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 ☼ Megaré Mahel Donovan ~>

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Megaré M. Donovan

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MessageSujet: ☼ Megaré Mahel Donovan ~>   Ven 16 Avr - 23:23




    Identité------------------


    Nom : Donovan.
    Un nom de famille à la sonorité agréable que le môme tient de son père irlandais.

    Prénom : Megaré Mahel.
    Un premier prénom qui sort de l’ordinaire et qui n’est pas sans rappeler le nom d’une cité grecque, Mégare, ou la femme d’Héraclès dans la mythologie grecque, Mégara. Son deuxième prénom, Mahel, est celui d’un parent de sa mère, mais il n’a jamais vraiment su qui et n’a jamais cherché à le savoir. Pour faire plus simple, vous pouvez toujours vous contenter de le surnommer Meg.

    Age : 14 ans.
    173 mois aujourd’hui. Un enfant ou un adolescent à cet âge ? Allez savoir.

    Date d‘anniversaire : 31 mai.
    151ème jour de l’année, 152ème en cas d’année bissextile.

    Camp : Opposants.
    Il y a se battre pour la liberté et piétiner la liberté. Sund piétine la liberté d‘autrui, les fous qui l’adulent piétinent leur propre liberté, il en faut bien qui choisissent de se battre pour conserver la leur. Noblement.

    Occupation : Elève à l’Académie, qui préfère néanmoins traîner dehors et déambuler dans les rues plutôt que de passer tout son temps en cours.

    Magie avantagée : L'élèment privilégié du jeune garçon est celui du vent, mais il n'est guère doué avec et ne s'en sert qu'un minimum seulement. Megaré est doté d’une prédisposition pour le monde des esprits, il a la capacité de voir littéralement les morts. Il peut marcher dans la rue et voir un homme debout au milieu de la route, un homme que personne d’autre à part lui ne voit. Un homme comme un autre, mais avec par exemple une plaie béante et pleine de sang sur la poitrine. Mort. Mort, mais là. Des esprits, des esprits qui se trouvent un peu partout, des esprits aux airs catastrophés, perturbés, tranquilles ou énervés, des esprits à forme humaine qui se retrouvent dans cet espèce d’espace ou de plan parallèle sans forcément comprendre, des esprits invisibles de tous, des esprits qui ne sont ni vus ni écoutés, mais des esprits que lui, Megaré, gamin de 14 ans, peut malheureusement voir. La peur s’empare des entrailles lorsqu’un homme à la gorge ouverte accourt vers vous, les yeux exorbités d’horreur, la bouche en sang et la respiration sifflante. La peur compresse la poitrine lorsque vous entendez un souffle saccadé derrière vous et que vous savez que vous êtes le seul à entendre. La peur s’empare du cœur, la mort côtoie le quotidien. Meg peut en voir n’importe où, n’importe quand. Dans une ruelle, en pleine place publique, au côté d’un homme ou d’une femme quelconque, dans les couloirs de l’orphelinat, dans une chambre, dans une salle de bains, ou même dans les salles de cours de l’Académie. Les esprits errent, les esprits déambulent. Et il doit faire avec.

    Megaré ne se contente néanmoins pas seulement de les voir, de les entendre et de subir leur présence, il peut également établir un contact avec ces esprits, ces empreintes des morts de l’île. Pour cela, il faut qu’un contact tactile se produise, que la peau du vivant effleure ce qui semble être la peau étrangement matérielle de l’esprit. Bien souvent, les esprits semblent avoir un message à faire passer, ils ne désirent qu’une chose : qu’on les écoute. Lorsqu’ils se rendent compte que ce gamin aux cheveux rouges peut les voir, ils s’approchent, ils lèvent la main, ils tentent d’établir le contact pour pouvoir ensuite se faire entendre, pour faire en sorte que leur parole parvienne aux oreilles de cet être vivant présent dans les deux plans. Seulement… Seulement, il y a cette peur, cette angoisse, ce sentiment humain qui fait que parfois, Megaré préfère éviter ces morts qui errent un peu partout, les ignorer tant bien que mal, fermer les yeux sur leur détresse catastrophée, égoïstement, refuser un quelconque contact. Après tout, il n’a jamais rien demandé. Il n’a jamais demandé à être une espèce de point d’ancrage entre le monde du vivant et le monde des morts, il n’a jamais demandé à avoir ce don. Mais il apprend à faire avec, ou tente de. Il ne refuse pas tous les contacts, toutefois. Lorsqu’un esprit lui semble plus calme et confiant qu’un autre, il prend sur lui et s’approche. On lui dit un nom, on lui pose des questions, on lui demande parfois de porter un message, une simple phrase, à un proche. Et dans ces cas là, Meg s’exécute. Messager.

    Ses journées sont ponctuées par ces visions qu’il a des morts errant sur Waterin, invisibles et inaudibles pour le reste des mortels ou une très grande majorité, et ses nuits ne sont que des songes cauchemardesques inévitables, où des meurtres, des massacres, des exécutions et des suicides divers se déroulent sous ses paupières closes. En effet, Megaré ne dispose jamais d’une nuit de sommeil sans songe, et il ne fait jamais de rêve à proprement parler, ou de rêve bien gentil. Ses songes ne sont que des visions de morts plus ou moins violentes ; sa sensibilité réceptionne toutes les traces laissées par les morts diverses qui se sont produites sur l’île. Toujours. Quand le garçon est éveillé, il voit les personnes mortes étrangement déambuler, et quand il dort, il assiste et ré-assiste sans arrêt en tant que spectateur impuissant aux morts qui se sont jouées par-ci par-là. Comme si on voulait absolument un témoin. Qu’il le veuille ou non.

