savoir qui l'avait menacer de le trainer devant son maitre sans savoir que cela ferait son bonheur ? Si elle jugeait réellement qu'il ne s'agissait là que d'une perte de temps et d'un affront envers ce dernier, comme lui-même l'avait pensé plus tôt, n'était-il pas ridicule d'y avoir eu recours ? Ou bien n'était-elle tout simplement pas capable d'aller aux bouts de ses paroles, ne jouant que sur le paraître quand son être n'était que vide orgueil ? Inconstance féminine ou vacuité de l'esprit, rien de bien estimable. Et il serait bon de rappeler que parfois : l'orgueil précède la ruine... Raillant en son fort intérieur l'air de suprême suffisance de la jeune femme, il s'exprima avec sa légèreté habituelle, comme si leur conversation était tout ce qu'il y avait de plus normal et conventionnel, comme si sa petite voix frêle et sifflante ne pouvait exprimer autre chose que l'indolence.



    - Je n'ai fait qu'accepter ta proposition précédente.


    Pure vérité qui dévoilait le peu de cas qu'il faisait de son mépris. N'était-il pas le plus merveilleux des petits crétins ? Il acceptait avec joie la punition qu'il lui avait proposé, une propension au masochisme qui n'aurait du souffrir d'aucune contradiction. Pourquoi lui en vouloir puisqu'il se montrait si docile ? Elle ne pouvait se contredire maintenant qu'elle l'avait menacer de ce qu'il exigeait à présent. Elle n'était à ses yeux que l'intermédiaire qui lui permettrait d'accéder à Sund et tout la mascarade à laquelle il se prêtait depuis tout à l'heure n'avait pas d'autre ambition que d'atteindre cet objectif. Aussi impulsive qu'il était patient, aussi arrogante qu'il était humble, aussi populaire qu'il était discret, leurs différences antagonistes n'étaient parvenus qu'à rendre la situation explosive, c'était le cas de le dire. Arrivé à ce point de ce jeu de manipulation où chacun était persuadé de détenir l'autre entre ses griffes, Hayden comprit que la crises serait sans issue tant que le ridicule égo de Nailah ne s'en trouverait pas satisfait. Qu'à cela ne tienne, le sien supporterait parfaitement n'importe quelle dégradante humiliation si la finalité tant espérée s'en trouvait plus palpable. Risquer une escalade ne serait qu'une fâcheuse perte de temps et d'énergie bien qu'il devinait la chipie assez stupide pour ce genre de folie.


    - Si tu veux que je te mène à Sund, il va falloir que tu arrêtes de prendre les gens pour des imbéciles.


    Ah ça, ça allait être difficile... Il prenait toujours les gens pour des imbéciles, elle peut être plus que la moyenne. Il laissa retomber son bras le long de son corps sans chercher à maintenir son avantage. Avantage qu'elle réduisait en fumée en brûlant les pans de tissus souillés. Il aurait été curieux de voir quelle astuce elle aurait trouvé si son sang était entré en contact avec sa peau. Mais cette intrigante question devait attendre. S'il faisait preuve de sagesse en renonçant à la combattre, conscient non seulement de la différence apparente de niveau mais aussi que cette stratégie était fort prometteuse, il s'en trouvait démuni. Mademoiselle retrouvait l'ascendant et se sentait à présent apaisée ? Empressement innocent... Comme si les armes dont il disposait ne se résumaient qu'à la puissance magique, comme s'il allait se trouver dans l'incapacité de lui faire face pour ce simple prétexte. Difficile de dire qui se moquait de l'autre ici.


    - Recommence encore une fois un de tes sales coups, et tu finis rôti sans même avoir aperçu l’ombre de ton adoré. Compris ?


    Une autre menace en l'air ? L'envie ne lui manquait pas de laisser libre court à son impertinence débridée mais Hayden ne se laissa pas aller à quelques satisfaction personnelle. Elle maîtrisait l'élément du feu ? Soit, il ne voyait pas en quoi cela lui posait problème.


    - Deuxième chance, attention à ce que tu vas dire.


    Ce qu'il y a de bien avec la prise de risque c'est l'imprévisibilité du résultat. Soit le succès est à la hauteur des espérances, soit l'échec ne laisse pas d'autres chances. Du moins est-ce ainsi qu'il résumait la délicate situation dans laquelle il se trouvait. Si par hasard il ressentait l'inquiétude, l'effroi, le désespoir ? Ne lui enlevez pas son peu de dignité. Ces relents aigres de sentimentalisme lui étaient parfaitement étrangers. La pensée qu'il aurait du craindre pour sa vie ne lui effleura même pas l'esprit. Qu'avait-il à craindre au juste ? Quel regret aurait-il pu avoir ? Hayden n'avait rien à perdre et comme tous les extrémistes de son genre, sa propre existence n'avait qu'une importance relative à ses yeux. Nonobstant, ce qu'il ressentait n'avait rien à voir avec l'inconscience. Réfléchi et stratège, il était conscient des risques, des enjeux, comme des réalités de cette confrontation et comptait bien agir en conséquence. Maintenant, de là à agir de manière conventionnel, il ne fallait pas rêver... Comment peut-on s'attendre à une réaction normale de quelqu'un qui n'a pas peur de mourir ? Cela signifierait simplement qu'il avait perdu la partie. Or, rien ne semblait plus incertain. Certes, il se tenait là, devant elle, s'occupant avec indifférence à enrouler son poignet blessé dans une bande qu'il serrait allègrement. S'il se rendait compte de l'inconvenance de cette réaction dans la situation présente ? Absolument. Sa tache achevée, Hayden se passa une main dans les cheveux, détachant quelques mèches qui vinrent tomber en nombre devant ses yeux et par dessus son masque sans toutefois que cela fut comparable avec leur aspect habituel.


    - Eh bien, eh bien... on dirait que je me suis fait avoir.


    Le ton était guilleret, amusé, sans aucune trace d'aigreur ou de colère, pas plus que d'effroi ou de tristesse. Hayden dressait simplement le constat, apparent, de la situation. Sa voix flutée et soufflée conférait à ses paroles une légèreté en fort contraste avec la tension de la scène qui se jouait ici. Si l'on avait de quoi le prendre pour un fou ? Oui, définitivement. Où était alors l'intérêt de cette remarque ? Mais lui mettre toute les cartes en main évidemment ! Elle se retrouvait avec un gosse qu'elle prendrait grand plaisir à occire, mais de toute évidence elle ne le pouvait pas. Le tout en étant consciente que le dit gosse souhaitait rencontrer Sund et qu'elle avait les moyens de rendre cette rencontre possible, mieux, qu'elle l'avait désiré au départ, lorsqu'elle croyait que cette pensée le terrifierait. Ajoutons à cela qu'elle s'était trahie, qu'il l'a sentait capable de davantage de maîtrise de l'élément du feu que ses notes à l'académie le laissaient entendre et qu'il savait qu'elle n'était pas n'importe qui ou du moins ne se prenait pas pour n'importe qui dans les rangs de Sund. Cela faisait beaucoup à gérer à la fois. Elle ne pouvait pas vraiment le laisser partit ou au moins craindrait de le faire de peur qu'il révèle à tous ce qu'il avait appris sur elle. D'autre part, elle ne pouvait pas non plus se débarrasser de sa présence en le tuant, trop de gens les avait vu partir ensemble et si elle tenait un tant soit peu à sa couverture, ce serait stupide, d'autant plus que sa mort ne servirait aucun autre intérêt qu'une petite vengeance personnelle. Et puis soyons honnête, tuer pour avoir détruit une robe ? Pour l'avoir potentiellement démasqué ? Alors même qu'il se disait partisan de Sund ? Non. C'est sans doute pour cela qu'elle lui parlait de deuxième chance. Là encore, c'était quelque chose qu'il ne comprenait pas. Il pencha la tête de côté avec son masque méchant et rieur, l'observant de dessous dans une attitude qui exprimait clairement l'étonnement suspect, d'autant plus qu'elle s'accompagnait d'une petite onomatopée qui laissait entendre qu'il trouvait sa louche.


    - Une deuxième chance de quoi ? Sauf ton respect, ce n'est pas toi que je cherche à convaincre de ma bonne foi.


    Puis il se redressa, les mains toujours dans les poches, ses longs membres lui conférant comme toujours une allure nonchalante et malingre. Encore et toujours, sa voix n'abandonnait en rien son débit calme, ses sonorités fades et l'éternel soupir qui semblait accompagner chacun de ses mots.


