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 Jeveh E. Neuwright // (Arsenic Tongue)

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MessageSujet: Jeveh E. Neuwright // (Arsenic Tongue)   Jeu 1 Avr - 15:16

Jeveh E. Neuwirth





Identité


    Nom : Neuwright.
    (Neuvième du nom !)

    Prénom : Jeveh Eziquel.
    (Soit un prénom de Conquistador, quoi.)

    Âge : 24 ans.
    (Et le corps d'Adonis qui va avec.)

    Date d’anniversaire : 9 Décembre.

    Camp : Opposant.
    (Enfin. Je crois.)

    Occupation : Rentier.

    Magie avantagée : Electricité.
    Il "contrôle" cet élément, mais, soit dit entre nous, le moindre effort le consume totalement, le fait trembloter convulsivement, comme une fillette, et lui donne des migraines et des fatigues atroces. Il contrôle très mal les effets de ses pouvoirs. Et tout ça ne lui sert pas énormément.

    (Avec un bon niveau, s'il-te-plaît, joli coeur.)




Précisions


    Caractère :

    Jeveh Eziquel Neuwright : Pourriez-vous m’en faire un portrait ?

    Rosie Leebush, 20 ans :
    « Qui ça ? Jeveh ? Ah ouais. Je n’aurais qu’une chose à dire : c’est un gros con. Il ne m’a JAMAIS plu. Il a ce petit air pédant et satisfait qui donne aux gens bienséants une envie pulsionnelle de lui foutre un poing dans la gueule. Non ? Vous savez bien, avec les sourcils légèrement relevés et un sourire de persan obèse ? Je vous parle ici d’un être totalement caricatural, né avec une cuillère en argent dans le bec et tout le temps en train de médire. De toute façon, on voit qu’il a l’esprit tordu. Son regard, là, c’est effrayant. Comment ? Coucher avec lui ? Mh. Vous êtes bien informé. Eteignez ce mégaphone, pauvre cloche. »

    Grant Collins, 24 ans :
    « Oh ! J’ai été bon ami avec Jeveh, oui ! Je me souviens très bien : je faisais ses devoirs, et il m’adressait la parole en public, parfois. Je vous jure, ça a beaucoup contribué à mon insertion sociale ! J’étais même parfois invité aux soirées que donnait Lilybeth. Elle est magnifique maintenant, mais à l’époque de l’école elle était déjà très belle. Enfin. Il était très gentil. Il avait un petit peu tendance à donner des ordres, et sa façon de parler était un peu autoritaire… Oh, et il y avait cette… cette légère tendance à rire du malheur des autres… il était aussi un petit peu élitiste et snobinard… mais rien de bien méchant, hein! Je vous jure ! Est-ce que ma déclaration va être publique ? »

    Lilybeth Branagh, 24 ans :
    « Jeveh Neuwright est un adorable spécimen de la gente masculine. Et sachez que je m’y connais en gente masculine. On ne peut rien lui refuser, parce que c’est un beau parleur ; mais pas seulement. Il a une façon de parler, très doucement, très fluidement, une façon de regarder, avec une pupille de velours et un sourire satiné, et une façon de toucher, lente, patiente, aérienne, qui ferait fondre tout être saint d’esprit. J’en connais qui ont viré leur cutie pour les beaux yeux de Jeveh. Enfin, il n’est pas de ce bord là. C’est vrai qu’on peut dire qu’il n’est pas vraiment stable, qu’il est égocentrique, et que c’est un gamin pourri gâté, mais ça contribue à son charme. Comment résister à un garçon aussi séduisant, même s’il a quelques caprices ? »

    Fjord Adison, 45 ans :
    « Je ne le connais que de vue, votre tarlouze. Je l’ai vu sortir hier soir d’un bar avec une bande d’abrutis bruyants, des bouteilles de champagne dans la main, histoire de s’enivrer un peu plus qu’ils ne l’étaient déjà, et tout ce qu’ils ont trouvé à faire, c’est tabasser un pauvre con de trente balais qui passait par là. Le mec les a traité d’inconscients, et le mec sur votre photo est parti au quart de tour. C’est comme-ci tout son calme aristocratico-burlesque s’était évanoui pour une bonne petite rage sénile. Il a complètement perdu la tête, s’est mis à beugler des insultes, est devenu blême et raide, et a tapé sur le pauvre gars avant même qu’on puisse l’arrêter. Je sais pas si c’est des sautes d’humeurs ou le champagne, mais en tout cas, il a cassé la gueule de ce mec en deux trois mouvements. Un ou deux coups de genoux dans le bide, un uppercut bien placé, et il s’est epousseté en sifflant des insultes avant de se barrer aussi sec. Vous dites que c’est un homme de bien ? C’est surtout un taré bon pour l’asile, mon petit monsieur. »

    Hyacinth Foreman, 19 ans :
    « Jeveh ? Jeveh ? Vous le connaissez ? Oh mon dieu ! DITES LUI DE M’APPELER ! NE PARTEZ PAS ! DITES LUI QUE HYACINTH FOREMAN VEUT LE REVOIR ! DITES LUI QUE JE L’AIME !! DITES LUI QUE JE REMETTRAIS UN PORTE-JARRETELLES ! »

    Isaiah Foreman, 28 ans :
    « Jeveh est un bon opposant. Il porte une haine toute naturelle à Sund. Il est motivé, concentré, sérieux, efficace. Il sait se battre, il est rusé, intelligent, assez sournois pour se sortir des situations les plus risquées. Il est l’un de nos amis de la première heure. Il n’a jamais trahi notre confiance et a sauvé plus d’un de ses camarades. Il est très respecté, et même s’il semble un peu cynique au premier abord, il s’avère très attachant. Ma sœur ? Je ne sais pas s’il la connaît. Pourquoi cette question ? »

    Dorian Esme, 25 ans :
    « Même s’il ne le dit pas clairement, du moins pas souvent, j’ai toujours su que Jeveh était attiré par les forces de Sund. Même dans nos conversations les plus anodines, ça a toujours été clair pour moi. En tant que partisan, je sais reconnaître de bons disciples quand j’en vois : or, Jeveh est le type même de l’adorateur. Egoïste, ambitieux, obsédé par son pouvoir et par la perfection, il est fait pour la puissance, pour la cruauté, pour la domination. Même dans son attitude, son besoin affolant de supériorité est palpable ; alors, ouais, peut-être qu’il fait les yeux doux à Jewel. Mais en vrai, écoutez moi bien : c’est un petit truand dans la peau d’un élégant et décent nouveau riche. »

