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 Hayden Cole

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AuteurMessage
Hayden Cole


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Messages : 11
Expérience : 10


MessageSujet: Hayden Cole   Sam 20 Fév - 16:09

Identité






    ♦️Nom :
      Cole, le seul vestige de ses origines.

    ♦️Prénom :
      Hayden, prénom étrange au sens abscons.

    ♦️Âge :
      15 ans, même si c'est difficile à croire.

    ♦️Date d’anniversaire :
      21 juin, le jour du Solstice d'été.

    ♦️Camp :
      Partisan dévoué corps et âme.

    ♦️Occupation :
      Elève à l'académie, membre de l'Armée Noire, aspirant prêtre d'Uen.









    ♦️Magie avantagée :
      Hayden ne cherche guère à accumuler des connaissances magiques variées, se trouvant on ne peut plus satisfait s'il parvenait à une maîtrise complète de son Don si particulier. De fait, même s'il a une prédisposition pour l'eau et le feu, il n'a guère creusé dans cette voie jusqu'à présent. Ne désirant pas acquérir une maîtrise parfaite de ces éléments, il se contente simplement du don qui en découle, au risque d'écourter sa vie. De par l'élément du feu Hayden est un artificier hors normes et c'est le cas de le dire. En effet, les deux éléments antagonistes que sont l'eau et le feu forment une combinaison insolite et s'expriment en un Don singulier. Il lui suffit juste de quelques gouttes de sang et d'un claquement de doigt pour concentrer une puissance explosive magistrale sur l'élément souillé par le précieux fluide vital. Il lui suffit d'une entaille, habituellement se situant au poignet mais au fond n'importe quelle blessure ferait l'affaire du moment que c'est bel et bien son corps qui fait les frais d'une douloureuse coupure au scalpel. Dès lors, il est en mesure de faire littéralement exploser n'importe quel élément solide, matériel ou biologique qui se trouverait en contact avec son sang d'un simple claquement de doigt, déclencheur indispensable à l'explosion.



      Le principal inconvénient de ce Don voyez-vous en dehors de la nécessité de se blesser soi-même, c'est qu'il ne s'accompagne pas d'une cicatrisation immédiate qui eut été infiniment plus pratique. Hayden perd donc son sang tout le long du temps où il fait usage de son Don, ce qui a pour conséquence de limiter considérablement sa capacité d'action du fait qu'il ne puisse permettre à l'hémorragie de durer trop longtemps sous peine de mettre sa propre vie en danger. De plus, sitôt l'hémorragie stoppée, il lui faut attendre un à deux jours, trois pour être tout à fait opérationnel, que ses cellules sanguines se soient renouvelées. Une contrainte très handicapante pour un Don offensif donc, car si Hayden ne l'utilise pas, il se retrouve démuni et vulnérable. Nous en arrivons donc à sa passion pour les tactiques en tout genre, les plans savamment préparés, sa hantise du gâchis ou de la précipitation. Vous pouvez être certain que si Hayden se lance dans la bataille c'est qu'il estime avoir de lourdes chances de réussir. Il sait qu'en cas d'échec c'est la mort qui l'attend.



      Pour pallier à ce problème et pour optimiser l'utilisation de ce Don atypique, il s'entraîne régulièrement au combat au corps à corps. Oui, effectivement, quand on voit sa constitution, ça prête à sourire mais le fait est qu'il n'en devient que plus redoutable. Hayden est évidemment incapable de régler son compte à un adulte, qui plus est s'il est expérimenté, sur sa seule maîtrise, qui d'ailleurs reste relative, du combat à main nue. En réalité, il s'est plutôt fait une spécialité sans doute inégalée de l'esquive. C'est une véritable anguille qui ne semble pas éprouver de difficulté particulière à se retrouver dans des positions scabreuses tout à fait étonnantes pour ne pas dire irréalisables. D'une rapidité et d'une vivacité effrayantes, il évite souvent de justesse des coups qui auraient du s'écraser sur sa petite personne. Néanmoins, tout adversaire sensé éviterait le combat rapproché avec lui. Il lui serait trop facile de vous tacher de sang et de vous réduire à l'état de poussière.



      Pour le reste, disons qu'il a beau voué un culte sans pareil à la merveilleuse déesse Uen, il n'empêche qu'il apprécie assez peu son humour douteux. La prédisposition qui lui pourrie l'existence depuis toujours ne peut être qu'une malédiction pour le punir d'une vie antérieure. Il entend ici sa prédisposition pour l'eau. A la fois trouble, changeant et éparpillé cet élément réuni toutes les caractéristiques de l'instabilité humaine et de sa duplicité. Comme considérer être béni quand vous découvrez que vous êtes un détecteur de mensonge portatif ? Néanmoins, cette affirmation est inexacte. Hayden sent instantanément qu'on lui ment avec une précision et une intensité qui ne laissent aucune place au doute et qui, s'étant plusieurs fois révélées fondées, le poussent à suivre son intuition et à lui faire confiance. Malgré tout, cette étonnante disposition n'est ni infaillible, ni omnipotente. En effet, Hayden ne perçoit avec une réelle intransigeance que les mensonges avérés et uniquement s'il les entend de la bouche du menteur. Un mensonge rapporté n'aura aucune valeur et ne pourra être soumis à son appréciation. En d'autres termes, il ne peut confirmer un mensonge que si la personne qui lui parle sait pertinemment qu'elle est en train de mentir. Il n'est pas nécessaire qu'elle y emploie une volonté de fer ou qu'il s'agisse d'un acte réfléchi du moment où au fond d'elle-même, elle sait qu'elle ne dit pas la vérité. Par ailleurs, Hayden ne saura valider une demi-vérité comme un mensonge. Les doutes seront élevés mais il aura besoin de précisions s'il veut être véritablement sûr de lui. Enfin, si la personne interrogée est intimement persuadée de dire la vérité, quand bien même les événements ou la réalité la démentiraient fermement, Hayden ne pourrait la qualifier de menteuse car il ne décèlerait aucune trace de mensonge en face d'une personne profondément convaincue de dire la vérité.



