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Vous voici à la merci du Tyran...
 

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 Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]

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Chazera Ohnelli


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Occupations : Ta mère a disparu depuis quelques jours, tu disais..?
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MessageSujet: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Dim 3 Jan - 20:37

    Quoi de mieux qu'un arbre...

    Un arbre et son écorce, ses feuilles dans le vent, nudiste coloré et géant des forêts...

    Quoi de mieux qu'un arbre pour se gratter le dos !?


    Le chat, sa soyeuse robe de cendre obscure reluisante au soleil, se grattouilla encore un peu l'échine sur l'écorce sèche de l'heureux chêne qu'il choisit quelques instants auparavant pour le soulager des chatouilles qui lui parcouraient le dos. Le petit félin se redressa sur ses pattes arrières, déposa ses antérieures sur l'arbre, toutes griffes sorties, et s'étira en miaulant mielleusement. Il figea en plein mouvement et tourna son pif blanc vers le parc désert. Une lueur de malice scintilla dans ses pupilles verticales et son regard s'effila pour devenir celui d'un prédateur. Le chat reposa ses petites pattes au sol, le dos rond et les poils dressés. Il cracha en montrant les crocs. Puis, tout simplement, il s'ébroua nonchalamment et trottina plus loin, la tête fièrement levée et la queue vers le ciel gris. Ses petits pas de matou étaient silencieux, légers et rapides. Durant ce petit instant, on aurait cru que la petite créature digne qui se promenait en pleine rue, sans personne pour lui bloquer la route, était le roi du monde. Un bien petit roi, j'en conviens, sans trop de considération pour ses sujets, mais l'on fait avec le peu de somptuosité royale possiblement trouvable en ce bas monde. Jusqu'à ce qu'une charrette tourne le coin et fonce droit vers le chat en plein défilé d'apparat. Celui-ci se crispa d'agressivité instantanément et fixa le chariot qui s'approchait dangereusement. Comme il ne semblait pas vouloir dériver de sa route, et qu'un chat digne comme lui n'allait pas se réduire à passer dessous, l'animal de malheur décida de passer à travers.

    Eh oui, à travers.
    Non, ce chat n'était pas très gros, ni particulièrement habile sur ses pattes touffues. ...sur ses mignonnes pattes touffues.

    Il miaula violemment, un miaulement qui se muta en hurlement grave et menaçant, puis devant la charrette ne se retrouva plus un petit matou des ruelles, mais bien un loup, énorme sur ses pattes, la croupe solide et se mouvant avec détermination. La louve redressa son nez froncé par la colère et se prépara à sauter. Encore quelques secondes... puis, dans toute sa puissance, chaque muscle de son corps se tendit, se contractèrent, certains s'étirèrent et la propulsion ne dura pas une seconde que déjà le chauffeur du véhicule se trouvait assaillit par une bête toute de fourrure et de griffes. Il cria, surprit par la métamorphose qui venait juste de se produire sous ses yeux, puis son cri se muta en celui que l'on lâche lorsque l'on se blesse gravement, pour ensuite voir son épaule percée par des serres canins et sa charrette défoncée par une masse énorme.

    Fière, la louve hurla et grogna sauvagement en courant plus loin, se délectant des cris du villageois aux abois. Elle se promena encore un peu, vibrante de désir destructeur, son regard malin cherchant une autre victime humaine ou inanimée, simplement quelque chose à détruire. L'envie passa cependant bien vite et la bête se retrouva dans la foule du marché, effrayant les gens passant, mais sans aucune considération pour ceux qui la craignaient. Rien d'intéressant et cela commençait à l'énerver. Alors, au lieu d'aller au Domaine Ohnelli et de se distraire avec les moyens du bord comme à l'accoutumée, la louve choisit une autre destination.

    Bien que Sund soit en quelque sorte l'élu de son cœur – dans sa folie, s'entend –, elle ne s'était jamais vraiment introduise dans son château pour quelconque raison. Peut-être ses gênes de nobles bourgeois lui enlevèrent-ils ce côté rampant d'elle-même. Elle ne flânait jamais autour de la citadelle, et cette attitude qu'elle disait propre aux rats d'égout ne l'intéressait pas plus que ça. Malgré qu'elle fouinait parfois sous forme de belette... ah, c'était différent. Cela étant, elle ne s'était pourtant jamais privée d'aller visiter les fantastiques jardins de la royauté que son jardinier adorait tant. Une histoire de nature libre mais sous contrôle et de désordre organisé... bref, son babillage de plante verte n'excitant pas son intérêt plus que ça, elle avait simplement décidé d'aller s'en faire sa propre idée et avait adopté l'endroit immédiatement.

    Au centre de la foule du marché ne se trouvait plus une louve bien massive mais plutôt une jeune femme aux allures... dignement vilaines, disons. Chazera se rendit aux jardins du château sous sa forme originelle.
    Une joie toute enfantine l'envahit lorsqu'elle aperçut l'immense arc de métal étranglé par les plantes grimpantes qui annonçait l'entrée du paradis vert. À chaque fois qu'elle s'y rendait, seule ou avec un petit écureuil d'accompagnement, le moment était agréable et loin d'être ennuyant. Parfois elle se demandait même pourquoi elle n'y restait jamais plus longtemps que cela. Bref...

    Elle s'introduit calmement dans le jardin royal puis son naturel sourire dément étira ses lèvres. Hormis le fait qu'il n'y est aucun sentier visible, rien ne l'empêchait d'avancer. Elle courut à travers l'épais feuillage, se prenant les pieds dans les racines avec un plaisir irrationnel, une course déséquilibrée sans queue ni tête. Son souffle devint plus pesé et difficile. Chazera ralentit. Elle sentait son cœur battre à la chamade et cette sensation la réjouissait. La change-forme se mit à rire comme une hystérique et recula de quelques pas. Elle s'accota sur une feuille de rhubarbe géante puis sentit une résistance anormale derrière. D'un bond, Ohnelli fit volte-face en reculant. Son atterrissage se conclut en une rapide transformation en belette, tout crocs en dehors, le nez froncé de colère. Le petit animal gronda. Rien ne se produisit. Elle se calma puis inclina la tête de côté, curieuse. Derrière l'épais feuillage, il y avait une silhouette, mais elle ne bougeait pas d'un poil. Après un instant d'attente, elle se retransforma en humaine. La jeune femme ne bougea pas plus.

    Puis elle cracha :

    « Err, t'es qui, toi ? »

    Elle approcha légèrement son visage et ses yeux violets scrutèrent l'ombre de la plante avec insistance.

    « Sors de là. »

    Chazera n'était plus certaine d'être contente...
    Très peu de gens avaient le privilège d'approcher un Ohnelli en ne s'annonçant pas sans se faire sanctionner très sauvagement.

    Elle releva le menton d'un air dédaigneux puis une moue accusatrice remplaça le pli rageur qu'avaient brièvement formé ses lèvres.

    Mais tout de même, un sourire dément réussit à se faire voir.

    Jouet !
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Einleen Starfield

Chanteuse à l'Auberge Ahea.

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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Dim 10 Jan - 19:01

    Einleen chantait.
    Sa voix, légère et enchanteresse enveloppait de son charme l’Auberge d’Ahea, apaisant les cœurs, soufflant les inquiétudes. Tous, aussi bien les opposants que les partisans dans cette salle étaient sensibles à l’envoutement, qui n’avait rien de magique. Tous voyaient leurs soucis chassés, plutôt emplis par un sentiment de nostalgie doucereuse. Les émotions effleuraient les lèvres d’Einleen pour ensuite embrasser la salle, par la seule force du son. C’était semblable à la caresse d’une brise printanière, au tendre fracas des vagues sur la côte, au chant de la sylve éveillée.
    Einleen chantait, pour la paix, pour le salut.
    Elle chantait pour que chacun puisse retrouver son âme dans cette période de troubles. Elle chantait, encore et encore, jusqu’à en perdre la voix, jusqu’à s’essouffler à jamais. Car, après tout, la paix qu’elle désirait plus que tout n’était pas. Elle-même n’appartenait pas au camp qu’elle souhaitait. Elle n’était rien de plus qu’un pion sur l’échiquier, une marionnette manipulée par le destin. Même Uen n’y pouvait rien.

    Pour l’instant, Einleen travaillait en journée. Elle animait la salle de l’auberge en début d’après-midi, pour une heure ou deux, avant de repartir en direction du château. Parfois, elle faisait quelques emplettes, mais c’était bien rare. La plupart du temps, elle s’enfuyait, le plus vite possible, pour se terrer dans sa solitude. Incapable d’assumer le mensonge qui lui pesait, incapable de se montrer aimable sans avoir envie de fondre en larme, elle passait le plus clair de son temps à s’esquiver. Jamais elle n’acceptait les verres qu’on lui offrait à la taverne, dans la crainte de devoir tuer son bienfaiteur le lendemain, sur un caprice de Sund. Ou alors, il s’agissait de Partisans. Elle les méprisait au plus profond de son âme, pour la cruauté dont ils faisaient preuve à l’égard du peuple, par le simple fait de s’allier au prétendu seigneur.

