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 Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]

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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Sam 17 Avr - 23:46

    Les allées marchandes.
    ...
    Les aaaaa-lléééées maaaar-chaaaan-des.
    Oh Dieux du ciel que ces mots sonnent doux !
    Allez, encore une fois : les Allées Marchandes.

    Point d’animation, même en ce triste mois de Novembre. Etalages, couleurs, breloques, objets rares, tordus, utiles, futiles, jolis, bizarres… Myriades d’odeurs, fruitées, salées, sucrées, chaudes, fraîches, parfumées, alléchantes, ou moins agréables… Citadins, gros, petits, vieux, jeunes, beaux, laids, stupides, alertes, curieux, lasses, riches, pauvres, pigeons… En tout genre et pour tous les goûts !
    Les Allées Marchandes.
    Un endroit sur lequel on pouvait toujours compter. Ah oui, qu’est ce qu’Eres ferait sans cet aimé quartier ! Il était si… passionnant ! En dehors même de son travail -Eres n’est pas non plus versé dans la kleptomanie, en dépit des apparences- c’était un endroit fascinant ! Il s’y passait toujours quelque chose ; ragots, rumeurs, potins, disputes, scandales, vols, bastons, hurlements, oui… de l’animation ! Même à la fin de l’automne ! N’était-ce pas merveilleux ?
    La crapule blonde détestait l’arrivée de l’hiver, pour la bonne et simple raison que tout était trop calme. La raison pour laquelle, en ce jour gris, le chahut des commerçants le mettait d’excellente humeur. Il flânait donc dans les ruelles, zieutant les étalages, entrant dans quelques boutiques, nourrissant ses poches affamées à l’occasion et prenant pleinement son bain d’animation avant l’immobilité hivernale.

    Il aimait bien ce genre de journées paisibles, même s’il ne pourrait jamais en faire son quotidien. C’était… Reposant. Après une soirée solitaire passée à flâner dans la fraîche nuit de Waterin, laissant libre cours à son envie de liberté en se dégourdissant les jambes au large de la ville, il était rentré dans son petit appartement suffisamment tard pour ne se réveiller qu’en fin de matinée. Ce bougre de soleil pâlissant ne le réveillait même plus. Il était ensuite aller rendre visite à son contact, celui qui lui servait d’intermédiaire entre ses clients et lui-même, et comme personne ne semblait avoir besoin de ses services, ils s’étaient tous deux installés autour d’un verre. Après quoi Eres était parti glaner des informations ou tout simplement du bonheur dans ses aimées rues marchandes.

    Au détour d’une venelle accédant à l’artère principale du quartier, il croisa une charmante demoiselle aux allures égarées. Grande, mince, longs cheveux bruns, jolies formes et visage doux. En noble chevalier courtois qu’il était, le vaurien ne put résister à sa bienveillance naturelle et se porta au secours de la belle.

    « Seriez-vous perdue, dame ? »

    Le bel oiseau ne put qu’acquiescer dans un délicieux sourire et s’inventant un rôle de guide, Eres se proposa de lui faire visiter le quartier, vantant sa connaissance des alentours. La belle parut hésiter, mais caressée par les promesses d’enchantement du garnement si affable, elle finit par céder.
    Ô quelle surprise.

    Le voleur entreprit donc, tout en présentant les plus jolis coins des Allées Marchandes, de faire partager sa passion pour le lieu à sa jouvencelle, faisant bien entendu l’ellipse sur le côté enrichissant de l’affaire. Emerveillée par le talent de conteur du jeune homme, l’autre accepta bientôt de faire entendre son rire argentin et deux adorables heures s’écoulèrent. Eres ne s’inquiétait plus beaucoup pour son accompagnement de la soirée quand… Un inattendu pourtant tellement classique survint, brisant la romantique idylle. Hélas oui, la belle était déjà conquise. Le chenapan l’apprit à ses dépends…
    Et il fallait voir son compagnon : dix mètres au cube, une ascendance d’armoire à glace à n’en pas douter, des bras comme des poutres d’écuries royales et un air aimable à faire fuir une goule. Un prince dans toute sa splendeur qui vint se planter solidement devant le jeune couple qui déambulait paisiblement, se tenant par la taille.
    Voila qui compliquait les choses. Lorsque le titan se présenta avec une politesse typiquement barbare comme celui qui cherchait sa dulcinée depuis une heure de l’après-midi, Eres poussa un soupir à fendre l’âme tout en demandant à sa belle si le gorille mal-léché qui leur masquait les quelques rares rayons du soleil était un spécimen de sa ménagerie. Ladite bestiole ne parut pas apprécier l’intervention et commença à grogner, fatalement Eres lui suggéra la muselière ce qui, de fil en aiguille, aboutit à un joyeux pugilat.
    Eres ? Oh, mais il était déjà loin ! Il s’était éclipsé à la deux ou troisième tentative d’attaque du molosse qui s’était par conséquent contenté des quelques braves types venus pour le calmer comme défouloir.

    A nouveau célibataire et libre comme l’air, il s’apprêtait donc à quitter le quartier quand… Une boule orange attira son attention… Une couleur si familière… Obliquant vers le phénomène, le larron se faufila parmi les badauds pour atteindre…
    Ah ! Oui. Ca. Forcément, qui pouvait accepter décemment de porter une telle fourrure sur le crâne ? C’était maigrichon et osseux, ça avait l’air farouche et aussi prévenant qu’une porte de geôle souhaitant la bienvenue aux bagnards. Oui, c’était forcément cette petite bête de foire : Rousse.


    Eres hésita un instant… Comment voulait-il voir finir sa journée, au juste ? Tranquille, agréable et calme ou… Imprévisible mais sans aucun doute cabossée ? Tapotant ses lèvres de son indexe et son majeure, il restait planté au milieu de la rue en regardant d’un œil circonspect son jouet potentiel s’éloigner.

    Oh non, c’était trop tentant !
    Eres rattrapa bien vite son acolyte de mauvais coup et, se fondant dans l’ombre que versait une haute maison sur le pavé, masquant sa présence, il s’adonna au jeu le plus enfantin que l’humanité ait pu créer : il fit un croche-patte à la mercenaire la plus redoutée de Waterin. Il lui faucha tout bonnement les gambettes, avec néanmoins une conviction et un entrain détestablement enthousiastes.
    Puéril… ?
    Meuh non, juste joueur.
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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Dim 18 Avr - 17:08

Rousse avait faim. Pour tout dire, elle crevait la dalle ; elle n’avait plus un rond en poche, et avait passé ces trois derniers jours enterrée dans ce qui lui servait de squatt, avachie gaiement sur un lit à baldaquin, se soulevant lourdement une ou deux fois par jours histoire de se passer un coup de brosse et de savonnette. Les propriétaires qui lui avaient gentiment prêté leur maison (en lui permettant notamment de crocheter la serrure et en ne réapparaissant pas au bout de 72heures, les adorables !) n’avaient néanmoins pas fait les courses, et, après avoir avalé les derniers crackers qu’elle avait exhumés d’une boîte peu alléchante, Rousse s’était retrouvée alimentairement et irrémédiablement dépourvue.

Elle avait fait une cure de sommeil digne de la belle au bois dormant, et, ce matin-là, était sortie en expédition nourriture, fin prête à piquer fruits et légumes à l’étalage et s’enfuir sur la pointe des pieds (ou à toute vitesse) pour bâfrer sucres et lipides et éviter la crise d’hypoglycémie. Elle s’était levée d’un bond, accompagnée par les bruyantes vocalises de son estomac négligé, avait peigné tant bien que mal sa tignasse emmêlée, avait passé un immense pull en laine rayé de bleu et de blanc (appartenant de toute évidence au pater familias) et un étriqué petit jean fort court (dixit le placard des mômes), et s’était éclipsée de son palace 5 étoiles en jurant contre le froid qui lui mordait les chevilles.

Arrivée aux allées marchandes, elle prit le temps de savourer ses visions ; elle avait une sainte adoration pour le lieu de tous les méfaits et de toutes les ivresses. Il faisait un froid de canard, et son fort robuste corps de sauterelle tremblotait comme une feuille A4 dans le souffle d’un sèche cheveux, mais elle n’y prenait pas garde : elle eut un regard pour les épices, pour les couleurs désirables des pommes rouges, un sourire pour le fumet délicieux des viandes rôties sur la place, un mordillement tentateur de bouche fleurie pour le parfum exquis des brioches. Son abdomen exsuda un long gémissement de bonheur, et elle se mit en marche pour atteindre les artères commerciales ; les gens se bousculaient ici, speedant de stands en stands pour finir leurs emplettes, alors qu’elle traînait paresseusement pour savourer chaque vision, les mémoriser consciencieusement et se lécher les babines façon chat de gouttière. Ses doigts bleuissaient lentement, mais fort heureusement, ses cheveux-couverture réchauffaient ses épaules et ses omoplates ; elle eut deux ou trois regards mauvais pour des midinettes élégantes, un doigt d’honneur pour un couple baveux qui la bouscula, mais, en somme, se montra plus ou moins civilisée.

Jusqu’à ce que ce marchand de pacotille ne vienne lui chauffer les oreilles.

Elle passait pacifiquement devant son échoppe lorsqu’il se mis à crier ; au début, elle sursauta, vérifia qu’elle n’avait pas eut un accès de kleptomanie et volé quelque chose sans en avoir conscience, puis, se sachant innocente, se tourna vers l’importun avec un regard torve ; le pauvre mec avait une touffe de cheveux bouclée, un nez busqué, et elle l'assimilait plus facilement au sanglier obèse qu’à l’espèce humaine. Il tordit son énorme bouche en énorme sourire, lui fit signe d’approcher, et brandit sous son nez une boîte de teinture brune qu’il agitait comme un épileptique.

« Oh ! Mademoiselle, avec un tel potentiel capillaire, il faut absolument que vous reveniez sur vos erreurs de jugements, et changiez la teinte de vos douces extensions ! »

Euh… hein ?

Le regard bovin et inexpressif de Rousse le poussa à continuer avec une joie démesurément dérangeante.

« Cette infâme couleur de carotte, ça ne vous va pas au teint ! Qui vous a donc vendu cette pacotille ? N’y retournez pas ! Il suffit d’appliquer mon produit miracle sur votre crinière exquise pendant 15 minutes après votre douche, et vous serez aussi sexy que Cendrillon en bikini ! »

Le cerveau de Rousse commençait à capter l’essentiel du discours pompeux de l’inconnu ; ses sourcils se froncèrent caricaturalement, sa bouche se plissa, elle déposa lentement ses mains sur ses hanches, et, foudroyant le buffle en surcharge pondérale d’un regard terrifiant, elle assena :

« C’est ma couleur naturelle. »

Et elle reprit son souffle pour le coup de grâce :

« Et je hais les bikinis. »

Le vendeur enthousiaste eut un léger mouvement de recul, pâlit quelque peu… et fit l’ultime erreur d’insister lourdement.

« Alors il est temps de se mettre aux teintures, ma petite mignonne ! »

Il n’en fallut pas plus pour déclencher la rage de l’affamée ; heureusement pour lui, l’abruti ne vendait aucune denrée alimentaire, ou, en plus de lui péter la tronche, elle aurait aussi prit la marchandise ; elle se contenta donc de la seule et première option ; grimaçant violemment, poussant un petit grognement de fureur outrée, elle bondit au dessus de l’étalage, n’eut cure du hurlement d’horreur du sanglier, chopa la teinture de pacotille, et lui administra un coup de poing force 9, histoire de faire trembloter sa joue flasque. Le coiffeur émérite, mis K.O par cette violence inattendue, gémit pitoyablement, et Rousse lui envoya un coup de genoux bien senti dans les précieuses. Pour finir son chef d’œuvre, elle déboucha le flacon capillaire avec les dents, cracha le capuchon sur la ruelle, et versa le liquide gélatineux sur le crâne bouclé de l’ennemi. Avant de répondre poliment à son conseil :

« J’t’emmerde, pauv’ con ! »

Et elle s’éloigna gracieusement, laissant le pauvre amour à genoux, les mains en coquilles sur son entrejambe meurtri, les larmes aux yeux et le visage barbouillé de teinture brune.

Une heure paisible passa ensuite, égayée par une balade agréable entre les échoppes, une heure fructueuse pendant laquelle elle piqua discrètement une barrette à cheveux ornée plumes de paons, trois biscuits au gingembre qu’elle engloutit sur place, une grappe de raison pinaillée en marchant, une écharpe de soie fauve qu’elle passa autour de sa gorge sitôt éclipsée, et un énorme cookie au chocolat qui l’éloigna définitivement d’une possible inanition. Elle passa devant un cercle de curieux qui assistait à un pugilat en règle, alors qu’une armoire à glace pétait les dents d’un maigrichon geignard, et s’arrêta quelques secondes pour admirer le brio d’un brunet trapu, qui tapait sur le dos du colosse avec une lampe de chevet qu’il venait apparemment d’acheter – et de briser – pour sauver son ami. Une abrutie sanglotait dans un coin en leur demander d’arrêter. Elle aurait bien eut besoin de teinture brune et d’une bonne baffe, elle aussi. Rousse haussa les épaules et passa promptement son chemin.

Elle marchait d’un bon pas à la recherche de protéines cuites à la broche et faciles d’accès, maintenant, resserrant le nœud de son écharpe autour de sa gorge frileuse. Les sens en éveil, le nez en l’air pour humer une quelconque odeur de ripaille, en bon chien de chasse, Rousse soupira d’aise. Le bonh…

« AAAAAAH ! »

Son hurlement se répercuta de tous côtés, hystérique et suraigu, et elle atterrit la tête première dans une flaque de gel fondu qui mordit sa figure. Avachie sur les dalles, le corps bizarrement tordu par le ridicule, elle releva son visage trempé, repoussa les mèches dégoulinantes de son front, et fit volte-face sur ses fesses douloureuses.