    - Je suis là devant toi, démuni, et ça à l'air de te plaire. Mais entre nous ma grande, je pense que si tu avais voulu me tuer ou plutôt, si tu avais été dans la possibilité de le faire, mon cas serait déjà réglé. Il ne reste donc que deux options. Soit tu me juges d'une quelconque utilité, soit tu ne sais pas quoi faire de moi. J'ai donc une proposition qui me paraît honnête : amène moi à Sund et laisse-le décider de mon sort. Je suis certain que tu lui fais confiance, et s'il pense que je dois mourir tu pourras t'amuser avec tes flammèches. Je ne demande rien d'autre et toi ça t'enlèves une épine du pied qu'en penses-tu ? Oh ! Bien sûr tu as aussi le droit de me laisser partir mais j'ai comme l'impression que Nailah Tamset n'a pas très envie que l'on connaisse ses...intéressantes dispositions.
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Gabriel Jewel

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Dim 28 Mar - 14:22

    Gabriel s’amusa franchement de la réaction de la demoiselle avant qu’elle ne le reconnaisse. Elle était bien trop sur les nerfs, et cela aurait pu lui nuire si c’était n’importe qui d’autre que son colocataire qui l’avait surprise de telle façon. Puis, elle l’identifia. Le soulagement sur ses traits fut suffisamment visible pour que Gabriel ne regrette pas la présence du don de Misaki, qui rendait souvent les choses bien plus intéressantes mais aussi tellement plus compliquées et qu’il se surprenait fréquemment à maudire. Bref. Au compliment de Misaki, il se contenta de lui adresser un petit sourire de remerciement, pensant qu’il n’était pas nécessaire d’en faire plus. Il observa la foule, en pleine effervescence. Assurément, ils s’amusaient, tous, ou presque. Cela commençait à agacer de plus en plus notre tyran, bien qu’il ressentait toujours une part de culpabilité à nuire à tout ces gens : ainsi, ils l’oubliaient vraiment, il n’existait plus du tout au nom du démon de la fête. Or, qu’on ignore son existence était bien la chose qu’il supportait le plus difficilement. La demoiselle à ses côtés finit cependant par le distraire de ses pensées sombres en lui demandant s’il n’y avait rien à signaler. Ah, si elle savait à qui elle demandait cela… Bien heureusement, ce n’était pas le cas, et il espérait bien que ce ne le soit pas jusqu’à ce qu’il décide de le révéler au grand jour. Pour l’instant, son double jeu l’amusait encore trop pour qu’il y renonce. Il fit donc un fin sourire à la demoiselle, dans le but de la rassurer pour qu’elle se détende un peu et qu’elle puisse profiter de la fête tant qu’il ne s’y passait rien d’important. Car il serait dommage qu’elle n’en profite pas, de sa première fête, non ? Il prit donc la parole, d’un ton doux, coutumier.

    « Rien du tout. Détends-toi. Tu veux danser ? »

    L’idée plairait à cette charmante demoiselle, non ? Apparemment, Gabriel ne se trompait pas en pensant cela, puisqu’elle lui répondit par un signe de tête que oui, elle acceptait de danser. Et donc, il l’entraina doucement sur la piste, pas vraiment au centre mais plutôt en périphérie, préférant toujours ne pas trop attirer l’attention sur lui. Le couple de danseurs qu’il formait alors restait plutôt visible malgré tout et Gabriel dû adresser des signes de tête à des gens qui le reconnurent et le saluèrent. Parfait. Il ne regarda que très peu Misaki durant cette danse, tout occupé en tant que chef de la Résistance à surveiller les alentours. Cela n’empêchait pas le jeune homme de mener la danse avec une grande dextérité. Assurément, il savait danser. Il avait appris il y a quelques années déjà et, comme tout ce qu’il faisait, il s’efforçait de s’entraîner jusqu’à atteindre la perfection. Il ne supporterait pas de faire le moindre faux-pas et entraînait la demoiselle avec qui il dansait de manière à limiter les risques qu’elle-même en fasse, sans savoir s’il lui était déjà arrivé de danser par le passé : que ce soit le cas ou non, elle avait trouvé en Gabriel un partenaire idéal. Par ses coups d’œil aux alentours, la demoiselle pourrait sûrement remarquer qu’une fois encore, Gabriel tentait de prendre toute les choses en main, comme s’il était responsable de tout ce qui viendrait si jamais Sund débarquait. Oh, il en était totalement responsable, mais ça, Misaki l’ignorait. Oui, alors qu’il avait dit à sa cavalière de se détendre, lui demeurait sur ses gardes, pas vraiment tendu mais attentif au moindre mouvement, alerte à la moindre trace magique. Mais il souhaitait visiblement qu’elle ne s’inquiétât pas. Il avait les choses en mains, prétendrait-il si elle le lui demandait.

    Toujours est-il que, brusquement, sa fausse décontraction se rompit : soudainement tendu, le jeune homme ne cessa pas la danse pour autant, se contentant d’attendre la fin du morceau. Il serait bien trop louche qu’il s’en aille ainsi, subitement, abandonnant Misaki sur la piste où les gens pouvaient facilement le remarquer. Les sourcils froncés, les lèvres légèrement plissées, tout était joué, mais sa fausse inquiétude semblait plus que vraie. Gabriel était un excellent comédien, cela n’était pas vraiment une nouveauté, à force d’observer les actions et réactions des gens. Le morceau ne tarda pas à s’achever et il entraîna assez précipitamment sa collocataire sur le bord de la piste. Trop rapidement pour qu’elle soit détendue, qu’elle ne s’inquiète pas de ce brusque revirement de situation, bien entendu. Et puis, à voix basse, toute aussi précipitée, il prit la parole, exposant la situation d’urgence et après avoir fait mine de se concentrer tout particulièrement. Et malgré la vitesse et l’inquiétude qui transparaissait dans sa voix, il conservait toujours cette douceur propre à toutes ses paroles.


    « Il arrive. Je le sens. Il m’a l’air… De bonne humeur. Pas hostile. »

    Et bien entendu, la merveilleuse humeur de ce fameux "Il" risquait de s’effondrer s’Il trouvait Gabriel ici et Il risquait d’en devenir violent, dangereux : n’avait-il pas tué pour obtenir le sceptre ? Car oui, Il n’était autre que Sund, le Tyran contre lequel Gabriel feignait de s’élever. De toute évidence, la présence du leader de la Résistance était dangereuse, aussi bien pour lui-même que pour les autres. Aussi quitta-t-il Misaki et la fête précipitamment. Quitter la fête ? Non, elle ne faisait que commencer. Pour Gabriel, en tous cas.

    Une fois totalement hors de vue, il se téléporta dans son château. Tout était déjà prêt. Il se saisit donc de la cape qu’il avait posée au préalable juste à côté du sceptre d’Uen dont il se saisit, objet bien entendu nécessaire pour qu’on l’identifie. Après avoir rabattu la capuche sombre sur son visage, dissimulant ses yeux à l’aide de son ombre, il se téléporta de nouveau, près de la fête. Sund avait lancé le sort habituel, l’illusion grâce à laquelle les gens pouvaient tout à fait le voir sans pour autant l’identifier. Concernant Misaki sur laquelle cela ne fonctionnait pas, il avait fait exprès de prendre une cape trop large pour qu’elle ne puisse pas vraiment connaître sa corpulence et qu’elle ne fasse pas le parallèle avec la minceur de Gabriel. Il décida alors de lâcher son Potentiel, dans toute sa puissance, alors qu’il se glissait à l’entrée de la fête. D’ordinaire, il le dissimulait, pour ne pas gêner les autres, et les traces que l’on pouvait en deviner lorsqu’il lançait un sort n’était rien en comparaison de la puissance oppressante qu’il venait de libérer. Cela lui était agréable, car devoir le retenir constamment lui demandait des efforts supplémentaires. Certes, il les faisait mécaniquement. Mais cela ne l’empêchait pas de se fatiguer légèrement plus rien que de ce fait. La puissance était lâchée, nuisant certainement à l’esprit de fête. Une douche froide pour tout ceux qui avaient pensé échapper au triste destin dans lequel Sund avait plongé l’île et ses habitants, oui, glacée, même. Le pire dans tout cela, c’était qu’il en était à moitié fier. Ses contradictions l’empêchaient de l’être tout à fait. Mais il ruminerait sa mauvaise conscience plus tard. Pour l’instant, il appréciait de ne plus avancer en réprimant son Potentiel mais en le libérant totalement, laissant tout le monde le ressentir. Sa démarche était plus dure, plus marquée qu’à l’accoutumée, tellement moins délicate et légère, pour ne pas que Misaki puisse l’identifier grâce à celle-ci comme Mr Lowy, victime de l’illusion, l’avait déjà fait. Oui, Sund avait pensé à tout.