    Daisy-Violet Neuwright, 82 ans :
    « Jeveh Eziquel était un adorable petit garçon, et il est devenu un adorable petit jeune homme ; il est extrêmement cultivé, le saviez vous ? Oh et je me souviens comme il était dodu ! Il mangeait toutes les sucreries que son grand-père lui mettait dans la bouche (reprenez donc un cookie), et il détestait bouger de son gros fauteuil en velours. Oh ! Oui, il avait tout ce qu’il voulait, le mignon petit ange. Nous lui avons offert tous les jouets, tous les gâteaux, tous les petits animaux qu’il nous a demandé ! Mais comment résisté à des yeux si doux et un sourire si avenant ? Et toute cette éducation ne l’a absolument pas gâté : voilà toute la bonne nature de mon petit fils. Il a toujours été raisonnable, sérieux, attentif, si attentionné ! Je me demande ce que je ferais sans lui (du thé ?). Depuis que Leonard m’a quittée, c’est lui qui s’occupe de moi, vous le saviez ? Oh oui ! Je me souviens comme il aimait les brownies à la crème anglaise. »

    Charlott Horner, 17 ans :
    « Si je le retrouve, je le tuerais, vous m’entendez ? C’est un pauvre queutard ! C’est un sale obsédé vulgaire et désinvolte ! JE LE TUERAIS, vous m’entendez ? Vous m’entendez ? Il m’a faite boire, il m’a faite boire et c’est tout ! TEQUILA TEQUILA TEQUILA ! Il avait l’air gentil ! PERVERS ! VIOLEUR ! JE LE HAIS ! JE LE HAIS ! JE LE TUERAIS JE VOU…vouus…VOUS JURE !

    Vous n’auriez pas un mouchoir ?
    Merci. »


    Jeveh Eziquel Neuwright, 24 ans :
    « T’as un dictionnaire, chéri ? Tu cherches perfection et tu trouveras mon nom en exemple. Allez, fais pas l’idiot et barre-toi de là avec tes questions débiles. »


Dernière édition par Jeveh E. Neuwright le Dim 4 Avr - 10:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jeveh E. Neuwright // (Arsenic Tongue)   Ven 2 Avr - 19:49

    Physique :
    INTRODUCTION
    Allons-y lentement pour Jeveh. Un Jeveh de ce gabarit, un Jeveh de cette sorte-ci, c’est un Jeveh qui s’observe, s’idolâtre, et se savoure. Elles vous diront toutes la même chose : il se regarde de haut en bas, de bas en haut, de part et d’autres, devant, derrière, avec amour, avec tendresse, avec agacement ; et il se laisse, comme une sorte de divinité stoïque, dévisager.

    On lui a offert en l’honneur de son visage des quatrains en vers libres, en rimes enlevées, des acrostiches énamourés, des sonnets baudelairiens, des éloges et des hymnes, des chansons indie façon acoustique, des arias féminines et maladroites, des odes bucoliques ; des diptyques et des triptyques à la peinture à huile, des aquarelles couleurs layettes, des dessins au fusain ou au crayon, des schémas et des croquis, des portraits rapprochés ou des portraits en pieds, des icônes sur bois avec des petits volets, et une fois même, une symphonie sur magnétophone, et une improvisation au violon.

    Bref, on respire Jeveh, on aspire son image, on s’en imprègne, et on la repense, on la rejoue, on l’assujettit, on la dompte, on la retrouve. On s’y arrête, au moins, une seconde, par respect et par esthétisme. Mais attention ! Pas parce qu’il aurait plu à Da Vinci ou Raphaël : certainement pas. Le visage régulier, les expressions saintes et énigmatiques ne lui correspondent pas : il aurait été repoussé par les artistes de Grèce, raillé par les peintres de la Renaissance. Si l’époque et le contexte avait laissé la part belle aux arts plutôt qu’au conflit, il est certain que le physique de Jeveh aurait sombré, avec lui, dans l’oubli : mais aujourd’hui, c’est ce qu’il veut éviter. Il veut que son image, avec son statut, avec ses actes futurs, s’inscrivent dans l’histoire.


    I – VISAGE
    Soyons clairs et concis : Jeveh n’est pas beau. S’il a fasciné les midinettes, c’est par l’excès de total sadisme qui fait majoritairement son charme. Chaque femelle de faible et passionnelle nature est tombée dans le piège de la souffrance amoureuse, du jeu dramatique et superficiel de la tragédie sentimentale ; et en goûtant à sa supériorité sur le jeu de l’amour, Jeveh n’a fait qu’alimenter leurs désirs shakespeariens. Bref : c’est un garçon bien de sa personne, mignon, charismatique, doté d’une aura sensuelle conséquente, mais pas une beauté pure. Pas d’ange, ou de splendeur romantique en ses traits. On le rapprocherait peut-être du charme moqueur des suivants de Lucifer, avec l’art de l’hyperbole.

    Jeveh a un visage féminin, fin et pointu, aux mâchoires étroites et à la peau satinée : les traces de sa virilité ne se retrouvent pas dans l’esquisse de son faciès. Ses pommettes sont hautes, ses joues trop fines, élégamment émaciées ; son front haut, toujours dissimulé par une tignasse souple et lisse, mettrait, découvert, en valeur ses sourcils fins et ailés : ses oreilles se perdent sous ses cheveux, et les ailes de son nez sont gracieusement ciselées. Quant à l’appendice nasal en lui-même, il est droit, volontaire, renvoyant aux bustes romains. Dans les grandes lignes, l’œil précis remarquera donc que le joli cœur a bel et bien un visage de poupée de porcelaine ; heureusement, deux ou trois défauts agressifs et choquants attirent les regards et le sauvent de la véritable féminité.

    Ses yeux font jaser ; trop larges, trop grands, ourlés de cils en balayette, ils sont d’une froideur paroxystique : aucune émotion ne transperce sa pupille, aucune interprétation ne se prête à ses regards, sinon lorsque la flamme de la rage les éclaire ; mais, plus que leur forme courbée, que leur glaciale teneur, c’est l’adjectif « vairons » qui reviendra dans leur description : l’œil gauche est d’un bleu profond et vif, richement océanique, lumineux et céleste, alors que le droit, comme laissé de côté, n’a pour lui qu’une iris fade et grisâtre, nocturne et inquiétante, teinte du retrait. Ces deux tâches bicolores laissent une impression légèrement dérangeante, comme si Jeveh avait une double facette, une seconde personnalité, une faille cachée qui se dissimule dans cette dualité visuelle ; tout ça est anormal. Immédiatement, cet attrait physique révulse ou fascine, mais laisse entendre clairement que quelque chose n’est pas net.