ON lui avait fauché les jambes, elle l’aurait parié ; aussi sûrement qu’elle était plate comme une limande, un connard lui avait fait un croche-patte. Une seconde de réflexion active lui apprit l’identité du goujat ; compte tenu de ses réflexes communs et de sa méfiance naturelle, elle ne se serait jamais fait prendre par un connard visible. Elle se mit à beugler en bondissant sur ses pieds :

« ERESSËA ! TU ES UN HOMME MORT ! MORT !!!!! »

Elle le localisa, fondu dans l’ombre de la bâtisse qu’elle avait dépassé une seconde plus tôt ; ses pupilles se rétrécir immédiatement, localisant leur proie, et elle fondit sur lui comme un rapace en mal de charogne ; son corps lancé à la vitesse du Bolide de Formule 1, elle le chopa par la chemise avec toute la grâce qui lui était propre, le poussa brusquement pour qu’il se prenne le mur, et leva une main couverte de fer et d’acier pour lui lacérer son minois de joli cœur ; elle lui allongea une gifle mémorable façon coup de battoir, ajouta une petite variante en lui écrasant le pied, et brailla :

« MORT ! MORT ! »

Toute en finesse.
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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Lun 19 Avr - 18:03

    MA-GNI-FI-QUE !
    Formidable, gigantesque, grandiose, prodigieux, monumental, inouï, magistral, excellent, impeccable, parfait, ostentatoire, fabuleux, grandiloquent, épique, romanesque, délirant, génial, mirifique, colossal, mirobolant, sublime, glorieux, splendide, somptueux, transcendant !
    Tout simplement EBLOUISSANT !

    Avait-on déjà vu une telle chute dans toute l’histoire du désopilant ridicule et du grotesque ?
    Sa Majesté, Sa Très Haute Seigneurie, Sa Très Digne Altesse des brutes et du scandale s’affalant élégamment toute parée de sa superbe dans une impétueuse flaque, la tête la première, décrivant une courbe aussi gracieuse que celle d’un mammouth tentant une arabesque avant de s’étaler telle la crêpe impériale ayant abusé de farine dans un joli « plouf » sur le pavé.
    C’était de l’art ! Du très grand
    Art ! C’était un chef-d’œuvre du niveau des plus grands maîtres du burlesque ! Thalie avait dû y donner tout son souffle ! Quelle scène, quelle chute ! Quelle merveille… !
    Non ça, Eres ne s’en remettrait jamais. Hilare, littéralement plié en deux, pris de violentes convulsions, c’est tout juste s’il parvenait entre chaque hoquet de rire à prendre une goulée d’air. Le court-métrage tournait en boucle dans sa caboche égrillarde, lui refusant toute accalmie, menaçant sa rate d’exploser et promettant de mémorables courbatures à ses abdominaux pourtant solides. Alors qu’il croyait succomber à un foudroyant manque d’oxygène, l’objet de sa vénération du jour, sa lumière de la semaine, son rayon de soleil de l’hiver permit à ses poumons criant grâce de se regonfler.
    « ERESSËA ! TU ES UN HOMME MORT ! MORT ! »

    Oh flûte… Il avait sous-estimé la perspicacité, ou du moins le temps de connexion de la talentueuse saltimbanque. Il tourna un regard inquiet vers elle...
    OooOooh… Image d’un subtile sursaut, d’une mémorable parabole, d’un atterrissage tout en beauté dans l’unique flaque restante de la rue… C’était reparti ! Son fou rire le cloua au sol, son corps entier secoué par les terribles spasmes de la plus meurtrière des allégresses refusait de lui accorder ne serait-ce qu’un pas. Pas moyen de prendre ses jambes à son cou… Il en oublia même de s’indigner à l’entente de son prénom intégral.
    Les badauds s’arrêtaient, bluffés de voir une gamine qui, non contente de s’être assurément prise le pied droit dans le pied gauche, braillait comme un goret sa frustration à une personne de toute évidence imaginaire. Une femme aux allures de cul-béni s’apprêtait à aller aider la maladroite rouquine, un homme restait outré devant l’agressivité de celle-ci, un couple demeurait pantois devant une telle énergie suite à une telle chute, et deux gamins se frappaient les genoux tant qu’ils pouvaient en montrant du doigt l’écopée qui, folle de rage, ne les voyait même pas. Grand bien leur en fasse.
    La crapule victorieuse, appuyée contre le mur de la maison à l’ombre complice -pour ne pas tomber et se rouler par terre-, se tenait le ventre, profitant de ces derniers moments d’hilarité… Car hélas, la jubilation avait déconcentré son don et la furie furieuse eu tôt fait de le repérer.
    Elle bondit -non pire… vola !- jusque lui, le plaqua violemment contre le mur et prise de démence, réitéra dans un rugissement féroce sa macabre sentence :
    « MORT ! MORT ! »

    Vous êtes vous déjà mangé une gifle métallique en pleine figure… ? Non ? Eres oui. Plus d’une fois d’ailleurs et bilan des courses : ça faisait toujours aussi mal.

    Il jura virulemment lorsqu’il vit arriver l’inéluctable, clôt très forts ses paupières, fronça le nez et tel le garnement en apnée s’apprêtant à recevoir une correction paternel, attendit que l’orage passe.

    Aouch !!! Par tous les dieux et leurs putains !! Elle n’y était pas allée de main morte ! C’est ce que l’on appelait même une main de fer… La joue méchamment meurtrie, la tête tournée à 45 degrés suite à l’impact, Eres n’était pas certain de devoir plus pleurer pour son divin visage que pour son pied en compote. Il se mordit la lèvre pour retenir un hurlement d'une méchante douleur et ne rouvrit les yeux qu’une fois la vague brûlante de l’après-coup passée.
    Une grimace de souffrance crispant son visage, dents encore serrées sous le choc, il expira d’un souffle bref l’air qu’il avait retenu dans l’attente du châtiment et passant sa langue sur ses dents pour vérifier que toutes étaient encore en place, ne put s’empêcher un commentaire quant à leur posture actuelle :
    « Toujours aussi férocement hâtive, ma douce, maîtrisez donc vos ardeurs, nous sommes en publique… »

    Oscillant entre la stupéfaction, l’inquiétude et le rire, les badauds contemplaient la scène, les yeux comme des soucoupes déformés par cette si singulière expression qui signifie « ces gens sont bon pour l’asile ». Seule la citadine toujours accroupie à l’endroit où, quelques seconde plutôt, Rousse était avachie, rougit jusqu’aux oreilles au sous-entendu du malmené. Ce dernier, toujours solidement écrasé contre le mur, porta une main à sa joue et tout en la frottant, reporta son regard sur son bourreau…
    Ô délicieux visage aux grands yeux sauvageons, ô mignons traits d’une élégance enfantine, ô bouche fine au ravissant rictus carnassier, ô douce peau d’albâtre piquée d’adorables tâches de rousseurs…
    « Prffff… »

    … Ô cocasse boue maculant ce charmant visage si fier et si farouche !!

    C’était reparti. Eres éclata de rire, la main devant le visage, les yeux perlés de larmes. Sa situation pourtant critique appelant au sérieux lui parut affreusement dérisoire face à cet irrésistible fou-rire qui lui chatouillait la gorge et lui piquait les prunelles. Mais comment rester de marbre face à cette jolie frimousse empreinte jusque dans l’épiderme de la plus orgueilleuse fierté qui l’incendiait du regard avec une conviction assassine, alors que ses si précieux cheveux flamboyants goûtaient d’une eau brunâtre ? C’était trop pour la canaille qui bien malgré lui était en train de signer son arrêt de mort…
    Un miracle de lucidité temporaire lui permit pourtant d’envisager le déluge de ferraille qui inexorablement se déchainerait incessamment sous peu. Inspirant profondément, il put ravaler son rire et plongeant ses iris tempêtes dans le félin de son vis-à-vis, lèvres pincées pour ne pas succomber à nouveau, il leva brusquement son genou gauche, obligeant son assaillante à le relâcher sous peine de recevoir un coup dans l’estomac.
    Reprenant petit à petit son sérieux, il lança un regard circulaire sur son publique toujours planté, tel le troupeau de buffle regardant passer les carrioles, face aux deux protagonistes du théâtre et, esquissant un sourire mutin, il décrivit une gracieuse révérence.
    « Mesdames et messieurs, j’espère que la représentation vous a plu. Saluez notre virtuose acrobate je vous prie ! »

    Puis, se tournant vers l’enragée qu’il n’eut pas la présence d’esprit de redouter :
    « Allez Ouistiti, fais pas cette tête ! Il paraît que les bains de boue son bon pour la peau... »

    Un rictus goguenard aux lèvres, il porta encore une fois la main à sa joue. C'est que ça faisait toujours mal...

    Suicidaire ?
    Non vous dis-je !
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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Mar 20 Avr - 16:42

Elle reprit une partie de ses esprits – qui jusqu’à lors s’étaient tirés en douce vers une hystérie totalement incontrôlable - lorsqu’elle sentit les quenottes mesquines claquer dans la bouche de la crapule : elle devait lui avoir fait un mal de chien. MIEUX, elle lui avait peut-être pété la mâchoire. Une vague de contentement primitif la submergea, elle célébra son euphorie en s’appuyant doublement sur le peton haït. L’abruti expirait à petite dose, histoire de ne pas s’évanouir sous le choc, et elle lui offrit gracieusement un sourire carnassier et menaçant qui célébrait son triomphe : elle avait du mal à endiguer le ricanement vainqueur qui lui coupait les lèvres ; bizarrement, il se coinça de lui-même dans sa gorge lorsque l’imbécile osa proférer un nouvel affront verbal, entre deux gloussements suraigus qu’il n’avait pas pu retenir et qui allait lui coûter CHER.

« Toujours aussi férocement hâtive, ma douce, maîtrisez donc vos ardeurs, nous sommes en public… »

Rousse eut d’abord un léger mouvement de recul devant le ton douceâtre qu’il employait fort souvent, et qui la hérissait irrémédiablement ; cette affreuse façon de badiner façon Prince Charmant lui filait des nausées incurables. Petit deux, elle ne fit même pas mine de se retourner ; elle avait localisé du coin de l’œil une bonne sœur à l’œil outré qui barbotait dans la flaque qui l’avait attaqué quelques secondes plus tôt, et, l’oreille dressée, elle parvenait à analyser les rires débiles qui s’échappait de la bouche dangereusement compromise des nabots impolis. Elle croisa les bras sur sa poitrine – pardon, son absence de poitrine -, le foudroya d’un regard furibard, plissa les lèvres genre pitbull en action, et prit le temps de mettre son agressivité en stand-by – une seule seconde – pour étudier la situation.

Le malotru qui lui servait parfois (RAREMENT) d’acolyte fronçait son délicat petit appendice nasal et affichait un masque de fierté parfaitement insupportable, tout en suintant le contentement, tant et si bien qu’il semblait exsuder une sorte de nonchalance visqueuse qu’elle aurait volontiers puni d’un meurtre en règles – avec hurlement, lacération dentaire, griffure et coup de genou pour castration irréversible ; mais le fait est qu’elle avait le gabarit d’un faon anorexique, et qu’il serait dangereux, sinon suicidaire, d’aller plus avant dans le duel à mains nues. Elle remarqua en un quart de seconde plusieurs données qui l’agacèrent profondément : l’horrible voleur avait du rouge à lèvres sur le col de sa chemise, forme de bouche pulpeuse en prime ; il avait réussi à prendre une pose de strip-teaseur contre le mur, tout en se prenant un pain dans la tronche ; et pire, il osait exhaler le charme commun des petites frappes dans son genre. Elle fronça violemment les sourcils, serra les dents, et s’apprêta à jeter une remarque cinglante à l’adresse des passants (« Attrapez-le ! Il m’a violé ! »), lorsqu’il échappa un petit soupir féminin et…

Repartit dans un fou rire digne d’un schyzophrène en phase terminale, les joues ruisselantes de larmes, les mains sur son ventre en passe d’être ouvert avec un quelque outil aiguisé (une lame de guillotine, quelqu’un ?). Elle poussa un hurlement de rage dépitée, elle-même renvoyée à son état de tarée meurtrière, et leva les poings en un geste totalement ridicule et furieusement offensif, avorté à la dernière minute par le réflexe prudent de l’insolent, qui interposa entre eux son lâche genou, qu’elle se prit bien évidemment de plein fouet dans l’abdomen.