    Démarche déterminée, sans faire plus attention que cela aux réactions que suscitaient la vague de pouvoir qui laissait flotter dans l’air et qui signifiait clairement que le tyran, aux pouvoirs prétendus incroyables et illimités, était là, il s’avança jusqu’à la statue d’Uen au centre pour grimper sur le piédestal. Geste provocateur lorsqu’on savait qu’au début du mois, Gabriel Jewel s’était tenu là, exactement au même endroit, dans une position similaire, pour appeler les gens à s’élever contre le tyran. Pied-de-nez aux Résistants, premier du nom. Le port de tête fier, la silhouette que l’on devinait arrogante malgré la cape qui le dissimulait presque totalement. La main fermement serrée sur le sceptre qu’il éleva quelque peu laissa clairement entendre qu’il comptait prendre la parole en tant que dirigeant. Il s’assura tout d’abord qu’un maximum de personnes le regardait, et que presque tous avaient reconnus le sceptre. Puis il prit la parole, d’une voix glacée, modifiée par la magie, assez mécanisée, juste pour que Misaki ne puisse pas l’identifier de ce fait. Ce qu’il ne devait pas faire par rapport à elle… Toute la douceur dont Gabriel chargeait d’ordinaire sa voix avait disparue. Il n’y avait plus que la supériorité impérieuse et le froid polaire, qui montrait bien qu’il se sentait encore de bonne humeur : sinon, il se serait certainement emporté, chose qu’il ne faisait jamais ou que très rarement sous le masque de Gabriel.


    « A genoux, citoyens. »

    Pied-de-nez aux résistants, deuxième du nom. Ils n’étaient pour la plupart pas stupide, et ils devaient se douter que s’opposer, se soustraire à cet ordre ne ferait que les mener à leur perte, pas vrai ? Pour les neutres et les partisans, mis à part pour ces premiers s’ils se sentaient un peu trop fier, il ne devait pas y avoir trop de problèmes, n’est ce pas ? De toute façon, il ne leur laissait pas le choix. Les fixant on ne peut plus tyranniquement, les traits altiers, ce qu’il laissait deviner malgré le fait que son visage soit entièrement dans l’ombre, il ne lui resta plus qu’à attendre de voir qui obéirait et, le cas échéant, qui se rebellerait.
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Einleen Starfield

Chanteuse à l'Auberge Ahea.

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Dim 28 Mar - 16:16

    Virevoltante.
    Einleen se sentait légère, guidée par son mystérieux cavalier. Einleen se sentait autre. Pas après pas, la danse lui paraissait toujours aussi fascinante. Ou plutôt, Damon la fascinait. Elle fut ravie, en un sens de sa réaction, face à sa plaisanterie. Simplement, elle ne s’y attendait pas. Si Ein’ avait un défaut, ce serait peut être celui de juger un peu hâtivement les individus. Alors, après qu’elle l’eut taquiné, elle avait rapidement songé à la possibilité qu’il fasse simplement faire volte-face, la larguant seule au milieu de la piste surpeuplée. Ce dont elle n’avait pas la moindre envie. Mais s’il était trop tard pour reculer, elle s’était contentée de sourire, en attendant la réponse, qui vint, plate. Au moins, elle ne risquait pas de se ridiculiser devant toute cette foule. Rassurée, elle émit un petit rire cristallin :

    « Par Syeen, non ! C’est juste que je ne peux pas m’empêcher d’être curieuse… Me le pardonnerez-vous ? »

    Elle le fixa, intriguée et amusée à la fois.
    Bien sûr, elle n’allait pas le harceler de question. Mais elle se plaisait à faire de multiples suppositions, à devenir par son attitude si particulière ce qu’il pouvait bien être. Pour le moment, avec ses regards furtifs à droite à gauche, il avait vraiment l’air d’un Cerbère. Elle commençait à soupçonner qu’il s’agissait d’un résistant. Pourquoi ? Parce qu’elle ne l’avait jamais vu au château, pour commencer. Parce qu’il adoptait cette attitude alerte. Et bien qu’il fût un peu froid, elle se plaisait à l’imaginer avec une grande âme, des idéaux. Elle hésitait néanmoins à jouer au jeu des devinettes. Elle avait peur qu’il tournât les talons sous ce prétexte. Ou alors, elle serait obligée de lui mentir plus que par omission si jamais il posait des questions à son sujet, à elle. Après tout, elle était une Partisane, qu’elle le voulût ou non. Alors, elle n’avait d’autre choix que de taire son parti face à l’Opposant quelque peu austère. Puis, elle pouvait très bien se tromper, ce qui serait vraiment embarrassant. Ou se faire tuer, qui sait ?

    Après un petit temps de silence, elle reprit la parole. Après tout, si elle ne pouvait s’étaler en supposition, elle pouvait toujours révéler une chose futile, qui ne la mettrait pas dans une position délicate. Un élément sur elle, qui engagerait Damon, s’il le voulait, à dévoiler un détail à son tour. D’autant plus qu’elle avait subtilement choisi sa révélation, bien qu’elle doutât du désir de son cavalier quant à une nouvelle rencontre…

    « Par contre, vous me semblez curieux de tout, sauf de votre cavalière, pourtant célèbre du côté de la taverne. »

    Elle se demanda furtivement si elle n’était pas un peu prétentieuse. N’était-il pas déplacé de parler de soi-même ainsi ? Et pour un peu que son cavalier se rende compte de ce qu’elle sous entendait par là, n’était-il pas présomptueux de penser qu’il puisse vouloir la revoir un jour ? Si elle n’était qu’un prétexte quelconque ? Il était probable qu’il se fichât complètement de sa petite personne, une fois les masques tombés. Cependant, elle chassa bien vite ses funestes pensées de sa petite caboche et continua à sourire, gardant ses douces apparences, quoi qu’appréhendant la réaction de Damon.

    Réaction que jamais elle ne verrait.

    « A genoux, citoyens. »

    Elle avait manqué de s’étouffer sous la pression du Potentiel hors normes.
    L'atmosphère changea brusquement. La musique n'était plus. Les sourires et la joie non plus, si ce n'était les rictus déments qu'affichaient quelques Partisans à l'extrême. Sund l'opresseur, Sund le Tyran faisait son apparition, tant attendue, tant redouée. Souffle coupé, Ein' observa, se tut et lâcha doucement la main de son cavalier, qui n'avait plus rien de rassurante.
    Elle s’exécuta, comme de nombreuses personnes. Elle s’exécuta sans un mot, baissant la tête et se taisant, peu désireuse de se faire assassiner par l’un des chiens enragés du Seigneur. L’acte la répugnait, cette soumission la révoltait, même elle, qui était sensée être des Partisans ! Elle jeta un coup d’œil à Damon, qui se tenait droit comme un « i », mâchoire et poings serrés. Si désormais elle était certaine de l’animosité qu’éprouvait le garde du corps à l’égard de Sund, elle ne pouvait tout bonnement pas le laisser mourir aussi bêtement. Elle l’appréciait peut être bien trop pour ça. Elle se releva donc, jeta un rapide coup d’œil aux quelques personnes encore debout, attrapa la Damon par la manche et chuchota :

    « Par pitié, ne faites pas l’imbécile. Si vous mourrez maintenant, tous vos espoirs seront vains. »

    Se faisant, elle le tira par la manche, l’entraînant à s’agenouiller à ses côtés. Elle se mordit les lèvres et serra les poings à son tour, anxieuse. Qu’avait-elle risqué ? Sund avait certainement remarqué ses agissements. N’aurait-il pas préféré qu’elle le laissât faire pour l’exécuter ? N’aurait-il pas préféré qu’elle lui donnât la mort ? Pouvait-elle prétendre qu’elle avait agit dans la crainte de devoir prouver son allégeance, dans la terreur de devoir utiliser son pouvoir ? Ou bien Sund lirait dans son cœur aussi aisément que dans un livre ouvert. Pis encore, allait-il la convoquer dès à présent, devant cette foule, si jamais il ordonnait que la fête reprenne ? Ferait-il du piédestal de la statue d’Uen son trône le temps des festivités, ou bien comptait-il simplement repartir comme il était venu ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête, et elle demeurait interdite face à l’immondice de la scène qui se déroulait sous ses yeux.
    Parfois, elle se disait que plutôt que payer ses dettes envers Sund, elle ferait mieux de le tuer elle-même, d’un simple regard. Peut-être était-ce sa crainte, après tout ? Peut-être qu’il préférait la savoir dans son camp plutôt qu’à aider les partisans. Alors, se disait-elle, elle pourrait acheter sa liberté contre son pouvoir… Elle secoua la tête pour se forcer à penser autre chose, et se focalisa uniquement sur sa petite main, toujours posée sur celle de Damon.

    Si elle tremblait de peur d’être punie, c’était la rage qui devait animer le corps entier de Damon.
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James Catterson


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Lun 29 Mar - 0:13

    Et l’échéance se fait plus proche encore.