    En plus de ce don certes contraignant, Meg dispose également d’une autre faculté, celle du calcul quantique. Ou disons plutôt qu’avec ce don, le jeune garçon peut percevoir l'univers sous forme mathématique. Cela n’a rien d’offensif, mais cela peut s’avérer très pratique, mine de rien. Il discerne avec une facilité surnaturelle les vecteurs des trajectoires des objets en mouvement, peut ainsi savoir exactement comment réagir et où se déplacer en cas d’attaque, par exemple. Il peut élaborer des probabilités qui se révèleront justes en moins d’une fraction de seconde, en fonction des situations, des éléments et des variantes. Une connaissance de la Résistance veut se jeter dans un combat contre un Partisan en particulier ? L’adolescent pourra lui donner ses chances chiffrées de remporter le duel, s’il a déjà pu voir l’adversaire pour évaluer ses compétences, tout du moins, et ce avec une marge de 1% ou 2% d’erreur. (« Nan, laisse tomber, tu n'as que 16% de chance de remporter le combat, et encore, si tu enlèves toutes les probabilités dues au climat, à l'environnement et à la condition physique dans laquelle sera ton adversaire à cet instant. De plus, vu que tu n'as pas dormi depuis 24 heures, tu ne pars qu'avec 62% de tes capacités globales. Cà ne vaut pas le coup. ») Raisonner avec des chiffres, deviner les mensurations exactes d’une épée ou d’une arme quelconque rien qu’en la regardant, calculer les meilleurs vecteurs pour abattre une porte, tout cela lui est accessible avec une facilité déconcertante. Inutile de préciser que vaincre le gamin à un jeu d’échec est une chose des plus ardues, des plus pointilleuses et des plus compliquées, mes chéris.

« Les esprits, ils ne peuvent pas grimper aux arbres. »


Dernière édition par Megaré M. Donovan le Mar 20 Avr - 2:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ☼ Megaré Mahel Donovan ~>   Sam 17 Avr - 2:03

    Précisions------------------


    Physique :

    « Ah, vous voulez parler du môme avec la drôle de coupe de cheveux, celui avec les cheveux rouges, là ? Ah ouais, je vois. Un gosse, quoi. »

    Tout d’abord, et parce qu’il est effectivement un gosse, Megaré n’est pas d’une taille extrêmement grande, au contraire. Sans pour autant être minuscule tout de même, il ne dépasse pas le mètre soixante, avoisine le mètre cinquante-cinq, peut-être un peu plus. Une taille relativement moyenne, qui ne lui pose pas réellement de problèmes et qui ne le complexe pas, une taille dont il se contente et se satisfait plus ou moins. D’accord, par rapport à de grandes asperges d’adultes, on peut effectivement le qualifier de petit, mais comparé à d’autres gamins de son âge, il est parfaitement dans la norme. Et cela lui suffit, même si malgré tout, il ne cracherait pas sur quelques centimètres supplémentaires. Il fait avec, cependant, et c’est tout. D’apparence fluette, il a le corps fin, malingre, frêle sans pour autant trop l’être. La minceur de sa corpulence, que l’on pourrait même aller jusqu’à qualifier de maigreur bien que le gosse n’ait aucun problème d’alimentation, s’accorde avec sa taille, lui conférant cet aspect typiquement fragile des enfants. Pourtant, à 14 ans, Megaré n’est plus vraiment un enfant à proprement parler, il oscille plutôt entre l’enfance et l’adolescence, mais son corps et son apparence ne semblent pas savoir de quel côté se fixer exactement. Svelte et frêle, mais aux membres bien dessinés, avec de longues jambes déliées, des bras fins sans muscles et des doigts de pianiste qui ne sont plus réellement ceux d’un gosse, il n’est pas non plus une personne qu’une bourrasque de vent ferait s’envoler, ou du genre à s’effondrer sur les pavés bien trop facilement. Non, chez lui, le fluet se mêle à l’agilité. Ses membres ne sont peut-être pas des forces brutes mais sont taillés pour la rapidité et l’endurance, et s’il a l’air inoffensif de prime abord, sachez qu’il n’hésite pas à sortir littéralement les griffes et à jouer de la force de ses maigres poings ou de ses coudes pointus pour frapper où il faut, son don de mathématicien hors pair aidant. Il ne faudrait pas le croire trop inoffensif non plus, voyez-vous.

    La peau, laiteuse, lisse et douce, peut encore être celle de l’enfant, sans imperfection et d’une juvénilité certaine, mais le visage, lui, ne porte plus aucune trace du rebondi de l’enfance bienheureuse. Le visage fin, le nez pointu, les lèvres fines, les oreilles anguleuses, les joues légèrement creusées, Meg dispose d’un visage charmant mais sans pour autant être extraordinaire, un brin féminin peut-être, assez expressif en soi. De nombreux airs peignent cette figure, de nombreuses expressions se battent pour y trouver une place. Un froncement de sourcils, une moue, un coup d’œil en coin inquisiteur, un pincement de lèvres et une légère rougeur gênés, un regard dans le vague, un air pensif, un claquement de langue agacé, une attitude défensive, un petit sourire timide, doux, presque fragile… La douceur se mariant au farouche, l’innocence se mêlant à la prudence, la maturité côtoyant les restes de naïveté enfantine. Des airs, des attitudes qui illustrent une psychologie comme un miroir. Une voix de ténor claire, également, un brin cassée naturellement, mais légère et limpide avant tout, tranquille, agréable, qui ne s’élève rarement trop, mais qui, lorsqu’elle est lancée, quand il s’emporte, peut monter dans les aigus ou, à contrario, devenir une sorte de sifflement rauque, souvent un feulement, lorsqu‘il est énervé, agacé ou irrité. De surcroît, Megaré possède des yeux à l’iris couleur d’ambre, assez ternes sans trop l’être, mais pas réellement lumineux et marquants. Ce que l’on remarque plutôt tout de suite chez lui, ce sont ses cheveux. Des cheveux rebelles et indomptables, d’une couleur rouge indéfinissable, peut-être du roux foncé, avec des dégradés de couleur blonde sur les pointes des mèches de cheveux les plus longues, près de ses oreilles, dans sa nuque. Une coupe de cheveux atypique, pour casser l’image de la sobriété, peut-être, volontairement ou non. Quoique, cela n’est probablement du qu’à une simple question de goût, et que ce goût soit discutable ou non… c’est une autre affaire.