      A ce niveau, il convient de faire remarquer quelques autres éléments qui ne manquent pas d'importance. Hayden ne contrôle pas cette faculté. Il est perpétuellement soumis à cette contraignante perception des mensonges des autres ce qui parfois lui pèse lourdement sur le cœur mais qui s'avère plutôt pratique dans sa quête pour la recherche d'une vérité et d'une sincérité absolue. Car, et c'est la seconde remarque déterminante, Hayden sait quand une personne ment. Ça ne veut pas dire qu'il sait quelle est la vérité pour autant. S'il vous demande si le ciel est bleu et que vous répondez qu'il est violet avec des points rose il saura que vous mentez mais ne saura pas pour autant la couleur du ciel. Seule les questions manichéennes lui permettent l'accès immédiate à la vérité. S'il vous demande si vous êtes heureux et que vous répondez oui alors que vous ne l'êtes pas, il saura que vous avez menti et en déduira naturellement que vous êtes malheureux. En fait, le meilleur moyen de garder ses secrets pour soi est encore de ne pas lui adresser la parole. Pour être honnête, d'une façon générale, c'est même une très sage décision qui ne fait pas uniquement référence à cette particularité détonante mais c'est un autre débat.








Précisions








    ♦️Caractère :
      Il est difficile de l'aborder, plus encore de le comprendre. Il méprise la superficialité, il se dérobe aux préjugés, il échappe aux repères classiques qui permettraient de le cerner. Déjà vous voilà perplexe, encore incertain du trouble dans lequel il vous a plongé. Fugitivement, vous percevez une vague sensation de danger. Rien qui ne soit concret, rien qui ne soit précis, rien qui ne justifie ce qu'il n'a encore fait. Non, au premier regard Hayden n'a rien d'une menace. Il se montre enjoué, agréable, sympathique, prévenant, patient, humble et réservé. Son apparente sociabilité ne s'entache ni d'une exubérance aussi ridicule qu'affligeante, ni d'une inhibition froide et impassible. Entrain et aisance sont les premiers mots qui vous viendraient à l'esprit en le voyant converser, et ce quelque soit l'interlocuteur. Saupoudré d'un certain détachement, cette attitude amicale pourrait se montrer révélatrice d'une grande confiance en soi mais elle trahit surtout une approche calme et positive de son environnement. Hayden semble en effet incapable de perdre patience, de se laisser emporter par des émotions violentes, de se montrer impulsif et irréfléchi. Versatile cependant, il peut se montrer tour à tour passionné, amusé, intrigué puis désintéressé, agacé et indifférent sans se départir de ce flegme intriguant et irritant qui le caractérise. Son humilité s'accompagne d'une certaine réserve à parler de lui-même, d'un refus de se mettre tout à fait en avant, préférant de très loin les seconds rôles. Ses qualités d'écoute et la finesse de son intelligence n'en ressortent que plus naturellement, suscitant d'elles-même un magnétisme étrange envers le jeune homme. Néanmoins, cela ne l'empêche pas de se montrer parfois, même si cela demeure rare, théâtral, s'amusant surtout à déblatérer des propos en décalage avec le contexte, faisant ressortir le naturel de sa prestance de façon incongrue. Un comportement qui reste somme toute relativement banal associé à une certaine réserve qui lui confère discrétion et sympathie.



      Néanmoins, Hayden se révèle rapidement aussi déconcertant qu'au premier abord. Dans un groupe, il est celui qui se trouve légèrement en retrait, qui observe en silence, qui sait se faire oublier s'il en éprouve le besoin. Une position idéale pour qui sait en tirer profit, et à ce jeu là Hayden est passé maître. Secret, il ne parle jamais spontanément de lui-même, évitant volontiers les questions dérangeantes par des jeux langagiers ou un sourire mystérieux. En réalité, il est peu démonstratif et n'est pas à l'aise sur un plan affectif, ne parvenant qu'à se montrer brusque et maladroit. Paradoxalement, il n'en devient que terriblement plus énigmatique et fascinant, une particularité qui influence l'approche que vous pourriez avoir à son égard. A la vérité, il apparaît vite qu'Hayden n'est pas qu'un simple gamin au caractère un peu effacé et timide trouvant du réconfort et de l'assurance au sein d'un groupe soudé ou derrière un meneur solide. Subtil, il sait habilement placer des suggestions, des propositions, des remarques qui rangent rapidement la majeur partie de ses interlocuteurs à son avis. Son calme détachement mêlé d'entrain rassure et sécurise tandis que son esprit logique fédère et apaise. Sous couvert d'être celui qui écoute, il est en réalité celui qui est écouté sans même qu'il soit fréquent que vous vous en aperceviez. Un art de la manipulation qui le met à l'abri de quelconques conflits inutiles et qui distrait son quotidien rythmé par un ennui profond.



      A vrai dire, souvent las de ce rôle insipide qu'il s'applique patiemment et machinalement à mettre en œuvre auprès des autres, ces frêles créatures suffisamment dupes pour se laisser prendre au jeu, Hayden aime à le pimenter de répliques percutantes et atypiques qui contrastent souvent violemment avec son attitude agréable et décontractée. Il use et s'amuse grandement des doubles sens acerbes, quand bien même est-il le seul à les comprendre, et ponctue presque systématiquement ses paroles d'une ironie criante ou absconse qui se confond parfois avec une autodérision amère. A la fois persuasif et incisif, cet hypocrite de premier ordre alterne constamment entre une réserve énigmatique et une franchise détestable. Il est capable de laisser tomber une vérité des plus crues et des plus blessantes aussi simplement qu'il vous commenterait la météo. Impitoyablement sceptiques, cyniques et impertinentes, ses railleries sont des armes aiguisées qui savent viser juste et s'il se montre volontairement provocateur et blessant, c'est uniquement pour s'amuser de vos réactions, pour jouer avec vos sentiments, pour tromper la routine quotidienne. Sournois au delà de ce qu'il convient d'imaginer, il joue perpétuellement de faux-semblants et ses rapports aux autres manquent significativement de sincérité. S'il se trahit parfois, si vous finissez par réaliser qu'il n'est pas ce qu'il paraît, vous ne savez pas davantage quelle personnalité se cache sous les apparences futiles qui ne manquent pas d'ironie. De toute façon, pourquoi chercher à se montrer honnête et droit dans un monde déliquescent où règnent en maîtres le mensonge et la tromperie ? Évidemment, il n'est pas fairplay...mais à sa décharge vous ne l'êtes pas non plus.