    Et virevolter, virevolter encore. Prendre la main gantée de la cavalière dans la vôtre, se laisser entraîner sur la piste, sourire sous son masque, se poser, danser, virevolter, enchaîner les pas au rythme de la musique, tourner, virevolter avec assurance, virevolter avec élégance, danser, juste danser, car tel était le leitmotiv de la soirée. S’amuser. Pendant qu’il en était encore temps.

    Peut-être pour la dernière fois.

    « Croyez-vous pouvoir vous en sortir avec une seule danse de ma part, délicieux coquelicot ? Une fois que l'on m'aborde, il est impossible d'aller conquérir ailleurs... »

    Un sourire naquit sur les lèvres de James. Sa cavalière s’était penchée vers lui, légère, intrigante, le visage masqué contre son oreille, pour y souffler ces quelques mots. Une voix rieuse, tout aussi légère, mais avec paradoxalement une pointe de sérieux incontestable. Des mots, un avertissement, une promesse. Voilà qui était diablement intéressant, somme toute, n’est-ce pas ? Pour sûr. Ignorant totalement qu’il aurait peut-être -certainement- mieux fallu aborder n’importe qui d’autre -pourquoi pas d’abord proposer une danse à la douce et merveilleuse Misaki- que cette dangereuse inconnue, James conserva une main posée sur la taille de la demoiselle, continua de danser, de virevolter, de sourire. D’avancer. Il se pencha à son tour, les lèvres souriantes près de l’oreille de l’inconnue masquée.

    - Vraiment ?

    Un souffle, un ton amusé, une voix légère, frivole, un mot unique perdu dans le vent, dans la musique qui emplissait l’air. Une réponse interrogative qui ne serait entendue que par celle qui l’avait provoquée, comme si ces paroles échangées n’était qu’un jeu secret connu d’eux seuls. Admirable et intriguant mystère, douceur sucrée du secret, danger de l’amusement. Fête.

    Et danser, encore. La main à la fois délicatement et fermement posée contre le dos de la demoiselle, James continua de danser, avec une assurance et une élégance que l’on ne pourrait pas forcément lui soupçonner habituellement. S’il était à l’aise avec la danse ? Assurément. Il faisait même un excellent, un parfait cavalier pour n’importe quelle demoiselle, c’était certain. Ah, ces demoiselles, ces beautés fleuries qu’il chérissait tant… Le Résistant à la chevelure tapageuse estimait qu’elles excellaient dans le domaine de la danse bien mieux que lui. Mais quelle importance ? Ne pas divaguer, se contenter de danser, de se laisser porter par la musique entraînante, d’ajuster parfaitement ses pas à ceux de sa cavalière. S’il était intrigué de l’identité de cette dernière ? Assurément. Il se demandait bien qui elle pouvait être, car il était au moins sûr de ne l’avoir encore jamais rencontrée. Du moins, s’il ne se trompait pas. Oh, il pourrait toujours lui demander son nom, à la fin de cette danse ou de la soirée. Mais cela gâcherait un peu le motif du secret épicé d’un bal masqué, pas vrai ? Pour sûr. Le jeune homme verrait bien. Après tout, agir selon ses envies, son instinct… C’était ce qu’il faisait communément, la plupart du temps. Il pourrait toujours…

    L’atmosphère changea considérablement, brusquement. N’importe quelle personne présente sur la place publique ce soir-là pouvait sentir le poids étouffant de ce Potentiel énorme, de cette vague intangible pourtant si perceptible. Cette puissance, ce Potentiel… Cela ne pouvait être qu’une personne, pas vrai ? Evidemment. Cet homme, l’Oppresseur, le Dominateur… Sund. Grand dieu, alors comme çà, il avait fini par apparaître, cet intriguant homme. Il était inutile de parcourir la foule des yeux pour voir qu’elle s’était arrêtée d’un même mouvement. James se décolla légèrement de sa cavalière, ramena son bras le long de son corps, reste debout de manière nonchalante, désinvolte, leva ses prunelles noisettes vers la silhouette qui montait sur la statue d’Uen, le sceptre parfaitement identifiable à la vue de tous. Sund. Bel et bien Sund. Sund venait de faire son apparition.


    Échéance.

    «  A genoux, citoyens. »

    Une voix polaire, supérieure, impérieuse, un ton autoritaire, sans réplique, un ordre. Sans appel. Il n’y avait pas à discuter. Il n’y avait pas à protester. Il n’y avait pas à se rebeller. Même si nombre de personnes n’obéiraient pas de gaieté de cœur, même si de nombreux Résistants se trouvaient sur la place publique ce soir-là. Non, il n’y avait pas à tergiverser. Pas du tout. Mais… Mais il y avait cet instinct, ces décisions imprévues, cet esprit déluré ou aliéné, cette vague d’adrénaline qui emportait tout sur son passage. La raison, les doutes, les craintes… Tout, balayés. Et James resta debout. Peu importe qu’on le croit trop fier pour s’agenouiller, peu importe qu’on le croit trop stupide pour se rendre compte qu’il jouait dorénavant sa vie. Peu importe ce que l’on pouvait bien penser. James Orson Catterson était un excentrique et il s’était toujours targué de l’être. Et par-dessus tout, il était un Résistant, un Résistant qui adulait un certain Gabriel Jewel, un Résistant excentrique, un Résistant qui sortait du lot, un Résistant qui en était un malgré tout, un Résistant avec ses valeurs. Un Résistant qui, ce soir, symboliserait ce mouvement qui se levait progressivement et sûrement contre l’Oppression. S’il était suicidaire ? S’il était imbécile ? S’il était fou ? Certainement un peu de tout. Et quoiqu’il puisse être, quoiqu’il puisse advenir, James en était fier. Fier.

    Échéance.

    Et le rouquin resta debout, le sourire flottant immuablement aux lèvres. S’il se moquait du Seigneur ? Cela en donnait terriblement l’impression. En vérité, se mettre à genoux ne le dérangeait pas outre mesure, d’ordinaire. Il était bien trop excentrique pour se soucier d’une quelconque fierté qui n’existait pas vraiment chez lui. Non, ce n’était pas l’ordre en lui-même qui le dérangeait, ni même l’ordre tout court, c’était plutôt tout ce que représentait cet homme à la longue cape, cet homme que personne ne connaissait au final, cet homme qui imposait sa volonté aux autres sans leur demander leur avis. Il resta debout. Souriant, désinvolte, mais conscient. Debout.

    Et l’adrénaline s’insinuait dans les veines, et le cœur battait, et le sourire s’élargissait, et la folle entreprise, la suicidaire entreprise, ne parut jamais aussi grisante qu’à cet instant, si forte, si douce, si magnifique, si implacable, si dévastatrice. La Liberté était Homme. La Liberté serait toujours Liberté. Peu importe la sentence de la mort si elle permettait de se libérer d’un joug oppressant. Peu importe, vraiment. Rien, rien, pas même la Faucheuse, ne pouvait égaler la Liberté. Rien.


    - Non.

    Ton doux, un rien frivole, léger, une voix claire mais forte, tranquille, dénuée de toute hypocrisie, juste vraie. Audible. Parfaitement audible dans le silence. Un simple mot, un sourire étincelant, un air inconscient. Mais cette lueur dans les yeux, cette lueur qui faisait clairement comprendre que là n’était pas juste la divagation d’un fou de plus. Non, nullement une divagation, juste un acte réfléchi. Plus ou moins réfléchi, du moins. Disons conscient. La spontanéité d’un être libre. Le sourire, l’affront, l’envie subite et soudaine, l’acte symbolique de rébellion, le choix, le sacrifice, l’adrénaline, la liberté. Il se foutait que des partisans assoiffés de sang se trouvaient un peu partout dans la foule, autour de lui, il se foutait du fait qu’il allait fort probablement mourir. Lui, il pouvait faire ce qu’il faisait. Lui, il n’était pas très important. Gabriel, Misaki… Ils ne pouvaient pas, ils avaient une place qu’ils devaient conserver. Lui… Il pouvait au moins servir à çà. N’est-ce pas ?

    Non, Sund, je ne me mettrais pas à genoux. Non, Sund, je refuse de t’écouter. Non, Sund, je refuse de t’obéir. Non, Sund, tu te trompes en croyant que tout ira bien pour toi. Non, Sund, tu n’as pas le droit de faire ce que tu fais. Non, Sund, tu t’en mordras les doigts. Oui, Sund, les gens vont se rebeller. Oui, Sund, peut-être que çà ne se passe que dans l’ombre pour le moment. Oui, Sund, peut-être que je vais mourir, là, et qu’on me prendra juste pour un crétin. Mais oui, Sund, un jour, tu verras ton règne avili, détruit, déchu, explosé, cassé, traîné dans la poussière, réduit à néant. Oui, Sund, profites-en pour le moment. Profites. Pendant qu‘il en est encore temps.