    Secondo, sa bouche est beaucoup trop pulpeuse ; peu conforme aux canons de beauté masculins, elle est large et brillante, avec une lèvre supérieure légèrement enflée et plus conséquente que l’inférieure ; cette dernière, néanmoins, est courbée et incurvée, aussi ronde et dodue qu’un fruit de printemps. Telle sculpture de rondeur dans le visage fin et anguleux de Jeveh ne peut qu’être un travers, une déviation à la régularité.

    Enfin, sa chevelure châtaigne et lourde, sans être indomptable, possède ses propres propriétés retorses ; sans cesse sur ses yeux, définitivement raide et volumineuse, elle a choisi elle-même son inclinaison et ses épis, ses lourdeurs et ses facilités, et reste pour Jeveh un échec esthétique.


    II – CORPS
    Jeveh Eziquel a néanmoins pour lui un corps particulièrement séduisant ; et sans pouvoir égaler je ne sais quel pornographe, il peut néanmoins prétendre à plaire nombre de jeunes filles un peu cruches, ne serait-ce que par ses grandes qualités athlétiques.

    Jeveh n’est pas osseux, mais il n’est pas très épais ; en dehors de ses épaules assez larges et plus ou moins carrées, il a tous les caractères d’une finesse qui conférerait, s’il n’était pas musclé, à la maigreur. Taillé en V, comme le veut la coutume du sex-appeal, il peut exhiber ses épaules viriles et puissantes, racées et princières, qui déclineront ensuite en un torse en diagonale, aux flancs plus écartés que ses hanches, et aux côtes légèrement esquissées. Ses os sont souvent apparents, et il a notamment des ilions, des clavicules et des coudes pointus et saillants ; ses poignets et ses doigts, ondulés par la forme de son ossature, ont une grâce peu commune, et une force douloureuse. Les veines de ses avant-bras, également, ressortent sous sa peau ; mais son torse, en soi, est un petit chef d’œuvre sculptural. Ses abdominaux sont devinés, ses flancs sont incurvés, et sa complexion légèrement hâlée ajoute un charme solaire à sa peau. Son dos n’est qu’une longue courbe reptilienne, décrivant une lente décroissance de sa nuque à ses reins, eux-mêmes creusés de deux fossettes ; sa colonne vertébrale offre une vision perlée de sa courbure, ses omoplates déforment de leurs pointes osseuses la chair aplanie de ses épaules. L’une d’elle est constellée d’une galaxie de tâches de rousseur.

    Jeveh est assez grand, assez proportionné ; élancé et svelte, il est campé sur des jambes fortes et assez galbées, étonnamment forgée par un sport qu’il a dû pratiquer sans remarquer l’impact de l’effort sur ses mollets. Sur la cuisse gauche, vers l’extérieur, la peau est couturée pas une vilaine cicatrice de grand brûlé ; rose pâle et pointue, elle s’étend sur une quinzaine de centimètres avant de s’évanouir au creux de l’épiderme doré. Les genoux ne sont pas particulièrement artistiques, sans être cagneux ; les pieds sont grands et les orteils ont tendance à gigoter dans la nervosité. Et puis, n’oublions pas l’essentiel : pour le plus grand plaisir des voyeuses, Jeveh a au moins le mérite d’avoir une chute de reins à tomber par terre !

    Quant aux légères imperfections dissimulées dans cette description en grands lignages, les voici, dans le désordre et survolées pour ne pas les mettre en valeur : quelques grains de beauté dans le dos et sur les bras, qu’il trouvera disgracieux ; une tendance à la rougeur, très rapide, lorsqu’il est frappé ; une attitude trop droite, presque raide, avec un dos solidement tenu par on ne sait quel axe solennel ; une erreur scolaire tatouée sur son rein gauche, sous la forme d’une salamandre de bonne raille à l’encre noire, et enfin une gorge à l’aspect grandiose et choquant, à la pomme d’adam saillante, aux muscles escarpés, à la nuque élégante.


    III – VÊTEMENTS & ALLURE
    Vous l’aurez compris : Jeveh suinte l’impudence et l’autorité, sans compter son penchant sérieux pour la fierté disproportionnée ; tout ça agit sur son allure, qui se définit par une raideur du dos, une démarche assurée, un menton haut et un sourire princier ; une tendance un peu adolescente à mettre encore les mains dans les poches arrières de son fût, peut-être, casse un peu son image de roi satisfait. Il aborde ses interlocuteurs avec une attitude toujours séductrice : pour lui, chaque relation amorcée doit se terminer par une acceptation de l’autre, par un nouvel esprit convaincu de sa supériorité. Sourires ou menaces, chuchotements ou insultes, il sait jouer des registres. Il joue beaucoup de ses mains, qui sont virevoltantes et hypnotiques ; il sait manier sa bouche comme un virtuose, au niveau verbal comme au niveau esthétique : il a de nombreuses mimiques buccales. Bougeant souvent la tête pour repousser ses cheveux rebelles, et tapant du pied dans l’agacement, son comportement se définit donc par d’expressifs gestes et un assez bon contrôle de sa silhouette.

    Quant à sa garde-robe, elle est quelque peu minimaliste ; Jeveh n’aime ni la couleur, ni les fanfreluches. Une prédilection pour le cuir, peut-être ? En tout cas, on se contentera en tout et pour tout du noir, du bleu marine, du blanc et du gris dans le textile ; s’il apprécie les ceintures, les cravates si besoin est, et les vestes en tout genre, ce sont les seules variations qu’on remarquera chez Jeveh ; la plupart du temps, il aime à porter des chemises ou des pulls sobres, des t-shirts sans inscription et à la coupe élégante, des jeans sans trous, de la mesure en toute chose. S’il est libéré dans ses mœurs, Jeveh est un cul serré vestimentaire ; l’originalité et l’hors norme le mettent mal à l’aise. Les bijoux, les frippes et autres nœuds nœuds en tout genre le révulsent : même ses pauvres caleçons n’échappent pas à la règle et se contentent d’une bichromatie stricte.