      Son manque de scrupules à ce niveau trouve son fondement dans sa prédisposition très particulière. Un présent empoisonné, insupportable, cauchemardesque... Une sensation perpétuelle et pénétrante qui lui assène régulièrement la douloureuse vérité : l'inexistence de la sincérité. Vous ne pouvez pas lui faire face et lui mentir sciemment sans qu'il ne s'en rende immédiatement compte. Quelque soit les tournures de phrases, quelque soit votre expérience en la matière, son intuition ne le trompera jamais même si parfois il préférerait ne pas savoir. Hayden n'a besoin que d'une simple condition pour confirmer un mensonge : entendre la voix d'une personne qui sache pertinemment qu'elle est en train de mentir. Une demi-vérité lui laissera des doutes tandis qu'un mensonge qui aura valeur de vérité dans l'esprit d'une personne ne pourra être détecté. Dans un monde où les relations aux autres sont dominés par les mensonges, il n'y a guère pire disposition que celle d'en prendre perpétuellement conscience, d'être continuellement déçu par ceux qui vous entourent, de ressentir régulièrement la solitude et l'incompréhension... A ses yeux, le plus frustrant n'est pas tellement de reconnaître les mensonges mais bien de ne pouvoir connaître la vérité. Il déteste aussi bien tout savoir que tout ignorer : certaines choses devraient demeurer dans l'ombre quand d'autres, se tourner vers la lumière. S'il devine ce qu'on lui dissimule par un esprit d'analyse à la fois observateur et calculateur, ces déductions ne sont pas toujours infaillibles et il oscille perpétuellement entre certitudes et mystères. Une inconstance qui l'agace et le met souvent face aux limites de son jugement et de son incapacité à déterminer de façon radicale la vacuité des relations humaines. De fait, Hayden est d'un défaitisme noir et incorrigible concernant le genre humain. L'humanité n'est pas capable de sincérité ni de discernement, une constatation qui le rend tout à la fois méfiant, rancunier et intolérant. C'est avec une pointe de machiavélisme qu'il place les autres au pied du mur sans le moindre regret, ressentant un certain plaisir à se venger de leur duplicité, de la dualité de leur personnalité toujours partagée entre honnêteté et dissimulation. C'est avec une cruauté abjecte qu'il rend justice en obéissant arbitrairement à ce qu'il pense être la droiture, sans concession pour les sentiments, pour les raisons inérantes à ce qu'il considère comme un crime, une aberration. C'est avec un sadisme avéré qu'il prend plaisir dans ces petits jeux malsains qui ne visent d'autres buts que lui apporter de petites satisfactions personnelles. C'est avec une hypocrisie révoltante qu'il dissimule son égoïsme et sa misanthropie derrière son attitude déstabilisatrice et trompeuse.



      Malgré tout, Hayden est capable de s'oublier pour des idéaux élevés, une quête d'absolue, même si elle est utopique. Il est mal aisé de deviner ses intentions tant son comportement semble aléatoire et imprévisible. Savoir où il veut en venir relève presque du miracle et il ne faut pas compter sur lui pour vous éclairer sur ce sujet. Sans doute cela contribue-t-il au léger malaise que vous ressentez en sa présence, à la sensation d'avoir affaire à un être insidieux et perfide sous les dehors de l'ironique sollicitude, de l'énigmatique sociabilité. Malgré tout, Hayden n'est pas tout à fait l'électron libre qu'il paraît. Il recherche la vérité à tout prix avec une patience, une persévérance, une régularité et une ténacité qu'il convient de saluer. C'est un idéaliste capable de faire abstraction de toute question de moralité pour permettre ou imposer, la manière importe peu, l'ordre et l'équité. Il possède un sens profond de la justice qu'il n'hésite pas à rendre lui-même, se fiant davantage à son jugement droit et sincère qu'à celui rempli de mensonge de ses semblables. Machiavélique, il entrevoit la nécessité des moyens en vue et au service d'une finalité suprême qui le transcende. Cette mentalité à contribuer pour beaucoup à le rendre perfectionniste et discipliné. Un sang froid et un sens des détails qui lui confèrent un aspect effrayant de rigueur et de rigidité. Inutile de penser détourner son attention par des pirouettes ou des effets de style. S'il semble dans un premier temps rentrer dans votre jeu, il ne perd jamais un objectif des yeux. Hayden est en effet capable d'une grande fiabilité dès qu'il s'agit pour lui de défendre une cause qui lui est chère, se révélant dès lors d'une fidélité et d'une abnégation remarquable.



      Un autre principe rigide à sa conception du monde, il ne peut pas concevoir et tolérer l'impolitesse dès lors que l'on requiert sa bonne volonté. Paresseux invétéré pour tout ce qui ne relève pas de l'exceptionnel ou de l'originalité à moins qu'il n'y trouve un profond intérêt personnel, il n'accepte de faire preuve d'une positive motivation que si les choses lui sont présentées avec tact et diplomatie. Aux dernières nouvelles, une attitude respectueuse et responsable n'a encore jamais conduit personne en enfer – forcément nous dirait-il, nous nous y trouvons déjà. Cette exigence frise presque l'obsession et s'il ne se pose pas en fervent défenseur de ce principe c'est uniquement parce qu'il n'accorde qu'un intérêt dédaigneux à ceux qui l'entourent, même s'il le dissimule. En revanche, il ne verrait rien d'anormal à vous mettre en danger de mort et à ne pas lever le petit doigt pour vous aider si dans votre appel désespéré vous oubliez le « s'il te plaît ». C'est une façon comme une autre d'horripiler les autres et de faire preuve d'un humour noir maladif en plus d'une attitude hautaine et absurde. Le comble étant que même ainsi il n'est pas dit qu'il agisse comme vous l'entendez. D'autre part, malgré son don limité, il demeure un adversaire qu'il ne faut pas prendre à la légère car observateur et prudent, il est avant tout un tacticien hors pair. Une faculté bien insoupçonnée à la vérité lorsque l'on observe l'adolescent dégingandé qui semble si innocent et sympathique au premier abord. Hayden appartient donc à ces personnalités insaisissables, qui fascinent et révulsent à la fois, qui attirent et effraient, qui séduisent et dégoutent. Il marie les contrastes, célèbre un idéal qu'il n'applique pas, se félicite d'une hypocrisie méprisable dont personne n'a conscience, dont il ne laissera jamais personne prendre conscience, dont il vaut mieux ne pas avoir conscience.











    ♦️Physique :
      Il serait peu dire que de qualifier ce petit crétin de fluet.