« ARRÊTE IMMÉDIATEMENT DE R… AÏÏÏE ! »


Elle jappa son mécontentement sous un flot d’insultes furibardes proche d’une page du dictionnaire de la vulgarité (nous ne citerons qu’une petite partie du discours particulièrement recherché qu’elle lui servit a capella : « tapette à breloques, salopard en goguette, GROS CON, tu m’as perforé l’estomac, je te jure que je vais te faire bouffer tes bijoux de famille après les avoir arracher à la cuillère, connard de mes deux, je vais t’enterrer vivant et t’enfoncer ta tombe et ton épitaphe dans le gosier, FAIS UN CROIX SUR TON EXISTENCE, MEC, je vais te scalper jusqu’à ce que tu demandes grâce, et ensuite, J’ENFONCERAIS ENCORE LE COUT… », ect…) alors qu’il reprenait calmement son sérieux et que le speech virulent lui passait loin au dessus de la tête ; la repoussant légèrement sur le côté (elle était si enthousiaste quant aux différentes tortures et aux multiples meurtres qu’elle avait le pouvoir de perpétrer qu’elle le laissa gaiement faire, toute à ses vociférations), il décrivit une ravissante révérence et eut la décence de donner une « explication » à leur comportement quelque peu irrationnel :

« Mesdames et messieurs, j’espère que la représentation vous a plu. Saluez notre virtuose acrobate, je vous prie ! »

La réplique eut le mérite de faire taire le caniche en ébullition, qui s’étrangla avec ses derniers beuglements, et darda sur lui un regard ridiculement farouche, le menton en l’air, la bouche réduite à un petit cul de poule mécontent, les yeux agrandis par une haine déferlante, et la main encore en l’air, stoppée net au milieu d’un geste destiné à mettre en emphase ses projets de décapitation. Raide, ses yeux ouverts comme ceux d’un hibou furibard, les cheveux, qui gouttant, qui dressés autour de son visage en divers nœuds marins fortement emmêlés, la voix mourante dans sa gorge, elle était profondément, stupidement, et diablement ridicule. Elle laissa retomber lourdement son bras, sans pouvoir se départir de son expression outrée et menaçante, alors qu’il continuait sur sa lancée, décidé de toute évidence à la faire péter une durite et crever d’un infarctus, ou mieux, à être lui-même torturé avec moults couverts de tables et pince à épiler :

« Allez Ouistiti, fais pas cette tête ! Il paraît que les bains de boue sont bons pour la peau… »

Et rictus impudent en ponctuation, histoire de lui faire perdre la tête une bonne fois pour toute. Elle essaya néanmoins de résoudre le problème par étapes, de garder la tête froide, de le tuer dans un coin sombre, sans témoins, oui, c’était la solution ; elle lui asséna un violent coup de poing dans l’épaule pour le repousser, et inspira profondément pour répondre de façon plus posée (chose qui lui était de toute façon indispensable, puisque sa douce et tendre voix carillonnante commençait à perdre du timbre, à force de faire exploser les décibels) :

« TA GUEULE, ou je te fais lécher toute la boue de la ruelle, même si pour ça il faut te COUPER LA LANGUE. »

Bon pourcentage de voix calme. 30% de cri, peut-être. Une amélioration notable. Elle inspira une nouvelle fois, profondément, pratiquant son exercice de relaxation avec la discrétion de l’orque apoplectique, enfonça son pouce dans la poitrine (Oh ! Mais qu’il est musclé ! HÉ ! NE PENSE PAS À CA !) du blondinet, et martela d’une voix décemment forte :

« JE vais M’OCCUPER de ton CAS, tu VAS me FAIRE tes EXCUSES, attardé MENTAL ! »

Mais d’abord, disperser les badauds dans l’espoir de pouvoir lui arracher le cerveau par les narines façon embaumement égyptien ; elle se tourna promptement vers les cons qui l’admiraient toujours, les oreilles réchauffées par les gloussements perdurants et fortement agaçants des deux mômes suicidaires, et pointa sur eux un index menaçant, prenant pour l’occasion des airs de mage maléfique :

« Qu’est-ce que vous foutez encore là ?! DÉGAGEZ ! Y’aura pas d’autres rebondissements, VOYEURS ! »

Se tournant violemment vers les deux garnements qui crevaient décidément de rire, elle les foudroya du regard, fonça sur eux par surprise, et les chopa chacun par leurs cols amidonnés ; ils poussèrent un hurlement d’horreur en voyant le fauve lâché sur la foule, se débattirent dans la panique, alors qu’elle rugissait des insultes pour les faire taire ; les rejetant en arrière, elle les fit tomber sur le pavé. Les deux malotrus s’étalèrent délicieusement sur le sol, les larmes aux yeux, et elle s’accorda une petite pause pour éclater de rire en les montrant du doigt, légèrement hystérique, ricanante diabolique, puis reprit son sérieux pour brailler :


« ALLEZ, BARREZ VOUS ! »


Ensuite pivotant vers le couple choqué, elle conclut d’une voix furibarde :

« ET VOUS ! TROUVEZ VOUS DONC UNE CHAMBRE !!! »

Elle reprit son souffle en voyant les passants décamper, terrorisés par le fléau rouquin, et elle fit enfin volte-face pour régler son compte au chapardeur de pacotille. Ses yeux s’accrochèrent au vide. La bouche en « o », elle tourna la tête à gauche, à droite, fébrilement, abasourdie. Que…

Il avait disparu.

Il avait fuit.


« ERESSËA, REVIENS IMMÉDIATEMENT !!! », beugla-t-elle, bondissant sur ses pieds pour le courser à toute vitesse.
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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Jeu 22 Avr - 13:38


    S’enfuir ? Oh bah oui quelle bonne idée ! Surtout à CLOCHE PIED ! Eres grimaça méchamment, pestant tout ce qu’il savait contre cette foutue dinde roussie au poids conséquemment douloureux. Sa mauvaise humeur première quant à ses orteils en bouillie fondit cependant comme bowlies au soleil à l’entente de l’harmonieux tapage de l’ogresse.

    « ALLEZ, BARREZ VOUS ! »

    Quelles cordes vocales ! La fripouille à breloque était toujours fascinée par l'incroyable taux de décibels emmagasinné dans un corps si pl... frêle.

    « ET VOUS ! TROUVEZ VOUS DONC UNE CHAMBRE !!! »

    Un silence bref, révélateur s'ensuivit. Le top départ du jeu. Eres regretta amèrement de ne pas avoir pu voir la tête d’ahurie de la furie lorsqu’elle comprit que son gibier lui avait filé entre les doigts...

    « ERESSËA, REVIENS IMMÉDIATEMENT !!! »

    Oh oui ! Histoire de te faire dépecer, tu verras, c’est pas si douloureux que ça et tu feras un heureux… Heureusement qu'il avait une bonne avance.
    Le fugitif fronça le nez à l’entente de son prénom intégral et manqua de s’encadrer une jeune femme qui traversait la rue à cet instant. Il s’excusa avec un large sourire ensorceleur et reprit sa cavale. Non mais c’était vrai quoi : Eressëa ! Sùlë Hravan en plus, truc à rallonge et franchement improbable -pas moche en soit- mais carrément féminin ! Maudit soit le jour où, ivre-mort, il avait avoué son nom complet à l’autre sauvage qui évidemment n’avait pas pu s’empêcher de retenir un truc aussi futile.


    Adoptant un rythme de course régulier pour ne pas se fatiguer trop vite, mi-boitant mi-galopant en slalomant dans la foule s’éclaircissant avec la descente du soleil sur l’horizon, il cherchait une échappatoire tout en écoutant avec délice les vociférations lointaines de l’ourse hirsute qui, de toute évidence, ne démordrait pas. Il fallait bien lui avouer une créativité impressionnante : cela faisait bien cinq minutes qu’elle braillait et sa source d’inspiration quant aux sorts probables de l’effronté qui avait osé la ridiculiser comme personne en publique ne se tarissait pas… Certes les menaces tournaient en général autour des parties précieuses de la crapule mais c’était à chaque fois un nouveau traitement ! En revanche, sa voix commençait à sérieusement dérailler et ses voyages dans les suraigus faillirent bien avoir raison d’Eres qui peinait à avancer, son hilarité le chatouillant dangereusement de nouveau.

    Il arriverait bientôt à l’allée qu’il cherchait : entièrement plongée dans l’ombre toute la journée, sauf au zénith du soleil, et dardée de nombreux embranchements elle faisait un vrai labyrinthe. Hélas, cette vicieuse d’Uen ne semblait pas être de son côté ce jour-ci car alors que le vaurien touchait au but, une énorme carriole lui boucha l’entrée de la venelle y menant.
    Damnation ! Par pur réflexe, sans réfléchir, Eres obliqua ailleurs. Tout à fait stupidement puisqu’avec son agilité, grimper sur la charrette et sauter de l’autre côté eut été un jeu d’enfant… Surtout que le fauve se rapprochait et que lui, à moitié unijambiste, finirait par perdre du terrain. Il était très endurant mais n’allait présentement pas à une vitesse suffisante pour semer une Rousse en Colère.


    Alors qu’un nouveau couplet de « je vais te prouver que l’enfer existe, mon lapin » débutait dans son dos, attirant le regard des spectateurs hallucinés, Eres furetait à droite à gauche pour tenter de trouver un refuge où souffler un peu. Il lui fallait une zone d’ombre… D’ombre dense, sinon elle le repérerait aussitôt. Une impasse couverte, un stand long, une grange à l’abandon (ou pas d’ailleurs), une maison ou fenêtre ouverte, une bâtisse très haute, un recoin, une rue très étroite, un store épais, un…
    Oh ! Làààà ! Un porche ! Eres obliqua brusquement dessous, manquant de se vautrer dans les deux marches le précedant, et se fondit dans son ombre. Ouf ! Se tassant derrière le pilier qui soutenait le toit de sa planque, le filou vit passer sa féroce poursuivante avec un large sourire narquois. Non mais quelle blague cette nana, tant enivrée par sa douce comptine qu’elle en balayait même le destinataire de base de son esprit. Neuneu… Pour peu, il s'en serait presque senti vexé.


    Eres s’apprêtait à s’engager dans une ruelle adjacente et se perdre dans la ville quand l’hargneux petit monstre s’arrêta brusquement, vociféra des paroles à rendre sourde une oreille chaste (fort heureusement Eres était largement hors de danger) et se retourna en bloc.
    Ce fut pour le larron une longue période d’hésitation… Cruellement tiraillé entre son instinct de préservation et son envie de faire exploser Rousse… Ira, n’ira pas ? Lalala…
    Roh et puis zut, on n’avait qu’une seule vie ! Il s’adossa à son poteau, en plein soleil, et décocha un sourire ravageur -tant par son côté charmeur que par son côté « je me fous de ta gueule »- à sa bourrette (la femme du bourreau, vous ‘connaissez pas ?).


    « Bah alors ? » susurra-t-il avec malice « Je croyais que tu voulais me faire la peau ? Tu fatigues déjà ? Je suis déçu, moi que te croyais au moins à mes chevilles… »

    Puis, avec un dernier rictus affreusement frondeur, le genre qui donne sincèrement envie d’étrangler n’importe qui, il détala en sens inverse. Comment ? L’hôpital qui se fiche de la charité ? De s’enfuir à toute jambe après avoir insinué son poursuivant faible et pathétique ? Mais oui, tout à fait !
    Là tout de suite, le galopin avait follement envie de s’amuser ! Prenant une longue artère piquée d’étalages, il promenait tout en esquivant les passants qui s’empressaient de râler après son passage, son regard à la recherche d’une arme potentielle qui collerait à la situation…


    Ce faisant, il dépassa un gros homme aux allures porcines qui, non content d’avoir un œil au beurre noir pleurnichard, tentait de vendre un pot de teinture capillaire alors que de grosses tâches brunes mal rincées maculaient encore son front et ses boucles de bébé. Eres le dépassa avec un regard hautain -et oui, même en s’enfuyant lâchement il parvenait à être princièrement méprisant.
    Toutefois, en entendant le hoquet de terreur de l’obèse, il ne put s’empêcher une œillade en arrière : le marchand s’était carapaté à la vue de la furie qui chargeait toujours droit devant…
    Tiens, tiens… Voila qui était intéressant… Sachant à présent quoi chercher, Eres dépassa le stand du terrorisé et se saisit d’un tube de teinture, discrètement, qu’il déboucha. Plus loin, il s’empara lestement d’un ciseau d’argent. Ni vu ni connu.


    AloOors… Il était temps de miser un peu plus sur sa santé. Sans quoi il allait finir par s’essouffler sans s’être plus amusé, surtout que l’autre derrière ahanait, soufflant comme un buffle. Il s’arrêta donc et fit volte face, prêt, tube de teinture brandit telle l’excalibur des légendes Watérinienne, à accueillir la bête. Cependant, un coup d’œil à l’étalage voisin lui donna une nouvelle idée parfaitement puérile… Un buffle, hein ? Une vachette plutôt, pas vrai ? Juste à côté de lui, de magnifiques étoffes étaient soigneusement pliées, n’attendant que d’être utilisées. Il servit un ravissant sourire ébloui au commerçant et saisit un superbe drap rouge. Une fraction de seconde avant le débarquement de Rousse, il déploya le tissu dans la rue, se décalant brusquement sur le côté tel le charismatique torero :

    « Olé Roussette ! »

    Lâchant prestement l'étoffe, il se resaisit de sa paire de ciseau et de sa teinture rose.

    Sûr,
    Il allait périr…




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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Mar 4 Mai - 11:51

Elle voyait sa silhouette désastreusement boitillante loin devant elle, prenant une avance conséquente, et s'auto flagella de l’avoir laisser filer aussi stupidement ; elle aurait du le savoir, le lâche blondinet n’aurait jamais affronté l’adversité avec panache et courage ; non, il fuyait, comme un SALE CAFARD ! Elle aurait sa peau ! Elle aurait sa peau, et, mieux, elle accrocherait sa tête empaillée aux murs de son prochain squatt, se ferait un tapis de sa peau patinée, et des boucles d’oreilles avec ses yeux ! Elle irait jusqu’à se percer les oreilles elle-même pour avoir le plaisir de les porter non stop ! Il ferait mieux de faire ses prières à la sainte trinité et d’implorer la clémence paternaliste d’un jésus en jupons pendant qu’il en était encore temps ! Elle avait poignard, dague et couteau suisse dans la bottine, elle était prête ! Il lui suffisait de le rattraper ! Il zigzaguait élégamment entre les badauds émerveillés tandis qu’elle vociférait lesdites menaces à voix haute, passant vraisemblablement pour une psychopathe relâchée par un Sund fou furieux entre les étalages, et, butant sur certains abrutis qui osaient se balader un matin de marché sur sa route, elle repoussa violemment une ou deux vieilles dames dans le décor, écrasa les pieds d’une belle brune, et envoya son coude dans l’estomac d’un mâle innocent, pour le fun. Tout ça la soulageait drôlement.