    En parlant de goût, la garde-robe de Megaré ne contient rien d’extravagant. Non, la seule touche de fantaisie qui semble se trouver dans le physique du gamin, ce sont ses cheveux. Ses tenues vestimentaires, elles, sont d’une sobriété et d’une normalité des plus évidentes pour un garçon de son âge. De simples jeans, souvent trop grands, égratignés ou déchirés à certains endroits à force de grimper aux arbres et de traîner dans la rue, des pulls classiques, gris, noirs, blancs, rouges, également souvent trop grands pour lui, comme s’il s’y sentait plus à l’aise, plus en sécurité. Des baskets, une simple paire de Converse, un unique pendentif autour du cou, et cela suffit. Un style délaissé, sans recherche aucune, des vêtements trop grands, simples ou usés, des allures de gamin forcé de porter les fringues de son frère aîné. Voilà ce qui caractérise surtout, notamment et de manière générale le style vestimentaire de Megaré Mahel Donovan. Simple.

    Caractère :

    « Megaré Donovan, Megaré Donovan… C‘est marrant mais j’ai l’image d’un chat, en tête, quand je pense à lui. »

    Farouche comme un chat, prudent comme un chat, suspicieux comme un chat, solitaire comme un chat, affectueux comme un chat, mignon comme un chat. Feulant comme un chat, griffant comme un chat, crachant comme un chat. Ayant peur de l’eau comme un chat.

    Mais non, Megaré Donovan n’est pas un chat. Il est un gosse, certes, mais un gosse tout d’abord plutôt mature. Nullement crâneur ou chieur, il est de ce genre calme et taciturne qui plaît ou qui déplaît selon les goûts, d’une nature avant tout et pour tout solitaire. Vous ne le verrez jamais s’extasier comme un gamin, aller chercher des noises aux autres jeunes de son âge à l’école, jouer avec ses camarades, chercher toujours et sans arrêt de nouvelles choses à faire. Il n’est pas non plus du genre capricieux ou pleurnichard, laissant ce côté-ci de sa personnalité pour le bambin qu’il était sur Terre, avant l’attentat. Maintenant, il est calme, posé, réfléchi, mature pour ses 14 ans. Préférant bien souvent la solitude pour toute compagnie, Megaré aime se percher dans un arbre pour rêvasser loin des esprits qui hantent le sol, il aime se poser sur un lit et se plonger dans un livre, il aime déambuler seul et sans but, se laisser aller à ses réflexions, loin des soucis, loin de la peur, loin des problèmes, loin de l‘agitation. Seul, au calme. Il ne parle pas à tort et à travers, préfère économiser ses mots, comme il l’a toujours faire. Observateur et calculateur, il préfère analyser plutôt que de foncer. Son don qui lui permet de raisonner mathématiquement avec une facilité déconcertante lui confère une certaine assurance, une certaine habilité à viser juste. Effectivement, il ne se trompe rarement dans ses jugements, sauf si ses sentiments pèsent dans la balance. Ce sont justement ses sentiments qui peuvent faire monumentalement foirer son jugement, surtout envers une personne, et encore plus si cette personne est un Partisan. Fin, raisonné, futé, il est également un brin perfectionniste et s’il peut aisément accepter une défaite lorsqu‘elle est justifiée, il a cependant du mal à se laisser piétiner sans rien dire.

    Même s’il est ouvert d’esprit et même plutôt altruiste pour son âge, Megaré n’a pas forcément des contacts faciles avec autrui. D’une nature peut-être un peu trop prudente et suspicieuse, le jeune garçon est surtout quelqu’un de farouche. Aimant la solitude, il ne recherche pas forcément le contact. Il est rarement le premier à faire le premier pas, mais à contrario, si l’on s’approche de lui, il ne ferme pas la porte à double tour. Non, si la personne arrive à s’attirer sa confiance, son intérêt ou même son affection, Meg pourra paraître beaucoup plus doux, social, fragile et vulnérable qu’il n’y paraît. Si au contraire, on vient lui chercher des noises ou si l’on s’attire sa suspicion, sa colère ou ses foudres, le garçon se fermera hermétiquement, sera en position défensive, froncera les sourcils, parlera d’une voix froide, glacée, claquante, se mettra à feuler comme un chat en colère si on le touche, sortira les griffes si on veut se battre, fera clairement comprendre sa haine. Car même s’il désire généralement paraître le plus lisse de sentiments possible, Megaré reste quelqu’un de très expressif, de très emporté et d’impulsif, dans certaines situations, paradoxalement à son côté posé et réfléchi. Et il est loin d’être un monstre sans sentiment, il a ses peurs, ses craintes, il s’attache, il déteste, il doute, il a mal, il a ses joies, ses espérances, ses valeurs, ses buts. Fervent défenseur de la liberté, refusant de se laisser emprisonner dans la moindre cage dorée ou non dorée, il est un Résistant qui, s’il ne se targue pas à tort et à travers de l’être, reste fier de sa condition, de son choix. Volontaire, droit et loyal, il fera tout pour aider, pour apporter sa contribution, et ceci peu importe son jeune âge. Obstiné, têtu, actif. Il sait se faire entendre, il sait se démarquer, il sait se poser, il sait proposer ses idées, il sait protester froidement face à toute remarque que l’on pourrait lui faire sur son âge, il sait aider, il sait contribuer, il sait se battre pour une cause.

    La liberté.