      De taille moyenne si ce n'est relativement grande, ce n'est pas tant par ce trait qu'il apparaît malingre mais bien par l'ensemble d'une constitution menue qui lui confère une silhouette filiforme. A la limite du rachitisme, cet adolescent n'en demeure pas si différent des autres garçons de son âge. Avec indulgence, l'on pourrait dire qu'une forte poussée de croissance est seule à l'origine de ce corps chétif et gracile, mais ce ne serait pas rendre justice à des années de mal nutrition et d'acharnement thérapeutique. Son corps est efflanqué sans être famélique, mince sans être frêle, élancé sans être dégingandé. Il apparaît à la fois clair et évident qu'il s'agit d'un gringalet, mais d'un gringalet en bonne santé qui, somme toute, fait parfaitement illusion parmi ses camarades une fois vêtu, même s'il est vrai qu'il flotte toujours dans tout ce qu'il porte. D'une façon générale, tout chez lui semble long. Ses jambes ? Longilignes. Son buste ? Fuselé. Ses bras ? Déliés. Jusqu'à ses doigts, dignes d'appartenir au pianiste qu'il n'est pas, à la fois vifs et adroits, précis et puissants et vernis de noir s'il vous plait. Certes, on aura remarqué qu'Hayden est loin d'être une brute épaisse, mais celui qui penserait que finesse rime avec faiblesse autrement que sur un plan lexical souffrirait d'une sérieuse déconvenue. Ses muscles, saillant sous la peau, se disputant aux arrêtes anguleuses des os, sont allongés, étirés, fins mais néanmoins fermes et existants. Inutile de rechercher la moindre once de graisse qui se serait utilement logé dans cet amalgame d'os et de chair recouvert de peau. Qu'il esquisse le moindre geste demandant un effort certain, et le ballet des ligaments dessine sous cette dernière la plastique striée et nerveuse de ses muscles tendus, qui, sans laisser supposer une force sans commune mesure, laissent entrevoir une assez bonne condition physique. Hayden n'effrayerait pas une mouche mais une mouche ne l'effraierait pas non plus. L'adolescence a dessiné sur lui les contours d'un jeune homme, certes tout droit sorti de l'enfance, mais dont la musculature discrète et déliée jointe à son corps fin et fluet lui assure la silhouette d'un grand échalas, d'une maigreur un peu atypique mais guère choquante surtout lorsqu'il se trouve entouré d'autres garçons de son âge.



      Tout bon adolescent qui se respecte arbore une coupe de cheveux loufoque, décalée, provocante ou négligée. Hayden ne fait pas exception à la règle et parvient même à réunir tous ces qualificatifs en sa seule personne. A ce niveau, il est bon de préciser qu'Hayden adore ses cheveux au risque de surprendre ou de choquer car il est vrai que la chose n'apparaît pas évidente quand on sait ce qu'il leur a fait subir. En fait, rien ne l'amuse plus que les remarques, critiques, insultes et autre intérêt que l'on saurait leur porter. De même, il possède une affligeante propension à en faire un jeu quotidien et presque inconscient en laissant ses longs doigts glisser dans ses mèches effilées ou en les laissant retomber anarchiquement sur son visage. Sur son visage ? En effet, la description ne saurait être plus appropriée puisque les dites mèches sont coupées justes à la moitié de celui-ci dérobant entièrement son regard à celui des autres, ne permettant qu'à un nez fin, pointu et court d'affleurer à leur surface. Si le côté jeune rebelle et chevelu est assuré, il n'empêche qu'il est horripilant de s'adresser à quelqu'un dont on ne voit pas les yeux et Hayden est un spécialiste du genre, ne les révélant que rarement à la face du monde. Car oui, ce n'est pas vraiment comme s'il en faisait tout un mystère, c'est juste qu'il aime agacer et déstabiliser. Penchant la tête de côté où la relevant pour regarder quelque chose de haut, ses longues mèches s'entrouvrent alors délicatement, découpant un triangle dans lequel apparaît volontiers l'œil tant rechercher. C'est un rideau d'une incroyable fluidité qui dresse un épis sur son crâne toujours réinventé puisqu'il dépend de la quantité de cheveux balancés d'un côté ou de l'autre.



      Dire de ses cheveux qu'ils sont lisses ne suffiraient pas à résumer leur finesse satinée, leur raideur étudiée. Même un cataclysme ne suffirait pas à les emmêler et leur légèreté donne l'impression que chacun des filaments gris qui lui servent de cheveux retombe sur ses congénères de par sa volonté propre. D'une coupe ronde, longue sur le devant et courte sur l'arrière, elle n'a en soi rien d'exceptionnel si ce n'est qu'elle dissimule ses yeux. Pour l'exceptionnel, on s'en remettra à la couleur. Oh, rien n'aurait été perturbant s'il avait choisi de garder sa couleur d'origine, un noir de jais tout ce qu'il y a de plus ténébreux et de plus brillant. Mais évidemment, ce petit crétin ne pouvait avoir d'autre projet que de ruiner cette merveille de la nature héritée de son inconnu de père pour laisser un caprice tordu s'exprimer dans toute son aberration. Hayden s'est en effet récemment teint les cheveux en un gris soutenu quoique très clair et lumineux, aux reflets acier qui tournent à l'anthracite sitôt qu'ils ne sont plus éclairés. Non pas que la coloration elle-même soit choquante, il est même étonnant de constater qu'elle lui va plutôt bien et qu'elle ne surprend pas plus que ça surtout que, au delà du crime que constitue le fait de massacrer sa couleur naturelle, elle ne fait qu'écho à celle de ses iris.



      Les yeux d'Hayden sont d'un commun aberrant. Bien sûr, ils demeurent d'un gris très clair cerclé d'un autre beaucoup plus terne frisant le noir et si l'on y regarde de très près, on y trouve quelque paillettes déclinant tout le dégradé de la fade couleur pré-citée. Mais mis à part ce détail qui somme toute reste relativement commun, ils ne sortent guère de l'ordinaire. Ils sont petits, un peu trop éloignés l'un de l'autre peut être mais honnêtement, il serait assez difficile de le remarquer à moins de vraiment le détailler et ce, cheveux relevés car sinon il est impossible de les regarder en même temps. D'une façon générale, la pupille en paraît toujours rétractée, sans doute l'habitude de voir au travers de ses mèches les protège-t-elle trop de la lumière et que se dévoiler les agresse immédiatement. Quoiqu'il en soit, il n'en a pas conscience mais il est vrai que cet élément lui donne un petit air reptilien tout à fait flippant, surtout lorsqu'il vous fixe intensément et sans cligner des paupières. Son regard se voit souvent indifférent, neutre ou attentif, des expressions habituelles et assez peu significatives qui engendrent à leur tour le désintérêt mais Hayden n'échappe pas comme tout le monde à la surprise, la colère, la gène, le dépit. La seule différence avec les autres c'est que ces sentiments là restent jalousement exprimés derrière le rideau salvateur de ses cheveux tandis que les premiers ne sont dévoilés que stratégiquement au grès de ses caprices. Manie prise par la force de l'habitude, exercer à observer d'un œil aiguisé tout ce qui l'entoure, Hayden plisse presque perpétuellement les yeux, les rendant encore plus fin ce qui accentue le petit côté serpent. Une particularité qui jointe à ses sourires ambigües et ses manières ne le rend que davantage déstabilisant. Enfin, Hayden est joueur. Même si ses yeux ne sont ni ravageurs, ni très expressifs, ni renversant, ils se montrent assez rarement, ce qui accentue la curiosité de les voir et laisse naître toute sorte de fantasme à leur sujet. L'on peut être déçu une fois le fameux orbe observé, ou ravi selon que l'on cristallise à ce sujet ou non. Toujours est-il que le sale gamin se fait le petit plaisir de les maquiller de noir juste au cas où il ne semblerait pas suffisamment décalé comme ça.