    CONCLUSION

    Mangez-moi !


Histoire


    ♦️Origines : Fils de rentier, et d’une quelconque chanteuse de cabaret, et petit-fils adoré d’un couple de neutre influents par leur richesse. Jeveh Eziquel est de toute façon très détaché de sa famille, en cela qu’en dehors de son arrière grand-mère, dont il s’occupe scrupuleusement, ils sont tous éradiqués, crevés, oubliés, enterrés. Pour le bien de tous.

    ♦️Position : Opposant.
    Mais tout de même, toute cette puissance, toute cette force chez les Partisans, chez Sund. Tout ça lui fait de l’œil.
    (Et puis, bizarrement, les Partisanes femelles sont toujours superbes. C’est une sex-machine, Sund ?)
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MessageSujet: Re: Jeveh E. Neuwright // (Arsenic Tongue)   Sam 3 Avr - 17:25

♦️ Histoire :

Prologue



    A cette époque, Gracie était invincible ; au paroxysme de son bien-être et de sa joliesse, à l’apogée de sa carrière et de son bonheur, elle nageait en pleine félicité, certainement emportée par l’amour avec un grand A, le prince charmant aux beaux cheveux, aux beaux sourires et au gros portefeuille.

    Elle chantait très bien, en l’occurrence : elle avait une voix très claire, qui montait facilement dans les aigus, un vibrato élégant, et un registre légèrement sensuel, histoire de chauffer l’ambiance les soirs de semaine ; elle poussait l’a capella dans un bar, sur une estrade qui lui servait de scénette, affublée d’un petit béret noir effet parisien et d’une robe à fleurs et à ceinture, trop longue sur les cuisses, pas très décolleté, genre rétro chic : et elle faisait fureur. Ses cheveux courts, ses yeux langoureux, son corps mince et souple aussi dissimulé que celui d’une bourgeoise bienséante, et pourtant assez mis en lumière pour laisser voguer l’imagination masculine, tout cela avait contribué à la séduction du mec du premier rang. Elle l’avait remarqué en octobre dernier ; ils étaient maintenant en juin, et ils coulaient des jours aussi heureux que pouvaient l’être les journées de Waterin. Il été venu d’abord avec une bande de copains, comme un gamin de 18 balais, et elle ne lui avait pas adressé un regard, malgré son joli minois et ses belles manières ; puis il était revenu, assidument, mieux sapé, plus décent, moins bourré, et d’un seul coup, le choc l’avait frappé comme un coup de poing dans le ventre : c’était lui. Lui, avec sa cravate rayée ton sur ton, son veston de costume et sa chemise un peu trop amidonnée, lui et son jean gris et superficiellement élimé, lui et ses cheveux trop longs, ses épis châtains, ses yeux d’un bleu sublimé par les spots, lui et sa bière blonde, sa gitane sans filtre, lui qui serait, sans aucun doute, le père de ses enfants, qui lui offrira une bague de 34 carats, qui la parerait de tulle et de soie, qui la ferait danser le samedi soir, qui appellerait leur bambin pour un dernier bisou avant d’aller se coucher, lui enfin, qui lui ferait l’amour cinq fois par semaine pendant la première année d’épousailles, et puis un peu moins, en déclin, comme le veut la coutume, après plusieurs décennies. Lui qui lui sourirait genre dentier, dans 70 piges, quand ils fêteraient leurs noces d’or et qu’ils se tiendraient la main devant leur famille nombreuse.

    Elle lui avait fait un clin d’œil qui disait tout ça, et il lui avait servi un sourire charmeur qui disait plus « je vais me la faire », que « je suis prêt a payer pour tes beaux yeux » ; il était venu la voir en coulisse, ils avaient consommé leur merveilleux futur sur la coiffeuse rose en plastique qui lui servait de triple miroir dans sa loge, et basta. Tout était beau, tout était rose, tout était étonnamment simple.

    Huit mois plus tard, donc, elle chantait toujours sur scène, dans sa robe à fleurs rouges et avec les cheveux sous son béret, et lui, bizarrement, n’était pas là. Il venait pourtant tous les soirs ; mais depuis qu’elle lui avait dit qu’elle était en cloque, qu’il lui avait gentiment mis un polichinelle dans le tiroir, qu’elle allait devenir une vache à lait pleine de petits bambins, des bébés Theodore adorables, et même s’il avait eut l’air extatique et ravi – non ? -, il ne venait plus trop. Un baiser sur la bouche avant qu’elle rentre dans le bar, et il fuyait à toutes jambes chez papa et maman, qui, soit dit entre nous, n’étaient pas ravis de le voir batifoler avec une fille de rien en talons plats qui poussait la chansonnette comme une casserole en cuivre dans un night club mal famé.

    En tout cas, c’était tout décidé : le bébé, il s’appellerait Jeveh. Daisy-Violet, Leonard, Theodore et elle-même étaient d’accord : elle, parce qu’elle n’avait aucun avis à donner, Theo, parce qu’il avait été élevé avec cette règle bien ancrée dans le crâne, et les deux vioques, parce que le père de Leonard portait lui-même ce nom vaguement hébraïque. Elle caressa machinalement son abdomen à peine enflé – 3 mois et demi, et toujours à l’aise sous sa ceinture vintage – et eut un sourire charmeur et ravi pour l’assistance, alors qu’elle s’emmêlait les pinceaux dans sa vieille chanson désuète. Jeveh, c’était plutôt mignon, plutôt gracieux. Son fiston, ce serait un tombeur. Et si c’était une fille, elle aurait une voix d’ange, ça ne faisait aucun doute : d’ailleurs, son nom, ce serait Angélique, comme sa poupée quand elle avait sept ans – et là, ni Theo, ni ses géniteurs hystériques ne pourraient la faire changer d’idée.

    Lorsqu’elle sortit de scène, Theodore l’attendait dehors ; il faisait nuit, il faisait froid, et elle ramenait les pans de son gros gilet en laine sur sa tenue de scène ; elle prit son bras lorsqu’elle le vit, il lui sourit largement et embrassa sa joue ; elle enleva le béret, ébouriffa les cheveux courts, piqua un far de midinette – c’est une tradition chez les Neuwright : on fait rougir les idiotes, on séduit les rusées, bref, on plaît toujours de façon illogique aux femelles – et entrelaça ses doigts. Alors, d’un ton dégagé, Theodore lâcha :

    - Alors ! On fait quoi pour ce truc ?