    Fuir la compagnie était devenue sa priorité absolue.
    Elle se glissa jusqu’aux Jardins, seul endroit où elle était quasi-certaine de ne croiser personne, autre que sa chambre. Einleen était une jeune femme pleine de vie, malgré son don, et ne pouvait passer sa vie dans une pièce. Elle avait alors l’impression que les barreaux d’une cage invisible se refermaient lentement sur elle, jusqu’à l’étouffer.
    Alors, en plus de ses escapades en ville, elle passait beaucoup de temps dans les Jardins, si peu entretenus soient-ils. Qui plus est, elle pouvait aisément se cacher si le besoin s’en faisait. Dénuée de tout potentiel, munie uniquement d’un pouvoir destructeur, à chaque fois qu’elle était confrontée un à danger, le même dilemme s’imposait : tuer ou être tuée. Seuls les extrêmes.

    Cet après-midi d’octobre, elle avait vêtu une longe robe d’un gris anthracite, dont la laine la protégeait du froid. Si ce n’était pas la tenue la plus appropriée à son escapade, elle s’en fichait totalement. Riche héritière d’un clan déchu, elle demeurait à la tête de la fortune des Starfield. Fortune dont elle se moquait bien et qu’elle ne touchait à peine, bien qu’elle s’achetât fort fréquemment de nouvelles robes qu’elle avait tendance à déchirer dans la forêt vierge du château.
    Elle se promenait, donc, parmi la flore sauvage et déchaînée, sans crainte aucune, s’émerveillant de détails : une couleur particulière, une forme amusante, une fleur tardive. Car, aussi lugubres pouvaient paraître les Jardins, ils n’en demeuraient pas moins l’exemple le plus fascinant de l’épanouissement dame Nature après une tentative vaine de l’homme pour la dompter. Concept amusant, selon la jeune Starfield.

    Des pas.
    Une course, plutôt.
    Un rire bien trop proche.

    Ni une, ni deux, Einleen se faufila derrière la première plante venue et s’y tassa, cherchant à dissimuler sa présence. Qu’une psychopathe hystérique la trouve ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout. Elle voulait simplement être tranquille, se promener puis aller boire un thé au chaud dans sa chambre, profiter d’un bain, lire un livre. Le genre d’activités de prédilections de toute personne au tempérament calme, au train de vie posé.
    Si seulement l’opportune pouvait passer sans se rendre compte de sa présence !
    Mais cela était bien trop beau pour être vrai. Voilà qu’elle entra en contact avec la personne en question, qui avait eu l’idée –ô combien merveilleuse, de s’accoter à la feuille de rhubarbe qui servait de cachette à la petite Einleen. Comment ne pas se faire repérer, si le sort jouait contre vous ?

    Ein’ sortit docilement de sa cachette, prudente, presque craintive. Elle s’excusa d’une petite voix, quoique douce :

    « Veuillez me pardonner. »

    Elle leva les yeux vers la change-forme –du moins, il lui semblait bien avoir aperçu une belette un instant plus tôt, et la détailla. Elle fut presque hypnotisée par son regard d’améthyste : elle en aurait presque pu oublier la particularité de ses propres prunelles. Puis, elle songea qu’il était étonnant qu’elle ne soit pas plus épuisée. Après tout, le pouvoir d’un change-forme consommait beaucoup d’énergie, il ne pouvait pas se transformer autant qu’il le voulait. Elle en déduisit donc que soit son interlocutrice était puissante, soit elle s’était ménagée. Peut être un peu des deux.
    Elle réalisa qu’on lui avait posé une question un peu plus tôt, et s’empressa d’y répondre :

    « Je me nomme Einleen. Einleen Starfield. »

    Le nom de Starfield demeurait connu pour son don, en ces lieux dont elle était prisonnière. Se présenter était pour Einleen une façon polie de mettre en garde ceux qui osaient engager la conversation, de quelque façon que ce soit : elle était certes faible, mais pas sans défense. Son redoutable don avait tendance à faire fuir les gens, mais elle doutait qu’il en fût de même avec… Avec qui d’ailleurs ?
    Une leur interrogatrice illumina ses prunelles alors qu’elle se demandait qu’elle pouvait être l’identité de la femme qui lui faisait face.
    La déclinerait-elle ?
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Chazera Ohnelli


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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Jeu 14 Jan - 2:03

    Mais quel toupet d'oser s'approcher si près sans avertir quiconque !

    « Veuillez me pardonner. »

    Ah, mais qu'est-ce que Chazera pouvait bien avoir à faire avec des excuses. Connaissait-elle seulement le pardon lui-même ? Le champs lexical au complet de ce mot, « pardon », devait être totalement inexistant dans son esprit. Malgré que la grande et bourgeoise famille Ohnelli avait été auparavant réputée pour sa « clémence » devant les gens « rampants » – terme exact qu'emploie la douce change-forme – ainsi que ses subordonnés. Ça n'était pas une lacune dans l'éducation; celle qu'elle avait reçue aurait été un succès assuré si d'une âme à la balance « normale » elle avait été dotée. Et dire que les personnes qui en avait le plus souffert était ses parents et ses gouvernantes. La vie est parfois injuste, que voulez-vous...

    « Je me nomme Einleen. Einleen Starfield. »


    Ah, barbant. Elle n'avait même pas l'air amusante ni entraînante. Son corps vibrait de délicatesse, petite fleur de cristal et de soie, si facile à piétiner, mais un plaisir bien limité. C'était même démoralisant, elle qui était si enthousiaste, précédemment. Comment osait-elle briser son emballement par sa morne présence ? Cette Einleen était dégoûtante, au figuré. Elle semblait de ces enfants à avoir grandit trop vite, à agir comme des adultes, à gâcher son plaisir.
    Chazera laissa sa tête courber vers l'avant, faisant mine de s'endormir sur place, et de s'éveiller en sursaut. Le message était-il clair ? Elle dérangeait, là, la mine pitoyable, sans aucune lueur farouche dans les yeux, aucune lueur vive annonçant une véritable âme combative, que... ça. C'était pratiquement triste, une incapacité handicapante, une fragilité pareille aux nombreux vases de cristal que l'Ohnelli a pu briser en mille miettes dans son enfance, médiocre... Chazera se prit d'aversion pour jeune fille pâle dès le premier regard, dès ses premiers mots, car il est bien connu que l'humain ne s'accommode des contrastes que dans d'exceptionnelles occasions. Et modèle de vertu la change-forme n'était pas, tristement pour sa frêle rencontre. C'est ainsi que l'expression de ferme ennui de la demoiselle au regard violacé se muta en une moue réprobatrice, même haineuse, et que son instinct prédateur se retrouva titillé; elle se demandait à quel point ses cris de désespoir pouvaient être délicieux à l'oreille... combien sa dépouille serait aisément transportable jusqu'au marché pour semer la panique... combien sa chair tendre serait si facile à déchirée, fidèle aux autres précédentes que ses canines de louve avait percées... mais par-dessus tout, la voir sangloter, le regard fou, comme un reflet du sien mais entaché d'une peur atroce au lieu d'un extase mortel et d'un dégoût prononcé. Cette soif n'apparaissait cependant pas sur les traits durs de Chazera. Déplaisance, répulsion, haine... elle ne voulait pas sentir l'odeur aigre de l'impuissance juste sous son nez, elle voulait vivre, pleinement, avec ivresse, qu'importe le prix; la moralité n'avait jamais eu place dans telles circonstances. Et à ce moment près, l'unique chose qui fut susceptible d'être un obstacle à l'insouciance, c'était Einleen Starfield.

    Starfield...

    Ce nom, soudainement, la ramenait vers le passé. Son passé, si facilement oublié, sans trop d'importance. Son père en parlait, à table, avec sa mère, après être devenu un homme politique à proprement dit. Cette conversation la laissa de glace, comme toutes celles qu'ils avaient pu avoir à l'heure du repas « en famille », excepté un détail. Une chose qui accrocha à l'oreille de la petite et chaste Ohnelli qu'elle était alors.
    « Les Starfield sont devenus un problème... ils tuent, sans cesse. Ils ont un regard mortel, et ce n'est pas peu dire. Tant d'hommes ont été foudroyés par leurs pouvoirs excessifs... quel abus. »

    Regard mortel.
    Foudroyés.
    Pouvoir excessifs.


    Mais, quelle magnifique symphonie... la mort, hein ?
    Une boule d'excitation se forma dans la poitrine de la change-forme. Elle parcourut vivement de ses yeux perçants la complète silhouette de sa vis-à-vis. Peut-être, au fond, quelque part, si l'on prenait la peine de soulever le voile de petitesse qui l'enveloppait, peut-être un joyau flamboyant, resplendissant de vie, celui de ses ancêtres meurtriers, peut-être un personnage intéressant, qui sait... une personne différente, pas une pauvresse en quête de tranquillité comme le monde en déborde, un caractère complet...