      Pour le reste de son visage, on ne vous entretiendra que de la moitié visible qui aura échapper à l'invasion capillaire, soit bien peu de chose. L'avantage d'avoir quinze ans c'est que l'on ne ressemble plus exactement à un poupin. Les joues de ce cher petit enfoiré ont perdu les maigres rondeurs qu'elles avaient dans son enfance tandis que son visage s'est allongé vers une mâchoire triangulaire, aux bords nets et tranchés, plantée au dessus d'un cou long et fin comme le reste de son anatomie. Un menton volontaire sans être proéminent lui donne un air décidé et impertinent. Ses lèvres ne méritent presque pas d'être mentionnées tellement elles semblent inexistantes. Sa bouche donne l'impression de n'être qu'une fente régulière à peine surmontée et soulignée par deux petits bouts de chair rebondis, pâles et passant presque parfaitement inaperçu, se voyant juste assez pour ne pas briller par leur absence. Enfin, ce n'est pas faute d'avoir le sourire facile. Autant ses yeux ne trahissent aucune émotion, autant sa bouche est un livre ouvert sur ce qu'il ressent. Du moins est-ce l'impression qui en émane du fait sans doute qu'il s'agisse du seul trait visible pouvant trahir ses sentiments. A défaut de pouvoir observé ses yeux, on se console sur ce que l'on a n'est ce pas ? Malheureusement, Hayden ne fait que de très rares faux pas et ses sourires sont toujours animés d'une intention précise. Ce visage ignore le mot « sincérité » tant il est le parfait instrument de ses duperies coutumières mais ça évidemment personne n'est censé le savoir... Un dernier détail peut être ? Hayden possède un teint laiteux parcourut de grain de beauté dont seul son visage est un peu épargné. Ce n'est pas non plus une caractéristique très voyante mais simplement une fantaisie naturelle qui égaille un peu une peau blanche sans aucun éclat, pâle sans en être vraiment belle. En revanche, encore jeune, elle se dote d'un duvet enfantin sur le visage et d'ailleurs pratiquement sur tout le reste du corps puisque Hayden est pratiquement imberbe.Une caractéristique qui achève de le classer définitivement dans la catégorie androgyne.



      Bien sûr, quels ne sont pas les jeunes adolescents ayant poussé trop vite qui se retrouvent dotés de traits ambigües ? Ce n'est évidemment pas comme s'il pouvait y avoir méprise mais disons que son physique de freluquet et son visage d'ange insolent ne l'aide pas vraiment à affirmer sa virilité. Comme il fallait s'y attendre, il n'y voit aucun inconvénient, mieux, il en joue, pire, il s'en amuse. Cet adorable petit crétin est plutôt mignon par dessus le marché. Rien à voir avec le tombeur de ces dames, ni la peluche incarnée, pas plus qu'avec la brute au cœur tendre ou avec le ténébreux réservé. Hayden possède un charisme subtil, un charme flegmatique, une beauté effacée. Le genre de garçon dont on déteste l'apparence dans la seconde où que l'on adore sans concession. La demi-mesure n'a pas de place ici, soit il dérange, soit il fascine et n'allez pas vous imaginez qu'il se préoccupe de votre avis. Comme s'il allait s'intéresser à quelque chose d'aussi trivial, ces futilités ne sont pas faites pour lui. Maintenant si d'un clin d'œil où d'un sourire à baffer il peut vous manipuler, n'allez pas croire qu'il va se gêner. Nonobstant, il ne faut pas croire que Hayden attire immanquablement le regard. Autant peut-on le qualifier de mignon, autant cette réflexion reste purement anecdotique dans une rencontre, la faute à cette habitude qu'il a de se fondre dans la masse quand bien même il paraît sans démarquer parfois. Et puis, si l'on peut sans mal le qualifier d'excentrique, le contraste avec son caractère réservé et calme fait bien vite oublier cette première impression. De toute façon, si on lui pose la question, il répondra surement une ânerie du genre qu'il n'est qu'un pauvre gamin malheureux qui veut attirer l'attention. Le tout avec ce ton insupportable qu'il utilise dans ce genre de circonstance et qui laisse parfaitement entendre qu'il se fout de votre petite personne. Il est vrai que sa voix n'est elle-même pas bien chargée de testostérone. Par bonheur, sa mue vous aura évité sa douceur mièvre haut perchée et ses intonations irrégulières et enfantines, mais compte tenu de ce qui va vous être servi, on se demande si c'est un mieux.



      Sa voix est... spéciale. Commençons par les bons points afin de ne pas être dégouté tout de suite. Pour commencer elle est masculine. Jeune et d'une tessiture flûtée certes mais masculine. A la vérité, nul doute que s'il y mettait du sien elle pourrait être particulièrement séduisante à l'écoute parce qu'il possède un joli grain de voix à la fois clair et épuré, d'une jolie régularité dans la tenue des notes selon qu'il ponctue ses paroles d'une intonation plus ou moins marquées. Par ailleurs, il s'exprime sur un débit calme et posé, un rythme rassurant ou effrayant selon les situations mais qui d'une façon général ne le rend pas agressif pour un sou. De toute façon, l'agressivité ce n'est pas vraiment ce qui vous viendrait à l'esprit en l'entendant parler. Sa voix est douce et soufflée. Ses mots sont comme des soupirs perpétuels, une façon de parler qui peut énervé très vite mais qui met mal à l'aise à coup sûr. On entend davantage le souffle que le son lorsqu'il prend la parole ce qui lui donne une légèreté sur tout sujet assez déconcertante mais en parfaite adéquation avec le reste de sa personne. A la vérité, l'on s'y fait très vite parce que cela peut parfois devenir chantant selon le ton qu'il désire prendre, et sur ce registre, cet hypocrite de première possède un sacré répertoire. L'avantage de cette voix pour vos pauvres oreilles et par extension vos pitoyables personnes, c'est qu'il ne sait pas la rendre froide et coupante. En soit, l'on peut considérer qu'il s'agit d'une bonne chose et que même cela le rendrait sympathique, mais honnêtement, il serait plus juste de penser que cet apparent inconvénient pour son utilisateur n'est en réalité qu'une arme supplémentaire pour vous achever. Recevoir des remarques versatiles et sournoises en plein visage sur le ton de la conversation avec cette voix à la fois guillerette et fade est une véritable torture bien souvent sous estimée. Dans de très rares occasions, somme toute très exceptionnelles, il est capable de mettre fin à ce petit manège et à laisser sa voix s'élever dans toute sa splendeur, sans cette désagréable et horripilante manière de souffler en même temps. Dès lors, sa voix sonne avec des sons nets et ponctués, contrastant violemment avec ses sonorités habituellement fades et sans saveurs. L'on découvre à ce moment la mesure avec laquelle il cache son jeu jusque dans cette contrefaçon dissimulatrice et parfaitement maîtrisée. Une voix fuyante, sifflante, traître et trompeuse ça lui colle à la peau.