    ~> Même s’il sait nager, il a la peur phobique de l’eau depuis l’âge de ses 10 ans suite à un incident malheureux. Il refuse donc de se baigner, que ce soit dans une piscine ou dans l’océan. Il ne prendra jamais le bateau sauf s’il on l’y contraint de force. Et il prend toujours des douches, jamais de bains. Sauf si le niveau d’eau est relativement bas. Pour ne pas s’y noyer.
    ~> Il est également claustrophobe. Cela est surtout du au fait que même s’il est enfermé dans une pièce exiguë, un fantôme peut très bien décider de s’approcher de lui. Alors imaginez-vous, invariablement coincé dans un placard, alors qu’une silhouette à la gorge déchiquetée et a l’air affolé entre en se jouant de la matérialité, pour s’approcher, vous toucher, parler, établir le contact de force. Forcément, çà fout les chocottes.
    ~> S’il se fout des remarques que l’on peut lui faire sur ses cheveux, il n’apprécie que très moyennement voire pas du tout les remarques sur son âge, surtout de la part d’un collègue Résistant ou d'un ennemi Partisan. Est-ce que c’est de sa faute s’il est né bien trop tard, hein ?
    ~> S’il y a toujours cette peur qui l’habite à cause de ces morts qu’il côtoie quotidiennement, Megaré apprend à prendre sur lui et il lui arrive de porter des messages, d’un mort à un vivant.
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Megaré M. Donovan

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MessageSujet: Re: ☼ Megaré Mahel Donovan ~>   Sam 17 Avr - 3:11

    Histoire------------------

    Origines : A la base, Megaré est un terrien, né en Suède, dans la ville de Stockholm, fils d’un irlandais journaliste et d’une israëlienne étudiante en langue étrangères, tous deux reconvertis en globe-trotters peu après leur rencontre. La naissance de leur fils unique n‘a pas bouleversé leurs habitudes, et Meg fut ainsi balloté à travers une bonne partie du monde durant ses premières années passées sur Terre. Et puis il y a eu cet attentat à Bagdad qui a emporté la vie du couple Donovan, et Megaré échoua par hasard dans le monde d‘Aquade, où il fut recueilli dans la contrée de Hun par un homme qui vivait seul et qui le prit sous son aile. Avant qu’ils ne se rendent tous deux sur Waterin pour que Meg puisse aller étudier à l’Académie.

    Position : Megaré ne peut décemment être qu’un Opposant, pour sûr. On pourra peut-être reprocher à ce gamin d’avoir un peu trop la tête dans les étoiles ou de ne pas avoir assez les pieds sur terre à ce sujet, mais en tous les cas, il tient à la liberté, à sa liberté. Il n’a peut-être que 14 ans mais il a des valeurs, des valeurs humaines qu’il compte bien défendre. La monarchie n’a jamais été faite pour lui, les cages non plus, aussi dorées soient-elles. Alors accepter sagement que le premier guignol venu puisse venir imposer sa loi sans demander l’avis de personne… Hors de question. Surtout lorsque l’on sait que les Partisans abritent de véritables fanatiques sanguinaires, et que de nombreuses morts sont survenues à cause d’eux. Dans son cas, Meg a vu son bienfaiteur mourir de la main d’un Partisan. Et l’on n’oublie pas ce genre de mort injuste.

    Histoire :

    1.
    Péripéties d’une première vie.

    John Donovan rencontra Kaya Essouïr à Dublin, en Irlande, dans le pays natal de ce premier. Lui, il était journaliste, elle, elle était une israëlienne venue étudier l’anglais dans le pays. Il l’avait charmée par son côté européen so british, elle l’avait séduit par son exotisme des pays du Moyen-Orient, ils étaient partis ensemble quelques mois en Israël où John avait été envoyé pour le boulot et où Kaya retrouva sa famille, ils avaient finis par se marier en revenant à Dublin. Ils y restèrent encore un an, puis envoyèrent tout balader pour devenir globe-trotters. L’insouciance est humaine, après tout.

    Ils étaient posés à Stockholm, en Suède, lorsque leur fils vit le jour, la nuit d’un 31 mai. Si le fait de se rendre compte que Kaya était enceinte avait poussé les deux tourtereaux voyageurs à se poser pour avoir une vie plus stable ? Pas du tout. Ils accueillirent la nouvelle avec cette joie propre aux parents qui le deviennent pour la première fois, et cette insouciance folâtre qui semblait caractériser leur vie commune. Les trois derniers mois de la grossesse, ils décidèrent de les passer en Suède, où John trouva un emploi temporaire histoire d’avoir de quoi vivre et subvenir à leurs besoins. Et ainsi naquit Megaré Mahel, adorable bébé à la minuscule touffe de cheveux rousse, aux yeux sans éclat particuliers qui, comme tous les autres membres de son espèce, passa ses premiers mois à pleurer sans arrêt, ses premières années à geindre, à dormir, à se réfugier dans les jupes de sa mère ou dans les bras de son père. Le prénom Megaré était une idée de Kaya, qui avait toujours apprécié le personnage de Mégara dans la mythologie grecque, et Mahel était le prénom de son propre père, mort en Israël. Une combinaison étrange qui pouvait détoner, mais qui serait dorénavant la sienne.


      ------------
      Bristol - Angleterre


    Le bambin se mit à hurler de plus belle, en plein milieu de l’aéroport.

    La jeune femme aux longues boucles sombres qui était sa mère débarrassa le sac qui encombrait ses genoux, avant de saisir délicatement le dit bambin sous les bras pour le hisser sur ses jambes. Elle écarta les mèches de cheveux flamboyantes qui tombaient sur le front d‘une main, essuya les larmes qui inondaient déjà les joues rondes d’un doigt doux, sourit devant la mine à la fois pleurnicharde et boudeuse de son fils.

    - Et bien quoi ? souffla-t-elle d’un air amusé.

    A bientôt presque 4 ans, Megaré ne semblait pas parler autant qu’un enfant de son âge le ferait normalement. Oh, il n’était pas muet, il parlait, cela, c’était certain. Quand il voulait vraiment quelque chose, il savait se faire entendre. Seulement, il économisait ses mots. Il n’était pas une pipelette. Il préférait garder le silence, se contenter de pleurer ou de geindre pour attirer l’attention, sourire ou fixer quelqu’un de son regard tranquille. Il y allait à son rythme, suivait son instinct, respectait ses envies. Kaya étant une mère ouverte d’esprit, elle n’avait jamais cherché à changer cet aspect de la personnalité de son fils. Et puis, il n’était encore qu’un bambin… Les choses pouvaient largement évoluer.

    - Je suis là, chérie.