    Chazera sourit. Son rictus n'était pas maniaque, cette fois-ci. Ni psychotique, comme la plus part l'étaient. Non, je dirais... malsain. Vicieux. Mauvais, pour les simplistes.

    La change-forme s'approcha, leste, frémissante de désir violent, animale.

    « Chazera. Ohnelli. Tu connais ? »

    Elle se demandait bien qui ne connaissait pas. Possiblement elle, au tain qu'elle avait, elle ne devait pas prendre de bains de soleil bien souvent.

    Chazera la contourna, puis, de derrière , lui donna un léger mais sec coup d'épaule sur l'omoplate. C'était indéniable; la force de cette fille, elle était tout sauf brute. Juste par la sensation que l'Ohnelli eut à son toucher. C'était indéniable.
    Puis, tranquillement, elle approcha sa bouche de l'oreille d'Einleen et murmura de sa voix si prompt à l'effroi :

    « Si tu me connais, qu'est-ce que tu fais encore là ? »

    La petite croix qu'elle avait au cou balança, obscure, et frôla les épaules de la jeune fille. Peut-être était-ce un signe. Peut-être aurait-elle à faire ses prières.

    Dis, Einleen ?
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Einleen Starfield

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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Mar 26 Jan - 20:14

    Peur.
    Malgré elle, c’était la peur qui soufflait sur Einleen, provoquant un long frisson glacé sur son échine. Elle n’en montra rien, bien sûr, se contentant d’afficher un air neutre, posé, empêchant ses petites mains de trembler. Et pourtant, en dépit de ses efforts, elle ne pouvait empêcher son cœur de battre la chamade, affolé par l’haleine de Chazera Ohnelli tout contre elle.
    Elle se souvenait, alors, combien elle était faible, combien elle était inutile. Plus qu’apeurée par les conséquences de son pouvoir, elle était terrifiée à l’idée de mourir. Car, Einleen faisait partie de ces personnes accrochées à la vie, chérissant chaque instant de son existence, aussi malheureuse soit-elle. Le genre de personne si facilement haïe par les cyniques et ceux qui croient en l’obscure fatalité du destin. Peut-être la jeune femme pâlit-elle un peu plus, rendant alors son teint cadavérique.
    Peut-être.

    Néanmoins, ses prunelles demeuraient les mêmes.
    Insaisissables. Elles fixaient droit devant elle, sans même se soucier de son cœur et de son affolement, sans se soucier de sa faiblesse. Elles demeuraient habitées par cette étrange lueur, pareilles à l’éclat lunaire, de petits astres au gris profond, qui pouvaient se montrer bien capricieux. En l’occurrence, il ne s’agissait pas d’un caprice, mais d’une lutte contre soi même et contre la change-forme. Pour rien au monde, elle ne devrait se laisser marcher sur les pieds, car pour la petite Starfield, cela ne serait que sombrer inexorablement dans la spirale de l’échec. Oui, ce serait tout bonnement la fin de sa petite vie tranquille, et le commencement des tourments. Des peines pareilles aux griffes de Chaz’ lacérant avec jubilation le cœur du plus innocent des agneaux.
    Parce qu’elle en serait ravie, n’est-ce pas ?
    D’autant plus que le nom d’Ohnelli ne lui disait pas grand-chose, non. Rien du tout. Peut-être une petite mention à laquelle elle n’avait pas pris garde : après tout, ce château regorgeait de fous furieux, pourquoi devrait-elle se soucier d’un seul d’entre eux ? Sa faiblesse n’avait de toute façon aucune importance… La force d’Einleen ne résidait pas dans son pouvoir, pas plus que dans son Potentiel, encore moins dans son esprit vacillant. Non, ce n’était que la volonté de vivre, d’obtenir ce qu’elle souhaitait et cette bonté enfouie en elle qui la maintenaient à flots.

    Assurance.
    C’était avec tout l’aplomb dont elle était capable qu’elle rétorqua simplement :

    « J'ignore qui vous pouvez bien être, votre nom ne m'évoque rien. Et je ne vous fuirais pas pour la simple et bonne raison que vous ne pouvez pas me faire de mal sans vous attirer les foudres du seigneur Sund, ai-je tort ? »

    Après tout, qui n’était pas au courant de l’intérêt que lui portait le seigneur ?
    La façon dont il l’avait sorti d’un fort mauvais pas ? Il était fréquent que Ein’ soit haie pour cela… Néanmoins, son don et le fait qu’elle ait gagné les faveurs du maître –pour le moment du moins, lui permettaient d’obtenir un semblant de tranquillité. Un soupçon du respect, peut être ? Enfin, peu d’individus osaient s’en prendre à elle, soit intimidés par son pouvoir, malgré les frêles apparences qu’elle présentait, soit parce qu’elle était au service de Sund. Elle avait une dette à payer, un quota odieux d’individus à tuer.
    Le dégoût qu’elle éprouvait face à cette écœurante vérité n’était pourtant rien comparé au mépris qu’elle réservait aux autres partisans. N’avaient-ils rien de mieux à faire que de semer discorde et chaos ? N’avaient-ils rien de plus importants pour eux que le pouvoir de Sund ? La Monarchie avait-elle seulement un quelconque avantage ?
    Parfois, Einleen aurait souhaité connaître les pensées du propriétaire du château. Comment pouvait-on devenir un pareil tyran ? Pourquoi tant d’individus le suivaient ? Simple charisme ou sort vicieux ? Décidément, tout cela échappait à la jeune fille. Mais, ça faisait bien longtemps qu’elle avait cessé de se poser de telles questions, qui demeuraient encore et toujours sans réponses. Car jamais Sund n’exposerait ses réelles ambitions, elle en était certaine. Il pouvait très bien compter sur la foi aveugle qui lui vouait ses biens aimés fidèles.

    Waterin, île dominée par le tyran-gourou.
    Mais la prière muette d’Einleen ne servait à rien.
    Uen et Syeen, les déesses bien aimées restaient de marbre.

    Voilà qui faisait descendre le moral d’Einleen, tout d’un coup. A nouveau, c’était la triste réalité qui s’imposait à elle, et le courage la quitta quelque peu. Prisonnière de cette île, elle n’était rien d’autre qu’un pion pour Sund. Prise de force dans le camp qu’elle haïssait, il lui faudrait tuer pour rembourser sa dette. Tuer, encore et encore, voir les corps s’effondrer sous son regard de démon.
    Un démon, déguisé en ange, absorbé par son égoïste survie. Elle serait obligée de s’exécuter, d’obéir en penchant docilement la tête, en bon animal domestique. Alors que Chazera, elle, suivait son maître de son propre gré et sa cruelle aura dégageait cette puissante liberté. Einleen cessa alors de fixer le vide de la flore humide et encore teintée des dernières couleurs d’Octobre et coula un regard en biais à son agresseur à la langue bien fourchue, dans l’attente d’une réaction quelconque de cette dernière.

    En priant –encore- Uen et Syeen pour ne pas finir en cadavres pour les charognards de son espèce.
    Gentil petit charognard…
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Chazera Ohnelli


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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Mer 3 Fév - 2:20

    Charognard... n'y allait-on pas un peu fort ? Elle pouvait éprouver des sentiments... quelle autre preuve d'humanité fallait-il aux yeux du monde ? Bon, avouons que c'était un peu déroutant si l'on prenait en compte l'aspect change-forme d'elle... mais à la base, elle restait femme, si ?

    La frêle demoiselle, du haut de sa petite carrure de fée, lui répondit avec une simplicité à travers laquelle Chazera percevait de l'arrogance, une bouffonne.

    « J'ignore qui vous pouvez bien être, votre nom de m'évoque rien... »


    L'Ohnelli ne releva pas. Son nom était une arme blanche sans lame, un simple prétexte à la fortune qu'elle possédait et à tous ses biens luxueux. Il lui évitait les remontrances du peuple ainsi que des autorités à plus proprement dit. Un petit pot-de-vin signé Ohnelli réglait le moindre problème avec un officier. Eh puis, très peu de barreaux étaient conçus pour prévoir l'évasion d'une belette meurtrière. Jusqu'ici, on l'avait tolérée pour son père, puis maintenant on la tolérait pour ses possessions. Pratiquement tout le commerce de pêche de l'île lui appartenait désormais et si elle décidait qu'elle mettait fin à tout cela, celui qui désirerait reconstruire cet empire économique devrait déployer d'innombrables efforts. Encore un avantage à sa position délicate qu'elle considérait avec gravité, malgré sa déficience d'équilibre mental. Peu de gens osaient se dresser devant elle pour cela. Les autres, ils devaient avoir tout bonnement laissé tomber, ou ne jamais avoir eu l'occasion de se faire entendre auprès d'elle. Le seul moyen de communiquer avec Chazera était de la croiser dans les rues, puisqu'elle recevait très rarement chez elle – enfin, plutôt jamais, elle acceptait de parler uniquement à ceux qui entraient sans cogner aux barbelés de son immense cours – et Dieu sait où elle se trouvait sur Waterin le reste du temps. Idée plaisante. Qu'ils courent après elle !

