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 Eressëa S. Hravan ~ Ombre Pernicieuse, charpardeur libertin.

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Eressëa S. Hravan


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Magie : Je suis dans ton ombre ♥️.
Localisation : Qui sait ? ~
Occupations : Chaparder, détrousser, tromper, faire chanter, abuser...
Humeur : Qui vivra verra ♫ !


MessageSujet: Eressëa S. Hravan ~ Ombre Pernicieuse, charpardeur libertin.   Mer 10 Mar - 18:43

Identité


♦️ Nom : Hravan

♦️ Prénom : Eressëa Sùlë
~ Bien peu de gens connaissent son nom intégral... Pour peu je dirais même personne. Nous-même l'appellons communément « Eres ».

♦️ Âge : 21 ans.

♦️ Date d’anniversaire : Le 9 Août.
~ La Saint Amour en notre joli monde ♥.

♦️ Camp : Neutre ~

♦️ Occupation : Voleur.
~ Note : cette plaisante canaille peut, et à condition de la trouver, se faire engager pour divers travaux en rapport avec sa profession.

♦️ Magie avantagée : Vent & Nuit.
Le pouvoir d'Eres est profondément ancré en lui, instinctif, et pas si simple à décrire... Disons qu'il se glisse dans les ombres, fait corps avec elles. Il réduit le son de ses pas presque à néant, n'en subsistant qu'un fluide frottement. Il mue ses murmures en un souffle si léger qu'on l'apparente naturellement à l'air...

~ ... ou, comme il s'amusait beaucoup à le faire à une époque, le râle d'un fantôme, spectre ou autres revenants ectoplasmiques...
Son don n'est qu'une composition d'astuces de ce domaine.
Tout ceci lui est aussi aisé que d'être, la nuit où les jours très sombres. En revanche la lumière lui pose plus de problèmes, notamment pour "disparaître" ; que se soit une lumière éléctrique ou solaire, on le verra. Cependant, un regard anodin ne s'accrochera pas à lui s'il se concentre. Pour ce qui est de l'audible en revanche, avec un peu d'attention, il y parviendra facilement.


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Dernière édition par Eressëa S. Hravan le Dim 28 Mar - 21:19, édité 10 fois
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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Eressëa S. Hravan ~ Ombre Pernicieuse, charpardeur libertin.   Mer 10 Mar - 23:07

Précisions


« Par cette putain d'Uen ! »
Eres ne croit pas du tout en la justice...
~N'ayez crainte pour son salut, mes frères : il est athée ♥ !

    ♦️ Caractère :

    Une chose bien complexe à définir… Quels sont donc les mots justes pour te décrire, mon bel Eressëa Sùlë Hravan ? Hmm… En débâcle et guilleretement ♫ :

    Eres tu es… Insolent ! Oh ça oui, tu l’es ! Ton regard, ton sourire, ton attitude, tes gestes, chacun de tes traits est emprunt d’insolence ! Insolence envers ces gens dont tu es si détaché, insolence envers cette société dont tu te fiches, insolence envers toute autorité que tu ignores, insolence envers les lois que tu écrases, insolence envers ce monde qui se croît ta cage, insolence envers la vie que tu mords sans retenue, insolence envers les Dieux qu’ouvertement tu insultes de tes blasphèmes, insolence envers les ombres que tu oses imiter, insolence envers le vent avec lequel tu hurles, insolence envers la nuit que tu charmes et délaisses, insolence envers le temps que tu ne comptes pas, insolence envers moi, effronté, à laquelle tu échappes !

    Tu es aussi… Froid. Pas spécialement polaire, boréal ou suffoquant de glace. Non, juste froid. Détaché. Tu regardes les autres de haut. Pas du haut de ton mépris, non ce n’est pas ton genre, mais du haut de ton indifférence quant à leur sort, quant à leur pensées, quant à leurs préjugés, quant à leurs défauts et leurs qualités, leurs laideurs et leurs beautés, leurs cris ou leurs messes-basses, leur cupidité ou leur grand cœur… Oui, tu es quelqu’un de froid. Quand on te voit, on pense que tu es de ceux qui ne perdent jamais leur calme, des ténébreux qui sont à part, énigmatiques. De ces gens dont on ne sait rien, dont les pensées sont indéchiffrables, qui ne parlent jamais d’eux, qu’on imagine venir de nulle part. Et on a presque raison. Mais seulement « presque » car Eres il t’arrive, parfois…

    ...D’être coléreux. Ne hausse pas ce sourcil railleur avec moi, je te connais par cœur. Ne nie pas : si ça te touche de près, tu t’emportes très vite. Tu bous de l’intérieur. Et tu te venges. Si une personne est la cause de ton courroux, tu te venges. Et tu n’as aucune miséricorde, aucun regret, aucun remord. Quelqu’un qui se déclare ton ennemi le reste jusqu’à ce que ta colère soit apaisée, ensuite tu l’oublies. Oh, pour que tu daignes considérer un être comme ton adversaire officiel, il en faut tout de même beaucoup, puisqu’il doit surmonter ton indifférence. Mais ceux qui t’offensent ou t’agacent même légèrement restent dans un coin de ta mémoire… Tes vengeances d’alors n’ont pas portée de grave et surtout, tu ne les prémédites pas, les accomplissant simplement à l’occasion…

    Libertin ! Parfois vulgaire, tu jures spontanément des mots affreux pour les oreilles chastes ! Oh tu n’es pas la vulgarité incarnée, non, bien entendu. Tu as des manières, tu peux même être très noble, dans tes dires. Tu fais parfois de jolies phrases et tu es très correct avec les dames que tu convoites… Certes, tu ne restes guère plus d’une nuit en leur compagnie, mais peu d’entre elles l’ont regretté. Tu es un peu moins courtois avec tes amies des bordels, ta vulgarité y reprend un pas, mais toujours dans une limite qui ne te fais jamais tendre vers le rustre illettré juste pervers et méprisable. Jamais, sinon quoi, je te rappellerais à l’ordre ♥️ ! Je ne peux hélas rien faire pour les belles salades que tu sers à tes conquêtes qui, bien souvent naïves, s'abandonnent à tes bras sans imaginer qu'ils ne sont pas qu'à elles seules...