Elle accéléra considérablement, sans respect pour son besoin certain d’oxygène et ses petites gambettes peu endurantes mais fort véloces, bien décidée à rattraper l’immonde énergumène pour renouveler son coffre à bijoux à coups de collier en dents d’Eres, de barrettes en ongles d’Eres, et d’élégants bracelets forgés dans sa moelle épinière, et fonçant tel un caniche sur rollers à travers le marché. Elle se remit à beugler en le voyant hésiter à bifurquer, et en remarquant avec une joie morbide l’écart qui s’amenuisait entre eux :

« JE VAIS REPEINDRE MES MURS AVEC TON HÉMOGLOBINE, MON POTE, ET JE ME FERAIS UNE JUPE AVEC TON ÉPIDERME D’ALBINOS ! TU VAS ME FAIRE TES EXCUSES, OU TU RISQUES DE PÂTIR SÉRIEUSEMENT DE TON BOITILLAGE GENTILLET ! »

Il faudrait d’abord qu’elle trouve un habitat digne de ce nom pour repeindre lesdits murs, mais peu importait ! Ajoutant une insulte toute indiquée quant aux atouts masculins du jeune voleur, elle foudroya du regard une fillette qui l’applaudit au passage avec un rire guilleret, et résista à l’idée de lui piquer sa sucette pour la faire chialer, décidée à ne pas perdre de temps ; elle continua sa route, lancée à toute vitesse, mais un choc violent la fit stopper net ; son pauvre corps en apnée depuis plusieurs minutes menaçait de rendre l’âme, et ses jambes se dérobèrent enfin sous elle, après un effort considérable ; se sentant chanceler, elle agrippa la carriole qui avait fait obstacle aux bondissement de la crapule exquise, et ouvrit la bouche pour reprendre enfin un souffle qui s’était tari au milieu de mugissements insultants. Elle fut prise d’une quinte de toux maladive, et sa gorge meurtrie lui annonça aimablement, avec maints sons rauques, que sa voix allait bientôt se tirer vers un monde meilleur. Elle jeta une œillade mauvaise à l’abruti possédant la carriole, et piqua une banane et une mandarine dans le chargement encombrant. Elle se donnait cinquante secondes, puis elle reprendrait sa route, point final : que son corps le veuille OU NON ! dégourdissant ses pattes endolories, elle mâchonna genre bovin lobotomisé ses carburants fruitiers, engloutissant la banane avec force virulence et la mandarine en aspergeant le pull marron de pulpe orangée, et avala le tout en moins d’un tiers de minute ; essuyant ses mains collantes sur le blouson du vendeur qui avançait un speech sur le fait que « vous ne m’avez pas payer, ou je rêve ? », elle lui tira violemment la langue et s’enfuit à toutes jambes, reprenant ses hululements amoindris par sa faiblesse notable. Au fur et à mesure qu’elle traversait l’allée, sa vitesse revenait avec brio, et, lorsqu’elle bifurqua vers le chemin où elle avait vu disparaître Hravan quelques dizaines de secondes plus tôt, elle était de nouveau au maximum de sa bêtise et de sa rapidité, programmée sur conduite automatique, le cerveau en berne et la bouche toujours active ; elle ne se rendit pas compte qu’il n’était pas devant elle et que la silhouette qu’elle connaissait fort bien (il lui arrivait de rêver du jeune homme, certes. MAIS SEULEMENT LORSQU’IL ÉTAIT RIVÉ À UNE TABLE DE TORTURE, n’allez pas vous faire des idées mal avisées !) n’était absolument pas dans les parages, et fonça entre les étalages en braillant son prénom :

« ERES ! ERESSËA ! FAIS BIEN ATTENTION, JE LE DIRAI A JEZEBEL ! TU VERRAS ! (elle trébucha sur un pavé et poussa un abruti sur son chemin pour le punir dudit trébuchement) TU VERRAS, ET IL STÉRILISERA LE SCALPEL QUE JE T’ENFONCERAI DANS LES YEUX ! IL CHAUFFERA LE FER BLANC QUE J’APPLIQUERAI SUR TES FESSES DE SALIGAUD ! »

Une mère de famille plaqua ses mains sur les oreilles d’un bambin hilare en la regardant passer, le cou plissé comme celui d’une tortue mécontente, et Rousse eut le réflexe fort mature de lui tirer la langue avec provocation ; c’est seulement lorsqu’elle se prit le mur de l’impasse dans laquelle elle courait depuis une bonne minute en gueulant, en pleine figure, qu’elle se rendit compte qu’elle s’était encore faite avoir. Elle fut projetée au sol avec la violence de l’impact et resta une seconde abasourdie, les bras toujours en mouvement, comme un scarabée coincé sur le dos, et releva la tête pour chercher l’immondice du regard. Elle bondit sur ses pieds, fit volte face, et avisa les zones d’ombre majeures ; le PORCHE ! LE SALE FOURBE ! Le visage orné d’une magnifique tâche rouge en forme de pierraille, le pull maculé de tâches oranges assorties à sa divine chevelure en pagaille, elle vit le blondinet sortir de sa cachette avec un sourire satisfait et énoncer sa sentence moqueuse, assez suicidaire pour continuer à parler malgré toute la haine qu’exsudait le lutin sanglant.

« Bah alors ? Je croyais que tu voulais me faire la peau ? Tu fatigues déjà ? Je suis déçu, moi que te croyais au moins à mes chevilles… »

Et il décampa façon boulet de canon en sens inverse, lui échappant une nouvelle fois et s’autorisa un petit gloussement de triomphe ; elle émit un hurlement de rage inarticulé et paroxystique qui termina d’assassiner ses cordes vocales ; soudain, le cri s’évanouit, coupé net, et elle tâtonna sa gorge douloureuse sans plus pouvoir émettre un son digne de ce nom ; testant ses capacités, elle essaya d’articuler le nom d’Eres ; un pitoyable chuchotement teinté de petits piaillements menus et suraigus s’échappèrent de son frêle gosier. Des larmes de dépit, de rage et de désespoir lui montèrent aux yeux, et elle remit en route pour poursuivre le boitillant adversaire, qui allait bel et bien finir par la pousser au suicide.

Alors qu’elle le suivait à allure régulière en priant pour qu’il se prenne les pieds dans un fil tiré au milieu de la route par un quelconque adjuvant charmé par les appâts peu probants de la roussette, elle le vit stopper vers une échoppe et s’intéresser à la marchandise d’un air amusé, et vit l’inaction du malpoli comme une dernière chance à saisir ; elle accéléra une dernière fois, prête à le heurter de plein fouet, lorsqu’elle le vit déployer un grand tissu carmin qu’il agita tel le toréro de talent ; stupidement, rendue fiévreuse par sa défaite et folle par cet écarlate étincelant, elle fonça vers lui sans ralentir, et, alors qu’il éclatait de rire, vit l’étoffe disparaître de son champ de vision alors qu’il s’écartait en matador élégant.

« Olé, Roussette ! »

Fulminante, elle se retourna vers lui ; elle haletait violemment, folle de rage, la poitrine soulevée par des soubresauts maladifs, la langue sèche, le corps suppliant pour une once nouvelle d’oxygène ; les poings serrés, le corps tremblant, le regard enflammé de haine et de stupeur, elle ne put même pas exprimer sa souffreteuse fureur en cri colérique ; montée sur le ressort du meurtre et de l’emportement, elle bondit violemment en avant et atterrit, après un saut fort convenable, sur la poitrine du tortionnaire, qui chancela brusquement en arrière pour s’écraser sur le pavé sous l’attaque ; prise de frénésie triomphante, elle se mit à tirer sans mesure les cheveux dorés, bourrer le torse de coups de poings féroces, transportée par son exaspération ; frappant les épaules, le visage, les bras, le crâne au hasard de ses gestes sans but, chuchotant sans pouvoir hausser le ton ses insultes meurtrières, elle serra les genoux autour de ses hanches pour l’empêcher de bouger. Elle planta son regard dans le sien et plissa enfin les lèvres, endiguant le flot de ses menaces. Blême de passion, elle plaqua la main sur la trachée du jeune homme, menaçant silencieusement de lui écraser la gorge une bonne fois pour toute.

Une. Bonne. Fois. POUR TOUTE !
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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Mar 4 Mai - 22:28

Ô toi ma dulcinée,
Que j’aime ta toison éméchée, en folie, en pétard ~
Que j’apprécie ta peau visqueuse, dégoulinante de sueur et bleuie de tares ~
Que j’affectionne tes yeux zombifiés, démesurés de haine, hallucinés de démence ~
Que j’encense ton chic pouilleux, tes haillons crasseux marqués de ton engloutie pitance ~
Que j’adore cette bouche béante, bavant ton agonie, moussue de rage ~
Que j’adule ton mélodieux râle éraillé, glas chuchotant d’une mourante, ton aphone babillage ~
Que j’idolâtre ton ahanement de bovin en phase terminale, ton halètement sépulcral, le tintamarre de ton ultime exhalaison ~
Que j’honore ta gracieuse personne, déterrée furibonde, ruisselante et spectrale apparition ~
Ô toi ma dulcinée… Ô toi ma génisse exhumée ~


Ô toi pachydermique patapouf pesant pénible piteux primaire puant poisseux, la PESTE ! Quelle plaie cette humanoïde ! Quel masse !
Mais où trouvait-elle tous ces kilos dans son corps de sèche ??
Et comment en étaient-ils arrivés là ?


✖️

« JE VAIS REPEINDRE MES MURS AVEC TON HÉMOGLOBINE, MON POTE… »

Mon pote ? Voila qu’ils élevaient les cochons ensemble maintenant, leur relation progressait de jour en jour ! Voir ici de vocifération en beuglement…

Vous vous souvenez ? Eres était à ce moment là en train de tenter de battre le record « marathon série unijambiste junior », avec à ses trousses le meilleurs stimulant du monde : un hybride rhinocéros roux de plaine centrale de Hun croisé manticore beuglante du Mont Braillard Yolien. Et vous voulez que je vous dise ? Il adorait ça ! Le spectacle d’une barbare hirsute revenue d’entre les mythologiques belligérances aquadiennes fauchant tout sur son passage -et alentour- en ânonnant son slogan crô-magnonesque, ça avait quelque chose d’affreusement divertissant… Même s’il fallait hélas être aux premières loges du théâtre pour gagner son ticket…

Qu’importe pour l’instant, Eres songerait à sa traversée du Styx -et ces foutues pièces à abandonner au passeur- plus tard !

« … ET JE ME FERAIS UNE JUPE AVEC TON ÉPIDERME D’ALBINOS ! »

Eres, tout en courant, loucha sur sa paume qu’il tendait devant lui telle la minette critiquant sa manucure… Albinos ? Mais pas du tout ! C’était d’un adorable pèche doré, légèrement hâlé -vestige d’un été bronzé- et lumineux. Un superbe épiderme suave, irrésistible, souple et désirable ! En faire une jupette paléolithique pour une Lucie des temps modernes avait quelque chose de scandaleux ! Hérétique !

« TU VAS ME FAIRE TES EXCUSES, OU TU RISQUES DE PÂTIR SÉRIEUSEMENT DE TON BOITILLAGE GENTILLET ! »

Eres contourna avec la légèreté du marcassin blessé l’étalage qu’il venait de méchamment se manger dans le genou gauche -loucher sur sa main en pleine course, non mais quelle idée- et dégusta l’agréable déferlement de douleur que lui procura la marmite fraichement tombée sur l’orteil précis que le yéti orange lui avait précédemment confisqué.
La crapule grava dans sa mémoire l’hideux visage du bougre d’abruti d’âne acéphale qui vendait encore des marmites à cette époque faste, et reprit sadite « boitillante gentillette » progression.


C’est à ce moment qu’il voulut se jeter corps et âme dans cette venelle pour sauver sa peau si chère à son cœur et ceux si tendres de ses bonnes amies… Le rustre, le traitre, l’assassin chauffard de carriole qui lui obstrua le passage serait peut-être le meurtrier de jolies jeunes donzelles occises par le chagrin…

Y songeant avec son ironie naturelle tout en pestiférant le marchand, Eres se retourna brièvement, interpellé par le soudain silence, pour voir la Bête s’écrouler lourdement sur le convoi, l’aspergeant de l’écume de l’effort et le désignant ainsi future épave. Eres esquissa un sourire narquois, gambadant à reculons, avide de voir sa terrible vengeance s’abattre sur l’importun qui avait osé lui faire obstacle… Envoyer un cerbère furax sur son ennemi… Quel plan machiavélique !

Oh ouiiii ; le carrioleur (si ça se dit d’abord) s’approchait de furie, ça promettaiiiiit ! Et… WOUAP ! PAR TOUS LES DIEUX ET LEURS PUTAINS ! Qui avait osé poser ce dinosaure en peluche au milieu de la route ?? Eres glissa tout à fait grotesquement en arrière avec un cri théâtral et à renfort de grands moulinets de bras espéra sans doute devenir hélicoptère avant l’inévitable chute qui promettait d’être retentissante, notamment pour son arrière-train. Son hélice droite accrocha un pileux bras brun appartenant manifestement au propriétaire de l’affreux gnome éleveur de lézard en mousse… Eres se rééquilibra rapidement et lança un regard éperdu devant lui : naoooooon ! Il avait dû rater le meilleur, Rousse se relevait déjà !

Tant pis. Il reprit lui aussi sa course -à l’endroit cette fois- fort d’une certain avance et peu désireux d’agripper plus longtemps le velu membre paternel qui avait sauvé son honorable derrière.

+

« ERES ! ERESSËA ! FAIS BIEN ATTENTION, JE LE DIRAI A JEZEBEL ! TU VERRAS ! »

Eres grinça des dents à la nouvelle mention de son nom et poussa un soupir d’enfant boudeur : voila qu’elle allait tout raconter à papa mac-mac, c’te sale rapporteuse !

Oui nous en sommes bel et bien à l’instant où Eres, caché sous son porche, espionnait perfidement le bout de pseudo-femme à sa poursuite…
Vous savez ce que cela fait, pour une gamine de dix ans, d’entendre un ricanement parfaitement stupide et puéril tout près de son oreille alors qu’il n’y a personne ? Et bien ça fait ravissant bonhomme de neige à couette mort de peur, bouche ouverte, larme à l’œil, qui fixe le vide… Eres rigolait déjà de voir cette gosse terrorisée cherchant une entité fantômatique de ses yeux hagards… Mais lorsqu’il vit, de loin, la limande revenir d’une impasse avec une grosse brique imprimée en rouge sur la caboche… Il explosa d’un rire sonore qui firent dresser les tifs des passants sur leurs têtes et se carapater la mouflette. Splendide ! Vraiment, Rousse resplendissait ce jour-ci !