    Échéance.

    Stupidité ou génie ?
    Génie stupide, stupidité géniale, peu importe.
    Il était James et c’était tout.

    Et ce sourire, encore, qui perdurait.
    Ce choix, cet affront.

    Dévastation de la raison.
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Chazera Ohnelli


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mer 31 Mar - 0:55

    Et l’assistance était prête. Tous retenaient leur souffle, au bout de leur siège, la même lueur avide dans tous les regards posés sur la scène. Le premier acte, si prometteur, se poursuivit en valses enchanteresses, délice succulent pour la plus humble des actrices au bras de son mystérieux cavalier d’un soir. De grâce posée la paume du jeune homme dans son dos, d’allégresse sa main dans la sienne, les visages étrangement neutres donnant cet attrait si possiblement inhumain à la danse. Au centre de l’assemblée, la plus belle de toutes les masquées effectuait son ballet, à un moment vif et à l’autre lent et calculé. Au rythme de la symphonie…

    Dansez, tournez, mes belles masquées…


    Le monde avait changé; n’y avait plus que fantasmagories et imaginaire, l’espace d’un instant l’on cru s’évaporer dans l’étranger, se dissoudre dans le féérique. L’esprit tordu vit là l’occasion d’enfin se libérer, la muselière d’acier une fois retirée par le vent porteur de magie. Il se noya dans un fleuve traître d’idéaux cinglants. La demoiselle masquée se laissa absorber, sans délicatesse, avec rustre violence, ailleurs dans l’univers. Brillante par ses parures et par son absence, ses yeux vides de conscience auraient sans doute chassé le preux cavalier qui la fit de nouveau tournoyer. Plus rêve ni fantasme; danger et violence, soif de jeux, de luxure…

    S’éteigne la belle romance…

    Puis l’air se satura du plus délectable des nectars, du plus enviable des plaisirs. Le pouvoir, la puissance débordante en approche. Si les plus faibles et craintifs s’en sentirent oppressés, la demoiselle masquée s’y fondit, laissa l’ivresse du possible s’emparer à tâtons de son propre Potentiel si petit comparativement au déluge qui emplit l’atmosphère à cet instant. Elle reconnut la présence pour en avoir déjà frôlé les frontières, bien que vaguement. La large générosité de l’infini s’offrait par petites parcelles, infime part de ce que pouvait bien ressentir le possesseur… toutes ces opportunités ouvertes par l’Absolu, qui d’autre ? Sund, ô Sund…

    À petits pas il s’approche…

    L’horloge du cloché n’indiquait plus l’heure de la danse et des festivités. Ainsi, la valse cessa, tous ses bienfaits s’évanouirent dans un soupir. De ce soupir naquit le murmure du Tyran. Drapé d’une cape, ce sceptre à la symbolique énorme en main, alors là se tenait l’Ultime. L’Unique. Elle n’eut d’yeux que pour lui. Pourquoi ne lui offrirait-il pas une danse ? Sous ce feint anonymat qui fut si favorable à toutes les convives… hein, c’était une bonne idée ? Le temps lui-même devait se cacher de sa prestance, se plier à ses caprices. Maintenant qu’il était là, sur ce piédestal, l’inaccessible n’était plus. Car lui seul ne pouvait le représenter et le voilà qui faisait honneur de sa présence. La demoiselle masquée rêva de son prince charmant. La pièce, au bout du compte, allait peut-être finir en histoire d’amour…

    « À genoux, citoyens. »


    Il n’était plus question de s’agenouiller. De fléchir et de courber la tête par pure frayeur, non, maintenant, elle se prosternait devant le plus grand. Le Louve ne baissera les yeux que par respect et soumission, l’affront aurait été engendré par la peur au lieu de cela. Admettre la suprématie du plus puissant était sagesse. C’était une révérence. Chazera Ohnelli reconnaissait autorité. D’un salut de dame, elle s’exécuta; les jupons au sol, la tête basse. Du coin de l’œil, elle aperçut la Starfield inciter un Partisan à obéir. Ce fut une caresse pour la change-forme. Cependant, en reposant les yeux devant elle, la vue des jambes encore debout, loin de vouloir courber, face au Grand, l’horrifia. Lentement, le regard suintant d’une rage violette et mortelle, elle tourna son visage vers celui qui la fit danser.

    « Non. »

    Étouffée par cette malchance…


    Il osait. Désirait-il mettre la honte sur elle ? Briser sa vie, lui apporter la hargne du Grand ? Non, pire… ce simple mot signifiait le refus total de ce pouvoir. C’était du suicide pur et simple. On ne compromet jamais le désir du Chef. Jamais, car c’est toujours pour le mieux. Pourtant, insecte, il avait osé. Chazera Ohnelli sentit la colère, la folie affluer dans ses veines, et dans sa forme la plus native et brute, son sauvage Potentiel. Il irradia d’elle, brûlant, de chacune des pores de sa peau. Tel déferlement fit trembler ses mains, ses épaules. Cette magie ne fut probablement que percevable au contact direct avec sa peau; bien qu’énorme, personne ne pouvait en être heurté une fois sous l’emprise du Magnifique. À moins qu’il y est fin observateur. Cela n’importait pas. La pièce changea. Ce serait un drame. La tête de la change-forme débordait d’envies, de désirs, d’instinct… dont son primaire. Tuer…

    De vos péchés le bal sera gorgé…

    Elle rapprocha son visage du sol, retira son masque et le laissa tomber en un petit bruit sonore. Ses cheveux gris couvrirent son visage immédiatement. La pensée n’était plus. Le scintillement dans ses iris demeurait invisible. La sombre cataracte de la schizophrénie. Et ainsi, quelques mots d’adieu furent murmurés.

    « Dommage, je crois que j’aurais pu aimer ton excentricité. »

    Une seule personne se délectera de cette soirée…


    Puis la bête apparut. La gueule imposante et chacun de ses crocs menaçants, la longue queue fouettant nerveusement l’air, les pattes solides et toutes leurs griffes redoutables. La louve n’hurla pas; elle gronda comme un diable, babines retroussées et oreilles vers l’arrière. Cet arrogant n’avait plus lieu d’être. Des cris, autour, pour l’alerter, pour lui porter secours, peut-être. Qu’importe. De toute sa masse, la louve plaqua le roux au sol, lacérant profondément son épaule gauche du même coup. Un sauvage coup de patte eut le même effet dans son dos. L’attaque fut fulgurante; les transformations étaient successives, déroutantes. De loup à chat pour lui percer la joue de ses petites canines, de chat à belette pour échapper à une poigne possiblement meurtrière, de belette à corbeau pour lui crever les yeux, puis de corbeau à loup pour éloigner tous ceux qui auraient été tentés d’intervenir. C’était un total abus de magie. Toutes ces transformations désordonnées mais pourtant logiques… que cette autre vie misérable s’éteigne, qu’il saigne, qu’il meure… et le pavé se couvrit d’écarlate, et les enfants entamèrent leur premier pas affolé vers l’extérieur des tentes, et des griffes canines s’abattirent pour une dernière fois sur l’oreille de la victime.

    Le gros animal, sentant soudainement le respire familier de l’agonie, retira ses griffes postérieures des flancs percés du Partisan et recula. Puis de loup à sombre lièvre, la petite bête s’avança vers le masque de porcelaine au sol, taché de sang, y pencha la tête et l’on revit la belle costumée, une main au masque. Pour dissimuler sa fatigue, pour dissimuler ses dents rougies par l’hémoglobine. Les pans de sa robe étaient fichus, maculés. Chazera Ohnelli se redressa.
    Silence, étrange. Parfois, le silence succédait de peu à la panique. C’est ce qu’elle espérait, car elle aurait tôt fait de s’esquiver jusqu’à son domaine. La change-forme considéra le corps ensanglanté au sol. Les ripostes n’avaient pas été minces. D’instinct, elle avait senti tout appel à la magie de la part du Partisan et avait dû s’attaquer aux points sensibles pour le distraire de son entreprise. Elle croyait qu’il aurait pu la vaincre si ça n’avait pas été de la surprise. Enfin, elle méditerait à propos de cela plus tard. Un tel massacre était demandant.

    Chazera tourna la tête vers là où Sund s’était dressé. À travers son masque, elle le fixa et attendit le verdict du Maître.

    Le Malin vous promet une perverse veillée…
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mer 31 Mar - 20:42

    Danse, danse, danse.
    Virevolte donc petite fleur, tant qu’il est encore temps.
    Là se trouve la magie de l’instant, là sourient les astres et les citrouilles. Là et là encore, ton cœur s’envole, transporté de joie. Ou transporté d’amour, mais ça, petite fleur, tu l’ignores encore. Oui, danse, danse et virevolte, petite fleur si fragile. Profite de la main de Gabriel posée sur ta taille fine, de la musique, du bonheur qui envahit ton petit corps gracile. Oui, ma chère petite fleur, si délicate, si docile. Profite-donc de ces derniers instants.