    Ce n'est pas que tu es menteur... Mais tu es très bon comédien, lorsque l'humeur t'en dit ! Tu joues les rôles qui t'arrangent aux moments opportuns et tu le fais si bien que tous n'y voient que du feu ! Il faut le dire : tout te va ! Tu rentres aussi bien dans la peau d'un audacieux impétueux que d'un austère glaçon muet. Au final, pour arriver à tes fins tu es un peu...

    ...Sournois, et railleur. Ca t'amuse. Malin et rusé comme un renard, tu adores rire des gens. Et tu ne fais pas de cadeau ! Attaché sincèrement à peu de personnes, tu n'hésites pas à faire chanter, tromper, chaparder, fourvoyer, abuser, détrousser, tricher... C'est mal, mais ça te plaît ♥️ ! Et puis surtout, ça t'aide pas mal à survivre...

    On le sait : tu es très paradoxale. Tantôt tu es ce type sérieux, réfléchi, mature, un peu noir et taciturne qui fascine et effraye à la fois... Tantôt tu es cet irrécupérable garnement à l'esprit trop vif, l'œil trop alerte, la langue trop affûtée et l'insolence trop criarde qui raille avec l'adresse du maître-moqueur et s'attire autant de sympathie que de haine...
    Tu restes toujours cynique. Cynique, insaisissable, détaché et un peu loufoque. Un symbole de l'indépendance, un emblème de la liberté. Un hymne à l'esprit sauvageon, pourrait-on dire.

    Mais mon tout joli Eres... Tu es adorable. Tu as l'air de toujours te faire passer avant tout le monde, mais en réalité il y a bien de -rares- exceptions... Parce que même si tu es souvent immorale au possible, tu as un sens de l'honneur. Pas toujours conventionnel ou compréhensible, certes, mais tu en as un. Tu ne trahis pas tes vraies promesses, jamais, et tu as le cœur en or. Ha ! Voila comme tu ris de mes dires, ils sont pourtant vrais... Il y a des gens pour qui tu pourrais mourir. Peut-être pas de façon réfléchie mais tu les défendrais en bataillant jusqu'à ta mort. Tu es une oreille attentive aussi, même si toi en revanche, tu parles très peu de toi-même. Oui, tu as tout du sale et parfait chenapan, mais tu es attachant...

    Et toi, qu'en penses-tu... ?

    « Moi ? J'm'aime bien ♥️ ! »
    ~Il faut bien faire avec...


    ♦️ Physique :

    Et si on dessinait ? Oh oui ! Dessinons, Dessinons ♥️ !

    Esquisse ~
    Silhouette élancée et athlétique, un mètre quatre-vingt peut-être.
    Visage ovale.
    Posture fière, arrogante, redressée.


    Affinement des traits ~
    Musculature déliée, abdominaux tracés.
    Traits du visage communs mais fins : longs yeux en amandes, nez droit, lèvres minces, sourcil arqué et espiègle, pommettes hautes.


    Détails ~
    Mains longues, doigts fins.
    Mèches douces, en batailles, de toutes les longueurs en dégradé jusque dans sa nuque.
    Attitude insolente et noble, arrogante. Air malicieux et énigmatique.


    Habillage ~
    Pantalon simple, ni moulant ni ample enfoui dans de hautes bottes.
    Chemise de haute couture, manches évasées, col amplement ouvert, souvent.
    Manteau long, col haut, lanières, motifs entrelacés.
    Bijoux en abondance : cinq trous à l’oreille gauche dont deux piercings, deux à l’oreille droite. Bagues à foison dont une particulière, en or blanc, portant les armoiries d’une famille de l’aristocratie. Collier originaux ou simples chaînes, de même pour les bracelets.


    Vue d’ensemble et en couleur ~
    Faisons des phrases !

    Il est beau. Eres est beau, c’est indéniable, mais juste beau. Ses traits sont ciselés, lisses et droits mais pas incroyables. Non vraiment, il est assez banalement beau, j’insiste. Il a certes une peau de pêche au grain hâlé, des muscles finement modelés, un corps athlétique, un agréable minois flanqué de deux perles grises perçantes et de jolis cheveux dorés-pastels-sombres, n’empêche que nombre d’autre gens chanceux en ont autant.
    « Grumpf… Dis-donc la vieille, ton instance devient lourde, passe à autre chose. »

    ~ Tu es plus vieux que moi, mon adoré ♥️


    Ce qui le rend véritablement époustouflant, c’est son charme. Un charisme terrible, il émane de lui tout ce qu’il y a de plus paradoxalement attirant : son insolence, évidemment, son indépendance, sa vivacité raillarde, son énergie narquoise et inépuisable… Un charisme à la fois noble et animal, joueur et plein de chaleur. Oui, tout à fait, même lorsqu’il fait le Froid. Un charisme un peu étrange qui semble irradier dans une paisible ébullition.

    ~Clair obscur… ♫

    « Ca fait un peu cuite de pâte… »
    ~ Cuisson mon amour, une cuisson.

    « … *le lapsus révélateur*... »

    En temps que voleur de choix, Eres se déplace avec une démarche féline et souple. En temps qu’excellent comédien, il a des gestes gracieux et finis. Il est agréable à admirer, passionnant même. Cette agilité, cette facilité à passer d’un statut à l’autre, cette élégance naturelle le rendent captivant…
    « Oyé oyé, braves gens ! Dame Créatrice présente une nouvelle bête de foire ! »
    ~C’est ça !


    Sa façon de s’arranger le rend bien plaisant également : amorçant le voyageur avec ses bottes et son pantalon classique de couleurs sombres, il y agence une touche d’élégance avec ses chemises claires de belle couture ainsi qu’un voile de mystère avec son long manteau gris aux entrelacs argentés. Sans oublier son côté loufoque, hétéroclite, rieur et kleptomane avec ses bijoux en abondance…
    ~ ♫ Mon beau sapiiiiiiiiiiiin roi des forêêêêêêêt ! Que j’aime ta verdureuuuuh ! ♪

    « Au mois de mars… »
    ~Mais il y a des conifères verts en forêt, même au mois de mars ! N'est-ce pas mon joli sapin de noël ?