Par contre elle l’avait trouvé… C’est là qu’Eres sortit de l’ombre et lança une nouvelle prov… un nouvel encouragement. Rendant plus acharnée que jamais l’animale en délire.

✖️
BAM.

Il n’avait pas pu l’esquiver. Pourquoi ? Parce qu’en plus de se retenir une nouvelle fois de rire (il devait avoir abusé de muscade le garçon), il remarquait l’apparence pathétiquement comique de sa tout de même coéquipière… Et cette perle dans l’œil… Elle pleurait ? De rage ? Contre lui ? A ce point ? Elle tremblait de tout ses membres, semblait au bout du rouleau et… Piaillait des sons suraigus… Ce qui lui arracha un irrépressible pouffement hilare, étouffé de mieux qu’il put dans ses joues, lui donnant momentanément l’air d’un adorable petit hamster blond.
Il ne songea donc pas à l'éviter. Hein ? Compassion ? Apitoiement ? Ca signifie… ? Non bien sûr que non ! Mais franchement : QUI aurait pu s’imaginer qu’une foutue gamine à la gueule de déterrée et au trois quart asphyxiée pourrait amorcer un bond pareil ??? Il y avait des sciences occultes dans cette bestiole !


Elle le plaqua au sol avec une telle violence qu’Eres, le regard stupidement stupéfait, faillit bien s’éclater le crâne contre le pavé. Mais alors qu’il comptait les chandelles dansant devant de ses mirettes, ce fut pire… Le prenant subitement pour un os en caoutchouc, le foutu roquet roux se mit à l’enchainer de marrons dans la poire avec une méchante conviction, le secouant comme un prunier et menaçant d’aller lui faire faire un séjour dans les pommes. Elle y allait de bon cœur ! (Elle avait la pêche…)
Il est vrai qu’au début, les charges de poussin d’un jour que donnait le clébard à la crêpe d’Eres ne lui firent pas grand mal, néanmoins au bout du deuxième bataillon de bourrades, sa mâchoire commençait à le faire sérieusement souffrir et sa pommette menaçait d’exploser. C’est qu’elle allait le défigurer !


Il l’aurait bien éjecté de son divin corps mais la femme des cavernes avait l’expérience des hommes : ses genoux pressées contre la crapule, elle lui interdisait tout mouvements et accessoirement, lui coupait le souffle.
Pour peu Eres aurait trouvé la situation plutôt agréable, c’est vrai qu’en dépit de son manque de forme, la gamine avait de bien jolies gambettes…
Pour l’heure, il s’inquiétait surtout de voir le petit poing belliqueux se couvrir de la redoutée grisaille qu’il connaissait bien.


Il s’apprêtait donc à utiliser la force de ses bras pour essayer de faire lâcher prise à la sangsue avant qu’elle n’ait l’idée simple et fatale d’utiliser son pouvoir quand elle changea de tactique et agrippa le cou de sa proie…
Un silence pesant s’abattit soudain dans la rue : Rousse avait cessé ses ridicules piaillement de poulet étranglé, les badauds s’étaient arrêtés et plus aucun d’entre eux n’ouvraient la bouche, éberlués par le spectacle.


Eres commençait à virer au myrtille vif quand il décida qu’il était grand temps de faire quelque chose : oui mais quoi… ?

Bon, puisqu’elle voulait jouer à la dominante avec lui ~
Il lâcha à regret les poignets meurtriers de sa chasseresse pour saisir d’une main experte sa cuisse gauche. Il fit courir ses doigts le long de sa prise, caressant ce si joli membre opalin et l’empoigna finalement fermement. Pendant ce temps, la main droite s’était glissée sous la cheville de l’assaillante, profitant du creux occasionné par une jonction de pavés.

« Tu es bien entreprenante, mon aimée, si belle en colère... » susurra-t-il suavement dans un dernier regain d’oxygène.

Ce qui n’avait pour but que de la déséquilibrer une fraction de seconde. Eres n’attendit pas la fraction suivante qui aurait assurément signé son arrêt de mort et avalant une grande goulée d’air pendant ce bref et précieux répit, il mit toute sa force et tout son poids pour faire basculer l’animale : soulevant brusquement sa jambe droite, écrasant la gauche contre le pavé.

« WAAAH !! »

Le cri rauque de l’effort… Le fait était que Rousse pesait en réalité un poids-plume, l’opération aurait été d’une simplicité enfantine si sa respiration n’avait été coupée par les menottes stragulaires et les genoux écrasant ses côtes…

La situation actuelle ? Fort plaisante ! Devinez…

Eres était au dessus de Rousse, entre ses jambes, et les deux partenaires haletaient. Louche, non ?

« Si tu me lâches pas, j’te viole ! » lâcha-t-il lourdement sans trop réfléchir en plantant son regard gris dans les prunelles enragée de sa compagne.

Menace qu’il ne se serait bien entendu jamais autorisé avec une autre demoiselle, néanmoins la sanguinolante larme qu’il sentait suinter de sa pommette, sa respiration courte, l’excitation de Rousse et son aura meurtrière avait réussi à faire s’effriter son insolent calme...

Mauvais, mauvais garçon…

On ne maltraite pas les femmes, même les limandes garçonnes ~


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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Ven 7 Mai - 10:36

Ô toi mon bien-aimé,
Que je méprise ton doux visage de minet,
Que je réprouve tes breloques clinquantes,
Tes appâts séducteurs, tes épis blondinets,
Que j’exècre tes hilarités bruyantes,
Cette provocation ! Cette immonde litanie !
Que j’abhorre tes pulsions, tes ombres, tes lubies,
Que je hais l’instable feu follet de ton être !
Et sous ma poigne de fer tu seras asservi !
A force de meurtrissures, je serai ton maître !
Moi, de ta provocation, enfin affranchie !
Ô toi, mon bien aimé,
Je crache sur ta tombe, ris de ton épitaphe,
J’insulte ton cadavre et valse sur ton cénotaphe !


Ô toi, vile vipère vétilleuse vilipendeuse victorieuse et violente, VAURIEN ! Quel viveur sybarite ! Quelle insolence !
Mais où trouvait-il donc sa ruse dans son crâne lobotomisé ?
Et comment avait-il pu proférer pareil affront ?


✖️

« Tu es bien entreprenante, mon aimée, si belle en colère... »

Une telle réplique annihila son attention un instant, et elle eut un mouvement de recul et un froncement de sourcil étonné ; comment ? Pourquoi lui parlait-il ainsi ? Il avait dit… « aimée » ! C’était si… flatteur et… Elle baissa les yeux sur son visage et eut une seconde d’adoration pour le délicat grain de peau, l’adorable lèvre, l’exquise courbure de l’œil. Oui, il était vraiment… HÉ ! IL ÉTAIT IRONIQUE, LE PETIT SALAUD ! Elle baissa de nouveau le visage vers lui pour lui servir une discours vociférateur, mais…

Des doigts – un sillon – tracé comme un frisson ; et le geste ! L’élan la fit basculer violemment ; détour, chute, force. Elle se retrouva crâne contre terre, le choc ayant arrondi sa bouche en fleur, les yeux écarquillés de surprise. Deux éléments, en quelques secondes, heurtèrent la sensibilité bancale d’une Roussette au bord de l’infarctus : et elle faillit bel et bien rendre l’âme sous le coup de la stupeur.

Premièrement, l’indécence totale d’une victoire imméritée du côté d’Eres, et leur position plus que grotesque, et plus que connotative, au milieu d’une rue fort intéressée par leurs ébats. L’imbécile la dominait, confortablement calé entre les cuisses faméliques de la maigrichonne, le souffle court et la trachée rougie par sa défunte poigne. Il tenait ses épaules à même le pavé, histoire qu’elle ne bouge pas d’un pouce, et penchait son visage las vers elle, expirant difficilement les halètements de l’acharnement ; elle, plaquée au sol, immobile et muette, crispée par l’adversité, incapable de se dégager. Très joli ! Bravo ! Bien choisi, et puis tout ce qu’il y a de plus raffiné, ravissant, élégant, de bon goût, vraiment ! Certes, Rousse ne venait pas des salons de la haute, mais merde, à la fin, POUVAIT-IL CESSER IMMÉDIATEMENT DE S’AVACHIR SUR ELLE COMME UN OBSÉDÉ EN MAL D’ORIFICE ??

Alors que ces pensées furibardes heurtaient son crâne douloureux, une autre donnée vint s’ajouter à son horreur et son malaise, et l’empêcha de traduire ses hurlements intérieurs plus avant que sur sa figure expressive ; il menaça :

« Si tu me lâches pas, j’te viole ! »

Il planta son regard dans le sien et vit certainement la rage animale de Rousse chavirer au creux de l’iris ; un soubresaut de stupéfaction la cloua au sol et son corps se relâcha complètement, pansé par l’ahurissement, oublieux de ses réflexes ; elle fixa d’une prunelle démesurée le visage féroce d’Eres, reprit son souffle, referma ses poings, serra les dents, et…

Vira à l’écarlate, de la gorge aux pommettes.

Il était devenu complètement dingue ?! (Oh mon dieu, cette brûlure sur la peau… je ne suis quand même pas en train de… ROUGIR ???), jamais, au grand jamais, il n’avait osé proférer une réflexion aussi stupide et aussi insultante, aussi perverse et aussi malaisée, et elle avait bien l’intention de (NON ! PAS DE ROUGE ! PITIÉ ! PAS MON VISAGE !) lui faire regretter son irrespect et sa férocité mâle ! Il pouvait la frapper, la mordre, la griffer, la gifler, mais menacer de viol ? Pour qui se prenait – (C’est pas vrai… c’est RIDICULE ! J’ai LA FIGURE EN FEU !) – il ? Pour qui la prenait-ELLE ? Sans pouvoir s’en empêcher, elle se sentit se recroqueviller sous lui et baissa les yeux pour échapper à son œillade ; on ne parlait pas comme ça à une de Anima ! Impossible ! Les insultes la rendaient endurante, mais les connotations l’anéantissaient dans la perplexité ! Elle inspira profondément.

En fait… pourquoi pas ? Après tout, tu as toujours eut un œil sur les ébats et les conquêtes d’Eressëa, et par la même occasion sur sa croupe fort gracieuse. Depuis que tu le connais, tu admettras que tu l’as toujours trouvé plus élégant, plus digne d’admiration, plus beau, plus gracile, plus séduisant, plus adorable, plus spirituel, plus agile, plus amusant que tous les mâles ayant croisé ta route, molosses y compris. Pour une fois qu’il profère une parole plus flatteuse que « pauvre poire », tu devrais t’en réjouir, non ? Ca veut tout de même dire qu’il envisage l’activité sensuelle sur ta personne, bien que tu sois fort médiocrement attifée, franchement chiante, passablement écumante, et comparable à une limande au niveau mammaire. Alors, que demander de plus ? Trouve toi une alliance et bouge tes fesses d’anorexique !

Non mais ça va pas ? SORS DE MA TÊTE, VOIX DU DÉMON !

Reprenons.

Elle devait sans aucun doute reprendre son souffle, réfléchir, et faire refluer cette tendancieuse bouffée de carmin qui avait peinturluré sa frimousse de chaton souffreteux ; pas question de lui faire pitié ! Pas question de le laisser réagir ! Il la tenait, certes, mais sa remarque débile et puérile ne lui faisait pas peur ! AH OUAIS ? Qu’il essaie donc, elle se ferait un plaisir de devenir une Dalila rouquine, qui, à coups de poignard, couperait gaiement l’origine de la « force » d’Eres : elle en ferait sans scrupules un eunuque larmoyant ! Elle sentait l’oxygène affluer dans ses poumons, ses forces revenir et s’étendre dans ses veines et sa gorge meurtrie ; si elle était toujours rouge comme une pivoine, ses muscles se bandèrent de nouveau, et ses yeux reprirent de leur éclat furieux en croisant de nouveau l’œil de Hravan ; elle sentit pour de bon son étonnement chanceler, sa faiblesse s’éteindre au profit d’une salve paroxystique de haine.

Elle souleva légèrement son visage pour qu’il entende les chuchotis auxquels elle était réduite suite à son extinction cruelle de voix, et souffla tendrement à son oreille, décidée qu’elle était à lui montrer combien une Rousse confrontée au sexe devenait délicate, douce, conquise, charmée, charmeuse, consentante :


« Oh… Eres…Je… »

Elle eut un bref papillonnement de cils.

« VAIS TE FAIRE SOUFFRIR, VIEUX PERVERS ! »

Ramenant violemment ses gambettes fuselées entre celles d’Eres en les repliant souplement, elle souleva d’un seul coup ses deux genoux pour les balancer sans pitié dans l’entrejambe dudit queutard, qui relâcha évidemment la pression de ses bras sous le choc et se roula à terre avec un hurlement de souffrance, vaincu par la douleur toute masculine de la nouvelle blessure ; le saligaud ! Il l’avait bien mérité ! Elle espérait avoir mis en péril toute son IMMONDE DESCENDANCE ! Elle eut un vil ricanement, roula sur elle-même, et rebondit sur ses pieds, frottant ses mains l’une contre l’autre, ravie de la nouvelle tournure des évènements ; debout près du corps souffreteux d’Eres, elle lui balança un aimable coup de pied dans les côtes et reprit son souffle en époussetant ses vêtements sales. Fermant les yeux une seconde, elle passa sa main-peigne dans ses cheveux pour les démêler, câlina son pauvre genou-assassin meurtri, et jeta un œil à sa victime. D’un coup de patte élastique, elle s’accroupit à côté de lui, et retroussa ses babines sur ses dents aiguisées de sale corniaud pour lui adresser un sourire cruel et triomphant. Bien-aimée, hein ?