    Elle avait accepté.
    Un simple signe de tête et elle se laissait entraîner parmi les danseurs, parmi tous ces visages masqués. Pendant un moment, elle s’était effectivement détendue, se fiant à la vigilance de Gabriel, s’autorisant une pause, même si, dans le fond, elle se sentait un peu coupable de se laisser aller de la sorte. Concentrée sur la danse, son esprit se déconnectait par moment : elle ne connaissait jusque là que l’aspect théorique de la chose et faisait de son mieux pour éviter les faux pas. La pauvre, elle ne pouvait même pas réaliser à quel point elle avait un cavalier hors-pair ! Elle n’arrivait qu’à se réjouir de ne s’étaler maladroitement au milieu de cette foule mystérieuse et ondoyante. Elle ignorait aussi combien elle se débrouillait bien, pour une débutante. A croire que ce genre de choses était inné, chez la jeune Kurohana, chose qu’il fallait peut-être rapprocher de ses prédispositions : une chance peu commune et un feeling particulier, il fallait le dire. D’ailleurs, comment pouvait-elle simplement penser ? Elle dansait avec Gabriel Jewel, après tout.
    Et notre petite Misaki était aux anges.

    Mais le chef de la Résistance ne lui accordait que peu d’attention, concentré sur tous ce qui l’entourait, si bien qu’inexorablement, Misaki redescendit sur terre. Bienvenue sur Waterin, le Tyran vous attend. Elle manqua de lâcher un soupir, et scruta la foule des yeux. Bien entendu, elle n’était pas Gabriel, elle ne pourrait pas sentir la présence du monarque à moins que ce dernier en décidât autrement. Elle ne savait pas si elle devait se réjouir de cette perspective ou non… Quoi qu’il en soit, elle était d’autant plus décidée à étudier avec assiduité, histoire que ses pouvoirs perceptifs fussent un peu plus efficaces, surtout sur le terrain. Les études n’étaient plus un caprice poussé par l’enfant qui s’ennuie, non. Désormais, ses dons avaient une utilité, et Misaki en mesurait pleinement l’importance. Les avantages de la séquestration, supposait-elle.

    Puis, Gabriel s’éclipsa.
    Sund arrivait. Sund allait vraiment venir, et elle se trouvait seule au bord de la piste. Elle avait noté ce changement de comportement soudain, elle s’était contentée de le fixer de ses grands yeux d’acajou, un air inquisiteur sur son visage aux traits encore juvéniles. Puis, il s’était expliqué, avant de s’envoler. Une danse, une seule, un bref rêve éthéré, songe volatile et s’estompant, malgré toute la bonne volonté dont elle faisait preuve. Un soupir, un seul.
    Alors, seulement, elle ressentit l’oppressante présence. Malgré elle, elle paniqua. La foule s’agita, se tournant vers la statue d’Uen. Elle joua des coudes, se traîna perdue parmi tissus et masques, au beau milieu de ce fatras incongru et déplacé, elle se glissa enfin jusqu’ à ce qu’elle puisse voir le suzerain tant haï. Masqué, caché par sa cape, Misaki n’aurait jamais pu le reconnaître.

    Pas avec cette rage qui lui tordait les entrailles, inlassablement.
    N’était-ce pas sous cette même statue que Gabriel avait livré son discours ?
    La Résistance n’était-elle pas née à cet endroit précis ?

    « A genoux, citoyens. »

    N’était-ce pas là une énorme blague ?
    Une provocation révoltante ? Car pouvait-on seulement parler de ses sujets comme de ses citoyens ? Asseoir une tyrannie et souffler les termes républicains ? Les Waterinniens avaient-ils encore le choix ? Ce n’était que moquerie, tromperie, manipulation vile et scandaleuse. Et voilà qu’il fallait s’agenouiller ! Un frisson de dégoût parcouru l’échine de la jeune fille. Elle resta droite et digne, fixant de ses prunelles assombries par la colère l’être qu’elle détestait tant. Non, elle ne s’agenouillerait pas. Elle voulait montrer la puissance de la Résistance, maintenant que Gabriel leur avait faussé compagnie. Elle ne pouvait pas se plier à la volonté du Tyran, quand bien même cela lui couterait la vie. Si tous les rebelles lui tenaient tête, alors Sund devrait se plier à leur volonté, à moins qu’il ne veuille voire Waterin anéantie. Après tout, qu’était l’île sans ses habitants ? Rien, absolument rien. Si la moitié de la population disparaissait soudain, elle serait tout simplement ruinée.
    Seulement, il était bien trop tôt pour ce genre de plans. Misaki n’en avait aucune conscience, emportée par la rage qui la dévorait, mais la Résistance n’avait pas encore pris assez d’ampleur, les Opposants n’étaient pas assez nombreux. Mourir maintenant signifiait donner l’occasion à Sund d’instaurer un régime de terreur, ce qui limiterait d’autant plus les mouvements de la rébellion. Mais non, Misaki ne bougea pas. Seuls ses petits poings tremblaient, et ses jointures blanchissaient au fur et à mesure qu’elle contenait sa veine fureur. Elle espérait de ton son être que derrière elle, d’autres, comme elle, tenaient bon. Tout comme James, à quelques pas devant elle.

    Et soudain, une main se posa sur son épaule, la forçant à poser genoux à terre. Peut-être que des paroles avaient été prononcées, peut-être aurait-elle du se méfier, se retourner, croiser le regard de celui qui l’empêchait de mener ses plans à exécution. Se débattre. Dire quelque chose. Lancer un regard contrarié. Quelque chose. Elle aurait tout donné pour ne pas avoir à assister au spectacle qui allait suivre.

    Une exécution sauvage et sanglante.
    Une bête monstrueuse assoiffée de sang.
    Le bruit, les cris, l’agitation.
    La chair qu’on déchire, qu’on lacère.
    L’hémoglobine qui se répand.
    Massacre.

    Horrifiée, Misaki détourna le regard.
    Jamais, jamais elle ne pourrait oublier cette scène. Jamais, jamais encore elle ne pourrait oublier ce pouvoir, ce masque. Et si chaque fibre de son corps désirait la vengeance, si chaque part de son être souhaitait se précipiter sur James, malgré les lambeaux de chair, malgré l’état pitoyable qui lui donneraient des nausées, elle ne pu s’y résoudre. Elle était déjà nauséeuse, ses sanglots l’étouffaient, et la poigne ferme de son sauveur ne l’aurait de toute façon pas laissé faire. Elle ne trouva pas le courage de se retourner pour voir le visage de celui qui la maintenait. Elle ne trouva que la force de se recroqueviller, son front touchant le sol désormais, étouffée par ses propres sanglots qu’elle retenait.

    Anéantie.
    C’était comme si le monde venait de s’écrouler, à l’instant, le sentiment de perte, ce trou noir en elle la ravageait. C’était peut-être l’un de ses seuls amis sur Waterin qui venait de se faire réduire en charpie par l’un des monstres de Sund. Sous ses yeux. Une chienne du Tyran venait de réduire cette existence au néant.
    James, l’excentrique. James et ses fleurs. James, qui lui avait promis une danse. James avec qui elle avait escaladé la façade de la demeure Jewel pour surprendre Gabriel dans son bureau. Ce cher James qu’elle invitait toujours à l’improviste. James, et sa folie, son charme débordant, ses sourires ravageurs, sa joie de vivre.

    James Catterson, membre de la Résistance.
    James Catterson, un drôle d’énergumène.
    James Catterson, le sacrifice insensé.
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Damon Claymore


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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Mer 31 Mar - 23:51

    Damon continuait à entraîner sa charmante cavalière dans la danse, réfléchissant à ce qu’il pourrait bien lui dire si jamais elle disait qu’elle désirait qu’il s’intéresse un peu plus à elle et qu’elle retournait les questions qu’il pourrait lui poser. Son métier, par exemple : c’était une question facile, passe-partout. Il pourrait le lui demander. De là, il répondrait qu’il avait une formation militaire. Cela sous entendrait largement qu’il était un militaire, qu’il faisait partie de l’armée. Ce n’était plus le cas. Il avait été dans l’armée… Avant que Sund ne vienne imposer sa suprématie. Mais bref, ce ne serait de toute façon pas un mensonge. Il répondrait à cette question de manière très détournée, qui entraînerait sûrement Einleen sur la mauvaise voie, mais c’est tout. Parce qu’après tout, il n’y avait pas trois milliard de gardes du corps sur l’île, elle n’était pas assez grande pour ça. Parfois, Damon se demandait même s’il n’était pas le seul à exercer ce métier si particulier dans les environs. Ca ne l’étonnerait même pas, surtout si l’on considérait qu’il gagnait suffisamment pour vivre, et un peu plus – bien sûr, il connaissait un mode de vie assez austère, mais il n’avait pas besoin de plus. Bref. De toute façon, il ne savait même pas comment elle allait prendre sa question… Alors, il se contentait de la faire délicatement valser.