    Comme tout citoyen prudent -et Eres est prudent en dépit de son esprit léger (citoyen en revanche, ça se discute)-, l’animal porte des armes qu’il manie avec une dextérité et une précision digne d’un maître. Il sait se débrouiller avec un peu près tout ce qui lui tombera sous la main : du fléau à l’épée, de l’épée à la lance, de la lance au nunchaku… Il est certes fort probable que sa façon de les utiliser ne soit pas l’officielle, voir même complètement à côté du principe, mais étant très débrouillard, c’est un adversaire à ne jamais sous-estimer. Il a en revanche appris à se battre avec une rapière, des dagues et excelle dans le lancer de couteau. A vrai dire, il excelle surtout dans l’art de l’esquive, des pirouettes pour s’échapper et dans la rapidité. Eres est un garçon intelligent : s’il sait qu’il n’aura pas le dessus dans un combat, il ne s’amusera pas à vérifier son hypothèse. Toutefois, l’hypocrisie n’étant pas son fort, il ne s’écrasera jamais devant un adversaire. Il n’abandonnera jamais non plus un allié qu’il apprécie.
    « Je crains que vous ne fassiez un hors-sujet, très chère, nous somme dans "Physique"… »
    ~Certes, concluons, concluons !


    Retombe le pinceau, sèche la palette, fini le dessin ♫ !



Dernière édition par Eressëa S. Hravan le Jeu 18 Mar - 20:17, édité 2 fois
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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Eressëa S. Hravan ~ Ombre Pernicieuse, charpardeur libertin.   Ven 12 Mar - 21:39

Histoire


Père Erestor, raconte-nous ton histoire !
« Il était une fois, dans un royaume vaseux, un superbe prince nommé Eres, beau comme le jour, qui vivait paisiblement dans son château. Bien qu'un peu tyran sur les bords, il était adulé de tous ses sujets et n'ayant eu l'égoïsme de ne se choisir qu'une seule princesse, il était continuellement entouré de... »

    ♦️ Origines : Yol.
    ~ ♫ Je viens du suuuuuuuuuuuuuuud... ♪

    « ♪ Et par toutes les putains ! N'en reviens point ♫. »
    ~T-T...

    ♦️ Position : Neutre jusqu’au bout des ongles ♥️ ~
    Mais interrogeons-le :


    « Sund ? Haha ! Rien qu’un illuminé de passage dans l’histoire de l’humanité, pas de quoi faire tant de bruit. Je le trouve plutôt sympathique ; allez savoir pourquoi, depuis que cette enflure est assise sur le trône, on m'embauche de plus en plus souvent ♥️ ! »
    En réalité, Eres est un peu borné... Lui dit-on que Sund à un pouvoir absolu qu'il décoche son sourire raillard... Ca lui paraît un peu trop énorme. Pour lui ce n'est qu'un bruit de foule habilement répandu pour que le dictateur puisse asseoir son autorité. Il y a forcément un "truc". Il y a toujours un "truc" !
    De plus, tant qu'il est libre et qu'il va bien, il n'y a pas de problème. Cela dit l'idée d'une tyrannie ne lui plaît pas plus que ça et les partisans qu'ils rencontrent sont souvent victimes de sa verve.


    « Gabriel Jewel ? C'est... ? Ah oui ! Lui... Un amuseur de foule. Un type qui a un sérieux problème de reconnaissance et se sent un devoir de rebelle. Il aura trop de rides plus tard, prendre la vie au sérieux... Non mais quelle idée... »
    Il se gausse de Gabriel comme il le ferait d'une parodie raté d'un soldat patriotique à l'extrême. Non pas qu'il soit contre l'idée d'une résistance ; il conçoit tout à fait que l'on puisse vouloir faire changer son pays. Eres est railleur, mais pas intolérant. Non, simplement... Cette agitation le fait rire, ça lui plaît bien. Et puis... Si on ne peut plus se moquer des dirigeants, où va le monde ?

    En réalité, il n'a pas de camp, il n'a pas de peuple...
    « Non, je n'ai que moi ♥️ ! »
    ~Ce soir, nous avons la lubie des petits cœur ♥ !




    ♦️ Histoire :

    Cuisinons, cuisinons ! Cuisinons comme le fit Eres lorsqu’un jour, alors qu'il était saoul, des mouflets lui demandèrent de raconter son histoire. Cuisinons… Une salade ! Jolie, jolie salade ♪ !

    Première Feuille :
    « La vérité, c’est que je suis vraiment né prince d’un pays lointain… »

    Maison des De Naralia, Hun.
    Février, 21 ans plus tôt.


    « COMMENT ?? »
    L’homme brisa le troisième vase incrusté de rubis du trio de collection exposé dans son petit salon, le projettant violemment contre un mur d’un revers de main. Dans un coin, deux domestiques tremblaient en attendant de pouvoir faire leur besogne tandis que, retenant larmes et frayeur, une dame entre deux âges croisait nerveusement les mains sur sa hanche, fixant avec inquiétude l’objet de fureur de son mari. Il s’agissait là d’une ravissante petite femme blonde, poings croisés sur son ventre légèrement rebondi, la mine farouche.

    « Je suis enceinte. »
    Pour la première fois de sa vie, Vanessedora Elolie de Naralia tenait férocement tête à son père.

    « Que n’ai-je tué cette ordure lorsque je la vit ! Car c’est lui, n’est-ce pas ? »
    « Oui » répondit la jeune femme en soutenant le regard d’habitude si calme et à présent si enragé du duc De Naralia.
    « Et comment, ô ma très chère enfant, comptes-tu réparer cette idiotie de dernier ordre ? »
    Sa mâchoire crispée de colère, il avait toutes les peines du monde à ne pas briser une nouvelle collection d’art, à défaut de s’en prendre directement à son rebelle rejeton…

    « Il n’y a rien à réparer, si ce n’est vos précieux vases. Je n’ai commis aucune erreur et j’irai vivre aux côtés du père de mon enfant. »
    Le prix de son insolence faillit la précipiter au sol. Elle tint bon. Le Duc s’était retenu de la souffleter trop fort, mais sa joue déjà la brûlait douloureusement. C’était bien la première fois que l’on osait la frapper...
    Serrant plus fort encore ses poings pour ne pas flancher, elle s’apprêta à annoncer la décision qu’elle savait devoir prendre depuis le matin, lorsque le médecin avait avoué à Madame de Naralia la grossesse de sa fille. Il était si difficile de ne pas pleurer… Mais elle devait tenir bon, ou elle decevrait bien plus encore son père. Et Hravan qui n’était pas là… Lui qui avait tant insisté pour être présent lorsqu’elle devrait affronter le duc ! Maudit médecin ! Elle inspira profondément et d’une voix qu’elle espérait tranchante et autoritaire :