    « ...et je ne vous fuirais pas pour la simple et bonne raison que vous ne pouvez pas me faire de mal sans vous attirer les foudres du seigneur Sund, ai-je tort ? »

    Ce... « ai-je tort » sonna à ses oreilles comme la chansonnette d'une baratineuse qui clame toujours avoir raison. Raison numéro un pour laquelle les poils sur la nuque de la change-forme se hérissèrent de colère. Cette fille. Cette Einleen... la voilà réduite au niveau d'exécration, petite méprise infantile et répugnante. « ...vous ne pouvez pas me faire de mal sans vous attirer les foudres du seigneur Sund... » Avec tout le respect que Chazera avait envers ce tyran idyllique, elle ne pouvait s'empêcher de la vouloir, ses tripes entre ses doigts. Quelle faiblesse, si dégoûtant ! Et sa voix ne cachait aucune honte de cela, de se dissimuler à tort et à travers les pans de la jupe des puissants, petite fourmis prête à être écrasée. Une victime. Et la jeune Ohnelli détestait les victimes. Toutes lâches, apeurées, sans personnalité. Contrairement à elle, si pugnace, Einleen faisait office d'une enfant battue qui n'avait su relever la tête. Si au moins elle éprouvait de la honte. Si au moins un peu d'indignité, de trouble, avait été insufflé dans sa voix, ç'aurait été le signe que peut-être au-delà un déchaînement de tempêtes mortelles pouvait veiller, d'ici le réveil. Mais rien. Nul. Nada. Une voix... plane, placide et quiète. Un esclave, rien d'autre. Enveloppe charnelle sans vie ni destin. Fatidique.

    Et qui dit enveloppe charnelle, dit viande.

    Viande.

    Chazera sentit Starfield la regarder vaguement du coin de l'œil. La mâchoire de l'Ohnelli s'était crispée. Une boule de frustration vengeresse envahissait son buste et se diffusait dans chaque cellule agitée de son corps. Des images défilaient dans sa tête, confuses et pèle-mêle, mais toute sur le même sujet : le sang clair d'une humaine réprouvée. Elle n'en avait rien à faire du supposé mortel pouvoir des Starfield. Ni de la protection que Sund pouvait lui offrir ; les tyrans ne protègent les faibles que pour des avantages personnels. La puissance vit sans faiblesse. Einleen était dans son chemin... dans le chemin du pouvoir, de la force... un triste obstacle à la vie, car elle même ne la vivait pas, en dépits de toutes ses fades espérances... un frisson sauvage l'envahit. La change-forme fit quelque pas derrière en se redressant, les yeux étincelants d'une cruauté violette. Le dos droit en prédateur fier, et même si sa proie ne lui faisait pas face, elle lâcha :

    « Tu crois... tu crois... que tes excuses de misérable parasite... m'empêcheront de disséquer ma proie comme je le désire ? »

    Lentement, elle se retrouva face à Einleen Starfield, à quelques centimètres, le souffle assoiffé de souffrances et d'agonie, son regard porteur de malheur braqué sur elle avec malveillance.

    « Les foudres de Sund... » murmura-t-elle pour elle-même.

    Chazera Ohnelli perdait la tête. Comme tant de fois auparavant.
    L'abominable petite existence qui lui faisait face ne méritait qu'un décès cinglant et elle lui ferait l'honneur de le lui octroyer. Dès maintenant. Sur l'instant même, sa délicate peau de neige fendue et à vif, les entrailles encore fumantes à travers la brillance bienfaisante des feuilles dorées d'automne... son cadavre sur un lit cérémonieux de feuilles d'or mortes, tout comme sa propre personne le serait. Puis, éventuellement, ensevelie par les méandres du temps, déchiquetée par la nature elle-même qui la remercierait pour ce délectable repas...
    En un soupir haineux, Chazera lui dit :

    « Et mes foudres à moi, hein ? Elles te disent quoi ? Tu mourras, aussi sûrement que tu te souviendras du nom d'Ohnelli ! »

    Puis, d'un bond en arrière, sa silhouette mince se muta en une louve sombre et massive sur des pattes puissantes, les flancs respirant au rythme de la rage, les yeux effilés par la menace. Tout juste ses antérieures touchèrent le sol qu'elle se propulsa vers l'avant avec ses postérieures, les griffes prêtes à déchiqueter la chair délicate d'Einleen. La louve gronda violemment, un grondement rauque et imposant qui se faufila à travers tous les arbres du jardins d'ocre vêtu. Ses crocs étaient luisants, effrayants... meurtriers.

    Ne meure pas, petit oiseau. Pas avant que j'ai pu jouer avec toi.
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Einleen Starfield

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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Ven 12 Mar - 19:21

    Einleen se crispa, avisant l’agressive posture de l’animal, et instinctivement, recula.
    Au moins, elle n’avait plus trop à se poser de question sur Chazera. Si son agressivité lui avait parue animale, c’était simplement parce qu’elle était d’ores et déjà. Néanmoins, il était bien triste que sa mentalité de charognard se soit associée à un animal aussi noble que le loup. Ce genre de créature ne méritait certes pas tant d’égards. Si elle en avait eu le pouvoir, Einleen en aurait volontiers fait une hyène hideuse, à l’image de sa personnalité. Et encore, elle était gentille… Evidemment, c’était dans la nature de notre petite Ein’, la gentillesse.

    Et si elle tremblait de peur, si elle n’était qu’une toute petite chose sans défense, effrayée par ses propres pouvoirs, si son cœur battait la chamade dans sa frêle poitrine, elle n’en restait pas moins un sacré bout de femme. Elle ne tenta même pas d’appeler Sund par la force de son esprit. Ce n’était pas son genre, d’attendre que l’on vînt la sauver, d’implorer pour qu’on l’épargnât, qu’on la choyât. Non. Elle affrontait les dangers seuls, laissant les pleutres à leurs gémissements et les psychopathes à leurs massacres. Quand bien même ferait-elle partie dudit massacre. Aussi accrochée à sa vaine existence qu’elle était, il y avait de nombreuses limites à ce qu’elle ferait pour sa propre survie. Courageuse, en un sens.

    Elle fixait la bête, effrayée et dégoutée à la fois.
    Vraiment, quelle stupide chose. Aussi abreuvée de haine, de colère et de folie, avec trois fois rien dans la caboche. Si elle la tuait, comment diable pourrait-elle se souvenir du nom d’Ohnelli ? C’était tout bonnement stupide. Elle ferait bien mieux de l’estropier, au moins, elle aurait l’occasion de lire la crainte dans le regard –fort dangereux, de la petite Ein’.
    Néanmoins, le sentiment dominant chez Einleen était de loin la pitié. Une pitié mesurée, car elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’elle aurait pu devenir ce genre d’individu, sans aucun repère si ce n’était la haine ou la dévotion. Elle aurait pu, elle aussi, se complaire au massacre, se plonger dans un univers hostile pour se défendre, s’entraîner, malgré son absence de capacité, usant de son don à outrance. Affamée, elle imaginait déjà la colère dévorant ses entrailles, provoquant un insatiable besoin de violence.

    Mais à la place de cela, Einleen avait conservé sa douceur, son amour pour la vie. Malgré tout ce qu’elle avait vécu, tout ce qu’elle avait enduré, elle avait réussi à développé un caractère mesuré, soigné, engageant. Comme si ces traits avaient été gravés dans son âme, et que rien ne pourrait jamais les altérer.
    Alors, elle considérait simplement Chazera comme quelqu’un d’hideux, au même titre qu’on pourrait considérer le petit bout de femme qui tentait de lui faire face de mielleuse. Ein’ avait beau chercher, elle ne trouvait aucune beauté, chez la change forme. Aucune. Rien, dans ses expressions, dans son regard infâme ne lui semblait se prêter aux éloges. Rien non plus, dans son comportement, dans ses mimiques. Et ses paroles relevaient de l’horreur, d’un torrent d’insanités propre à ravager l’Innocence.

    Une telle chose…
    Méritait-elle de vivre ?
    D’un geste mécanique et paniqué, elle se tordait les mains. Pour elle, la vie de Chazera n’était pas péchés et souffrances. Décadence. Rien que la crème du désespoir. Et une créature aussi perdue, aussi malsaine comptait la tuer. Là, maintenant. Quel mal aurait-elle à ne pas se laisser faire ? A croiser son regard ? A activer ce fichu don qui, pour une fois, servirait à quelque chose ? Quel mal y avait-il à écourter une existence vaine et insipide ? Quel mal y avait-il à préférer sa vie à celle d’un autre ? Les questions se bousculaient dans la tête d’Einleen. Elles s’entrechoquaient, encore et encore, heurtant son bon sens, butant sur son âme et sa bonté, écorchant sa raison.
    Pendant quelques secondes, peut-être, son regard prit cette teinte lunaire, si particulière, étrange. Elle prit ces reflets intransigeants de la mort qui approche, pareil à l’astre de la nuit se reflétant sur le métal froid de la Faux. Pendant quelques secondes, la mort approcha, balayant de son souffle glacé les Jardins du Château. Et lors de ce laps de temps si court, Einleen fut une menace, laissant sa propre peur lui échapper pour se glisser hors de son corps, imbibant simplement l’atmosphère de son pouvoir ô combien létal.