    Il eut un vague geste vers le ventre de Gracie, qui baissa les yeux vers sa précieuse ceinture, et haussa les sourcils :

    - Tu veux m’en acheter une autre ?

    -… Une autre… ?

    - Ceinture, mon cœur.

    - Je parle du marmot, marmonna-t-il d’un ton agacé, bien conscient que l’élue de ses appétits sexuels (pardon… de son cœur ?) n’était pas la plus futée du quartier.

    -… On fait quoi ? Mais il n’y a rien à faire ! il faut attendre encore 5 mois, chéri, rit-elle en repoussant un caillou du bout de sa chaussure vernie.

    - Eh bien, justement, si tu veux t’en débarrasser, il faut bouger ton joli petit cul. A moins que tu veuilles claquer avec.

    Elle s’étrangla violemment et se mit à tousser avec force. Sa main se crispa entre les doigts glacés de Theodore, et elle mit un temps à reprendre son souffle ; il la regardait calmement, un peu interrogateur, sans faire un geste pour l’aider, et sans lui offrir un sourire de sollicitude. Ah OUI ! il souriait bien quand il voulait la sauter, le petit fils de pute !

    - Mais je ne veux pas m’en débarrasser ! C’est notre bébé ! On va bien se marier, non ?!

    -… Toi et moi, ou « on » est indéterminé ?

    - TOI ET MOI, SOMBRE IDIOT ! hurla-t-elle, soudain hystérique, et la tête remplie de flashs incongrus de leur relation plus qu’idyllique (et… plus que physique).

    - Bien sûr que non. Trésor, tu n’as pas un sou en poche, et tu chante dans les bars. Je suis fils d’un Neuwright. Pour l’amour du ciel, arrête de dire des choses aussi stupides. Ou arrête de boire. Je ne sais vraiment pas ce qui te passe par la tête, bébé, mais ce n’est pas très très profond, et pas très vif non plus.

    - Tu me traites d’idiote ?!

    Il lâcha sa main et l’essuya sur son pantalon, un peu dégoûté par l’anxiété de sa compagne, qui rendait sa peau moite.

    - J’ai seulement dit « pas très vive », Gracie.

    Elle le fixa droit dans les yeux, et sans qu’elle puisse s’en empêcher, une boule dans la gorge et les pupilles dilatées, éclata en sanglots. C’est là, en fait, qu’il s’est barré, parce que les filles connes mais jolies, ça va encore, mais les pleurnicheuses, putain de merde, ça c’est saoulant.




    Un pas en avant




    - GRAND-MÈRE ! hurla le gosse en fonçant à travers le salon pourpre, comme vissé sur roulettes, ses joues dodues encore barbouillées de pâte à tartiner.

    Elle ne daigna pas lever les yeux de son roman, pour avoir encore une seconde de tranquillité dans les bras de Rhett Butler, ô héros aimé, en secret, de ses fantames, mâle dominant et guerrier hors pair, splendeur de Charleston et d’Atlanta, personnage principal d’Autant en Emporte le Vent et de ses scénarios imaginaires de folie amoureuse, au creux de son cerveau vieillissant. Mais comme Léonard, qui faisait ses sacro-saints mots croisés, ne bougeait ni pied ni patte devant le pauvre enfant affamé, elle dû refermer le bouquin sacré et lever les yeux.

    - GRAND-MÈRE, J’AI FAIM, beugla Jeveh Eziquel, ses mains sales sur les hanches, les pieds en action, prêts à taper le sol avec mécontentement, et une expression de pur mécontentement sur le visage.

    Daisy-Violet lui adressa un sourire attendri, resserra le nœud de sa cravate en soie, remis d’aplomb les manches de sa petite veste de costume, embrassa doucement sur son front de bambin, et caressa sa ronde joue sucrée. L’effet fût immédiat : Jeveh se calma, lâcha ses hanches, perdit sa grimace colérique, rosit de plaisir et eut le gloussement fanatique des gamins accros aux jupons maternels ; l’emmenant par la main, elle prit dans la cuisine des petits biscuits fourrés à la pistache, des macarons roses bonbons, et un brownie fondant, et lui remis solennellement tout ce pactole graisseux sur un plateau de porcelaine. Appréciant l’effort, Jeveh lui épargna un autre cri odieux, et alla déposer le tout sur le tapis persan du salon, près de la cheminée, entre le champion de mot croisée et la Scarlett o’Hara rêveuse, pour déguster son quatrième goûter quotidien.

    A cette époque bénie où Jeveh était fortiche en vocalises, le gamin atteignait ses 5 ans, et vivait paisiblement dans le manoir familial, avec « grand-mère » et « grand-père » pour seuls géniteurs ; pourquoi ça ? Daisy revit le visage, certes mignonnet, mais altéré par le prolétariat notoire, de la défunte Gracie. La pauvre enfant, pendant les derniers mois de sa grossesse, s’était épuisée à vouloir nuire à Theodore ; elle avait failli faire sauter le manoir – et sauter avec - ; avait voulu mettre le feu aux écuries ; elle avait pris en otage la femme de chambre favorite de Leonard et avait même menacé de se pendre ; pourtant, Daisy lui avait dit qu’elle lui donnerait de l’argent contre l’enfant ! Elle n’avait rien contre cette progéniture, elle rêvait d’un petit fils ayant un peu plus de mérite que son simplet d’héritier… Elle avait proposé contre le gamin de Gracie un petit pactole coquet, mais Theodore s’y était farouchement opposé : il voulait pas de marmot à domicile, braillard et chiant avec ça. Enfin, la chose s’était arrangée d’elle-même quelques mois après, lorsque la terroriste de chanteuse était morte en couche – ce qui lui avait permis d’économiser la somme promise -, et que son propre fiston avait deserté pour on ne sait où, on ne sait comment, avec la femme de chambre anciennement prise en otage, et dotée, avouons le, de formes avantageuses qui avaient dû engendrer cette soudaine idylle.

    Jeveh tartinait gaiement le tapis persan avec la crème de pistache des biscuits ; il lui décocha un doux sourire charmeur et susurra :

    - J’aimais pas les gâteaux.

    Leonard ouvrit la bouche pour remarquer calmement, stylo bic en main, encore concentré sur cette grille de mots qu’il remplissait plus vite que son ombre, ô héros des magazines pour vioques :

    - Cet enfant se fiche de toi, ma douce.