    « Très bien, puisque c’est ainsi que vous prenez les choses… Adieu, père. Mère, je vous enverrai de mes nouvelles, à vous et à mes frères, mais je ne reviendrai plus. »
    A ces mots, elle tourna les talons. Avant de sortir du petit salon, elle regarda une dernière fois celui qui n’avait jamais été injuste avec elle, celui qui l’avait tant adoré et gâté, mais celui qui l’avait trop couvé et étouffé. Rassemblant le peu de volonté qui lui restait, elle lui offrit une dernière fois les mots qu’elle lui avait milles et une fois répétés, avec un sourire triste. Elle l’aimait.


    *


    Deuxième Feuille :
    « Mais j’ai été enlevé à ma naissance, par une bande de malfrats… »

    Plage d’une île, Yol.
    Le 9 Août, 21 ans plus tôt.


    La plage était en fête. L’alcool coulait à flot, les rires se répercutaient jusque loin dans le creux des vagues de l’onde qui s’étendait toute proche. En cette chaude nuit d’été, la bande était en liesse. La fête battait son plein depuis des heures déjà, animant de rires, danses, acrobaties, tours et milles et unes curiosités la petite plage caressée par la lueur de la lune reine, plus opalescente que jamais. Au centre des réjouissances, une toute jeune mère aux traits fatigués resplendissait en portant fièrement dans ses bras un nouveau-né. A ses côtés, la tenant par la taille, un bel homme brun posait sur son bambin un regard tendre que l’on aurait eu peine à imaginer dans ses yeux gris si mutins et pétillants de malice de coutume.

    « Je veux qu’il ait ton nom, celui que cette joyeuse bande de déluré te donna ; Hravan, indomptable. Et le mien ; Sùlë, l’esprit et le souffle. Mais pour qu’il soit toujours libre et indépendant comme cela me manqua durant si longtemps, nous le nommerons Eressëa, le solitaire. Cela vous ira-t-il, monsieur son père ? »
    Hravan rit et embrassa sa douce :

    « En voila une déclaration solennel, cela te ressemble bien peu. Mais vos désirs sont des ordres, mon aimée… »
    Levant haut son verre, il attira l’attention de toute la troupe qui parut soudainement submergée par un raz-de-marée de silence. Certes il en était le chef, mais un tel calme chez les comédiens était relativement rare… D’une voix forte, il déclama :

    « Eressëa Sùlë Hravan est né ce soir, mes amis ! Puisse-t-il être la meilleure crapule d’entre nous ! »


    *


    Troisième Feuille :
    « Ils m’ont bien traité, évidemment puisque j’étais le meilleur d’entre eux ! J’ai pu m’enfuir assez jeune, alors que nous étions en mer… Je ne pouvais tout de même pas passer toute ma vie comme un vulgaire voleur à la tire ! »

    Quelque part en mer, Yol.
    Août, 17 ans plus tôt.


    La troupe avait repris la mer, sur
    Le Fourbe. Depuis qu’elle les avait connus, cinq ans auparavant, Vanessedora Elolie de Naralia n’avait jamais été aussi heureuse. Elle les avait définitivement rejoint et adopté son surnom, Sùlë, il y avait déjà quatre ans. L’âge de son fils. Elle le regarda tendrement attacher entre eux les lacets de différentes chaussures des matelots assoupis… Ca pour une crapule… Depuis qu’il était en âge de marcher, il enchaînait les mauvais coups et drôleries. Il fallait lui accorder de sacrés précepteurs : tous les membres de la bande tenaient à lui apprendre de nouveaux tours.

    Ils voyageaient souvent entre les archipels de Yol, se disant tantôt comédiens, tantôt forains et donnant d’époustouflantes représentations. Ce qui n’était qu’une façade pour en réalité détrousser les malheureux qui s’étaient laissés distraire par les scènes et acrobaties présentées. Elle était bien loin, la belle éducation de la noblesse qu’on lui avait inculqué ! M’enfin bon, il ne faisait rien de bien méchant…

    Hélas, ils n’étaient pas non plus les seuls gredins de l’onde… Et certains étaient bien moins sympathiques, comme par exemple les propriétaires du navire qui aborda le leur, violemment, prétextant une détresse quelconque. Le fer s’entrechoqua. Saisissant prestement son fils, Sùlë fit comme prévu en cas de pépin et monta dans la petite barque de secours, farouchement couverte par l’équipage.
    ~

    Eres était jeune, mais même s’il ne saisissait pas les subtilités de la situation, il comprenait bien qu’il se passait quelque chose de grave. Il voyait les traits anxieux de sa mère, les yeux rivés sur le bateau dont ils s’éloignaient, et plus précisément sur une belle silhouette qui bataillait avec grâce et rapidité.

    « Dis, Sùlë… », dit-il pour meubler ce silence qui l’angoissait, « moi aussi un jour je pourrais me battre avec Hravan ? »
    « Oui mon chéri, Hravan t’apprendra. »
    « Avec sa ré… rap… »
    « Rapière mon ange, oui, comme dans les belles familles. »
    Un silence s’ensuivit, troublé par le son des vagues et les lointains échos de la bataille. Eres ne savait plus quoi dire, il avait peur.
    Il y eu une explosion et, petit à petit,
    Le Fourbe s’enfonça dans les flots. On se battait toujours sur le pont. La main vivement porté à sa bouche pour en étouffer le cri, Sùlë pleurait.

    « Sùlë… ? Maman ! »
    « Ce n’est rien Eres, Hravan est blessé, mais ce n’est pas trop grave. »
    Eres ne la cru pas. Il ne la cru pas parce qu’il reconnut le pouvoir de sa mère, celui qu’elle n’utilisait qu’en de graves occasions. Il le reconnut parce qu’une large tâche rouge s’entendait sur son flanc.