    Il n’eut pas à attendre longtemps qu’elle… Rit. Un doux rire s’échappa de ses lèvres charmantes, et n’importe quel homme en aurait été conquit ou du moins attendrit. Etait-ce le cas chez Damon ? Si oui, il le dissimulait à la perfection. Et prétendait que non. Il reconnu cependant la beauté de cette fille quand elle semblait heureuse. Et ce malgré le masque. Physiquement parlant, oui, sans qu’il y pense, elle était de celles qui lui plaisaient assurément. Mais il ne la connaissait pas, et il ne comptait toujours pas se lier à elle à l’avenir. En tous cas, elle restait toujours aussi polie, adorable, et c’était une qualité bien admirable. Lui-même étant souvent plutôt grossier, et côtoyant des gens usant du même registre de langue, cela lui laissait une impression assez étrange et pas vraiment désagréable. En plus de sa voix chantante, il serait certain de pouvoir l’identifier à l’aide de cette humble politesse. Elle s’excusait même de se montrer curieuse. Bon, là, c’était limite exagéré. Mignon, mais un peu trop au goût de Damon. Cette fille risquait de se faire bouffer par les autres, à se montrer aussi gentille. Cette idée ne plaisait pas du tout à Damon, sans qu’il sache pourquoi. Elle reprit la parole, indiquant ainsi une petite information sur elle. Taverne, célébrité. Elle devait y faire quelque chose de particulier, ce qui intrigua Damon car il ne l’y avait jamais vue. Il faillit lui en faire part. Faillit seulement.

    Car tout bascula.

    Soudainement, un déferlement de puissance. Il n’y avait que deux personnes connues susceptibles d’imposer tant de force et Damon savait parfaitement que Gabriel ne le ferait jamais. C’était donc Sund… Il arrêta immédiatement la danse. Rien qu’à savoir qu’il n’était pas loin l’énervait terriblement. Il aurait préféré passer sa soirée à danser – même s’il n’aimait pas vraiment ça, quoi que le fait qu’Einleen, cette demoiselle aussi charmante qu’intrigante, rencontre d’un soir, soit sa cavalière aidait à faire passer la pilule. Et ce, même s’il était venu au cas où le Tyran décide de se montrer. Mais cela ne servait à rien de regretter sa présence. Il était là, c’était un fait. Restait à voir ce que ce monstre ferait. Damon était bien entendu affecté par le Potentiel : mais en tant que militaire, il ne flanchait pas. S’il n’avait jamais connu une telle puissance, on l’avait entraîné pour ne pas faiblir pour cette simple démonstration de force. Sinon, comment ferait-il pour se battre ? Non, cela lui inspirait plus un profond dégoût qu’autre chose. Cela lui évoquait des animaux qui se montraient plus fort pour pouvoir gouverner la jungle, qui exposaient crocs et griffes pour montrer les dangers qu’ils pouvaient représenter. Pas des hommes, êtres prétendus civilisés, évolués. Sund n’était qu’un animal éprouvant un violent sentiment de supériorité que Damon rêvait de lui faire ravaler… Et, il le savait, qu’il n’avait pas la force pour ce faire. Cela l’enrageait profondément.

    Affront suprême. Ce… Cet Ennemi grandiose osait prétendre se ranger du côté de la justice, à l’endroit précis ou s’était placé Gabriel Jewel, au cœur de la place où Damon avait prit la décision de suivre l’autre jeune révolutionnaire, Uen à son côté, le sceptre d’une main. La rage brilla dans les prunelles écarlates de l’opposant. Il rêvait de faire un bain de sang de cet homme encapuchonné, dont même la silhouette était dissimulée par une cape sûrement trop large. Lâche. C’était l’un des mots qui venait à l’esprit de Damon quand il pensait à Sund. Lâche était cet homme qui ne montrait jamais son visage, et lâche était cet homme qui osait venir troubler la fête en laissant deviner qui il était sans se dévoiler clairement. La colère montait d’un cran, déjà.

    Et voilà qu’elle atteignait son sommet. A genoux ?! Déjà que la fierté de Damon ne tolérait pas un tel ordre de n’importe qui, que ce soit LUI qui le donne dépassait l’entendement. Le résistant ne rêvait que d’une chose, même si cela le tuait au final. Aller attaquer Sund, le détruire, affirmer la Résistance en se rebellant. Il savait que les deux premières idées n’étaient pas envisageables, du fait de la différence de niveau flagrante entre Sund et lui-même. Mais il pouvait très bien rester debout. Montrer son désaccord ainsi. Et en mourir, s’il le fallait. Il n’avait pas peur de sa mort, surtout si c’était pour ses convictions. Son corps tout entier s’était crispé sans vraiment qu’il en ait conscience. Lueur de défi, lueur de rage et lueur de haine se mêlant dans son regard plus dur que jamais, et rivé sur Sund, il comptait bien agir ainsi, se suicider pour la cause, s’il le fallait. Car il avait pleinement conscience des risques. Mais on intervint, on l’empêcha de faire cela. Sa jolie cavalière l’avait saisit par la manche, lui murmura des paroles on ne peut plus censées qui achevèrent de l’enrager. Et malgré toute la force physique qu’il avait, il se laissa entraîner au sol par la frêle demoiselle. Echec personnel. Il ne voulait pas courber l’échine face à cet homme. Il avait quitté l’armée pour ne pas avoir à lui obéir. Il était rentré dans la résistance pour avoir la possibilité de lutter contre les idéaux de cet horrible assassin.

    Il la détestait, à l’instant. Il la détestait de lui avoir fait faire ça, alors qu’il savait parfaitement que c’était l’acte le plus censé qu’il pourrait réaliser. Il la détestait de lui faire entendre raison. Mais sa haine envers elle n’était que minime, passagère, en comparaison de celle qu’il éprouvait envers son Adversaire, qu’il continuait à fixer d’un air mauvais, sa fierté bafouée ne l’aidant pas à retrouver son calme. Même la main de la jeune fille sur la sienne ne l’intéressait pas. Seule comptait sa rage, son bouillonnement intérieur, et sa haine la plus profonde contre cet homme ignoble. L’inattendu se produisit alors. Damon avait toujours vu James comme un type un peu dingue, un illuminé. Il ne le connaissait pas vraiment, que de vue. C’était clairement le genre d’homme qu’il n’arrivait que très peu à supporter en raison de son exubérance. Mais ils partageaient une cause commune. Alors quand il entendit Catterson dire « non », tout simplement… Il trouva ça terriblement injuste. Parce que maintenant qu’il était presque obligé de rester là, à genoux, il parvenait à analyser la situation, à l’évaluer plus facilement. Catterson était mort, c’était sûr. Comment Sund aurait-il pu laisser passer un affront pareil ? Pourtant, ce ne fut pas le grand Manitou en personne qui se dérangea mais une de ses suivantes, un démon. Damon n’avait qu’une envie, se lever pour abattre la Changeforme de coups de dague bien placés. Mais il y avait cette main, qu’il sentait tremblante, maintenant qu’il faisait un peu plus attention à ce qui l’entourait, posée sur la sienne. Il ne pouvait pas se résoudre à l’abandonner. Même s’il aurait dû aller sauver Catterson, il le savait, il le sentait… Même s’il en serait certainement mort. Il ne pu s’empêcher de faire un léger mouvement, trahissant son désir de venir en aide au rouquin quasiment inconnu. Rêvait-il où la prise d’Einleen sur sa main se faisait plus forte ? Non, sûrement pas. Mais elle avait raison. Le temps qu’il réfléchisse, tiraillé entre son désir de venir en aide à son camarade ou à rester avec cette fille, sans pouvoir s’expliquer ce dernier, et il serait déjà trop tard.

    Alors, il se contenta d’observer. Plus que le massacre, qu’il constatait les dents serrées, c’était chaque mouvement, chaque forme que pouvait prendre la demoiselle qu’il guettait. Elle avait tué un Résistant.

    Il voulait sa peau. Il aurait sa peau.
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Nailah Temset

Commandant des Services Secrets de l'Armée Noire.