      Mise à part cela, une foule de petites remarques s'imposent afin d'avoir une vision on ne peut plus claire de l'abjecte...hum... de l'adorable personnage. Hayden est l'incarnation de l'avachissement. Oui, il est vrai que les adolescents de nos jours ne savent plus se tenir mais là ça frise le cas pathologique. En plus d'être un paresseux fini, ce crétin est doublé d'un sans gène aberrant. Hayden est partout chez lui, n'escomptez pas à ce qu'il mette de gentils patins pour ne pas abimer le parquet, qu'il ne mette pas les pieds sur le fauteuil ou qu'il ne s'assied pas sur la table. Le principe est simple. Il se trouve debout ? De quoi pourrait-il s'aider pour quitter cette aberrante posture. L'être humain est un être d'une complexité fantastique mais il n'est pas fait pour se compliquer la vie à faire le pied de grue. Hayden aime répandre sa personne sur toute surface capable de l'accueillir, c'est un fait et une constante, c'est un sacerdoce, un style de vie et une raison d'être. Toute une philosophie qui célèbre la paresse et s'abandonne à la décontraction. Un mur ? Il s'y adosse. Une porte ? Il est déjà contre l'encadrement. Un fauteuil ? Il s'y trouve allongé et certainement pas d'une façon conventionnelle. Un lit ? Ne cherchez pas, il y a élu domicile. Une table ? Il s'y trouve perché. Un escalier ? A même les marches ou sur la rambarde s'il est en forme. Une fenêtre ? Assis sur le rebord. Une épaule ? Un accoudoir comme un autre. Il suffit que l'occasion se présente et vous pouvez être sûr qu'il ne la laissera pas passer.



      Hayden c'est aussi et surtout la nonchalance à son paroxysme et surtout dans sa garde-robe. Tout, absolument tout, trahit son j'm'en foutisme trivial à ce sujet. Il porte les premières frusques qui lui passent entre les mains et qui se composent habituellement de tout ce que la mode peut se permettre de lui offrir et qui se voit porter par des générations d'adolescents. Ce n'est pas tant qu'il cherche à avoir de l'allure, mais il faut croire que la moindre guenille lui scierait comme un gant. L'aspect général laisse entrevoir le rebelle bon chic bon genre dans toute sa splendeur. Vêtements grunge à souhait, accessoires en pagaille, accumulation de couches différentes... C'est un grand adepte des écharpes et tient en horreur les shorts ou les bermudas. Pour les chaussures voyez converses, bottes, baskets... Le tout évidemment délassé et qui semble avoir survécu à toutes les guerres. Avec sa haute silhouette longiligne le rendu ne manque pas de classe et dissimule assez bien sa constitution malingre ce dont il lui ait gré car il ne passe ainsi que pour un adolescent comme tant d'autres. A noter qu'il n'est pas non plus réticent à une bonne chemise de temps en temps si jamais le caprice l'en prend. Autre chose ? Oui, et pas des moindres. Quelle stratégie adopter lorsque l'on a des bras immondes et martyrisés ? Mais les exhiber fièrement voyons ! Franchement, quelle question... Lorsque l'on passe son temps à s'entailler les bras depuis des années, inutile de s'étonner qu'ils soient bardés de cicatrices, surtout sur la face interne. Si Hayden a la chance de cicatriser relativement bien, il n'empêche qu'elles sont parfaitement visibles, se croisant et se séparant sans fin et ce jusqu'au coude. Le clou du spectacle étant les poignets qui dans le genre morbides remportent la palme avec les entailles parfois à peine cicatrisées ou en cours de guérison. Il n'est pas rare de le voir se balader avec une bande fermement serrée à ce niveau d'ailleurs, histoire de faciliter la guérison de la plaie. Inutile de décrire l'impression que cela donne de lui, on sent poindre la compassion pour se pauvre suicidé raté n'est ce pas ? Et puis quoi encore... Si seulement il pouvait nous débarrasser le plancher aussi facilement, ça lui rappelle des souvenirs d'ailleurs...



      Hayden enfin, c'est le cauchemar de tout épicurien. Il n'aime rien. Ce sale gamin ne sait rien apprécier de la vie. Il n'aime pas manger, il n'aime pas dormir, il n'aime pas danser, il n'aime pas sortir, il n'aime pas étudier, il n'aime pas les gens, il n'aime pas la musique, il n'aime pas lire, il n'aime pas le soleil, il n'aime pas la ville, il n'aime pas la mer, il n'aime pas la pluie, il n'aime pas les cours... Une seule chose anime son être d'une volonté de vivre autre que la justice : il adore s'amuser et d'autant plus que c'est souvent au dépend des autres. Habituellement, il maquille son manque d'intérêt pour toute chose en réagissant comme tout adolescent normalement constitué le ferait mais il y a une chose sur lequel il ne peut tricher, c'est la nourriture. Hayden mange comme un ogre, pas de crainte à ce niveau, mais il a beau avaler des quantités inimaginables de nourriture, il ne prend pas un gramme, allez comprendre... Le pire dans cette histoire, c'est qu'il mange absolument n'importe quoi. Vous avez déjà essayé des huitres au ketchup avec des frites de salsifis ? Et bien lui si. Quoi qui passe à porter de plus ou moins comestible est immédiatement englouti. Non pas qu'il soit perpétuellement animé d'une faim dévorante mais plutôt qu'il s'amuse à essayer toute sorte de combinaisons gustatives même si le fait de se mettre à table pour accomplir cette tache lui est une idée insupportable. En général, il consomme toute sorte de chose infâme entre les repas et s'en trouve beaucoup mieux accommodé que si l'on lui dit que telle ou telle heure doit être dédiée à son instinct primaire d'engloutissement bestial. Il mange quand il a faim et tant pis si ce n'est pas le moment approprié, comme il peut être capable de s'asseoir devant un plat pendant l'heure du repas et se lever sans y avoir toucher une seconde avant de revenir deux heures plus tard prendre quelque chose. Les desseins des petits crétins sont définitivement impénétrables.