    ~

    Sùlë ne voyait rien de précis, d’où elle était. Elle savait seulement que Hravan était touché : elle partageait ses blessures les plus profondes, pour les soulager, les apaiser. Il le lui avait toujours interdit mais elle n’en avait que faire.
    Le bateau coulait, mais ce n’était pas le plus important : à eux tous, ils parviendraient à s’en sortir. Si seulement les assaillants pouvaient s’en aller… Ils étaient trop nombreux…

    Il y eut une autre détonation. Frappée d’horreur, Sùlë regarda le trou béant apparu dans la barque : ils avaient dérivé et étaient maintenant en vue du navire ennemi ! C’est de là-bas que venait ce foutu magicien !
    Elle voulut se saisir de son fils quand soudain, une énorme vague soulevée par le don d’un autre des scélérats déferla sur le bateau de la troupe, ondulant rapidement jusqu’à la barque qui acheva de se briser, emportant au loin son Eres tant aimé…


    *


    Quatrième Feuille :
    « J’ai atterri sur cette île, médiocre pour ma condition, logeant chez une vieille créature qui me trouva fascinant. Mais bien que jeunot, je ne fus pas dupe et resta sur mes gardes. Elle due partir un jour et m’oublia derrière elle, frustrée de n'avoir su me tromper.» »

    Eres se réveilla dans un lit douillet qui ne ressemblait en rien au hamac qu’il occupait sur
    le Fourbe. Il sentait la houle pourtant, le balancement paisible du bateau. Cela le rassura jusqu’à ce qu’il décide de se redresser : il était au centre d’une pièce immense percée de fenêtres… Et au-delà des fenêtres, pas de mer : un jardin. Ah ça, il avait quitté le navire… Où était sa mère… ?
    ~

    Demeure de Valentin, Waterin.
    Février, 16 ans plus tôt.


    Cela faisait près de six mois à présent que Valentin avait recueillit le petit monstre sur la plage. Un naufragé à n’en pas douter, qu’un sort de protection avait sauvé et fait dériver jusqu’à la terre la plus proche.

    Dans les deux premier mois, le maudit gnome ne s’était pas révélé très loquace. Valentin l’avait d’abord vu comme un renardeau effarouché, effrayé. Le bambin n’avait demandé qu’une seule chose : où était sa mère. Valentin n’avait pas l’expérience des enfants et prônait l’honnêteté : il lui avait répondu sans détour qu’il ne la retrouverait sans doute jamais. Le môme avait hurlé. Hurlé au mensonge, et lorsqu’enfin enfin il calma, ce fut pour se renfermer dans un silence hargneux et venimeux. Durant une semaine, l’approcher fut absolument impossible : il mordait, griffait, hurlait… Ne serait-ce que le nourrir relevait d’une épreuve chaque jour. Au début de la seconde, il disparut. Sans un bruit, une trace, une ombre… Valentin le chercha durant six jours, aidé de son majordome. Ils le retrouvèrent endormis dans une ruelle, grâce à un marchand braillard qui disait s’être fait voler par un blondinet revêche.

    On avait beau lui expliquer que s’échapper était inutile, qu’il n’était pas captif et que l’on agissait pour son bien, le morveux fuguait régulièrement. Et toujours sans un son. Valentin avait bien saisi que le rejeton possédait un pouvoir qui lui permettait ses disparitions, et verrouillait toutes les portes. L’ingrat trouvait toujours le moyen de s’éclipser, un seul moment d’inattention et c’était reparti. Et il devait avoir quoi… quatre ans ? Précoce.

    Les choses se tassèrent avec l’arrivée de l’hiver, lorsqu’on le retrouva à moitié mort de froid. Après cela, ses fuites furent plus rares, moins longues, et il commença à revenir tout seul. Mais il restait muet.
    Valentin ne pouvait s’imaginer alors à quelle point cette époque était faste et heureuse… Car un jour, le gamin commença à parler.

    « Hé, Lemôme, où étais-tu encore passé ? »
    « Je ne m’appelle pas Lemôme, je m’appelle Eressëa Sùlë Hravan. »
    Valentin resta stupéfait. C’était la première fois depuis deux mois que ce sale gosse parlait. Sa voix était d’ailleurs cassée. C’était aussi la première fois que l’homme pouvait poser un nom sur cette tête blonde. Et c’était, surtout, le début de la fin.

    Les quatre mois qui suivirent furent les plus longs et agités de l’existence de Valentin qui pourtant en avait déjà vu des vertes et des pas mûres… C’était un diable. Un démon sortit d’on ne savait où. Pas cruel, fondamentalement mauvais ou quoi que se soit… Juste insupportable, infatigable, inlassable, indisciplinable, impossible et inventif. Il cachait tout, volait tout, brisait tout. Il jouait sans cesse de sales tours, rajoutant des ingrédients aux plats de la cuisinière qui faillit rendre son tablier, salissant la maison aussitôt que la femme de ménage -qui demanda une augmentation- y passait, dessinait sur les murs, traumatisait les invités et le pire : inventait des pièges à chaque recoin de la demeure. Un démon. Point positif : Valentin put entendre son rire, au moins ses larcins lui rendait-il un peu de gaieté...

    Cependant, le bienfaiteur incomprit devait s’absenter. Longtemps. Avec son majordome, il devait rejoindre Hun où sa famille avait des problèmes. Il était de son devoir d’aller les aider et emmener Eres était tout simplement inenvisageable, trop turbulent.

    C’est pourquoi il attendait, tenant fermement Eres par le bras histoire que ce bougre ne disparaisse pas une fois de plus, la propriétaire de l’orphelinat.

    « Monsieur ? »
    « Oh bonjour, vous devez être Madame Kurohana-Lowy, nous nous sommes joint récemment… »
    « Oh, est-ce le démon dont vous me parliez ? »
    « Voila… »
    *


    Cinquième Feuille :
    « Je changeais une nouvelle fois de toit : la douce magicienne qui me recueillit m’apprit beaucoup… Elle ne savait pas, en revanche, qu’elle avait pour fille une affreuse sorcière ensorceleuse. J’échappais à son emprise, heureusement, et était totalement insensible à son charme. »

    Chez les Lowy, Waterin.
    Début Avril, 17 ans plus tôt.