    John arriva à leur niveau, sur les bancs de la salle d’embarquement, la sacoche de son ordinateur portable sous le bras et un café dans une main. Il tendit la gobelet fumant à sa femme qui le remercia d’un sourire, s’assit à côté d’elle, ébouriffa les cheveux de son fils qui le fixait du regard, posa sa sacoche sur ses genoux et tendit un cube coloré qu’il avait calé sous son bras. Un cube coloré qu’il positionna à quelques centimètres du visage du bambin, souriant d‘un air satisfait, alors que le dit bambin déviait brusquement son regard pour se mettre à fixer avec insistance l‘objet, toujours silencieux.

    - Regarde ce que je t’ai amené là, mon grand ?

    Toujours sans prononcer un mot et visiblement indifférent face à l’air complètement gaga de son père, Megaré tendit sa petite main potelée mais assurée en avant, arrachant presque le cube plein de couleurs des mains de l’adulte. Kaya leva les yeux au ciel en poussant un petit soupir, posant une main sur le crâne de son fils et tenant son café dans l’autre.

    - Encore un rubik’s cube ? Mais bon sang, John, tu sais que çà l’occupe seulement deux minutes, çà.
    - Est-ce que c’est de ma faute si ce gosse arrive à résoudre ce casse-tête aussi rapidement ? J’aime bien le regarder faire.
    - C’est bien gentil de t’émerveiller devant les capacités de résolution mathématique et logique de ton fils, chéri, mais sache que ce dit fils n’a que 4 ans et qu’il va se mettre bien vite de nouveau à brailler son mécontentement d’ici peu, parce que je te rappelle que notre avion a déjà deux heures de retard. Alors tu as intérêt à trouver mieux qu’un rubik’s cube pour l’occuper. Et vite.

      ------------



    De la Suède, ils passèrent à la Finlande, avant de s’arrêter à Moscou en Russie. La Pologne suivit, tout comme l’Ukraine et la Turquie. Ils passèrent par l’Italie, se posèrent quelques semaines en Angleterre. Repartirent de plus belle, leur bambin de fils sous le bras, pour le Kazakhstan, la Chine, le Japon, le Canada, les incontournables Etats-Unis où ils passèrent plusieurs mois, le Mexique, le Brésil, avant de s’envoler pour le Nigeria, puis le Kenya. S’arrêtèrent en Egypte, passèrent par l’Arabie Saoudite, firent un détour jusqu’en Inde, et revinrent par le Pakistan, l’Afghanistan et l‘Iran, avant de finir en Irak. A Bagdad.


      ------------
      L’attentat


    La détonation. L’explosion. La déflagration. Ce bruit assourdissant. Ce souffle déstabilisant. Cette chaleur brûlante. Le choc. Le silence, insupportable, douloureux, qui prend possession des oreilles, alors que la poussière et la fumée obstruent la vue. L’ignorance. Et puis, la déchirure. L’impression qu’un poignard s’enfonce dans vos oreilles. Les cris qui éclatent. Les cris qui fusent. Les alarmes des voitures en sourdine. Les premiers appels.

    Au milieu des débris de ce qui était au départ une échoppe en pleine rue de Bagdad, un garçonnet de 8 ans se redresse sur les genoux, silencieux, le corps tremblant, recouvert de poussière, du sang s’écoulant d’une plaie perdue sur le crâne, l‘air complètement déboussolé, hagard. Les yeux se baladent sur les débris, le plâtre, la pierre, cette poussière qui irrite la gorge et les yeux, la carcasse d‘un bus renversé, éventré et calciné, un peu plus loin, les formes en mouvement, dans l‘espace intact de la rue, les carcasses des quelques voitures renversées, et puis les corps, eux-aussi recouverts de poussière. Ceux qui ne bougent plus. Comme celui-ci, là, le corps de cette femme aux longs cheveux bouclés rendus gris par la poussière, juste à côté de lui, et puis plus loin, celui de cet homme qui était parti chercher des jus de fruits au bar du café.

    Immobiles.


    Megaré ouvrit brusquement les yeux.

    Il luit fallu quelques secondes pour se rendre compte que sa joue droite reposait sur de l’herbe rêche, qu’il était allongé sur le sol, qu’il s’était assoupi. Il se redressa lentement en position assise, en s’aidant de ses mains, l’air las. Fatigué, il l’était. Affamé, il l’était. Perdu, il l’était. Attentat à la voiture piégée. C’était ce qui avait emporté ses parents, il y avait peut-être de cela quelques jours ou quelques heures, il ne savait pas trop. Enfin ici, en l’occurrence, un bus porteur d’une bombe avait percuté la façade d’un établissement d‘une rue de Bagdad, et çà avait été le drame. Et la vie de ses parents avait été emportée. Aussi simplement que cela. Et maintenant ? Et maintenant, il ne savait pas. Il était seul. Une femme l’avait aidé à se relever des décombres, à avancer de l’autre côté de la rue. Et puis on l’avait laissé là, comme d’autres, en attendant les premières ambulances. Il avait observé la rue, un instant, quelques minutes. Il avait posé les yeux sur les cadavres du couple Donovan. Et puis il avait tourné les talons pour s’en aller. Comme çà. La panique et la cohue étaient telles que l’on ne fit pas attention à ce gosse recouvert de poussière qui s’éloigna sans escorte du lieu de l‘attentat.

    Il avait marché. Un bon moment. Un long moment. Sans savoir où aller.

    A quel moment finit-il par traverser ce passage entre la Terre et le monde d’Aquade ? Il n’en savait rien, et ne le sait toujours pas aujourd’hui. Et puis, ce n’est pas comme si cela avait réellement de l’importance. Toujours est-il que Megaré se retrouva dans ce monde, sans le savoir. Il s’était contenté de marcher. De fuir. Pour éviter de se demander ce qu’il pourrait bien faire maintenant, tout seul. La question lui revenait à l’esprit, cruelle, pernicieuse, alors qu’il restait assis sur cette herbe, dans ce lieu de végétation désert, dans ce lieu qu’il ne connaissait pas. Et puis ce fut là que Djen débarqua.

    - Qu’est-ce que tu fous là, petit ?

    Une voix bourrue, rauque, éraillée, forte.
    Meg leva les yeux.