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MessageSujet: Re: [ ♦INTRIGUE♦ ] Le Bal d'Halloween. [Masques Obligatoires~]   Sam 3 Avr - 14:38

    « Temset. C’est Temset, avorton. »

    Qu’il n’oublie pas ce nom, il pourrait le regretter bien assez tôt. Ses prunelles d’onyx brillant d’un éclat haineux, elle toisait l’impudent, sifflant ses paroles comme un félin à l’orgueil blessé. Alors, ainsi, il pensait qu’elle n’avait pas un droit de vie ou de mort sur lui ? Réalisait-il qu’elle pouvait réduire en cendre jusqu’à ses os ? Qu’elle pouvait le faire disparaître à jamais, sans qu’on ne la trouvât jamais ? Il devrait savoir, pourtant, qu’avant d’atteindre le Maître, il fallait s’attirer les faveurs des plus hauts placés chez ses fidèles. Nailah n’était-elle pas commandant des Services Secrets ?

    Elle se trouvait dans une impasse, c’était en partie de sa faute et elle le savait. Elle ne lui laissait guère le choix entre un joyeux brasier et une présentation en bonne et due forme avec le Seigneur, Sund qui avait bien d’autres chats à fouetter. En effet, pourquoi se soucier d’un avorton quand il s’apprêtait à asseoir sa domination ? Lui et ses faux semblants, son ton guilleret, sa sale manie de se croire sur un échiquier géant… Il était malin, elle n’en doutait pas. Si elle le jugeait utile ? Peut-être. Néanmoins, elle ne souhaitait pas l’avoir dans les pattes. Encore moins le voir atteindre un quelconque niveau dans la digne hiérarchie de l’Armée Noire. Larbin personnel du Suzerain ? Bien trop sournois pour cela. Nailah fronça les sourcils en se demandant vraiment quel rôle allait-Il pouvoir lui trouver. S’il était sous ses ordres, à elle, certainement qu’elle ne s’en remettrait pas. Un sale gosse, qu’en ferait-elle ? Elle le confierait à Ed’wina ? Au moins, ces deux là ne mettraient pas bien longtemps à s’entretuer. Voilà qui arrangerait bien notre perfide et hautaine Vipère. Malgré elle, elle savait que le tuer ne serait pas d’une grande utilité. D’autant plus que ce crétin avait braillé son nom et qu’elle l’avait trainé par la peau du cou : cela suffisait pour éveiller des soupçons, qu’elle ne pouvait, bien entendu, pas se permettre.
    Elle soupira.
    Coincée.

    Exaspérée, elle contempla sa tenue qui n’avait plus rien de correct. Il faudrait qu’elle se trouve quelque chose à se mettre, si elle voulait pouvoir se montrer. Car elle ne manquerait pour rien au monde l’apparition de Sund devant ses chers sujets. Elle soupira, excédée, toisa une nouvelle fois ce nain bon à faire griller sur un barbecue.

    « Suis-moi. »

    Elle espérait au moins ne pas commettre une stupide erreur.
    Il n’était pas tellement dans ses habitudes de ramasser les chiots égarés, surtout les fourbes de son espèce. Elle s’en serait bien passer, à vrai dire, et donnerait n’importe quoi pour avoir continué paisiblement sa petite soirée, avec le délicieux vampire. Bien entendu, elle n’avait pas dit explicitement qu’il verrait le maître. Encore moins ce soir. Elle optait en fait pour la solution la plus simple : demander au concerné. Bien entendu, s’il refusait, il ne lui resterait plus qu’à brûler l’importun, parmi la foule. La situation serait juste parfaite, même si Nailah n’imaginait pas encore à quel point. Elle espérait au moins que Hayden savait à quel point il se trouvait dans une situation délicate. Au moindre faux pas, elle le tuerait sans hésitation aucune. S’il s’enfuyait, elle enverrait quelqu’un des services secrets pour l’éliminer et couvrir ses traces par la même occasion, en espérant que la rumeur la concernant serait bien vite étouffée. Après tout, entre la sournoise et sublime Nailah Temset, et fourbe petit crétin qui poussait les gens au suicide, qui croire ? La jeune femme se posait encore bien des questions, sur la conduite à adopter quant à la suite des évènements. Elle n’aimait pas cette impression qu’elle avait : s’être laissée manipuler. Cela n’arrivait jamais. Ou rarement, du moins, elle ne l’admettait pas.
    Ce gosse ne paierait rien pour attendre.

    De sa démarche digne, elle se redirigea vers la fête, l’adolescent sur ses talons. Hors de question néanmoins de se balader dans cette tenue : elle repéra assez vite un Partisan, un collègue qui connaissait son véritable poste, pour leur avoir ordonné à tous de porter un signe distinctif spécifique qu’elle seule et Ed’wina connaissaient. Ainsi, elle se glissa jusqu’à lui, et joua sa petite comédie habituelle, d’autant plus aidée par son masque. Faisant fi de la cavalière de celle-ci, elle lui adressa un sourire équivoque, lui murmurant qu’elle avait malheureusement abîmé sa robe. Alors, bien qu’il ne l’appréciât pas, l’homme posa galamment sur les épaules de son chef son manteau. Elle le remercia, satisfaite de son influence, s’enveloppa dans le tissu élégant et se dirigea vers la statue d’Uen alors même que l’incroyable potentiel de Sund s’abattait sur les convives.

    Bien entendu, cette soudaine pression l’avait heurtée, comme tout le monde. Elle fronça légèrement les sourcils, face à l’apparition de son Maître, celui à qui elle devait tous ses pouvoirs. Et lorsque l’ordre tonna, elle s’exécuta, en même temps que le reste de l’assemblée, si ce n’était quelques récalcitrants. Alors, seulement, profitant du silence, elle communiqua à Sund, certaine qu’il capterait ses pensées :

    Le gamin qui m’accompagne souhaite vous servir.
    Je ne l’aime pas, mais il ne m’a pas vraiment laissé le choix.


    Message clair et concis, car dans une telle situation, elle se voyait plutôt mal faire un rapport détaillé. La réponse ne vint pas, cependant, Sund de toute évidence captivé par un autre spectacle. Un énergumène refusait de se plier à sa volonté suprême. Nailah, intriguée, leva les yeux vers l’individu en question, pour reconnaître aussitôt l’excentrique personnage.
    James Catterson.
    Elle le connaissait pour l’avoir croisé plusieurs fois à l’Académie et le soupçonnait de faire parti des Opposants. Du moins, elle lui avait plus ou moins révélé son pouvoir par inadvertance, en allumant sa cigarette avec une flammèche née de sa pensée. Enfin, son côté loufoque ne l’avait pas vraiment affolée. Elle l’aimait bien, quoi que parfois agaçant, il l’amusait. Elle n’avait jamais eu d’aventure avec lui, mais, peut-être cela aurait-il été le cas s’il n’avait pas décidé de précipiter son destin ce soir là. Comme il fallait s’y attendre, Chazera se donna en spectacle, en fit de la bouillie. Pas bien difficile de reconnaître la jeune femme, qui exposa nombre de ses formes. Or, un change-forme n’en avait qu’un nombre limité, généralement bien spécifique. Peut-être Einleen aussi, l’avait-elle reconnue, ou bien y songerait plus tard : Nailah avait entendu dire que la faible petite Strafield avait eu une petite conversation avec la sauvage Ohnelli dans les Jardins du château.

    Quoi qu’il en fût, James Catterson agonisait.
    La digne Nailah s’était détournée du spectacle, à la fois jalouse et outrée par l’attitude de l’Ohnelli. Elle aussi, aurait voulu se donner le droit de montrer à tous combien Sund était le maître en ces lieux. Elle aussi, aurait voulu montrer la suprématie du Tyran de manière si spectaculaire. Néanmoins, cet excès d’hémoglobine la révulsait, préférant de loin le fumet de la chair calcinée. A la place de Chaz’, la couturière se serait contenté de quelque chose de plus vif, de moins attendu, un attaque rapide à la jugulaire.
    Fatale.

    Nailah soupira.
    Elle ne connaissait pas l’avis de Sund sur la question, mais elle ne pouvait tout simplement pas laisser cette horreur devant la statue d’Uen. En priant pour que personne dans la foule ne soit capable de pister les flux d’énergie, elle dirigea son pouvoir jusqu’à la futur dépouille et l’embrasa. Normalement, la plupart des gens penseront que ce joli bûcher était l’acte de Sund lui-même. Ce qui, en un sens, était vrai, puisque jamais la jeune femme n’aurait possédé ses pouvoirs sans lui.
    Certes, il pouvait être cruel de brûler vif une créature agonisante, mais rien n’était plus écœurant que cette exécution publique proche du massacre.

    Puis, relevant les yeux pour adresser un regard fatigué à Sund, elle souhaita à ce bon vieux Catterson que son âme reposât en paix. Après tout, sans lui, jamais le Maître de Waterin n’aurait pu inspirer la terreur dès sa première intervention.

    C’était un adieu flamboyant à l’image du personnage.
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