    Le temps filait vite. Cela ne faisait que deux mois mais déjà, Eres s’apaisait. Son trop plein de colère s’adoucissait lentement grâce à Kana. C’tait pas comme l’autre horrible de peste qui actuellement lui balançait une peluche en lui braillant qu’il était absolument inconcevable qu’elle se marie un jour avec lui.

    « C’est c’qu’on verra » rétorqua-t-il avec une grimace qui lui valut une nouvelle attaque de Chappy-le-lapin.

    Kana entra dans le salon, enceinte jusqu’aux yeux, et sourit devant la scène. Eres vivait chez elle, le temps que Valentin revienne. Elle avait espéré pouvoir l’intégrer avec les autres enfants de l’orphelinat, pour qu’il suive un chemin plus… tranquille. Les premières semaines avaient été difficiles mais il finissait petit à petit par s’habituer au monde, et même s’il était turbulent, il était devenu vivable.

    « Ce n’est pas ainsi que l’on demande la main d’une dame, Eres. Tu seras plus sage avec sa jeune sœur, n’est-ce pas ? »
    « Comment l’appelleras-tu, maman ? » demanda aussitôt la fillette, comme chaque jour.
    « Misaki. Cette fois, c’est décidé. Vous en prendrez grand soin, pas vrai ? »
    « Oui ! » répondit gaiement l’ainée.
    « Et toi Eres, tu protégeras Misaki ? »
    Le garçon, une moue boudeuse aux lèvres, contemplant le ventre rond de sa bienfaitrice d’un air trop sceptique pour son âge, poussa un soupir d’homme trop pris. Et avec une fausse mauvaise grâce trahit par ses joues rosées, il lâcha finalement :

    « Mouais. »
    Sa première promesse.

    Kana mourut en mettant Misaki au monde, emportant son enfant avec elle. Eres fut mis à l’orphelinat pour de bon, un peu déboussolé. Ces constants changements de lieu de vie lui pesait, la mort de Kana plus encore, et avoir vu étouffé dans l’œuf la toute première promesse qu’il ait jamais faite n’était pas pour l’aider. Bien qu’en croisant parfois Sakura il se chamaillait encore avec, les deux gamins s’éloignèrent. Pas qu’ils se soient spécialement bien entendus un jour, mais en dépit de tout, Eres ne détestait pas la jeune Lowy.

    A l’orphelinat, il se fit une réputation de vilain garnement, un enfant à problème. Jamais trop graves, mais l’insolence et l’arrogance qui le caractérisait déjà à cette époque en agacèrent plus d’un. Kana n’était plus là pour le calmer et on n’espérait plus qu’une chose : le retour de Valentin.
    *


    Sixième Feuille :
    « La jolie magicienne disparut un jour, sans laisser de traces. Ma vieille créature revint et je retournais habiter chez elle où elle m’enseigna son savoir… »

    Demeure de Valentin, Waterin.
    Août, 14 ans plus tôt.


    Valentin avait fini par se rendre à l’évidence : le gamin lui avait manqué. Il en prenait tout à fait conscience maintenant que leurs relations étaient moins houleuses. Le môme devait approcher de sa septième année et même s’il enchaînait les mauvais coups, au moins ceux-ci n’avaient-ils plus de buts destructeurs. Kana Kurohana avait eu un effet merveilleux sur le monstre, et Valentin décida qu’il était à présent assez calme pour entreprendre un enseignement. Il engagea donc un professeur et Eres commença à étudier maintes choses. Il se révéla être un enfant particulièrement intelligent qui assimilait très vite, pertinent et vif.

    Ravi, Valentin qui avait été maître d’arme dans ses jeunes années proposa à son protégé de lui apprendre les rudiments de cet art. Chose qu’il avait jusque là proscrite, de peur d’amplifier les dégâts. Eres le regarda longuement et Valentin cru lire dans son regard une étincelle pétillante d’attention, pour une fois.

    « Je vois que ma proposition t’intéresse… Quelle arme voudrais-tu savoir manier ? »
    Ce fut d’un ton empli d’une allégresse que l’homme ne lui connaissait pas qu’Eres lui répondit :

    « La rapière ! Comme dans les belles familles ! »
    Terrifiant talent qu’il avait là. Leste et rapide.


    *

    Vinaigrette :
    « Hélas, ma vieille amie mourut et je dû partir, une fois de plus. J’arrivais alors à l’orphelinat de cette modeste île. La suite les enfants, c’est pour les grands. »


    Délicieuse salade, la plus proche de la réalité qu’il n’ait jamais raconté… Mais là ne s’arrête pas son pernicieux passé ♥️ !

    Dix ans. De retour à l’orphelinat, Eres était intenable. Pourquoi ? Parce que petit à petit, il abandonnait la violence pour l’intrigue. Le poing pour la verve, les menaces pour la raillerie. Et il était doué. Très doué. Il abusait largement de son pouvoir pour découvrir secrets honteux et complots au sein de l’orphelinat, histoire d’asseoir un peu plus son pouvoir, son charisme et sa sournoiserie naturelle faisant le reste.
    On ne connaissait personne suffisamment proche de lui pour le raisonner : il avait des alliés, mais pas d’amis. Il n’en voulait pas. Depuis la mort de Valentin, un peu moins d’un an auparavant, l’attitude d’Eres n’avait fait qu’empirer. Certains adultes étaient inquiets : ce maudit mouflet était terriblement distant, indépendant et méprisant pour son âge. Son esprit rebelle et sauvageon finirait peut-être par causer de réels problèmes. Epiant cela dans l’ombre d’un recoin, Eres se dit qu’il était grand temps pour lui, du haut de ses dix ans, de prendre son envol. Abandonner l’orphelinat ? Bah non, pas encore ! Cependant, il entreprit de se trouver un travail : chaparder. D’abord des étalages, des boutiques. Puis des personnes. Puis des maisons. Oh il ne prenait jamais grand-chose, dans les maisons. Juste de quoi revendre et amasser une petite fortune.