    Elle résista à l’envie idiote d’appeler Rhett à la rescousse en balançant son volume sur la gueule de ce vieux con, et le foudroya d’un regard tyrannique digne de Margaret Thatcher ; elle prit la menotte pâteuse de Jeveh, le leva avec douceur, et l’emmena illico presto dans la cuisine pour nettoyer ses doigts, ses grosses joues, et ses fringues taillées sur mesure ; ensuite, elle lui mit entre les mains une petite voiture d’un rouge vif et, clairement fascinant, et retourna tranquillement vers le salon avec un air torve sur les lèvres.

    - Winniefred ! Nettoyez le tapis immédiatement ! piailla-t-elle sèchement en regardant Jeveh s’ébattre avec le jouet qu’il jetterait dans 5 minutes, lassé par le côté statique de la voiture. Il avait les cheveux châtains de son père, et ses yeux si particuliers étincelaient d’une lueur si spéciale, si électrique, qu’elle fondait presque immédiatement. Il y avait dans les facettes originales de ses prunelles vairons quelque chose d’irrésistible. Le bleu de son père, et le grisâtre de sa mère, se confondaient en un regard profond, pur, inimitable. Ses grands cils de poupée battaient avec ses paupières, sa bouche pulpeuse appelaient les baisers attendris. Il était l’incarnation charmeuse d’un enfant qui était enfin engendré, un enfant qui avait eut des parents brouillons, et avait, en naissant, marquer l’accomplissement d’un rêve maternel. Il était le SIEN. Son bébé. Pas celui de Léonard, pas celui de cet imbécile de Theodore, pas celui de cette pauvrette de Gracie Gordon, mais son bébé. Il l’aimait elle, elle l’aimait lui. Il s’accrochait à sa jupe quand il avait peur, il demandait une histoire et un bisou chaque soir, il venait tirer sur ses draps quand il faisait un cauchemar, il riait avec elle, il ne parlait qu’à elle, il la serrait, elle, et il lui disait ses secrets. Comme un chaton reconnaissant, c’était à elle qu’il ramenait ses dernières trouvailles : un hérisson blessé, des plumes d’oiseaux, des marguerites fanées, des petits cailloux en forme d’escargots, des feuilles rousses, des coquillages de toutes les couleurs bizarrement ramassés dans le jardinet. Elle regarda les épis de ses cheveux sur l’arrière de son crâne, alors qu’il faisait vrombir sa voiture vers le feu, et reculait d’un air craintif, et sourit.

    Oui, décidément, il était un petit prodige. D’ailleurs, elle avait déjà remarqué qu’il contrôlait un élément. Alors que son pauvre père n’avait jamais réussi à faire autre chose que d’allumer sa cigarette avec la force de sa pensée, et que sa mère pouvait faire des bulles dans son bain, à tout casser… Lui avait la force nécessaire. Elle se souleva un instant, ébouriffa la tignasse châtaigne, et donna au gamin un bonbon à la menthe pour le récompenser d’être né.

    - Tu gâtes trop cet enfant, Daisy-Violet, marmonna Leonard en barrant un mot composé dans sa grille débile.

    - Je te prie de la fermer, Leonard.




    Entre deux


    Il enfouit sa main dans les lourds cheveux roux et les maintint sans douceur entre ses doigts rudes ; la pierre froide glaçait lentement son dos, mais il appuyait le corps courbé contre le sien et, fondant sa bouche en celle, fruitée et fraiche, de Lily-Beth ; il sentait contre lui la chaleur féroce de sa silhouette féminine, et ses courbures délicates s’imbriquer à son propre buste. L’averse faisait rage, et sur eux et leurs uniformes proprets vrombissaient les gouttes en rafales, le vent léger et givré, qui encerclait leurs chevilles et dansait à leurs oreilles. Il pressa sa main sur les reins de Lily, et les doigts qui retenait les ondulations flamboyantes délassèrent soudain les cheveux en passant au travers, lentement, jusqu’à ce qu’il touche ses épaules pour la rapprocher –était-ce possible ?- de lui. Leurs dents s’entrechoquèrent de nouveau, leurs lèvres se meurtrirent une seconde, et il se voûta plus longuement sur elle pour savourer l’empreinte de sa bouche, de ses mains, d’elle sur lui.

    Lily-Beth avait été la seule qui avait réussi à l’accrocher plus de trois ou quatre jours d’affilée : non pas qu’ils ait été amoureux l’un de l’autre, ni à 16 ans (quand leurs bécotages avaient démarrés), ni à 18 (quand leur liaison avait repris), ni maintenant (alors qu’ils s’étaient éloignés l’un de l’autre), mais elle était belle, elle était drôle, et elle était de sa trempe. Égoïste et rieuse, désinvolte et cruelle, câline et enjôleuse, nonchalante et assoiffée de reconnaissance : elle avait été une sœur pour lui, une sœur si séduisante qu’ils avaient fini par révoquer leurs liens forts d’amitié pour s’autoriser un pseudo inceste plus que probable ; en tout cas, elle l’avait bien mené par le bout du nez, et ils avaient vécu l’un pour l’autre un bout bon de temps avant de se détacher. Parfois, elle était soudainement accro à son Jeveh, et les drames étaient pour elle ; parfois, il était complètement sous le charme, soudain obsédé par sa présence, et il payait les pots cassés. Leur relation avait marché sur le mode de « tu me suis, je te fuis » pendant une bonne partie de leur scolarité. Le tumulte de leur idylle étrangement harmonieuse leur avait permis de multiplier les conquêtes pendant leurs multiples « pauses », et néanmoins de profiter l’un de l’autre, avec ces sublimes scènes de jalousie et de retrouvailles récurrentes qui peuplent notamment les séries télévisées.

    Elle avait le regard extrêmement expressif, extrêmement attrayant, d’un sombre très épuré ; et de lourds cheveux qui fondaient entre les doigts séduits de Jeveh ; elle était libérée mais avec retenue, elle était cynique, pince-sans-rire, mais avait néanmoins un beau rire perlé, tintinnabulant. Elle aimait les nœuds, le rose, les cœurs, les nunucheries d’adolescentes, et pourtant elle se comportait parfois comme un homme, multipliant les coups de poings, serrant les dents, griffant à tout va, hurlant des vulgarités. Elle le serrait contre elle parfois, et c’était comme si elle recréait un environnement qu’il ne connaissait pas.