« Tu t’avoue vaincu ? Tu vas t’excuser ? Hein, mon doux violeur ? Tu t’es fais bobo ? Eh bien, je suis navrée, mais en tant que violentée victime, je ne peux pas t’administrer de bisou magique ! VA CREVER ! »

Elle câlina néanmoins affectueusement les cheveux blondinets comme on caresse les poils ras d’un carlin docile, et eut la gentillesse généreuse de plaquer un petit baiser sur le front de l’énergumène torturé. Il aurait dû s’en douter, pourtant… Rousse gagne toujours.
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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Sam 15 Mai - 15:57

Ce que tout pouvait être fatiguant avec elle… La plus anodine ânerie devenait forcément une affaire d’Etat : un malheureux croche-patte, une guerre ouverte, totale et sanglante… Une infortunée plaisanterie virait au pugilat autodestructeur. Parce que oui, en plus d’être une brute épaisse dangereuse pour son environnement, la petite crétine avait des prédispositions certaines et un talent inné en tant que kamikaze. Et qu’est-ce qu’elle était coriace… Petite, maigrichonne et aussi costaude qu’une grenouille anorexique née hybridée mollusque, elle faisait néanmoins preuve d’un acharnement usant… Moins toutefois que ses hurlements stridents martelant les tympans jusqu’à ce que folie s’ensuive.

C’est pourquoi Eres prenait le temps de souffler un peu, ne voulant pas la libérer trop vite, histoire de faire une pause vitale avant une hypothétique reprise des hostilités. Certes leurs positions actuelle n’était pas exemplaire ou spécialement catholique -heureusement qu’en ce cher Waterin notre amie l’inquisition ne mis le pied- ou propre à une tasse de thé le temps d’une trêve, n’empêche qu’il reprenait un rythme cardiaque normal et se calmait, petit à petit…

Prêt à lancer la pique indubitablement désagréable et horripilante du vainqueur, il reporta ses yeux acier sur sa captive… Mais ce qu’il y vit lui cloua le bec -un exploit en soi. Rousse le fixait, interdite et… Muta en pivoine. Qui lui aurait cru une parenté proche ou lointaine avec ces délicates merveilles de la nature ? Et pas une pivoine bon marché dans les bas échelons de la hiérarchie pivoinesque : d’un rouge vif, cramoisi ! Elle… rougissait ? Mais… Certes, la guenon rougissait toujours promptement mais avec Jez’, mais pas avec lui… Peut-être était-ce un rougissement de colère… ? A ce point… ? Ah non, la voila qui se tassait comme une malheureuse…

Stupéfait, littéralement ébahi, Eres chercha ce qu’il avait bien pu dire comme absurdité ayant pu avoir un si fabuleux impact sur la opiniâtre bougresse… Voyons… Il l’avait attrapé, retournée et… Oh ! L’avait menacé de viol ! Sérieux ? Ca la faisait… Rougir ? ELLE ?? Il se serait attendu à se prendre la taloche de sa vie mais sûrement pas à la voir virer sauce-tomate ! Perplexe devant un tel phénomène, il commençait à se sentir coupable… Le garnement avait balancé ces mots de façon tout à fait irréfléchie. Il lui avait fait peur ou… ? Elle n’avait tout de même pas pris ça au sérieux… ? Comme si un homme sain d’esprit pouvait avoir un désir… quelconque… pour son corps de gamine osseuse malnutrie... Hé, à moins qu’elle n’ait elle-même des idées louches en tête… ?

Il sentit sous son corps la frêle créature retrouver un peu d’énergie, et c’est avec un instinct soigneusement travaillé à ses dépens qu’il enclencha son système d’alarme, prêt à parer toute éventuelle tentative d’offensive de l’agressif coquelicot. Il vit aussi le visage terriblement expressif de sa comparse reprendre une teinte plus vive et sentit la reprise des hostilités proche. Dieux, ça allait être sa fête…

Ah non… ?

La limande souleva juste légèrement la tête, presque câline si elle avait su l’être, et murmura dans le creux de l’oreille de la crapule trois moitiés de mots d’un ton qu’Eres ne lui aurait jamais soupçonné… Franchement interloqué par cet accent enjôleur dans cette voix -éteinte- qu’il ne connaissait que beuglante ; éberlué à l’idée d’en être le destinataire… Il se fit avoir comme un bleu.

La garce…
Pucelle effarouchée ? Mon œil, pas pour longtemps ! Elle manquait bien trop de féminité pour ça !
Ce ne fut pas la première fois… Loin de là. Ni la dernière, hélas, sans doute. Mais lorsqu’il comprit l’inévitable, Eres eut une affreuse sensation de déjà vue. Il sentit une terrible angoisse se loger au creux de son estomac et esquissa une grimace préventive anticipée historique… Et oui, encore…


Et BIM ! Dans les bijoux de famille ! Eres poussa un sonore juron de douleur, repoussé violement en arrière, et tomba lourdement sur le pavé tout en tenant ses précieuses brutalisées… Punition habituelle. La garce, la garce, mais la GARCEUUUUH ! MAIS CA FAISAIT SUUUUPER MAL !!! Quel flagrant manque d’originalité, pourquoi c’était TOUJOURS LA qu’elle visait ??? Le corps humain comptait pourtant un nombre impressionnant de partie toutes aussi exploitables les unes que les autres dans la vaste panoplie du sadisme, alors pourquoi celle-là ??? Parce que c’était simple, rapide et que ça faisait mal, d’accord, mais… MAIIIIIS, quoi !! Eres se foutait éperdument de sa potentielle descendance, pour l’heure, mais il tenait tout de même à ses parties ! Qu’est ce qu’elle était fade, cette braillarde liche ambulante, décidément ! Quel mufle ! Quelle cancre ! Alors qu’elle redoublait toujours d’une créativité débordante pour ses insultes, niveau offensive, franchement plat, hein ? Que de la gueule ! Quelqu’un de réellement inventif aurait… Inventé autre chose ! (Comment "quoi ?" ? Mais mêlez-vous de c'qui vous r'garde ! Vous pensez vraiment que je suis en état d'écouter ma catin de muse, là ? De la mauvaise foi ? Et mon poing sur ton nez d'fouineur ?) Bordel, ce que ça faisait maaaaaal… Ca, elle allait le payer cher ! Il en avait déjà une ou deux de retard, ça serait PIRE ! C’était si bas, si lâche, si… Foutue génisse. Ses mamelles inexistantes ne risquaient pas de devenir un point faible, de son côté, c’tait sûr…

Et re-BAM ! Deuxième châtiment, dans les côtes ! Le souffle coupé, Eres ne put même pas extérioriser dans une insulte particulièrement grossière son idée fort qualitative quant à l’hirsute parodie de femelle, battu à plates coutures…

Il sentit plus qu’il ne vit, recroquevillé dans une coquille de douleur qu’il était, l’affreux bourreau se relever fièrement et se pavaner devant l’assemblée de badauds réunis. Elle s’épousseta, se démêla de façon sommaire et massa rapidement son genou. Puis, elle s’accroupit à côté de lui, irradiant d’un orgueil tout à fait écœurant, et susurra de sa voix ridiculement détériorée :

« Tu t’avoue vaincu ? Tu vas t’excuser ? Hein, mon doux violeur ? Tu t’es fais bobo ? Eh bien, je suis navrée, mais en tant que violentée victime, je ne peux pas t’administrer de bisou magique ! VA CREVER ! »

Violeur ? Vaincu ? EXCUSES ? C’est ça, et le père noël, tu l’as vu aussi ma grande ? Elle pouvait toujours rêver la vile ogresse ! Il grinça des dents en entendant ce ton mielleux, ces paroles pseudo-maternelles emprunt d’une arrogance innommable… Sûr… Il allait se la faire… Nan mais non ! Pas dans le sens câlin du terme ! Il allait juste… Il ne savait pas encore comment, mais il allait lui faire soit trèèèèès mal, soit la persécuter trèèèès longtemps, soit la rendre trèèèèès ridicule, soit la faire pleurer trèèèèès fort, soit la démembrer trèèèès lentement, soit… Ô milliers de choix qui s’offraient à lui. La vengeance est un plat qui se mange froid et Eres le sait fort bien…

La douleur se calmait, habitué -si du moins on pouvait l’être- qu’il était à se manger des torgnoles dans l’entrejambe. Ruminant de sombres pensées, il ne se redressa pas tout de suite néanmoins… On ne savait jamais, elle n’attendait peut-être que ça pour l’attaquer à nouveau la fourbe animale… Prudence est mère de sureté, dit-on…

Oh non… L’infâme cul-terreuse fit pire… Complètement embourbé dans son apparente joie quant à son nouveau rôle maternel aussi soudain que rasoir et pathétique, après le ton dégoulinant de sucre et le bisou magique voila qu’elle… Qu’elle… Lui ébouriffait affectueusement les tifs ? Alors là…
Non contente de faire bouder le voleur comme un gamin qui a honte de sa mère, elle se pencha vers lui…


AaAah… que c’était adorable de sa part… Lui offrir une si belle occasion de la tourmenter ! Elle posa un délicat baiser sur son front et l’animal bondit : l’empoignant à la nuque par les cheveux, il lui lança un regard incendiairement railleur avant d’attraper ses lèvres entre les siennes. Il l’embrassa avec la passion de la rancune, la mordant violemment au passage, puis se releva d’un bond, chancelant vaguement sous un rapide choc de souffrance persistant encore sous sa ceinture.

Il se rétablit et goguenard :

« Merci pour ce "bisou magique", guenon de mon cœur… Il a dû te plaire, non ? Tu avais l’air si heureuse, mon effeuillée pivoine, aux anges entre mes bras que j’ai voulu t’octroyer une nouvelle illusion pour parfaire ta ridicule utopie… »

Arrogant ? Ben tiens ! Il n’allait sûrement pas s’empêcher d’interpréter -de travers ou non- le honteux rougissement de son ennemie ! Ca, elle allait entendre parler… Il s’écarta avec précaution, prévenu désormais, puis s’épousseta à son tour, se passant une main dans les cheveux plus ou moins exactement comme son acolyte quelques instant auparavant. Puis, avec le bougonnement mauvais et boudeur du marmot mauvais joueur dont le tour est tombé à plat, il grommela :

« Tu te mets vraiment en colère pour des broutilles… Comme s’il était envisageable qu’un homme normalement constitué puisse convoiter ton bout d’viande sèche et radin de chair… Réveille-toi ma vieille. »

Il soupira en secouant la tête, l'air désabusé… Ah celle-là alors, il n’y en avait qu’une -du moins il l’espérait. Puis, avec un très mauvais rictus à la fois pervers, sournois et hilare, le garnement acheva :

« Oh… Et le rouge est une couleur qui sied à merveille à ton teint… »

Ca pour bien lui faire comprendre qu’il ne la lâcherait pas de si tôt…

Rousse gagne toujours ?
Certes, mais Eres ne perd jamais complètement…

Alors... ?

Spoiler:
 

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Jezebel Mac Lachlan


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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Dim 23 Mai - 20:59

Assis à son bureau, les pieds sur la table, Jezebel crachait des ronds de fumée, transformant petit à petit la pièce en vallée emplie de brouillard. Alors qu'il avait passé sa matinée à s'occuper des tracasseries administratives induites par ses affaires juteuses, son après-midi avait été d'une monotonie déprimante : les ronds de fumée n'étaient que sa troisième occupation après les avions en papier et les gribouillis sur le bras. Non, vraiment, Jez' s'ennuyait.
Sa morosité s'envola lorsque Maria entra dans la pièce. Avec son gabarit de matrone sicilienne et sa grosse voix, elle parvint à illuminer la fin de journée rien qu'en entrant dans la pièce… Et même si elle venait pour se plaindre. Meuglant insultes et menaces, elle ouvrit la fenêtre d'un geste brusque avant d'écraser la cigarette dans le cendrier.

    Bulletin cérébral de Jezebel.
    Allons bon, c'est quoi le problème… ? Comment ça, on les sent jusque dans la cuisine ? M'enfin, elle est deux étages plus bas de l'autre côté du bâtiment ! Non, vraiment, ça te gène… Bon, j'vais pas lutter pour me prendre des baffes, tu le sais bien. Voilà, je suis un brave gars, je hoche la tête… Hey, lâche ce torchon !


Ayant compris que son patron ne hochait la tête que par crainte des représailles, l'accoucheuse officielle de la Maison venait de lui lancer son torchon au nez en lui glapissant un ordre. Pas fou, le grand dadais se leva prestement de son siège de président et exécuta l'ordre. Aller cherche du café était un tâche à sa portée supposant une escapade à l'extérieur de la bâtisse, donc dans une zone où il pourrait emplir ses poumons de substances toxiques sans qu'une mère de famille au sens sicilien du terme ne vienne lui lancer des bouts de tissu dessus, aussi ne rechigna-t-il pas trop à l'accomplir.
D'un pas leste, il dévala les escaliers qui menaient à la ruelle, récupérant au passage un porte-monnaie et un pull qu'il enfila au dessus de son t-shirt grisâtre. Il ouvrit la porte, mit un pied dehors, puis se retourna vers le couloir au milieu duquel Maria l'observait partir, histoire d'être sûre qu'il ne fasse pas n'importe quoi.

    - Du café… Tu veux autre chose ?
    - Des chocolats pour les filles.
    - Café, chocolats. Noté.


Et il sortit, refermant la porte sur lui, rassurant la matrone.
Surpris par le vent frais, Jezebel passa ses pouces dans deux grands trous ouverts sur les manches de son pull afin de protéger ses avant-bras du froid mordant de Novembre. Remarquez qu'à côté de cela, il gardait les clavicules largement découvertes par ses deux hauts informe et bien trop grands…
Toujours est-il qu'il s'avançait maintenant vers les allées marchandes, traversant d'un bon pas les petites avenues glauques de son quartier de résidence, saluant au passage des connaissances.