    Un homme, grand, si grand, robuste. Avec des vêtements sombres, des cheveux d’ébène qui retombaient dans la nuque, un teint mat, des yeux d’un gris acier saisissant qui se fichaient en lui comme des flèches. Il le fixait, les sourcils froncés, les lèvres pincées. L’air irrité.
    Meg ne bougea pas d’un pouce, les bras autour de ses genoux, se contenta de le regarder d’en bas, figé sur place. Il avait l’impression de reprendre brutalement contact avec la réalité.

    - Eh, le gosse, je te cause. Qu’est-ce que tu fous là, je te dis ?

    Continuer de le fixer. Et puis hausser les épaules, après un instant d’hésitation.

    - Je ne sais pas.

      ------------


    2.
    Morts.


    Djen vivait seul.

    Il vivait dans la contrée de Hun, au nord du monde d’Aquade. Ce fut lui qui expliqua tout ce qu’il y avait à savoir à Megaré, qui lui apporta les repères spatio-temporels dont il avait besoin pour poursuivre sa vie, pour repartir sur de nouvelles bases. Ce fut lui qui prit le môme sous son aile, qui l’accueillit chez lui, qui lui offrit un toit, de la nourriture, de l’affection. Ce fut lui qui lui ébouriffa les cheveux, qui lui sourit, qui lui raconta des histoires, qui le fit visiter des lieux incroyables, qui lui enseigna quelques tours, qui se chargea de son éducation, qui le réconforta, qui le rassura. Djen avait toujours été seul, n’avait jamais eu de fils. Il avait eu une fiancée, l’amour de sa vie, qui avait été tuée dans un accident, quelques années plus tôt. Mais il n’en avait jamais eu d’autre. Il vivait d’exploitations, appréciait le froid ambiant des contrées du nord, et pouvait se montrer incroyablement tendre et prévenant malgré ses airs bourrus et peu avenants. Meg pu aisément le constater, au fil des jours, des semaines, des mois, des années qu’il passa en sa compagnie.

    Son aisance particulière avec les mathématiques dans la vie pratique s’avéra être un don. Parce que dans ce monde, oui, on pouvait être doté d’un don, ou de plusieurs, même. On pouvait maîtriser des éléments, agir sur toutes sortes de domaines… La magie faisait partie intégrante du quotidien. Les cauchemars qui hantaient les nuits du gosse, par contre, on pensa tout d’abord qu’ils étaient dus au traumatisme de l’attentat. Mais il n’en était rien. Il fallut un moment pour que l’on comprenne qu’il avait une prédisposition avec le monde des esprits, qu’il assistait sans cesse à des morts survenues dans ce monde pendant son sommeil, et qu’il ne pouvait rien y faire.


      ------------
      Jeux d’enfants


    - Ray, je pense qu’il vaudrait mieux…
    - Une seconde.
    - Ray. Lâche-le, çà fait un moment qu’il est sous l’eau, maintenant.
    - Arrête un peu de stresser, Meg ! On joue.

    Oui, ils jouaient.

    Ils étaient une petite bande, tous des garçons d’environ la même tranche d’âge. Ray avait 13 ans, il était le plus âgé, Meg en avait 10. Il y avait Warren, le binoclard qui maîtrisait l’élément de l’acier, Kaelan, le grand maigrelet qui ne parlait jamais, le meilleur ami de l‘intrépide Ray. Et il y avait Keven, le plus jeune, le plus timide, le plus émerveillé, qui mourut ce jour-là.

    Ils aimaient se rendre au lac, pour s’y baigner, pour plonger du ponton en bois, pour se prélasser sur les bords recouverts de galets. Il ne faisait jamais très chaud, dans le nord, mais ils s’habituaient tous au climat. Ce jour-là, ils avaient fait la course, Ray en avait gagné deux, Meg, trois. Ils s’étaient éclaboussés, ils avaient courus tout autour de l’étendue d’eau qu’ils affectionnaient tant. Et puis ils s’étaient chamaillés, comme n’importe quels enfants, Ray et Warren lançant les hostilités. Maintenant, Warren barbotait tranquillement auprès du chef de la petite bande, Kaelan se prélassait sans un mot sur le ponton, allongé sur le dos, Meg était assis sur le rebord, le corps tendu en avant, les sourcils froncés, l’air inquiet et fixait Ray qui lui, gardait résolument la main appuyée sur le crâne de Keven, enfonçant le corps du gosse sous l’eau. Le sourire aux lèvres. Megaré fronça davantage les sourcils en voyant Keven se débattre de plus en plus sous l’eau, des bulles crever la surface.

    - Ray…
    - Le prochain qui m’éclabousse, je le noie, les mecs.

    Warren partit dans un éclat de rire, Kaelan esquissa un sourire sur son ponton. Meg continua de fixer la forme de leur ami qui s’agitait encore sous l’eau, les sourcils toujours froncés, l’air inquiet, perturbé. Mais il ne bougea pas. Ne fit aucun geste. Ce fut seulement lorsque les agitations cessèrent soudainement de manière inquiétante qu’il sauta à bas du ponton pour attraper le bras de Ray, le tirer violemment.

    - Arrête.

    L’autre garçon le fusilla du regard, se dégagea d’un geste brusque, écarta des mèches de cheveux noires trempées qui se collaient devant ses yeux, claqua la langue contre son palais d’un air agacé.

    - Tu n’es qu’un rabat-joie, Meg.