Histoire







    ♦️Origines :
      Waterin, cette charmante petite île où il fait bon vivre en ce moment...n'est ce pas ?

    ♦️Position :
      Hayden se range définitivement derrière Sund et ses idéaux. Officiellement, il affiche une neutralité indifférente et attentiste en évitant de détailler son opinion d'un geste évasif de la main ou d'un sourire ambigüe. Officieusement, il est la voix de son maître, se vouant corps et âme au tyran et à la mise en place du régime, se montrant d'un zèle et d'une opiniâtreté terrifiants pour cette tâche. Il ne conçoit pas que l'on puisse remettre en doute sa légitimité et même s'il n'est pas naïf au point de dire amen à la moindre de ses paroles, il n'empêche qu'il préfère encore le suivre en s'appliquant à se rendre utile voire indispensable plutôt que de permettre à cette honteuse et dégradante démocratie de revenir en place. Royaliste ou extrémiste sur les bords le Hayden ? Et pas qu'un peu...




Dernière édition par Hayden Cole le Mar 16 Mar - 18:04, édité 16 fois
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Hayden Cole


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MessageSujet: Re: Hayden Cole   Lun 1 Mar - 17:39

    ♦️Histoire :


    L'appart,
    21 Octobre,
    18h24.



      - 1 -







      Le petit garçon se réveilla d'un coup en entendant frapper à la porte. Assis sur le plancher de la cuisine où il s'était endormi la veille au soir, il grelottait sous la mince couverture qui l'enveloppait, quelque peu tétanisé par une émotion qu'il ne parvenait pas à situer entre la joie et l'appréhension. A moins qu'il ne soit devenu familier de confondre les deux ? Les coups reprirent avec la même violence qui trahissait l'impatience de leur propriétaire et le frêle gamin bondit sur des gambettes qui s'activèrent aussitôt à le mener à la porte. Il tourna la clef avec empressement et tendit sa petite mimine vers la poignée où il dut appuyer de toutes ses forces pour ouvrir.



      - Mam...


      Il resta figé, la poignée toujours en main dans l'entrebâillement de la porte, posant les grands yeux inquisiteurs de son visage de sauvageon sur l'intruse qui, comme il avait pu le constater, n'avait rien de commun avec sa maman.


      - Hayden, tu peux aller chercher ta mère ?


      - Elle est sortie.


      Il répondit froidement, ne manquant ni d'assurance ni de hargne malgré ses sept ans.


      - Elle n'a toujours pas payé le loyer et ça fait trois jours que tu me donnes la même réponse, tu ne serais pas en train de me mentir par hasard ?


      - Non, elle est sortie.


      Un cataclysme quelconque n'aurait pas eu raison de cette résolution déterminée qui était la sienne. La propriétaire des lieux laissa échapper un soupir résigné de sa généreuse poitrine de matrone et jeta un regard au gamin qui lui faisait face.


      - Tu manges correctement Hayden ?


      - Oui.


      - Tu as pris une douche ce matin ?


      - Oui.


      - Tu attends ta mère ?


      - Oui.


      - Ça fait longtemps que tu es seul ?


      - Non.


      - Tu ne veux pas que je t'aide à faire un peu le ménage ? Ça ferait surement plaisir à ta mère quand elle reviendra.


      - Non.


      - Tu ne veux pas monter chez moi alors ? J'ai mes petits enfants pour le week-end, tu pourrais jouer avec eux.


      - Non.


      - Tu es sûr ?


      - J'en suis sûr.


      Comprenant qu'elle n'obtiendrait rien de plus, elle soutint néanmoins son regard. A quoi sa mère pouvait-elle bien penser pour laisser un enfant de cet âge sans surveillance ? Dépitée mais surtout préoccupée par son bien être, elle hésita un long moment sur la conduite à adopter. Instinctivement, elle aurait été tentée de prendre soin du gamin en attendant sa mère, pas grand chose, juste lui préparer quelque chose de bon à manger, lui faire prendre une bonne douche... Et puis elle choisit de se montrer raisonnable. Inutile de se mêler des affaires des autres. D'ailleurs, le gosse semblait plutôt en bonne santé malgré son aspect chétif et puis surtout, il était aussi entêté que la mère, pas dit qu'il l'aurait laissé faire.


      - Je repasserais plus tard alors.


      - C'est ça.


      Hayden referma la porte à clef et retourna s'asseoir sur le carrelage froid de la cuisine. Est-ce qu'elle rentrerait aujourd'hui ? Il attrapa le paquet de biscuit qui constituait la base de son alimentation depuis ces trois derniers jours et se mit à en mordiller un sans vraiment d'appétit mais conscient qu'il ne pouvait rester toute une journée sans s'alimenter. Ou alors ce sera demain ? Ses yeux se baladèrent sur le mobilier sobre de la pièce plongée dans la pénombre malgré l'après midi ensoleillée puisqu'on ne prenait plus la peine d'ouvrir les volets. Il n'aimait pas être tout seul. Achevant son biscuit et abandonnant sa boîte sur le sol, il se releva et se mit à déambuler jusqu'à sa chambre où il s'empara du manteau trois fois trop grand pour lui qui avait toujours été son préféré malgré que sa riche étoffe soit déchirée par endroit, malgré les boutons dorés qui s'écaillaient et dont un manquait depuis longtemps, malgré le cuir durci et élimé par les intempéries et le manque d'entretien. Il le passa rapidement, retroussant les manches trop longues tout en enfilant ses vieilles chaussures avec empressement. D'habitude elle revenait à cette heure-ci. Il pouvait bien aller l'attendre sur le pont n'est ce pas ? Ce n'était pas bien loin et puis il prendrait la clef comme ça elle ne serait pas fâchée.