    Mais, encore une fois, entre eux résidait une complicité fraternelle, un lien sensuel explosif, mais pas d’amour. Il avait, pendant son adolescence et les prémices de sa vie adulte, partagé beaucoup de lits, s’était offert à beaucoup de cœurs, avait rit au nez de beaucoup d’idylles. Surtout, il avait virevolté d’idées en idées, d’avis en avis, sans pouvoir se poser sur le camp qu’il voulait (devait ?) prendre. Sa famille avait une réputation déjà bien ancrée de totale neutralité dans le conflit sous-jacent qui secouait Waterin : aussi, il pouvait considérer qu’il était au delà de tout soupçon. Il savait que Lily-Beth, sous ses airs d’ange flamboyant, était une partisane pure et dure, et c’est en cela qu’ils avaient différé : si elle avait laissé vivre sa soif de puissance et d’importance, il s’était détourné des sentiers que Sund offrait pour s’autoproclamer Opposant, et agir en tant que tel. Il ne savait pas trop pourquoi : au début, la rébellion, l’honneur, le chevaleresque mouvement d’opposition lui avaient paru très gratifiant, et assez noble pour que le nom de Jeveh Neuwright s’y inscrive. Malheureusement, et déjà à l’académie, la jalousie l’avait rongé : ce Sund, il était surpuissant ; pouvait-il léguer du Pouvoir ? Il peinait beaucoup avec son propre don, et se voyait, en camouflant ses positions quant au Tyran, sombrer dans l’oubli sans pouvoir agir plus que ce qu’il faisait, à l’occasion, dans l’ombre et en secret. Alors que Lily-Beth, épanouie par son choix – qu’elle lui avait confié -, comblée dans ses désirs ambitieux, trépignait à l’idée de devenir plus proche de Sund, il devait supporter la belle gueule insolente de Jewel, ses grands principes pacifiques, sa douceur étrange ; il ne l’aimait pas.

    Il oscillait donc.

    Elle eut un sourire léger avant de se détacher de lui et de lever vers le ciel larmoyant un visage pur et pâle ; d’un geste pétillant, elle aplatit les mèches humides de Jeveh sur son front, et s’ébroua comme un chiot malaisé.

    - Tu peux pas nous faire une petite étincelle, une démonstration légère, avec toute cette eau qui conduit l’électricité ?

    Le fait qu’il contrôle (avec beaucoup de difficulté) un élément la fascinait. Elle pouvait, quant à elle, jouer les médiums, et avait des visions digne des romans de sorcières. Elle haussa les sourcils avec une expression de défi, et il grimaça. Il détestait utiliser son pouvoir. Il souffrait ensuite de soudaines crises de tremblements et de migraines pendant plusieurs jours –proportionnellement à la puissance de ses actes-, et était soudainement exténué ; et puis, plus gênant encore, ses multiples expériences s’étaient très souvent soldées par des échecs : le courant électrique lui échappait, ou un élément perturbateur entrait en ligne de compte, et il blessait quelqu’un, avortait sa manœuvre, ou perdait tout contrôle, toute emprise ; et il avait fini par craindre ses écarts, ses essais maladroits, sa puissance potentielle.

    - Et toi, tu peux me prédir l’avenir et me donner mon horoscope, cartomancienne ?

    - Seulement si je vois la foudre, répliqua-t-elle du tac-au-tac, avec dans les yeux l’étincelle irrésistible de la bravade ; et il roula des épaules, toussota comme un prestidigitateur, convaincu. Il n’allait pas laisser cette petite allumeuse le défiait comme s’il était une fillette peureuse ; il se concentra immédiatement, violemment, et assez longtemps, alors que son cerveau mécontent essayait d’échapper aux liens de son esprit, et inspira. Il sentait sous son front battre le sang, très fort, comme si son cœur avait doublé de pulsations, comme si son crâne tout entier lui échappait sournoisement et douloureusement ; néanmoins il attrapa mentalement les molécules adéquates, qu’il visualisait facilement, et les attacha entre elles pour former une espèce d’agglomération chimique et physique que lui-même ne savait pas trop interpréter, mais qu’il créait machinalement, intuitivement. Avec l’eau, la chose était plus facile, mais plus dangereuse ; il sentait déjà poindre la menaçante migraine qui le secouerait certainement toute la nuit, et plissa les lèvres pour affermir sa prise. Extérieurement, il semblait seulement paisible, un peu trop raide, très immobile, comme dormant debout ; intérieurement, il bouillonnait aussi bruyamment qu’une cocotte-minute.

    Soudain, la foudre, sous la forme d’un éclair zébré et élégant, déchira le ciel, sans un bruit de tonnerre, seulement perçant l’aquatique rideau de pluie ; Lily-Beth sauta sur ses pieds et applaudit à tout rompre ; mais la jolie représentation style magicien d’Oz ne s’arrêta pas là, et lorsque Jeveh ouvrit les yeux, un autre éclair apparaissait, et un autre à sa suite, rappelant vaguement un châtiment apocalyptique tout droit sorti d’une Métamorphose d’Ovide, mettant en scène la colère de Zeus. Lily recula vers le préau, grimaçante, et foudroya Jeveh du regard, comme s’il avait menacé de l’assassiner à coup de jus électrique ; un nouvel éclair apparut, plus grand, plus puissant, et passant à travers les gouttes, comme raffermi par elle, comme surpassé par elle.

    Soudain, une nouvelle zébrure, d’une longueur et d’une lumière effarante, déchira le ciel avec violence et fulgurance, et s’accrocha comme un fil d’or à la girouette métallique sur le toit de l’académie.

    Les mains de Jeveh tremblaient douloureusement, secouées de l’intérieur, les frissons couraient sur son dos et sa colonne vertébrale, ondulant sur ses épaules ; et son souffle se tarit. Avec la puissance d’une sorte de crise épileptique, il sentit soudain les convulsions investir tout son corps, et il peina à rester debout.

    L’électricité passait sur le métal et étincela une seconde contre les tuiles du toit ; un grésillement inquiétant retentit et s’amplifia le long de la rainure du bâtiment, et l’illumina comme un halo ; une angoisse imprécise frappa Jeveh – avait-il tué tous les élèves de l’académie ? Tout le personnel ? Gisaient-ils à terre, électrocutés ?-, mais seules les lumières, aux fenêtres, clignotèrent, vacillèrent, puis moururent.