    Cinq nouvelles années s’écoulèrent. A quinze ans, Eres passait plus de temps dehors que dans l’orphelinat, s’enivrant de la liberté que lui offrait la foule et la ville. Il lui arriva même de dormir dans les rues, l’été, ou dans des maisons vides, les occupants étant en vacances. Il s’amusait bien. Il allait même rejoindre une troupe de comédien-forains parfois, où il apprenait diverses choses lui rappellant sa petite enfance. C’est également à cet âge là que ses hormones commencèrent à le travailler, et fort d’une maturité acquise dans les rues, il se dégota une jolie brune de deux ans son ainée -qui n’en su jamais rien- avec qui il passait certaines de ses soirées. Certaines, seulement. Il aimait bien la jeune femme mais finalement, elle ne lui était pas grand-chose. Surtout que bientôt, il se trouva une blonde, puis une rousse, et d’autres encore… A dix-sept ans, en plus d’être un excellent voleur, Eres était également un beau tombeur. Son sourire ravageur, son charme princier, ses apparentes bonnes manières et son attitude noble lui attirait beaucoup d’attention.

    Il était grand maintenant, adulte ou pas loin, et l’orphelinat s’agaçait du jeune homme. Certes il n’allumait plus d’incendies et passait trop de temps dehors pour traumatiser la population orpheline, mais il étendait ses conquêtes jusqu’au sein de l’établissement...


    *

    Un bel après-midi d’été, alors qu’un surveillant le pourchassait dans le but ridicule de l’asseoir sur un banc de cours, il se réfugia sous l’ombre des combles, usant de son don. Le surveillant passa devant lui sans le voir. Eres soupira et fit un pas vers la sortie.

    Son pas retentit dans toute la pièce.

    Abasourdi, il regarda ses mains : couleur chair. Son pouvoir ne fonctionnait plus.
    C’est donc que Sakura devait-être dans les parages, non ? Cette sale sorcière en « annulant » son pouvoir était la seule à avoir pu le trouver, plusieurs années auparavant, lorsque qu’un reste de lien les unissait encore. Mais que faisait-elle là ? Bof, à réflexion, elle devait encore être avec son cher et tendre, cachée quelque part, et ce qu’elle faisait ne le regardait absolument pas. Une pointe de jalousie le fit sourire lorsqu’il se remémora ses caprices d’enfant. Se marier avec Sakura, quelle drôle d’idée ! C’était un peu étrange cependant, pourquoi se cachait-elle à l’orphelinat ? Son père n’était pas forcément du genre à lui interdire toute relation amoureuse… Un fantasme alors, peut-être.
    Se désintéressant du mystère, il quitta les combles.

    Finalement, il quitta officiellement l’orphelinat le jour suivant, utilisant l'argent qu’il avait amassé pour louer un petit appartement dans le centre-ville.
    Il tomba assez bas dans l’illégalité durant deux ans, s’attelant à des trafics de drogues, d’armes ou autres choses illicites, visitant de plus en plus souvent des bordels, des salles de jeux… Sa liberté lui avait fait dilapider un peu trop vite sa richesse et il avait fallut trouver du travail, assez vite. Le crime payait, bien même.
    Il finit par re-stabiliser son commerce et s’extirpa petit à petit de cette débauche un peu trop sombre. Mieux : le tout avait eu le mérite de lui faire un nom et il se faisait même parfois employer. C’est qu’il était doué, le bonhomme…


    *

    Vingt-et-un ans. Eres déambulait dans les rues, se mêlant à l’animation avec plaisir tout en contemplant sa vie : fils de noble, élevé comme un forban, éduqué par un ancien maître d’arme, pris en charge par la responsable d’un orphelinat qu’il avait vu mourir avec son enfant, il était devenue une terreur à sa façon puis un voleur, un comédien, puis un trafiquant, puis un voleur à nouveau… Quelle vie… Il sourit : ouais, il n’y avait pas à dire, il se plaisait bien… Le soir tombait et il croisa une vieille connaissance : Sakura Lowy. En compagnie de son pot-de-colle, bien entendu. Elle ne le vit pas, et Eres prit le parti de la suivre. Par jeu. Pour savoir comment grandissait son ancienne camarade. Alors qu’ils abordaient les jardins de l’orphelinat, il se fondit dans l’obscurité, amortit son pas et finalement, devint une ombre parmi les autres ; silencieuse, inquiétante et invisible.

    « Tu ne penses pas qu’il serait grand temps de libérer ta jeune sœur ? Bientôt, j’intègrerais le conseil et son existence passera très bien aux yeux de tous. »
    « Je t’ai déjà dit non ! Misaki restera là où elle est et n’envisage surtout pas de la révéler au monde. Tu imagines pour mon père ? Pour moi ? Ne sois pas stupide. Et puis elle n’est pas malheureuse, je vais la voir chaque jour. »
    Eres s’arrêta, les regardant s’éloigner, sourcils froncés. Mi…saki… Voila un nom qui… Misaki ! « Sa jeune sœur » avait dit le bellâtre du conseil ! Bien sûr, c’est ainsi que Kana voulait nommer son enfant, Misaki ! Il eut soudain un retour en arrière et se revit dix-sept ans plus tôt, chicanant avec Sakura, puis promettant… Oui, promettant à Kana de protéger son enfant. Mais elle était morte ! Avec sa mère, non ?
    Où serait-elle, sinon ?
    Eres s’assit sur la pelouse du parc et réfléchit, troublé. Si jamais elle était vivante, la cadette Kurohana se trouvait forcément dans l’orphelinat ; Saku n’aurait pas dit «
    je vais la voir » si la mouflette résidait chez elle. Et cachée puisqu’à ouïe dire son existence était secrète.
    Pourquoi d’ailleurs… ?
    Enfin là n’était pas le problème. Eres connaissait le bâtiment par cœur et n’y avait jamais vu de chambre scellée. Alors à la cave ? Mais il n’y avait rien à la cave…

    Perplexe, il décida tout de même d’aller vérifier. S’infiltrant sans peine dans l’établissement, Eres descendit sans un bruit jusqu’aux sous-sols. Comme il s’y attendait, il n’y avait rien. Rien d’humain en tout cas. Qu’à cela ne tienne, il entreprit de fouiller tout l’édifice. La moitié de la nuit s’écoula sans qu’aucune serrure ne résiste à son savoir faire ; pas de trace de la supposée captive. Pourtant, Misaki Kurohana-Lowy vivait, c’était une certitude. Ou alors Sakura et son tendre étaient devenus fous, ce qui pouvait éventuellement étre fort envisageable, à son avis.