Les allées marchandes

Bruits, froufroutements, mouvement… Tout était différent ici. Il y avait de la couleur, des rues propres, des marchands qui vendaient autre chose que des produits douteux. En fait, il aimait bien les allées marchandes tant qu'il n'avait pas à y mettre les pieds tous les jours.
Se frayant un chemin parmi la multitude, il avançait en sachant où il allait, ne laissant aucune impression durable sur ceux qu'il effleurait. S'il l'avait voulu, il aurait pu faire de l'ombre à un certain décoloré à breloques… Sauf qu'il avait de quoi payer ses achats sans avoir à faire les poches aux passants, et qu'il ne souhaitait pas devenir pickpocket détrousseur de demoiselles en détresse. Plutôt être maquereau que dragueur invétéré !
Digressant dans son esprit, il faisait route vers son chocolatier attitré, cherchant du regard un vendeur de café. "Son" chocolatier, oui, car les filles avaient des exigences de divas : certaines n'aimaient que le chocolat noir, d'autres carburaient aux chocolats aux fruits, d'autres encore étaient allergiques aux noisettes… Un seul chocolatier était parvenu à créer une palette de saveurs capable de satisfaire ces demoiselles, s'attirant ainsi les faveurs d'un véritable harem et la clientèle fidèle d'une grande asperge blasée.
Alors qu'il errait dans une des allées, son regard se posa sur un étal surchargé de produits… Et de café. Jezy s'arrêta donc pour acheter deux kilos de caféine en poudre, un paquet de sucre et un sachet de gâteaux secs, au cas où il resterait dehors un peu plus tard pour finir d'absorber sa dose de nicotine, puis il repartit vers son chocolatier.

Le grand bonhomme aux imposantes moustaches qui tenait normalement la boutique étant malade, ce fut sa fille aînée, une grande brune pulpeuse, qui accueillit Jez'. Profitant de l'absence temporaire de clients, il discuta avec la jeune femme, prenant des nouvelles de la famille Carmelynn (Pâtissiers depuis dix générations, proclamait une pancarte sur leur devanture), de la petite dernière, des animaux, du père alité pour cause d'angine… Depuis qu'il connaissait la famille, il avait appris à se fier à leurs intuitions perspicaces sur les événements et à les considérer comme une intarissable source de connaissances.
Ce fut chargé de chocolats et la tête pleine de potins utiles qu'il sortit de la chocolaterie, presque un quart d'heure après y être entré. Peu décidé à rentrer à la Maison aussi tôt, il s'engagea dans une allée tout en allumant sa clope, un exploit vu son chargement. Sa petite ballade se déroulait très bien jusqu'au moment où il vit, au bout d'une rue, un mouvement de foule. Intrigué, Jezebel s'avança vers la cohue pour en apercevoir la cause…
Cause étrangement familière et prévisible, et pour cause : il s'agissait d'un Eres boitillant poursuivi par une Rousse échevelée et bientôt atone. Rien de bien anormal là dedans, conclut-il en se détournant de l'attraction, mais Eressëa aurait peut-être besoin d'aide s'il se faisait rattraper par la mercenaire. Si elle mettait à exécution les menaces colorées qu'elle meuglait, bien sûr.
Le pas trainant, le cocker neurasthénique se mit en quête de quelque chose qui pourrait détourner l'attention de la flamboyante rouquine, laissant son frère se débrouiller seul.

    Bulletin cérébral de Jezebel
    Une balle ? Non, elle va me tuer. Du chocolat ? Si je la remplume, c'est Eres qui va me pendre avec mes tripes… Une fleur, un bouquet, un bijou, une robe… Naaaaan, c'est Rousse, ça ne lui servirait à rien… Des brochettes ? C'est pas mal, ça. Y'a rien d'autre dans le coin, de toute façon. Va pour les brochettes
    .

    - Il m'en faudrait trois, rauqua-t-il au propriétaire de l'étal.


Le marchand lui dédia un immense sourire et choisit trois brochettes massives qu'il mit à cuire tandis que Jezy sortait son argent.

    - V'z'allez les manger seul, les brochettes ? Ca fait p't'être beaucoup, nan ?
    - C'est pour des amis.
    - Y vous r'mercieront, z'en faites pas !
    - J'imagine bien, oui.


Surtout Eres. L'odeur dégagée par la viande cuite devrait suffire à calmer les fauves, d'autant plus que Roussette ne mangeait à sa faim qu'un repas sur deux. Les pièces et la nourriture changèrent de mains puis le dresseur de simples d'esprit, équipé de ses appâts, repartit vers le lieu de la bagarre.
Se laissant guider par les cris effarouchés de la foule – Mes dieux, mais que fait Sund face à cette jeunesse violente et vulgaire ?! -, il marchait tranquillement lorsque ses mirettes grises croisèrent un petit bout de poésie. Surpris, MacLachlan s'arrêta sur place pour fixer la fleur.
Une simple fleur, un lys vert d'eau.
Une couleur inhabituelle, fascinante, profonde et délicate à la fois, qui le scotcha sur place. Lui, le grisâtre nuage pluvieux, le banal jeune homme, ne pouvait s'empêcher d'apprécier la grâce fragile de cette petite pièce de nature. Alors qu'il observait la fleur, elle changea de couleur, devenant rose poudré puis orange abricot. Etonné, il leva les yeux pour voir une fine blonde aux joues couvertes de tâches de son lui sourire.

    - C'est mon Don, vous savez, expliqua-t-elle.


Quelque part, il lui enviait ce talent, mais surtout l'application qu'elle lui avait trouvé. Elle aurait pu fabriquer des vêtements ou transformer les couleurs des cheveux des Précieuses de Waterin afin de gagner sa vie, et elle se contentait de vendre des fleurs... Il détailla les autres plantes sur l'étal : toutes avaient des teintes uniques, vibrantes de vie et de poésie.
Cette fille était une artiste.

    - C'est un très beau Don, lâcha-t-il avec un pâle sourire. Je vous envie.
    - Il n'est pas très utile, quand même…
    - Le mien non plus. Mais vous avez réussi à faire quelque chose de beau avec le vôtre.
    - Ce n'est pas votre cas ?


Il lui dédia un haussement d'épaules désolé. Non, son Don ne servait aucune noble cause, ne sauvait personne, ne créait rien de beau.

    - Vous pouvez lui rendre sa couleur ?
    - Au lys ? Bien sûr.
    - Alors je vous le prends.


La fleur reprit sa teinte verte, et Jezebel la prit cérémonieusement entre ses mains. Cette fleur irait très bien à Rousse. Il imaginait déjà le contraste entre les cheveux cuivrés de sa très chère furie et la pâleur de la fleur…
Sans même demander combien coûtait la plante, il posa une coquette somme dans la main de la petite vendeuse, murmurant à l'oreille de la jeune fille qu'il s'agissait d'un remerciement. Pas en reste et malicieuse, elle lui glissa une fleur des champs couleur crème dans les cheveux en riant de son air penaud.

    Bulletin cérébral de Jezebel
    Y'a pas à dire, j'aimerais bien rester là… Et si je finançais son petit commerce ? Pas sûr qu'elle accepte mon argent si elle sait d'où il vient, en fait…
    Et puis 'faut que j'aille aider Eres, moi, sinon Roussette va lui arracher les Valseuses avec les dents.
    Allez, on se bouge. Un baiser sur la joue, jeune fille ? Pourquoi pas, ça peut porter chance. Et merci pour la fleur des champs.



La truffe au vent et une fleur dans les cheveux, suivant la trainée de désolation laissée par ses deux cabotins (Ou juste cabots, ça leur allait très bien), il parcourut les allées sans se presser, persuadé qu'ils seraient encore en vie lorsqu'il arriverait à les localiser. Jez', en bon modèle de décontraction classieuse, prit même le temps de donner du feu à un autre fumeur.
Il bifurqua lorsqu'il aperçut une artère transformée en théâtre à ciel ouvert, sûr et certain qu'il y trouverait ses petits camarades.

    Bulletin cérébral de Jezebel
    Ca viendrait pas à votre esprit qu'avec votre masse, 'faut pas rester dans le milieu ? Non, franchement… Et va que je te bouche la route, va que je me colle à mon voisin pour empêcher les gens de passer… Ouais, vas-y, grogne contre mes bouts de viande, t'as bien mérité les tâches sur ta robe, hippopotame femelle !
    P'tin, mais ils ont jamais vu une bagarre de taverne ces gens ? Excuse-moi gamine, mais tu n'avais qu'à pas mettre tes jolies bottes sur mon chemin. Et j't'entends, abruti poudré !
    Bon, c'est pas trop tôt, je vais enfin pouvoir…


    Quoi ? Ils ont forcé sur l'herbe à chat ces deux malades ?


Enfin parvenu au premier rang, notre grand blasé venait d'apercevoir le baiser de cinéma. Conséquence logique de cet acte imprévu et imprévisible, il perdit quelques instants à se demander si les deux amoureux étaient bien Rousse et Eres. Vu que la fille était… hé bien, rousse, que le garçon portait plus de bijoux que toutes les femmes de l'assistance, il ne devait pas s'être trompé.
Il y avait donc une explication logique, et il devait très vite intervenir avant que les choses ne dégénèrent. Jezebel ne manifesta sa surprise que par une longue expiration brumeuse avant de s'avancer d'un pas souple, plus ou moins dissimulé à l'attention générale par le cirque de l'achromatique baratineur.
Au moment où la flamboyante aurait pu se jeter sur son très cher frère, au moment où elle aurait pu essayer de lui arracher les globes oculaires à la petite cuillère, il arriva à portée et tendit une des brochettes entre les deux combattants. La situation, à ce stade du récit, devenait franchement cocasse : Jezy, l'air blasé et chargé de nourriture, pointait de la nourriture entre un Eressëa plus-poseur-tu-meurs et une Roussette rouge comme une pivoine.
Guère perturbé par le ridicule, notre magnifique sauveur flanqua une des brochettes entre les crocs du grand blondinet, une autre entre ses mains, la dernière dans la bouche de Rousse, et il éteignit sa clope sans rien dire. Ce ne fut que lorsque la dernière volute de fumée à l'odeur entêtante se fut dissipée qu'il sortit le lys du ballotin rempli de sucreries.

    - Tiens, c'est pour toi.


Et il lui mit la fleur dans les cheveux, repoussant les mèches couleur de feu derrière l'oreille pour mieux faire tenir la précieuse corolle, distrayant la rouquine de son objectif, fixant son attention sur lui.
D'une pierre deux coups : il défendait son frère tout en flattant sa sœur. Qu'est ce qu'il était intelligent…
Pour un peu et s'il n'en avait pas déjà dans les cheveux, il se serait lancé des fleurs.

Rousse gagne toujours.
Eres ne perd jamais.
Mais dans tous leurs jeux, c'est bien Jezebel le meneur.
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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Jeu 24 Juin - 10:24

Le baiser.

Le baiser…

Avait été aussi inattendu qu’agressif, et aussi douloureux que fulgurant ; l’ennemi s’était dûment projeté en avant, tirant sur la tignasse rouquine au passage, et en avait profité pour lui bouffer la lèvre avec la brusquerie de l’animal de foire ; non content de lui avoir perforé la bouche et souillé sa cavité buccale, il la relâcha sans douceur, si bien que Rousse sortit de cette expérience grandiose avec la nuque et le front douloureux, la bouche en sang, l’équilibre précaire et l’orgueil éparpillé en minuscules morceaux écrabouillés à ses pieds ; chancelant un instant sur ses pattes arrières, l’œil hagard et la peau couleur jus de pastèque, elle se contenta de hurler à la mort :

« AÏE !!!!! »

Et de repousser violemment l’énergumène à la langue facile, qui susurrait maintenant ses affronts débiles du bout de lèvres particulièrement fières de leurs méfaits ; elle tomba sur ses fesses osseuses, face au Castra de fraiche date, et essuya sa bouche d’un revers du poignet particulièrement mowgli-en ; l’œil légèrement – mais légèrement – humide, les joues brûlantes, elle lui jeta une ultime œillade suintante de haine qui n’avait pas besoin de mots tendrement accompagnateurs : il y avait dans l’adorable iris de Roussette deux ou trois menaces de morts (attaché sur les rails d’un train, Eres, ou bien décapité par une fenêtre à guillotine, à moins qu’elle le fasse passer, vivant et entier, par le siphon d’une baignoire, ce qui induisait bien évidemment maintes souffrances), quelques insultes bien senties visant plus particulièrement ses bijoux de famille (PETIT joueur !), et une promesse plus ou moins plausible de rancœur éternelle. Il babilla, aussi naturel qu’un Molière fardé en train de s’égosiller sur une scène à trois sous pièces :

« Merci pour ce "bisou magique", guenon de mon cœur… Il a dû te plaire, non ? Tu avais l’air si heureuse, mon effeuillée pivoine, aux anges entre mes bras que j’ai voulu t’octroyer une nouvelle illusion pour parfaire ta ridicule utopie… »

Pourquoi, POURQUOI se sentait-il obligé de parler comme un imbécile en cote de maille, le surnom débile à la lippe et la langue dressée pour jeter des piques stupides ? Il savait très bien qu’elle n’avait absolument rien ressenti pendant qu’il l’écrasait comme un pachyderme graisseux, et que de toute façon, en tant que carlin boueux, Rousse était assez asexuée pour HAIR son espèce de morsure sauvage qu’il osait appeler un « baiser » ; pour l’amour du ciel, il se prenait pour Dom Juan ? S’il embrassait comme ça toutes ses conquêtes – et leur parlait comme un dictionnaire du 16ième siècle en prime -, son célibat effréné devenait compréhensible ! Les jouvencelles se jetaient à sa tête en voyant son physique – elle avait une vue plongeant sur sa gorge, là maintenant, et d’ailleurs ça ne valait PAS DU TOUT LE COUP -, puis l’entendaient causer et prenaient leurs jambes à leurs délicats cous.

La remarque fit mouche. Elle piqua un nouveau fard sans même sans rendre compte.