    Mais Einleen resterait Einleen, incapable de tuer ainsi.
    C’était certainement la raison pour laquelle jamais elle ne parviendrait à travailler pour le Seigneur des lieux. La raison pour laquelle elle demeurait prisonnière. L’éclat dans son regard redevint mi-craintif, mi-assuré. Ce retour brusque à la réalité depuis les limbes l’avait quelque peu sonné, mais cela ne l’empêcha pas de faire face à Chazera :

    « Et bien, soit. Privez-donc le seigneur de ce pouvoir. Lui seul en aurait eu l’utilité, sans son ordre, je n’en ferai pas usage. »

    Son ton avait quelque chose de résigné. De froid.
    Comme si le passage de la grande Faucheuse l’avait marquée.
    Einleen ne voulait pas mourir, non. Elle priait Uen de toutes ses forces pour que son acte de bonté envers l’immondice qui lui faisait face soit dûment récompensé. Vivre. Et s’en sortir en un seul morceau. Ne plus jamais lui faire face. Elle se porterait bien mieux si elle se tenait loin de la terrible Ohnelli.
    Mais rien n’était plus terrible pour Einleen que la peur de son propre pouvoir, cette bourrasque fatale qui l’avait traversée, qu’elle avait peiné à contenir pour enfin pouvoir faire face à une issue potentielle de cette rencontre : sa propre mort.

    Son choix était fait…
    N’est-ce pas ?
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Chazera Ohnelli


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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Mar 16 Mar - 1:20

    Ça n’avait... aucun sens. La mort... la mort effraie, angoisse, épouvante, affole, apeure… il n’y a que les fous pour y faire face. Il n’y a que les fous pour la distribuer à tous vents, comme pour accepter d’en devenir la victime sans pourtant s’être tout d'abord retrouvé impuissant.

    « Eh bien, soit. »

    Non, elle ne pouvait l’accepter. Comment ? Cette Starfield, celle aux ancêtres si mortels et immoraux, comment pouvait-elle adhérer à l’idée de s’éteindre aussi simplement sous les griffes de Chazera? Personne ne désire partir. Les gens s’entêtent à croire à leur stupide utopie, s’y accrochent et persistent dans leurs recherches. Ce concept ne fit pas son chemin dans l’esprit fou de la change-forme. Elle bluffait. Einleen bluffait, bien évidemment. Si ? D’ordinaire, les mensonges du désespoir, l’Ohnelli les flairait à la seconde près. Elle ne sentait cependant l’odeur putride de l’hypocrite feintise à laquelle s’adonnaient trop des condamnés. Cette petite créature vibrante de délicate fragilité ne pouvait recevoir la fin de sa vie aussi ouvertement. Improbable.

    « Privez donc le seigneur de ce pouvoir. »


    Elle en parlait comme s’il ne lui appartenait pas. Mais voyons donc, c’était ridicule; Sund n’était pas un Starfield. Elle seule pouvait en faire usage. Directement. Refusait-elle ce brin de puissance ? Irrationnel, illogique; cette capacité aurait pu lui permettre de relever le menton, un tant soit peu, devant les plus grands qui la maniaient comme un vulgaire pantin. Chantage, double-jeu, menaces, exigences. Il y avait tant de moyens de s’en sortir, d’obtenir une qualité de vie supérieure grâce à cela. Et elle, la misérable petite sotte, ne savait profiter de ce présent divin. Chazera en aurait volontiers accepté la charge. Cela l’aurait permit d'aisément remonter jusqu’à Sund pour lui faire un coucou. Un gentil petit coucou, sans blague. Mais pour cela, elle ne refuserait pas son dos de métamorphose.

    « Lui seul en aurait eu l’utilité, sans son ordre, je n’en ferai pas usage. »

    Alors voilà; elle se laissait manipuler, consciemment, sans rechigner, et devait sûrement tenter de faire pitié aux yeux des autres. Pathétique. Elle avait le moyen, l’unique et véritable, de tenir ses enquiquineurs en laisse. Mais elle le refusait. Et cela ne semblait pas être la première fois. Einleen ne lui faisait point une fleur; c’était sa propre nature de victime qu’elle suivait. Ô combien triste.
    L’idée était troublante. Insaisissable. Frappé par ce mur d’incompréhension, l’énorme bête sombre qui se jetait à ce moment sur une demoiselle en détresse se transforma en un agile félin au pif blanc. Celui-ci retomba agilement sur ses pattes et au lieu de faucher sa vis-à-vis selon l’intention de départ, l’animal finit sa course par passer entre ses jambes. Derrière, il fit quelque pas, puis Chazera revint à sa forme humaine. Ses yeux pourpres ne brillaient plus de sauvagerie. Ils étaient neutres. Plats. Les sourcils légèrement froncés, la change-forme redressa les épaules, puis la tête.

    « À mon avis, Sund en a bien assez comme ça… »


    C’était plus une réflexion murmurée pour elle-même. Elle parlait de pouvoir. De puissance. Pas qu’elle pensait qu’il trempait dans l’excès; cela restait tout de même Chazera. Seulement, elle en aurait voulu plus pour elle. Partage, je vous pris.
    Puis l’Ohnelli lança quelques mots, cette fois-ci à l’adresse de Starfield, et un peu plus fort.

    « Je ne comprends pas. »

    Chazera est violente et rustre. Imprévisible ou glaciale. Restait encore cette petite parcelle d’elle-même qu’inconsciemment elle réservait à son vieux jardinier. Naïve, plus curieuse que tendre. Calme. Posée. C’était un état précaire. Plutôt rare hors de son Domaine. Le seul aspect d’elle, aussi minime soit-il, qui lui valut un jour l’amitié d’une personne. Elle prenait un ton de voix neutre, sans flexions aigües ou bifurcations graves. Juste, un ramassis de constatations, mais surtout de questions. Elle ne comprenait pas.

    « Comment peux-tu… vouloir mourir ? »

    La rage de vivre qui brûlait en elle depuis toute petite provenait peut-être de son côté animal. Un instinct de survie. Un loup ne songe pas à s’enlever la vie; il n’est pas assez égocentrique pour cela. Il songe à protéger sa meute et ses petits. Trouver de la nourriture. Chasser. Se réchauffer. Se soustraire à la chaleur cuisante. Vivre, quoi. Librement, quoi qu’en soit le prix, et n’abandonne qu’en dernier recours, une fois la patte prise dans un piège à ours et les flancs mortellement blessés par le molosse de chasse d’un homme.
    Elle se retourna vers Einleen Starfield. C’était une demande. Pas une supplication.

    « Explique-moi. »
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Einleen Starfield

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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Ven 19 Mar - 9:18

    Expliquer ?
    Einleen venait de frôler la mort, de toute évidence, tout ça pour des explications ?
    Principe abstrait pour sa petite tête, elle ne comprenait vraiment pas comment la sauvage qui lui faisait face pouvait ne serait-ce se poser des questions. Peut-être était-elle plus humaine qu’elle ne le laissait entendre finalement. Nous verrons.
    Son cœur battait encore la chamade, elle se sentait toute faible et toute tremblante. Les émotions fortes et l’adrénaline qui pulsait dans ses veines ne lui réussissaient pas des masses. Ses yeux lui brûlait légèrement, si bien qu’elle se demanda si son pouvoir n’allait pas se déclencher, quelque seconde plus tôt, animé d’une volonté propre, où encore provoqué par la détresse qui s’était éprise de la jeune fille à l’instant où elle avait cru son heure arrivée. Tant qu’à faire, elle préférait rester dans l’ignorance et ne plus se trouver confrontée à ce genre de situation. Pour ce dernier point, elle ne pouvait qu’espérer.
    Il n’était pas question pour Ein’ de mourir. Ni de mentir. Au point où elle en était, une certitude l’envahissait : si elle se noyait dans des mensonges poltrons, jamais elle ne s’en sortirait en un seul morceau.
    Alors, d’une voix assurée, elle répondit :

    « Je ne veux pas mourir. »

    Puis, elle poursuivit après une courte pause :

    « Simplement… Je ne veux pas tuer. »