    " J’ai sans doute analysé trop vite, la gosse est peut-être chez les Lowy. Il n’y a que ça, j’ai fouillé ce bâtiment de fond en combl… Les combles… ,,

    Son don s’était annulé dans les combles, deux ans auparavant. Sakura s’y était rendue. Et ce n’était franchement pas sa cachette favorite.

    Poussé par son intuition, Eres se rendit à l’endroit où il s’était réfugié, deux années plus tôt. Alors qu’il n’était toujours qu’une ombre, ses propres pas retentirent, son don s’annula. Sakura n’y était pas pourtant, à cette heure elle était rentrée chez elle. Alors… Misaki possédait le même don que sa sœur ? S’approchant toujours, une jolie voix claire s’éleva de derrière une petite porte noyée dans la pénombre de cette fin de nuit :

    « Qui est là ? »
    C’était donc bien là que Sakura séquestrait sa sœur, complice, sans doute de son père. Eres sentit monter sa colère ; comment avait-il fait pour ne jamais la trouver ? C’était ridicule, il avait déjà dû venir plusieurs fois dans les combles ! Un sort sans doute, que le pouvoir de Misaki avait levé. Mais par les putains des dieux, était-ce possible ?

    « Quelle importance ? » répondit-il dans un souffle.

    Sa voix était froide, glacée. Le voleur était furieux. Furieux contre le père Lowy, furieux contre Sakura qu’il n’imaginait pas si mesquine et qui avait rompue la promesse faite à Kana. Furieux parce qu'il avait écoulé des jours heureux sans se douter qu’il se parjurait lui-même chaque seconde, et enfin furieux parce qu’à présent, il allait falloir la tenir cette putain de promesse ! Misaki morte, au moins il avait la paix !

    Le silence s’allongea, il sut qu’il avait effrayé la jeune femme et reprit son calme. Il soupira, un peu honteux de sa dernière pensée. C’était la fille de la femme qui l’avait tant aidé, tout de même.

    « Que me voulez-vous ? »


    En voila une question qu’elle était bonne ! Que lui voulait-il ? Il voulait la sortir de là, c’était certain mais comment le lui annoncer ? « Bah écoute, je suis venu te sortir de tes combles, histoire que tu existes un peu parce que pour l'instant pour tout le monde, tu n’es jamais venue au monde. Ca doit pas être marrant non plus d’avoir une frangine qui te considère comme son animal de compagnie, donc tu veux sortir ? » C’était un peu énorme tout de même. Et qui lui disait qu’elle voulait sortir, d’abord ? Sakura avait un pouvoir incroyable sur les gens, un charme à la hauteur du sien ; sa jeune sœur l’adulait peut-être trop pour vouloir s'en aller… Il finit néanmoins par choisir la franchise :

    « Et si je te disais, que ta sœur ne te laisse pas sortir, non pas parce qu’elle ne peut pas, mais parce qu’elle en craint les conséquences ? Qu’elle a peur que la réputation de son père en soit souillée, que le scandale l’écarte de sa vie actuelle ? Et si elle ne prenait soin de toi, que parce qu’elle y trouve un certain intérêt ? »
    Alors qu’il parlait, Eres maudissait chaque membre de son enfance qui lui avait enseigné le sens de l’honneur. Son père et sa mère dont il avait un vague souvenir, et Valentin. C’était incroyable tout de même ! Il passait son temps à tromper, soudoyer, voler, faire chanter et tourner la tête de tout le monde sans jamais avoir eu de troubles du sommeil, mais briser une damnée promesse faite plus de dix ans en arrière, ça non, ça lui filerait des insomnies !

    Misaki ne répondant pas, il reprit, plus doucement :

    « Ecoute, je ne pourrais certainement pas revenir ici… Et si Sakura découvre que je suis passé, elle te séquestrera pour de bon, Misaki. Alors, je vais ouvrir cette porte. Libre à toi de partir ou non, de découvrir l’extérieur et la liberté ou pas. Mais sache qu’une fois mon intervention découverte, tu n’auras plus cette chance. »
    Il n’en dit pas plus, ne voulant pas non plus la bousculer. Il tira simplement deux crochets de son manteau, déverrouilla la porte dans un déclic discret, puis se retira.

    De nouveau à l’air libre, Eres poussa un looong soupir. C’était malin. Voila qu'il devrait veiller sur une maudite gamine, à présent. Enfin gamine… Elle avait quoi… Quatre ans, cinq ans de moins que lui ? Boarf, une gamine quoi. Il s’adossa au mur de l’orphelinat et attendit, histoire de savoir ce que décidait Misaki, morose. Oh, ça ne serait pas toujours comme ça, non. Il n’avait pas l’intention de suivre la mouflette à la trace ni même de l’empêcher de faire son petit bonhomme de chemin, quand bien même il serait dangereux. Chacun faisait ce qu'il voulait, promesse ou pas. La maintenir en vie, c’était déjà pas mal. Et pas si dur...

    C’est du moins ce qu’il se dit ce soir là…
    Cependant, peu de temps après, un grand malade assassina le conseil et s’empara du pouvoir. En écho, un pitre appela à la résistance. Et petite cerise sur le gâteau ; sa nouvelle protégée se rangea aux côtés du pitre.

    Par cette putain d’Uen, foutue promesse !


    C'est ici que s'achève ce premier volet de l'histoire... Qui sait ce qu'il adviendra d'Eressëa S. Hravan dans l'avenir... ? Héhé, qui vivra verra ♫ !


    Fin.



Dernière édition par Eressëa S. Hravan le Dim 28 Mar - 22:35, édité 1 fois
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: Eressëa S. Hravan ~ Ombre Pernicieuse, charpardeur libertin.   Dim 28 Mar - 22:29

Eres,
mon très cher Eres !

Je suis contente de te savoir parmi nous !
En espérant que tu auras suffisamment de courage
pour sortir Misaki de la galère,
surtout au bal d'Halloween !
xD

Bon, je n'ai rien vu de problématique
dans cette présa originale et charmante !


Bienvenue parmi la bande de loufoques
que tu connais déjà bien !

(Je mets des sous de côté pour le japonais.)

Bon jeu parmi nouuus !

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MessageSujet: Re: Eressëa S. Hravan ~ Ombre Pernicieuse, charpardeur libertin.   

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Eressëa S. Hravan ~ Ombre Pernicieuse, charpardeur libertin.

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