    Mais celui-ci ne l’écoutait plus, fixant maintenant d’un air horrifié Keven qui ne remontait pas à la surface. Il resta figé quelques secondes, avant de l’attraper vivement sous les bras pour que sa tête, son torse, puisse de nouveau être à l’air libre. A quelques mètres à peine, Ray se hissait à son tour sur le ponton, hilare, pour taper dans la main de Kaelan qui restait allongé. Warren, toujours dans l’eau, se mit cependant à froncer les sourcils à son tour, en voyant les paupières closes et la bouche ouverte de Keven, cette poitrine qui ne se soulevait plus. Il échangea un regard avec Meg, comprit en même temps que lui, jura à voix basse. Le gosse qui avait conservé ses fines lunettes sur le nez s’approcha des deux autres gamins, assena une claque retentissante sur la joue de celui qui était dans les bras de l’autre, celui qui ne bougeait plus. Mais rien n’y fit. Meg se contenta de lever les yeux sur Warren, l’air effaré. Ce dernier le regarda, jeta un regard en arrière sur Ray qui blaguait avec son meilleur ami, assena une nouvelle gifle à Keven et se mit à le secouer, à prononcer son nom, à l’appeler. Les rires sur le ponton cessèrent, le silence se fit, on n’entendait plus que Warren qui essayait vainement de réveiller le plus jeune du groupe. Meg ne bougeait pas, de nouveau, se contentant de rester debout dans l’eau, droit comme un i, les pieds rivés dans le sable et les pierres, sous l’eau, soutenant le corps désespérément immobile et silencieux de Keven.

    Mort.
    Privé d’oxygène trop longtemps.
    Noyé.

    On hissa Keven sur le ponton. Au bout d’une dizaine de minutes, plusieurs peut-être, Warren s’arrêta, se tut. Il se détourna du corps de leur ami, se mit à fixer Ray qui les regardait d’un air ébahi, toujours assis, près de Kaelan. Ils comprirent, tous. Le silence s’était abattu, lourd, insistant, pesant. Ray fut le premier à prendre la parole, après avoir déglutit. Il fronça les sourcils, son regard d’azur se fit menaçant, sa voix, dure, autoritaire.

    - Que ce soit bien clair. C‘était un accident, d’accord ?

    A partir de ce jour, plus jamais Meg ne remit les pieds dans une étendue d’eau plus grande qu’une baignoire. Jamais.

      ------------



    Ce fut suite à cet incident malheureux que Megaré vit son premier esprit.
    Le premier d’une longue, longue, très longue liste.


      ------------
      Hun, maison de Djen, 02:13.


    Meg se réveilla en sursaut.

    Les cheveux rouges plaqués sur le front par la sueur, la respiration haletante, le regard affolé, une main agrippée au drap tellement fortement que les phalanges paraissaient blanches, il se redressa comme un ressort, le dos droit, sur son lit, emmêlé dans les draps, tremblant. Il lui fallut, comme d’habitude, plusieurs minutes pour se calmer suffisamment, pour chasser tout ce sang et toutes ces visions de membres arrachés de ses rétines, pour reprendre une respiration plus normale. Son cœur tambourinait toujours autant dans sa poitrine, mais au moins, l’explosion d’angoisse s’était tarie. Un coude posé sur un genoux, la main sur le front, les yeux ouverts, Meg finit par expirer lentement, doucement. Il se frotta les yeux d’une main, frissonna sous la fraîcheur de la nuit, avala sa salive, soupira, puis finit par tirer les couvertures pour poser ses pieds nus sur le sol froid. Il se leva, vacilla un instant légèrement mais resta debout, s’avança pour sortir de la chambre. Il traversa le couloir de la petite maisonnée plongée dans le silence, se sentit rassuré en entendant la respiration réconfortante de Djen dans la chambre voisine. Il ouvrit la porte de la salle de bains, alluma la lumière, avança jusqu’au lavabo et ouvrit le robinet pour se passer de l’eau froide sur le visage.

    Lorsqu’il releva la tête et qu’il posa les yeux sur le miroir, il vit qu’il y avait quelqu’un derrière lui.
    Et la peur déchira son cœur.

    Un môme d’environ son âge, peut-être plus jeune que lui, plus petit en taille en tous les cas. Une allure qu’il connaissait, des vêtements gris qu’il connaissait, un visage qu’il connaissait, des cheveux de blé qu’il connaissait, des yeux noisettes qu’il connaissait, un regard qu’il connaissait. Mais cette pâleur, cette indéfinissable pâleur, ces cernes sous les yeux, ces lèvres bleues et transies de froid. Cette incompréhension, cette accusation dans le regard. Cette mort ambulante.

    Keven.

    La peur paralyse, la peur asphyxie, la peur étouffe.
    Le cri ne franchit pas les lèvres, le cri reste désespérément, terriblement, indéniablement silencieux. L’incompréhension, l’angoisse, l’adrénaline, le refus en bloc d’accepter cette réalité, la peur, la peur, surtout la peur, tout s’entrechoque. Le cœur explose, s’arrête ou semble faire les deux à la fois, la poitrine hésite entre imploser et laisser l’air libre circuler. Et les yeux refusent de se fermer, les yeux refusent de se détourner. Le corps, tétanisé.

    Il cru mourir lorsque Keven le regarda, un moment, un bon moment.
    Il cru mourir lorsque Keven s’approcha d’un pas.
    Il cru mourir lorsque Keven leva un bras.
    Il cru mourir lorsque l’index glacé de Keven effleura sa joue.
    Il cru mourir lorsque Keven se pencha vers son oreille, l’air attristé, déçu, perplexe.
    Il cru mourir lorsque cette chose souffla quelques mots à son oreille.

    « Pourquoi n’as-tu rien fait ? »

    Il cru mourir, il aurait voulu mourir.
    Sur le champ.


      ------------



    Les premiers jours, les premiers mois, ce fut véritablement horrible.
    Oh, çà l’est toujours aujourd'hui, mais la force de l’habitude n’entrait pas encore dans la balance. La peur était omniprésente, chaque jour, chaque heure, chaque minute.

    Cà avait commencé avec le fantôme d’un ami accidentellement noyé, cela s’enchaîna avec des gens qu’il ne connaissait absolument pas. Une jeune femme à la robe blanche tachée de sang au niveau du ventre, un homme à la gorge déchiquetée, une vieille femme aux traits trop marqués, un type aux tripes à l’air, deux adolescents aux marques de strangulation sur le cou, une petite fille qui aurait pu paraître tout à fait normale s’il n’y avait pas eu cette marque sombre sur son crâne blond. Il y en avait des tas. Partout. Dans la rue, dans chaque ruelle, auprès d’une personne, déambulant, errant. Sans cesse. Et lui, lui, il pouvait les voir. Ils le voyaient, eux aussi. Lorsqu’ils le comprenaient, d’ailleurs, la plupart s’empressaient de s’approcher, voulaient établir un contact, pour parler, pour transmettre un message. Mais il y avait cette peur, toujours cette peur, qui paralysait, qui rebutait, qui faisait hésiter.