    Elle ne savait pas comment développer autrement.
    Comment lui expliquer que plus que la rage de vivre, il y avait aussi l’amour pour la vie ? Waterin n’était pas une jungle –quoi qu’en passe de le devenir- et il suffisait de protéger chaque existence. Pourquoi la mort devrait-elle apporter du bonheur ? Pourquoi fallait-il des massacres ? Ein’ était pour la paix, simplement. Qui sait, peut-être que Sund serait en mesure de l’amener, un jour. Encore fallait-il que certains quittent les rangs au plus vite. Tous ces psychopathes assoiffés de haine, par exemple. Pas besoin d’eux. Tuer pour vivre ? Vivre pour tuer ? Tant de philosophies bonnes à jeter, menant qu’à un perpétuel bain de sang. Elles empestaient la violence, baladaient cette atmosphère putride qu’accompagnait la mort.
    Un parfum à vomir qui la hantait sans cesse. Pas besoin d’en répandre d’avantage, tous autant qu’ils étaient, ils pouvaient se garder leur rage et dépendance à l’hémoglobine. Ce pouvoir non plus, elle n’en voulait pas. Néanmoins, elle comprenait l’utilité qu’elle pourrait avoir pour Sund. Malgré son grand Potentiel, il s’épuisait, c’était évident. Il le cachait, mais personne n’avait des réserves infinies d’énergies. Donc, il devait se ménager. Des meurtres commis en son nom, sans aucun trace ni physique ni autre, ne pouvaient que terrifier. Immédiatement, la rumeur se répandrait que Sund s’était déplacé en personne, ou bien qu’il avait dans ses rangs des individus aux incroyables pouvoirs… Et qui soupçonnerait l’innocente petite chanteuse de la taverne à la voix d’ange et au physique de poupée ?
    Einleen redoutait ce moment plus que tout au monde.

    Malgré elle, les mots franchirent les lèvres d’Einleen, à mi chemin entre le discours passionné et le profond malaise que lui prodiguait un monde qu’elle jugeait décharné de toutes bonnes mœurs.

    « C’est humain. Ne pas tuer son prochain, vivre en communauté, faire face tous ensemble aux dangers, s’unir pour vivre mieux… On n’a pas besoin de tuer pour régler un problème. Et c’est complètement immoral de tuer quelqu’un parce qu’il nous déplait. La vie est un don que chacun de nous devrait chérir. La sienne comme les autres, ne croyez-vous pas ? »

    Elle regretta aussitôt sa question.
    Parce que, jusque là, Chazera Ohnelli ne lui avait prouvé que le contraire. Evidemment que non, elle n’y croyait pas. Seule sa vie lui importait. Ses proches, si elle en avait. Einleen ne voyait en Chaz’ qu’un être sauvage et indocile, indépendant et loin de toutes les conventions, toutes les normes et valeurs. Juste un animal égocentrique qui ne comprenait la vie en société que par les quelques exemples de prédateurs qui peuplaient encore la forêt et la montagne Waterinienne. Elle la voyait impulsive et farouche, agressive comme un animal en toutes circonstances incongrues. Comme si la civilisation n’était pour elle qu’une grande étrangeté, un monde hostile où elle s’amusait à prendre le rôle du grand prédateur pour donner du change.
    Peut-être se trompait-elle, évidemment. Après tout, elle ne connaissait la jeune change-forme que depuis quelques minutes, elle ne pouvait prétendre pouvoir la juger de la sorte, en toute impunité. C’est pourquoi elle réalisait à quel point sa manœuvre était stupide. Elle aurait mieux fait d’exposer son avis de façon plus mesurée et non pas se lancer dans les extrêmes au risque de contrarier son interlocutrice. A moins que celle-ci soit du genre à préférer la franchise aussi malvenue soit-elle plutôt que l’hypocrisie soignée.

    « Veuillez m’excuser. Je suis bien trop utopiste. »

    Elle imaginait déjà les milles critiques que Chazera pourrait faire de son havre de paix. Car, il n’y avait aucun intérêt dans un monde pareil, pour les gens comme elle, n’est-ce pas ? Juste, un profond ennui, l’impossibilité de s’adonner à ses activités primaires, un manque flagrant d’adrénaline… Juste, un monde dénué de toute son essence. Que feraient les accros du danger dans une telle société ? Du saut à l’élastique ? Ein’ les voyait très mal se reconvertir dans la construction de bâtiment ou dans les travaux des usines sous-marines. Parias, peut-être, bon à finir en prison ? Ils s’entretueraient derrière les barreaux, dans cette cage qui renfermerait un monde féroce et cruel, ce monde auquel ils semblaient tant aspirer. Et cette image de Chaz’, fauve impitoyable parmi ces ombres dansantes et sanguinolentes, enfin dans son milieu naturelle, heureuse comme une hyène qui retrouve ses charognes, la saisit avec un tel réalisme que Einleen se sentit secouée.
    Simple pouvoir de l’imagination, ou bien profonde vision de ce qu’était réellement ce bas monde ? Elle n’en savait rien. Et à bien y réfléchir, pour rien au monde elle ne voudrait savoir ce qu’il en était vraiment.
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Chazera Ohnelli


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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Mer 24 Mar - 0:56

    « Je ne veux pas mourir. »

    Voilà un point bien clair que Chazera pouvait bien comprendre. Même si, à l’évidence, son désir d’existence était loin d’être aussi ardent que le sien, il restait apparemment présent. La jeune Ohnelli se plaisait à savoir qu’elle en avait frôlé les limites si facilement, d’une simple menace. Pour elle si cloîtrée dans son monde de facettes cachées et multiples, c’était un accès à l’autre à sa portée. Qui dit qu’un jour elle l’empruntera pour l’approcher… personne, rarement elle tenta de tisser des liens. En fait, jamais elle ne tenta. Ils se firent d’instinct, comme l’animal choisit son compagnon de vie. La curiosité que la change-forme éprouvait pour certains les sauva de ses pitreries sauvages, comme elle finit par engendrer une affection toute naturelle. Un respect mutuel. Mais c’était de rêver que de croire en un avenir positif entre elles deux; ceux qui la craignent n’acquièrent pas sa piété, ou tout simplement sa considération. Starfield la première : à l’évidence, elle était répugnée. Effrayée, mais dégoûtée.
    Pourtant, cette réflexion ne passa pas en cet instant dans l’esprit de Chazera. Elle écoutait.

    « Simplement… je ne veux pas tuer. »

    Ne pas tuer. Mhm… pourquoi ? Tout le monde a un jour tué. Simplement en arrachant une fleur, simplement en pilant sur une pousse délicate sous le feuillage du sol. Et qu’est-ce qu’elle faisait de cette viande qu’elle avait dû avaler tout juste ce matin ? Cette chair fraîche et si appétissante dans son assiette était bel et bien un meurtre apprêté pour les plus sensibles. Une nécessité. Et avec toutes ces illusions que les médecins se font sur le but véritable de leur métier ! Jamais ils ne sauvèrent la vie de qui que se soit. Ils ne firent que retarder la date de péremption de quelques malheureux. Chazera, tant qu’à elle, l’avançait. Ou bien suivait ce que le destin avait écrit et glorieusement tissé pour elle. Meurtre, assassina, homicide. Une vie humaine ne vaut pas grand-chose puisqu’aucun animal ne s’en nourrit plus depuis des lustres. Alors tant qu’à vivre aussi longtemps et n’alimenter que leur existence propre, l’Ohnelli s’était dit qu’elle serait celle qui les dévorerait pour donner un sens à leurs naissances. Question de les réintégrer dans cette grande chaîne alimentaire. Qu’ils craignent les véritables puissances de nouveau. Celle incontrôlable de l’instinct.
    Elle pencha la tête de côté. Mais elle délirait, cette Einleen. Totalement.

    « C’est humain. Ne pas tuer son prochain, vivre en communauté, faire face tous ensemble aux dangers, s’unir pour vivre mieux… On n’a pas besoin de tuer pour régler un problème. Et c’est complètement immoral de tuer quelqu’un parce qu’il nous déplait. La vie est un don que chacun de nous devrait chérir. La sienne comme les autres, ne croyez-vous pas ? »

    L’égoïsme en entier de la race la dégoûtait. Chérissons nos vies. Pour toujours et à jamais, que le soleil ne se couche jamais sur notre tombe, car nous sommes les rois de ces terres. Et notre mère à tous ? La terre, justement, sur laquelle nous marchions ? La change-forme se sentait liée à elle, profondément, chaque racine qui la tenait en place avait une forte importance pour elle, voilà pourquoi tant de fleurs naissaient dans son Domaine; une célébration toute en beauté de la nature. Chaque cours d’eau avait sa raison d’être puisque la louve y abreuvait ses louveteaux. Parce que les batraciens y vivent. Personne ne sera opprimé, personne ne sera écrasé. Tout le monde aura accès à cette rivière vitale. Alors, pourquoi les humains s’entretuent-ils pour des besoins virtuels alors que quelques êtres vivants tout près se partage des ressources essentielles ?
    Mais quelque chose au travers de ce voile opaque de nombrilisme subsistait. Être si persuadé d’une chose certaine. Ce que Einleen Starfield semblait justement être.