Ensuite, ce gros gamin l’imita dûment, un sourire perfidement insupportable accroché sur ses immondes lèvres, et continua sa lente litanie de compliments dirigés – eh oui ! – vers lui-même, en repoussant sa chevelure platine et en époussetant ses fringues de filles ; en bonne tarlouze, il se mit à geindre pour accuser Rousse de la joute, comme si elle, tendre, douce, sublime et tragique victime, avait QUOIQUE ce soit à faire dans cette histoire ; elle le fixait toujours, le menton levé vers lui, l’œil silencieux, la bouche close, pleine d’une immense, tendre ascèse et…

Non mais c’est quoi ces conneries ? ASCÈSE ? TENDRE ? MON CUL, JE VAIS LUI FAIRE LA PEAU AVANT QU’IL AIT PU DONNER SON NUMÉRO DE TÉLÉPHONE AUX CONNASSES QUI S’ÉVANOUISSENT DANS LE PUBLIC ! JE VAIS LE LAPIDER POUR L’EXEMPLE ! LE DÉCAPITER À COUP DE PIC À GLACE ! LUI FAIRE UNE PRISE QUI LUI PÈTERA CHAQUE VERTÈBRE EN CINQUANTE MORCEAUX DE TAILLE ÉGALE ! LUI MONTRER QU’ON HUMILIE PAS ROUSSE DE CETTE FACON ! IL LUI PARLAIT COMME SI ELLE N’ÉTAIT QU’UNE ABRUTIE DE GROUPIE QU’ON DÉDAIGNE ! OR, ELLE N’ÉTAIT CERTAINEMENT PAS UNE GROUPIE, ET ENCORE MOINS DÉDAIGNÉE !

Elle reprit lourdement son souffle, profondément soulagée d’avoir hurlé dans son crâne à s’en faire péter l’hémisphère gauche ; elle le regarda avec un semblant de calme se rengorger comme un coq obèse. Il parlait maintenant de son corps immonde et tout maigre, ect. Bon, et alors ? Ce n’est pas qu’elle avait une vie de princesse engraissée, elle ! Elle ne se faisait pas rincer par les autres, elle ! Elle devait bouffer quand ELLE le pouvait, elle ! Oui, c’était le martyre dans l’histoire ! D’ailleurs, malgré cette maigreur, Eres ne s’était jamais bougé les fesses pour la nourrir plus que de raison ! Alors, hein ! tout ça, c’était de SA faute ! Et puis, de quoi parlait-il ? Du… rouge… ? Elle eut la tentation d’aller se mirer dans ses breloques rutilantes et vulgaires pour vérifier que son teint rougeaud avait reflué, mais elle retint son réflexe, de peur de sembler pacifique en s’approchant du connard sans lui arracher la colonne vertébrale ; de plus, elle n’y aurait découvert qu’elle n’était q’un moineau rouquin délicieusement teinté d’un exquis éclat carmin qui n’avait rien à envier aux brûlures au troisième degrés, aussi fit-elle bien de s’abstenir.

Elle attendit une minute après qu’il ait finit de parler.

Ensuite, elle montra les dents.

Non, mais, vraiment. Les babines retroussées sur ses canines, les yeux jetant des éclairs de haine, elle se ramassa sur elle-même en une superbe imitation de rottweiler enragé, les ongles enfoncés dans le sol, annonçant un saut superbe qui se finirait de toute évidence dans une bagarre à mains nues d’une rare violence, seulement achevée sur la mort d’un des protagonistes – qui serait Eres -, pugilat pendant lequel elle lui aurait gaiement arraché toute pilosité superflue à la main, lui aurait pété les dents à coups de phalanges, et lacéré sa peau de bébé avec paroxystique frénésie unguéale ; elle émit un grondement de haine, tout droit sortie des tréfonds de sa gorge sauvage, et croisa le regard d’Eres avec tant de violence que le pauvre amour devait prier pour trouver une porte de sortie au plus vite. Elle plia sa cheville, enclencha les ressorts superbement efficaces de ses gambettes, amorça le déclencheur…

Lorsqu’apparurent entre la cible et le prédateur deux petits chefs d’œuvres de cuissons, victuailles luxueuses, ripaille tant attendue, carne vénérée ; le bond de Rousse fut avorté de lui-même une seconde tandis qu’elle avait un bref mouvement de recul et d’incompréhension ; mais avant qu’elle ait pu envisager de voler les brochettes qu’on mettait de façon si provocante devant elle, la viande atterrit comme par magie entre ses dents et une silhouette bien connue entra dans son champ de vision.

Il jeta sa cigarette au sol et z’yeutait les deux hurluberlus de son regard parfaitement placide ; élégamment nonchalant, il lui apparut comme hallucination divine et une vague de reconnaissance fascinée, de soulagement dégoulinant d'amitié la submergea aussi sûrement que la haine d’Eres ; elle jeta dans une exclamation de pur et inextinguible ravissement, dans un jappement d’extase, un aboiement d’amoûûûr :


« Jez ! »


Et il y eut même deux ou trois paillettes d’admiration dans ses mirettes de pitbull.

Mais ce n’était pas terminé, et l’admirable cocker s’attira un nouveau tsunami d’affection en se penchant sur elle, repoussant une partie de l’infâme tignasse échevelée, et coinçant derrière l’oreille pâlotte un lys vert d’eau qui ajoutait forcément un peu de féminité à son accoutrement ; elle leva des yeux énamourés de chiot retrouvant enfin son maître, admirant au passage la fleur des champs qu’il avait lui même dans les cheveux, et resta une seconde silencieuse, en état de pure vénération, totalement et purement oublieuse d’Eres qui avait osé gâché sa quête de nourriture et sa matinée par la même occasion ; toute entière obnubilée par le nouvel arrivant, elle ne mâchonna même pas immédiatement sa brochette. Puis, le ventre la rappelant à l’ordre, elle mordit dans la viande avec la violence de l’affamée et eut un bref hochement de tête qui « remerciait » en bonne et dûe forme le mac. Mâchonnement… Avale… mâche… av-

Puis Eres lui revint en mémoire et elle redressa son cou de cygne, l’œil brillant, la tête aux aguets et l’air agressif, aussi gracile qu’une poulette à la recherche de nourriture ; le menton soulevé et tremblotant, plongeant son regard pitoyablement souffreteux dans celui de Jezebel, la brochette dans une main, elle pointa un doigt accusateur sur Eres de l’autre, et caqueta d’une voix terriblement émouvante :


« Il m’a fait mal ! Il m’a fait un croche pied ! Il s’est moqué de moi ! »


Et le coup de grâce, qui, avec un peu de chance, attirerait sur Eres les foudres d’un Jezebel soudain animé d’un instinct aussi chevaleresque que brutal – on pouvait toujours rêver - :


« Il m’a menacé de VIOL ! »


Son dernier méfait accompli, en digne cafteuse, elle reprit tranquillement sa brochette, et enfonça ses délicieuses quenottes dans la brochette, en quête de calories pouvant étoffer son « bout de viande sèche et radin de chair ».
D’ailleurs, non ! Elle s’en fichait ! Il pouvait penser, ce qu’il voulait !

Elle n’en dévora pas moins la brochette, hein.

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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]   Ven 25 Juin - 13:28

Eres n’était pas ennuyé. Non, non. Il était bien plus que cela. La masse humaine qui s’était entassée au tour des deux écumants protagonistes les avait acculés contre le mur d’une haute maison à colombages et toute fuite était donc impossible.

Il déblatérait pour recharger la haine de Rousse, espérant naïvement qu’elle attendrait sagement d’avoir ses batteries à bloc pour passer à l’attaque pendant que lui cherchait une issue de secours. Aucune brèche dans le mur humain, il allait falloir faire un forcing… A moins que… Oui, là ! A seulement deux rangées d’viande de distance : une fenêtre ouverte dans la maison ! Sauf que… Entre l’issue salvatrice et lui il y avait… Il y avait… Eres lança un coup d’œil inquiet vers le fauve, s’attendant à voir son petit minois déformé par une haine suintante et… Bizarrement, Rousse semblait calme. Surpris, il eut un bref mouvement de recul : qu’est ce… Qu’est-ce que c’était que ça ? Qui… Qui avait investi le corps de la furie flamboyante ? Quelque chose clochait, elle était sensée baver de rage et elle… Oh… WOAH ! Elle avait concentré toute sa colère dans ses yeux, trop fort ! La crapule esquissa une grimace angoissée, seulement à moitié feinte, en lisant la morbide créativité dans les prunelles de sa rivale du jour à la palme de « celui qui enchainera un max de connerie pour raboter l’autre jusqu’à ses chevilles ». Il détourna les yeux alors que lentement, très lentement… La mercenaire ébauchait sa transformation ; elle recula imperceptiblement, retroussa ses babines, plissa les yeux et gronda… Le fauve en chasse. Ca, ça voulait dire que le jeu était terminé et qu’il fallait VRAIMENT partir, le voleur n’aimait pas spécialement les conflits (si, si, j’vous juuuure) et que Roussette passe aux choses sérieuses l’ennuyait profondément : lui, il n’avait absolument aucune envie de se battre pour de vrai. Il s’était vengé et tout était bien comme ça, il pouvait se retirer la conscience tranquille.

Les badauds retenaient leurs souffles, complètement happés par l’incroyable magnétisme qui émanait de la scène… Baoui : un bébé tigre fulminant près à bondir face à un cabri blond (ouaip, même la clochette y est) inlassablement insaisissable qui bondissait partout plutôt que de se faire attraper. La prochaine action serait la dernière, c’était sûr, et ils attendaient, en apnée, le dénouement de cette histoire, avides de visions violentes et sanglantes à coup sûr. Certains commençaient même à prendre des paris à voix basse : « Pour le lionceau, mec ! T’as vu sa tête ? Elle va le bouffer c’est sûr ! », « Tu rêves : la hyène est bien pire, il va encore s’esquiver au dernier moment ».

Ils étaient bien loin du compte… En effet, alors qu’Eres s’apprêtait à bondir vers sa percée et Rousse foncer dans son bourreau, un miracle se produisit. Un enchantement sorti tout droit d’un de ces contes merveilleux, un sortilège puissant, si puissant qu’il pouvait même clouer le Dragon-à-crinière (note culturelle : variété ayant peuplé Waterin au IV e siècle avant Sund) au sol : de la vieille magie… Une brochette ! Fasciné, le voleur contempla ladite brochette, les yeux emplis d’une adoration sans borne, l’air d’avoir trouvé son messie, et remonta lentement le bâtonnet de viande jusqu’à une main longue et pâle… Un bras, une épaule, des mèches noires et OH ! Un MAC ! Eres en resta béat. Lui… Il… Il… Comment avait-il su que…

« Jez ! »

Il en aurait pleuré de gratitude !

Et les badauds n’en revenaient pas. Entre la hyène cabrioleuse et le fauve enragé, le vainqueur était… UN COCKER ! Un simple cocker neurasthénique ! Quel tournant improbable et terriblement palpitant ! Surtout que le nouveau venu n’était absolument pas antipathique. Après la limande anorexique à la néanmoins superbe chevelure cascadant autour d’une jolie frimousse, le tombeur bien fait au sourire naturellement dévastateur, la flegmatique classe incarnée apparaissait devant eux. Que d’étranges acteurs. Quel atypique trio de choc.

Eressëa Sùlë Hravan, pour sa part, en était au stade où la vénération empêche les pensées de s’ordonner de façon cohérente. La stupide parodie de femelle quant à elle contemplait le nouveau venu avec d’immenses yeux pleins d’étoiles, scintillant des mille feux de l’idolâtrie et embués des larmes de l’émotion.

La canaille poussa un long soupir soulagé. Ca avait marché. Jez’ était un génie, le plus grand génie de tout les temps, le seul être au monde capable de calmer une Roussette furieuse et affamée. Et encore une fois… Il avait sauvé Eres. Y’avait pas à redire : mac-mac était un frère. Le brun abolit même définitivement la hargne de son petit animal en glissant dans sa crinière un superbe lys d’une couleur pour le moins original, c’était le coup de grâce. Paisible, flottant sur un nuage cotonneux, doux et frais, Rousse saisit la brochette et mordit dedans à belle dent.

The End.

Des applaudissements montèrent dans l’assemblée ; une ovation pour le héro du jour. Puis petit à petit, la nuée de spectateur s’éclaircit.

Le vaurien, incroyablement détendu par le soulagement, s’approcha de son frangin préféré pour saisir sa brochette et... Tiens… Pourquoi avait-il une fleur dans les cheveux ? Ses filles l’avaient encore prit pour une poupée, peut-être… C’était… Enfin bizarrement, ça lui allait plutôt bien…
Eres prit lestement sa brochette (c’est que courir dans les allées marchandes, ça creuse !) et s’apprêtait à remercier Jezebel quand un doigt filiforme se pointa sur lui, manquant de l’éborgner, tandis qu’une voix éraillée et suraiguë entamait un babillage enfantin.

« Il m’a fait mal ! Il m’a fait un croche pied ! Il s’est moqué de moi ! »

Tel l’ado en crise exaspéré par sa morveuse petite sœur et terriblement las, Eres leva les yeux au ciel dans une attitude résignée : si Rousse-la-rapporteuse le dénonçait à papa-cocker alors… Il devenait impuissant.

« Il m’a menacé de… »

Eres mordit dans sa brochette et, parfaitement calme et placide devant le lamentable retour en enfance de la limande, mâchonna tout en posant sur elle un regard de spectateur devant sa télé : c'est-à-dire un regard pas du tout concerné.

« … VIOL ! »

WOUARGL ! La crapule s’étrangla avec son bout de viande, vira violet et toussa rauque en se donnant des coups pour faire passer l’aliment. Manquant de peu de l’étouffer, la crise passa et une larme douloureuse à l’œil, il reporta son regard sur l’affreuse balance qui en retournait à sa pitance. Après un temps d’arrêt, Eres lança un coup d’œil transversal à Jezebel.

« Eh, mac… Tu vas pas croire ça, tu sais bien que c’est décemment improbable de songer une chose pareil au sujet de cette folle ! »

C’est que… Sur ce point, ça lui tenait beaucoup à cœur que le cocker le croit !

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Jeux de mains, jeux de vilains [Roussette & Jezy]

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