    La mort devait s’apprivoiser.

    3.
    Waterin.

      ------------
      Waterin, rue quelconque aux abords de la place publique.


    Meg marchait, les mains dans les poches.

    La paire de baskets en toile résonnant contre les pavés, le jeans trop grand, le T-shirt ample. Le visage fermé, lisse, hermétique, un brin blasé peut-être. Une façade, un masque d’impassibilité à emprunter lorsqu’il sortait seul, pour éviter de faire aborder, et surtout, surtout, éviter de se faire remarquer par ses esprits sanguinolents et déambulant.

    Il avait quitté les murs de l’orphelinat à la faveur de l’extérieur, parce qu’il avait échoué à trouver un endroit tranquille où se poser pour réfléchir ou lire un livre. Dans toutes les chambres, il y avait des gamins de tout âge, dans les couloirs, du bruit, dans les vastes pièces, encore du monde, dans les recoins secrets, des couples d’ados qui se pelotaient. Les murs de l’orphelinat Lowy n’étaient agréables qu’aux heures silencieuses de la nuit. Au compte du gamin.

    Il n’avait pas non plus envie d’aller à l’Académie, en cours. S’il désertait ? Bien souvent. L’autre-jour, il avait été contraint de quitter le cours précipitamment parce que le fantôme d’un homme était entré, sa chemise blanche imbibée d’un liquide vermeil, trop affolé et effrayant par son incompréhension pour accepter un contact. Non, Meg n’était jamais très confiant, et il adoptait toujours une attitude de rejet lorsqu’un esprit se précipitait trop vite vers lui, bien trop vite, trop violemment. Attitude compréhensible. Les murs n’empêchaient pas le passage aux esprits, ils pouvaient bel et bien être n’importe où. L’orphelinat et l’académie n’échappaient pas à la règle. Mais Megaré n’était pas non plus un féru de l’école, de toutes façons. N’ayant jamais été réellement habitué à une scolarité normale sur Terre, il n’avait pas réussi à y prendre goût, sur Hun, lorsqu’il avait été recueilli par Djen, et encore moins ici, depuis qu’il avait ces visions.

    Djen.

    Son bienfaiteur. Le premier homme qu’il avait rencontré dans ce nouveau monde, dans sa nouvelle vie. Celui qui l’avait recueilli, qui l’avait accepté, qui l’avait considéré comme un fils, qui l’avait aidé, qui l’avait sauvé. Celui qui avait été là, quand il faisait des cauchemars si terribles qu’il en hurlait à s’en déchirer les tympans, celui qui avait été là, quand il avait besoin de soutient, quand il défaillait, quand il doutait, quand il avait besoin d’affection. Un père, un oncle, un grand-frère, il ne savait pas trop. Juste Djen. Il était tellement.

    Et il avait été tué.

    Cela faisait bientôt 3 ans qu’ils avaient tous deux quitté Hun pour venir s’installer sur l’île de Waterin, suite au désir que Djen avait de voir Meg étudier à la fameuse Académie réputée pour son excellence. Tout c’était très bien passé, relativement bien passé, hors mis quelques accrochages que le gosse aux cheveux rouges pu avoir avec d’autres jeunes de son âge. Djen et lui s’étaient vite adaptés à leur nouvel environnement, à cette nouvelle vie.

    Et puis il y avait eu la prise de pouvoir de Sund.

    Un type inconnu au bataillon, qui débarque comme çà, au Potentiel plus qu’énorme, qui s’empare du Sceptre du Pouvoir et qui prend les commandes, abolissant la démocratie, instaurant la dictature. Une erreur, une aberration. Il était impossible d’accepter çà, de courber l’échine, de se ranger du côté des fous sanguinaires et fanatiques qui se faisaient appeler Partisans. Aussi bien pour Djen que pour le gosse. Ce fut ce désir de liberté, cette absence de peur, qui n’avait jamais empêché Djen de dire ce qu’il pensait, calmement, de poser un regard méprisant et équivoque sur toute personne ou toute personne symbolisant Sund et son règne. Et ce fut ce qui l’emporta. Sa vie lui fut ôtée par un Partisan quelconque, un homme ou une femme quelconque, fanatique peut-être, peu importe. Djen était mort, Meg était seul, et c’était tout.

    S’il détestait Sund et ses Partisans ?
    Et comment.

    Comme toux ceux qui ont perdu quelqu’un par leur faute, comme tous ceux qui tiennent à leur liberté. Comme ce Gabriel Jewel, là. Qui lança l’Appel à la Résistance. C’était ce qu’il lui fallait, à Meg. S’il était jeune ? Bien sûr que oui. Mais l’âge ne compte pas, pas toujours. Il était suffisamment mature et se sentait parfaitement responsable pour pouvoir s’engager, pour pouvoir rallier cette cause. Rester neutre et s’occuper de ses petites affaires ? Hors de question, il n’était pas assez égoïste pour cela. Alors se battre. Et même s’il n’a encore jamais tué, même si on peut franchement se demander à quoi çà rime d’avoir des gamins de 14 ans dans la Résistance, Meg fera tout pour aider, pour apporter son soutien, sa pierre à l’édifice.

    Parce que c’était son choix, tout simplement.
    Il avait encore le droit de choisir.
    Il avait encore cette liberté.

      ------------


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Misaki Kurohana

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♦️ Prédisposition ♦️ Empathie, Prescience, Chance.
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Humeur : ♦ Légère, la plupart du temps.


MessageSujet: Re: ☼ Megaré Mahel Donovan ~>   Lun 19 Avr - 8:43

Bouh !

Alors, alors, très cher petit Meg.
Tu me précises tes éléments dans la magie avantagée,
et je te déclare officiellement validé !
♥️

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MessageSujet: Re: ☼ Megaré Mahel Donovan ~>   

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