    « Veuillez m’excuser. Je suis bien trop utopiste. »

    Alors, encore, elle se repliait sur sa personne et reculait. Chazera passa à deux doigts de gronder. Elle y croyait, alors dites-moi, pourquoi ne pas y avoir confiance ? Pourquoi ne pas le montrer ? Une opprimée, voilà ce que cette demoiselle trop fragile était. De ces personnalités sans saveur ni éclat.
    Pourtant, la jeune Ohnelli ne s’emporta pas. Maintenant, ça la rendait curieuse. Intéressée. Pourquoi ? Tuer ? Manger ? Exister, non ?

    La jeune femme, jusqu’ici restée debout derrière la demoiselle sous forme humaine, se métamorphosa en belette au pelage sombre. En faisant un large cercle, la petite créature alla se poster devant Starfield, une petite lueur curieuse dans les yeux. Cette forme-ci était celle qu’elle employait le plus souvent dans cet état d’esprit. Enfantine, émerveillée. Une bête de petite taille, vive et agile, capable de se faufiler dans les recoins. Malgré son habituel tempérament agressif, les fois où elle en était venue à la violence une fois en cette forme étaient facilement comptables sur les doigts d’une seule main.
    Elle s’assit. Observa Einleen. Puis, rapidement, elle revint à sa forme humaine.

    « Pourquoi tu t’excuses de croire ? »

    Chazera leva les yeux vers la cime des arbres quelques instants puis réfléchie. Si l’on perdait notre temps en plates excuses sans arrêt, personne n’avancerait nulle-part. Les plus grands y ont cru, la preuve : y’a qu’à voir où ils sont rendus.

    « Sund aussi y a cru. » lança-t-elle comme si c’était une évidence.

    Cru, différemment, pour d’autres buts. Mais sa propre confiance avait mené à une monarchie dure et ferme. Mais lui, il avait cru, et peut-être était-ce pour cela qu’elle l’admirait. Oh, aussi par sa folie et sa pure adoration de la violence, mais rien n’est si simple.

    « Les humains sont… ne pensent qu’à eux-mêmes. Aucune autre race ne les menace, sauf, peut-être, elle-même. Alors, je peux m’en donner à cœur joie. »

    Elle se leva et caressa la petite croix noire à son cou. Ses yeux violets scintillaient d’un intérêt absent, comme si loin, dans un lieu inaccessible, ses pensées allaient plus en profondeur.

    « Je ne retournerai à la terre que par sa main, puisque j’y suis fidèle. »

    Puis la pâle silhouette de jeune femme se muta en louve massive. Elle s’assit, posa sa queue proprement sur ses pattes avant et posa un regard inquisiteur sur sa vis-à-vis, en attente d’une réponse.
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Einleen Starfield

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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Mer 14 Avr - 16:53

    Ah fidélité.
    Douce amie, aveugle et traitresse.
    Pareille au sacrifice.

    Les créatures de son acabit pouvaient-elles l’être, fidèle ? Il fallait croire. Mais tout psychopathe digne de ce nom avait un gourou, le sien était Sund. Comme un peu trop de gens sur cette île de demeurés, soit dit en passant. Néanmoins, Einleen commençait à songer qu’il pouvait aussi être un symbole d’espoir pour ceux qui vivaient dans l’ombre, loin des avantages du conseil. Cela avait été le cas de sa famille pendant des années, mais pourquoi les nobles seraient-ils les seuls à souffrir de l’injustice ? La misère, la folie touchait toujours une part de la population. Donnez-lui un prophète, et leur colère s’abattrait sur ceux qui les avaient laissé moisir au fond de leur trou. Alors, la question devenait :

    « Pourquoi ne peut-il y avoir d’entente ? »

    Ce n’était qu’un murmure, vague, destiné à ses propres réflexion et non pas à Chazera en tant que véritable interrogation.

    Einleen jeta un coup d’œil à la louve, bien moins effrayante quand elle ne s’apprêtait pas à vous égorger dans la seconde qui suivait. Elle n’osait pas dire qu’il y avait une différence entre humains et animaux vulgaires. Car elle ne considérait pas les animaux comme du simple bétail, pour commencer, et qu’elle ne saurait où trouver les mots pour exprimer la subtilité de sa pensée. Et ce n’était pas le genre de polémique qui lui semblait prudent de lancer à une personne aussi proche des animaux que l’était Chazera Ohnelli. Sa réaction la terrifiait, elle ne se le cachait pas : elle imaginait d’ores et déjà la gueule béante du fauve se refermer sur sa gorge gracile, s’abreuvant de l’hémoglobine, imbibant le sol des Jardins d’une teinte écarlate et malsaine.
    Elle secoua la tête, chassant cette vision d’horreur avant de répondre à la change forme :

    « Je sais. Mais plutôt que rendre justice par soi-même, il faudrait essayer de changer l’homme, jusqu’à ce que le Labyrinthe rende son jugement. »

    Les vieilles légendes, les Ronces qui renfermaient Uen savait combien de prédateurs pour l’homme. Le cœur de la magie même, si dévastatrice, dont les démons ne sortaient du dédale que pour provoquer de grandes catastrophes. Il était certain que les portes s’ouvriraient à nouveau, prochainement, pour laisser un quelconque monstre débarrasser Waterin de Sund et de Gabriel Jewel, deux abominations qui trompaient l’équilibre. L’humain ne pensait qu’à lui, oui. Alors, les dieux avaient créé les obstacles nécessaires à sa propre destruction. Du moins, Einleen en était convaincue. Chazera ne serait-elle pas tout droit sortie de ces lieux maudits ? Cela ne l’étonnerait guère, tant elle semblait haïr l’humanité, tant elle transpirait la bestialité.

    De toute façon, Ein’ savait qu’elle se noyait dans son innocente crédulité, dans son hypocrite aveuglement. Elle n’était pas végétarienne, mais elle aimait chaque bête vivante, elle prônait des idéaux mais devrait tuer pour Sund si cela s’avérait nécessaire. Elle n’était que ballotée dans cet univers hostile, enfant perdue dans les replis de l’insanité humaine. Elle ne pouvait rien faire de plus que de se laisser emporter par les vents fétides et audacieux que l’existence lui offrait, à elle, malheureux petit être de chair et de sang livrée aux carnivores.

    Bien des pensées se bousculaient dans la tête d’Einleen. Bien des explications, bien de façons de défendre l’humanité, des idées pour préserver la nature. Une caboche pleine d’idéaux qui ne franchissaient pas ses lèvres. Elle demeurait muette devant son auditoire, par stress ou par simple blocage, toujours enserrée dans un étau de peur. Elle qui chantait si librement à la Taverne ignorait encore comment s’exprimer clairement, se lancer quand il n’y avait pratiquement aucun espoir de satisfaire la curiosité de son vis-à-vis. Car, là, la jeune femme en était bien convaincue : jamais Chaz’ et elle ne se comprendraient. Trop opposées. C’était la belle et la bête, sauf que les rôles pouvaient s’inverser d’un instant à l’autre. N’était-il pas beau, d’être franc et fier, comme l’était la jeune Ohnelli ? Et n’y avait-il rien de plus bête que cette jeune Einleen qui s’obstinait dans sa vision du monde, si étroit ?
    Pourtant, elle se savait ouverte d’esprit. Oui, elle était prête à accepter Chaz’ telle qu’elle, sans jamais songer à la changer. Elle pouvait comprendre sa foi, ses aversions, et même fermer les yeux sur sa sauvagerie. Mais rien ne la détacherai de ses doux songes pour autant. Telle était Einleen, subtile mélange de sagesse et de naïveté.

    Elle fit un pas hésitant en arrière, scrutant la réaction de la louve.
    L’autoriserait-elle à s’en aller ? Pourrait-elle rejoindre ses appartements sans que, prise d’une soudaine impulsion, Chazera lui brise la nuque de sa mâchoire puissante ? L’idée fit frissonner la fragile petite Ein’. Alors, elle se contenta de perdre son regard lunaire dans l’améthyste du change-forme. Une sorte de demande de permission qui demandait un peu de patience. Mais, elle se gardait bien de formuler cela à voix haute, craignant trop une réponse cruelle et agressive, une promesse de mort. Et il était bien plus humiliant, en un sens, de supplier, de reconnaître la supériorité de la louve. Elle n’était pas chez elle en ces lieux, il s’agissait des Jardins de son tendre seigneur, elle n’y avait aucun pouvoir, aucune autorité. Du moins, aux dernières nouvelles, et même Einleen Starfield avait sa fierté.