    Pitoyablement, Jeveh continuait à trembloter, les veines de son front révulsées par la migraine ; Lily le fixa avec agacement, frotta ses épaules frissonnantes, et remarqua d’un ton moqueur :

    - Tout ça pour trois éclairs et une coupure de courant ? Tu vas crever net quand il faudra assassiner quelqu’un avec du courant électrique, mon mignon.

    Il résista à l’envie de gifler son minois espiègle, et tourna son visage blême vers elle :

    - Va chercher une couverture et réfléchit à une bonne petite prémonition, je te rejoins dans ton dortoir.

    Il ravala l’insulte qu’il voulait lâcher en conclusion, mais ne se permit pas une formule de politesse.



    Epilogue


    Il alluma sa cigarette d’un mouvement vif et rapide de briquet, et leva les yeux vers le ciel nocturne. Assis sur le mur d’enceinte du manoir familial, il balançait comme un gamin ses jambes dans le vide, et regardait non loin les silhouettes de la ville. Les arbres avaient perdu leurs feuilles rousses, et le froid pénétrait à travers sa veste en cuir et son pantalon, comme une empreinte laissée par une peau glacée. Novembre commençait à Waterin, et, comme d’habitude, la grisaille et les températures insupportables reprenaient leurs droits : il n’aimait pas le froid. Il devait être reptilien, assoiffée de soleil, rendu inactif et inanimé dans la fraicheur de l’hiver approchant.

    A 24 ans, il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de continuer à vivre comme un adolescent. Depuis l’académie, il n’avait pas beaucoup mûrit ; il avait gagné en froideur, en self-control, en ruse, peut-être : il avait fait quelques pas en avant avec son pouvoir, très peu, et n’avait toujours pas choisi son véritable camp. Il y avait dans sa moralité quelque chose d’obscur et d’étonnant, qui se refusait à prendre place dans les rangs de Sund ; mais ce qu’il y avait en lui de mauvais, de détestable, de majoritaire, ne pouvait supporter le clan des Opposants et sa tendre faiblesse. Il était donc… quoi ? Un Opposant partisan des Partisans ? Il eut un vague sourire qui fit un croissant blanc dans la pénombre, et expira lentement la fumée opaque et odorante de sa gitane sans filtre.

    Il habitait encore chez sa Grand-mère. Non pas par refus d’indépendance, mais parce qu’elle était la seule qui avait son affection sans rédition, sans limites, sans accroc ; il ne pouvait pas la laisser seule dans cette grande maison lugubre, alors qu’elle l’avait élevé au rang de petite Icône pendant toute son existence ; il la cajolait comme on cajole une enfant, sans avouer que son faible puéril pour cette aïeule aimante avait quelque chose de faible, d’agaçant, et n’était, en fait, qu’une faille.

    Ce qui avait évolué, peut-être, était la fréquence et l’importance de ses conquêtes : comme son père au même âge, il faisait tourner les têtes féminines avec brio, et s’il avait le visage moins harmonieux et la parole moins agréable, il était néanmoins passé maître dans l’art de tirer son coup les soirs de pulsions ; Lily-Beth et lui ne se parlaient plus beaucoup. On se disait bonjour au détour d’une ruelle, parfois ; alors, il n’avait plus de « régulière », comme on dit dans le langage des maisons closes ; il se contentait de blondes rencontrées dans des bars, de brunes séduites à dans une rue humide, de rouquines pêchées à l’académie, de midinettes, donc, attrapées n’importe où et choisies exclusivement sur des critères physiques et intéressés. Il n’avait pas de critères bien précis, de fait : il se contentait d’être un salaud, un point c’est tout. Et c’était très facile à vivre !

    Il étudiait toujours, à l’occasion, à l’académie. Histoire de pouvoir, un jour, contrôler l’électricité un peu mieux que ça, et sans crever dans les tremblements et la migraine deux secondes après. De toute façon, on lui avait dit. Il mourrait jeune, et ce n’était pas ses mœurs qui allaient arranger les choses.

    Coquet, frivole, il s’enfonçait sans culpabilité dans ses travers naturels sans essayer de se corriger : allant jusqu’à affectionner ses défauts. Sa tendance à la procrastination, son manque total de scrupules, son ambition ravageuse, et ravagée, ses crises de colère légendaires dues à des sautes d’humeur aussi choquantes qu’inattendues, sa vulgarité et ses vices – cigarette la plupart du temps, alcool régulièrement, sexe omniprésent ! -, tout cela allait en croissant, et devenaient presque insupportables ; il était une caricature de lui-même ; et bon dieu qu’il était seul !

    Sans Daisy-Violet, qui était-il ? Mieux, qui avait-il ? Lily l’avait abandonné il y avait déjà un certain temps, même au niveau amical, pour fondre sur les Partisans comme une rapace matrimoniale ; il n’avait cherché à cultiver des amitiés proches, des amourettes agréables, et s’il s’entendait vaguement avec la gente masculine, c’était néanmoins un lien distendu et peu motivant qu’il maintenait avec eux. Il écrasa sa cigarette émoussée sur le muret et pianota sur la pierre du bout des doigts ; ouaip’. Il était seul – et on ne pouvait pas dire que ça lui plaisait, beaucoup, beaucoup. Non. En fait... la solitude était presque... phobique chez lui.

    Il fit craquer la flamme du briquet une nouvelle fois et regarda la nature alentour avec sa parcelle de lueur. Tout était calme, paisible, rafraichissant, désagréablement angoissant. Il soupira, souffla le briquet, enjamba le mur dans l’autre sens, et sauta souplement à terre pour rentrer.
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MessageSujet: Re: Jeveh E. Neuwright // (Arsenic Tongue)   Dim 4 Avr - 10:51

.



FINI !
Alors, heureuses?
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Misaki Kurohana

The Puppet.

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Occupations : ♦ Etudiante à l'Académie, Résitance.
Humeur : ♦ Légère, la plupart du temps.


MessageSujet: Re: Jeveh E. Neuwright // (Arsenic Tongue)   Dim 4 Avr - 11:12

Validééééé !

Bon jeu parmi nous !


Eheh, Nailah chérie n'attend plus que toi !
♥️

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MessageSujet: Re: Jeveh E. Neuwright // (Arsenic Tongue)   

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Jeveh E. Neuwright // (Arsenic Tongue)

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