    Les animaux n’avaient pas besoin de parler pour se comprendre…
    N’est-ce pas ?
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Chazera Ohnelli


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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Lun 10 Mai - 3:45

    « Pourquoi ne peut-il pas y avoir d'entente ? »

    Une entente... pour s'entendre avec qui ? Chazera ne pouvait pas suivre le fil des pensées d'Einleen Starfield; visiblement, elles ne se rejoindraient jamais sur ce plan. Il n'y avait pas grand chose à dire là-dessus. Celle-ci avait vieillit avant son temps, selon l'Ohnelli. Perdu le sourire et son chemin d'innocence. De liberté. Une triste petite proie en quête d'une voie à suivre, en espérant qu'elle soit la bonne. C'était à plaindre. Ainsi, la change-forme scrutait la demoiselle de ses petits yeux canins d'un air curieusement absorbé jusqu'à ce que celle-ci se secoue la tête.

    « Je sais. Mais plutôt que de rendre justice par soi-même, il faudrait essayer de changer l'homme, jusqu'à ce que le Labyrinthe rende son jugement. »

    Ah, ciel... alors, elle était une autre de ces idiotes de religieuses ? À se repentir sans cesse, chercher l'origine de tous et chacun, à tenter de découvrir un ange, quelque part, pour la protéger ? Les croyances de ce genre étaient tellement sans intérêt pour Chazera qu'elle faisait preuve d'une incroyable indifférence à leurs égards; qu'on la maudisse, qu'on la bénisse, que l'on dise n'importe quoi rattaché aux divinités, elle ignore les mots prononcés et va tout simplement trottiner plus loin. L'idée de croiser un démon tout droit sorti des limbes ne l'effrayait pas outre mesure. Enfin, peu de chose l'effrayait outre mesure, mais cela est un minuscule détail.
    Pourtant, elle buta sur les mots « rendre justice par soi-même ». Allons, mais quelle idiote elle faisait, la jeune pâlette ici présente ! C'était faire preuve de la pire des naïvetés que de croire que Chazera Ohnelli pouvait un jour prétendre vouloir faire « payer les méchantes » pour leurs « vices et péchés ». Ridicule ! Comment se méprendre à ce point ? La chose qu'elle cherchait réellement était du plaisir. Le plaisir de tuer, bien évidemment, quoi d'autre ? Mais au fond, débarrasser la tendre Terre de ces parasites nommés humains était aussi un désir, tout petit, blotti au fond de son cœur inconscient. Avant qu'ils ne la forcent à devoir cicatriser de plaies trop immenses, avant qu'elle n'aie à déclencher les déluges nécessaires à la disparition de ces Potentiels trop possiblement menaçants. Il fallait de l'équilibre. Alors, que ce soit un enfant innocent sous ses serres ou le pire des larcins, quelle était la différence ? Ce même enfant pourrait bien assassiner, meurtrir, violer, voler dans son futur, au même titre que le larcin l'a fait. Mais ce même truand pourrait tout aussi bien se racheter par la plus noble des actions; le sacrifice. Par une belle demande de pardon. Couper court au destin des autres l'importait peu. L'espèce humaine, aux yeux de Chazera, ne méritait ni jugement, ni tentative de changement. À commencer par elle-même. Qui oserait s'arrêter, quelques secondes, la regarder comme si elle était une véritable femme et tenter d'aller trouver cette parcelle de quiétude à travers les méandres houleux de sa schizophrénie ? Personne, sans aucun doute. Parce qu'elle ne le méritait pas, à leur yeux, aux siens peut-être, ou bien elle était irrécupérable. Tout était trop incertain pour laisser une chance à qui que ce soit. Trop dé-balancé. En tentant de récupérer la magnifique peau du serpent pour en faire une parure, il arrive qu'il nous morde, et que son venin nous infecte. Pour de bon.

    Puis elle sentit un léger changement dans l'aura de Einleen. Ou du moins dans sa position, dans l'expression de ses yeux. Un léger pas vers l'arrière. Ainsi, elle désirait fuir ? En continuant à la fixer de pareille manière, une certaine noblesse lui fut attribuée. Chazera respecta le geste. Non pas en tant que personne, mais en tant que bête; c'était tout à fait animal d'agir de la sorte. Sans aucun doute.
    Mais bon, après ça, elle-même commençait à s'embêter. Elle songeait à son lit. Oh oui, la fatigue lui engourdissait les pattes; la dernière nuit blanches passée à tenter de garder sa forme de chouette plus longtemps avait été éprouvante.
    L'Ohnelli décida de la laisser fuir.

    Cours, cours, ne me laisse pas te rattraper, car je ne pardonne pas deux fois.

    La louve inclina la tête, les yeux toujours levés sur le visage rosé de sa vis-à-vis. Elle émit un grondement sourd, rien de bien agressif. Un simple acquiescement. Elle reprit néanmoins sa forme originelle et lança :

    « Personne ne juge, ici. Tu n'as pas remarqué ? Survis, je n'en demande pas plus. »

    Survivre ? La question était si c'était un ordre adressé à elle-même ou à la Starfield. Ordonner à celle qu'elle venait tout juste de tenter d'éteindre de survivre semblait... paradoxal. Mais qui a un jour prétendu que Chazera Ohnelli était capable de logique ?
    Elle piétina lâchement comme une enfant embêtée puis dit, sur un ton plus vibrant de dangereuse démence qu'elle ne l'aurait voulu :

    « Tu m'ennuies. J'ai d'autres chats à fouetter. »


    Une œillade.
    Cela sonna comme un faux prétexte.

    La dernière chose visible fut du feuillage agité après le passage rapide d'un petit animal.
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Einleen Starfield

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Occupations : Vagabonder, chanter, fuir.
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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Dim 19 Sep - 12:58

    Survivre.
    Le mot raisonna en Einleen comme un ordre et une promesse, un précepte et une menace.

    Son regard se perdit dans le feuillage où venait de disparaître Chazera. Elle n’avait même pas eu le temps de voir quelle forme elle avait adoptée pour s’esquiver. Seul le bruissement des végétaux avaient été révélateurs de la taille de l’animal. Un frémissement à la fois délicieux et inquiétant, que la brise rappela quelques secondes plus tard en balayant les Jardins. L’ennuyait-elle vraiment ? Ou bien, étaient-elles si opposées qu’elles ne pouvaient simplement pas se faire face ? Un gouffre les séparait, délimitant clairement les instincts de l’ordre de la bête, et les idéaux d’une faible humaine bien trop empreinte de douceur… Néanmoins, il demeurait quelque chose… La raison pour laquelle Ein’, dans le fond, n’avait pas pris ses jambes à son coup. Quelque chose qui faisait qu’elle était encore vivante après cette altercation. Étrange, n’est-ce pas ?

    Survivre.
    L’air vibra un instant, comme si la flore elle-même était galvanisée par ce simple mot.

    Einleen voulait bouger. Mais elle ne pouvait s’empêcher de guetter. L’Ohnelli était-elle encore là, tapie dans les fourrés, prête à lui sauter à la gorge ? Qu’est-ce qui lui prouvait qu’elle s’était bel et bien retirée ? Rien. Absolument rien. Et malgré tout le courage dont pouvait faire preuve l’adolescente, la peur étreignait encore son cœur, impitoyable étau glacial. Elle frissonnait en imaginant des serres se plantant dans sa nuque aussitôt qu’elle eût tourné les talons. Ou bien, se trouver nez à nez avec la gueule béante de la louve, dont les crocs ne tarderaient pas déchirer sa chair, comme s’il ne s’agissait que d’un vulgaire morceau de viande, n’importe quelle proie d’ordre animal, un simple chaînon dans les lois cruelles de la nature. Elle se devinait lacérée, déchiquetée, réduite à l’état de charogne ou de repas…

    Survivre.
    N’était-ce point là une façon de l’épargner ?

    Après tout, dans cet univers hostile, il y avait bien peu de chances qu’elle pût préserver sa vie. Elle, si faible. Elle, si gentille. Elle, agneau égaré parmi ces bêtes sanguinaires, chez ces partisans extrémistes, vouée à une mort certaine. Oui, survivre.
    Ein’ inspira. Expira. Contempla encore les herbes folles et les buissons sans vraiment les voir. Écoutant le silence salvateur, avant de réaliser qu’elle n’allait pas mourir aujourd’hui. Mais demain, qui sait ? Alors, seulement, encore légèrement tremblantes suite à cet étrange échange, terrifiant aussi, elle fit volte face pour se diriger vers le sombre château de Sund. Dans la tranquillité de sa chambre, elle pourrait réfléchir. Elle n’avait qu’une hâte : se rouler en boule dans le fauteuil sous une épaisse couverture pour y méditer, lire un peu, contempler les cieux depuis la grande fenêtre… Des activités sereines, qui ne lui videraient pas la tête pour autant, mais qui auraient au moins l’avantage de lui procurer un sentiment – factice ? – de sécurité.

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Misaki Kurohana

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♦️ Prédisposition ♦️ Empathie, Prescience, Chance.
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Occupations : ♦ Etudiante à l'Académie, Résitance.
Humeur : ♦ Légère, la plupart du temps.


MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   Dim 19 Sep - 12:59

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MessageSujet: Re: Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]   

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Tss, approche si tu l'oses. Viens jouer ! [Terminé]

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