      Il sortit et prit le temps de fermer derrière lui alors que le soleil d'automne déclinait rapidement. Le vent transportait les feuilles mortes aux couleurs chatoyantes qui accompagnaient sa course tandis que le petit garçon hors d'haleine se précipitait avec angoisse et excitation au devant de celle qu'il attendait si impatiemment. Quand ils rentreraient, elle lui ferait des crêpes et ils les mangeraient tous les deux sur les balançoires du parc comme ils le faisaient souvent. Puis quand viendra le moment de se coucher, elle s'allongera près de lui jusqu'à ce qu'il s'endorme en lui chantant une chanson et en jouant avec ses cheveux comme cela lui arrivait souvent. Et quand il se réveillerait le lendemain matin, il l'entendrait dans la cuisine et ils partiraient ensemble au marché en jouant dans les flaques d'eau parce qu'il aurait plu durant la nuit. Hayden dut ralentir avant de se remettre à marcher. Le pont était plus loin que ce qu'il avait cru et les inspirations glaciales lui avaient incendié la gorge et les poumons. Il longea le trottoir en se rapprochant plus modérément, guettant la courbe du pont d'où il ne voyait l'autre rive. Il mettrait du sucre sur sa crêpe s'ils en avaient encore et s'ils n'en avaient pas assez, il lui donnerait sa part et elle sera heureuse. Il releva les yeux et aperçu une forme vague qui dépassait de la courbe du pont et s'allongeait de plus en plus.



      - Maman !


      Il se remit à courir et tant pis pour son point de côté, pour ses muscles que son empressement avaient affaiblis, pour ses chaussures dont la semelle ne tarderait sans doute plus à se détacher. Elle avançait calmement, observant le sol et releva la tête en entendant son cri avant de s'immobiliser. Enfin à ses côtés, Hayden s'arrêta en reprenant son souffle puis releva la tête vers ce visage rond et régulier qu'il connaissait si bien.


      - Mam...


      La claque fut violente, il en tomba à genoux. Abasourdi, le petit garçon porta une main tremblante à sa joue ou une trace rouge ne tarda guère à apparaître sur sa peau opaline et vierge d'enfant innocent. Ce ne fut qu'après que les larmes lui vinrent, silencieuses. Il ne pleurait pas parce qu'il avait mal, il pleurait simplement pour le geste. Parce qu'elle devait être en colère.


      - Qu'est ce que tu fiches ici ?!


      Elle criait mais cela importait peu puisque personne ne se trouvait sur une rive ou sur une autre.


      - Ne te fâche pas s'il te plaît.


      - Ne pas me fâcher ? !


      Elle le releva brutalement, l'obligeant à lever le visage vers elle et lui mit une seconde claque qui n'avait rien à envier à la première. Elle s'accroupit et l'observa en silence avec un dédain évident et une colère enfouie.


      - Je t'avais dit de rester à la maison. Qu'est ce que je vais faire de toi ? Tu ne sais que me désobéir c'est ça ? Ça t'amuse de m'inquiéter sans arrêt ? Comme si je n'avais pas suffisamment de choses dont je dois m'inquiéter.


      - Non ce n'est pas ça...


      Hayden essuya ses larmes de ses manches en s'obligeant à retenir ses sanglots.


      - Je ne veux pas savoir. Je ne veux pas que tu deviennes un petit délinquant qui traine dans les rues. Tu peux au moins éviter de me faire honte non ? Et arrête de pleurer c'est agaçant.


      Elle soupira en se relevant et fit quelques pas en rond en se frottant le front comme si elle était excédée par la situation. Puis sa main glissa jusqu'à ses lèvres, elle s'appuya sur la rambarde du pont. Alors, Sybille posa les yeux sur son fils et ils se remplirent de larmes lorsqu'elle trouva le courage de lui faire à nouveau face. Elle glissa au sol et le prit dans ses bras, laissant libre court à ses propres sanglots entrecoupés de ses remords.


      - Excuse moi. Excuse moi mon chéri, tu sais que je t'aime n'est ce pas ?


      - Oui maman.


      - Et je t'aimerais toujours quoiqu'il arrive.


      - Oui maman.


      - Excuse moi. Je n'aurais pas du te frapper, c'est juste que j'ai eu peur tu comprends ?


      - Oui maman.


      - Tu m'aimes toujours n'est ce pas ? Tu sais bien que c'était juste parce que j'étais en colère.


      - Oui maman. Je t'aime maman.


      Elle serra son fils contre elle, ce petit corps qu'elle avait porté, ce petit être qu'elle avait élevé seule, cet enfant dont elle ne savait quoi faire. Une erreur de jeunesse qui avait bousillé sa vie. Elle n'avait que quinze ans lorsqu'elle avait rencontré Jonathan Cole, le genre d'aventure impossible et illusoire à laquelle se laisse prendre toutes les jeunes filles un peu naïve de sa catégorie. Il était jeune, beau, noble, séduisant et courageux. Il disait qu'il allait l'épouser jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte, jusqu'à ce que le délicieux conte de fée soit brisé, jusqu'à ce qu'il l'abandonne sans même reconnaître son fils. Il était mort dans le coup d'état des royalistes, bien fait pour lui. Mais il lui avait laissé une sacrée responsabilité sur les bras, à elle qui n'était encore qu'une gamine, une pauvre fille à laquelle la chance n'avait jamais particulièrement sourit et qui se faisait toujours avoir par plus malin qu'elle. Voilà qu'elle devait s'occuper d'un gosse alors qu'elle n'était déjà pas capable de s'occuper d'elle même : foutu destin. Elle desserra son étreinte et le regarda dans les yeux. Un jour peut être, elle partirait, comme ça, mais elle ne reviendrait pas. Sans doute qu'on s'occuperait bien de lui. C'était un gentil garçon, maladroit, bruyant et capricieux comme tous les enfants mais un gentil garçon.


      - On va rentrer à la maison maintenant ?


      - Oui, et on mangera des crêpes.


      Elle lui fit un bisous sur le front et tressaillit en sentant le léger tremblement de son fils. Avait-il peur d'elle ? Ce n'était pas juste, elle faisait des erreurs comme tout le monde, ce n'était pas simple de s'occuper d'un enfant et elle avait tellement de choses dont elle devait s'occuper.


      - Je te le promets : je ne te frapperais plus jamais. Tu me crois Hayden, pas vrai ?


      - Oui maman.


      Le petit garçon ne lâcha son regard que lorsqu'elle lui prit la main et le ramena à la maison. Mensonge, doucereuse et douloureuse traîtrise, délicate et tortueuse tromperie... Hayden ne lui dirait pas qu'il savait quand elle lui mentait. Il ne lui dirait pas combien cela lui faisait du mal. Il ne lui dirait pas qu'il le savait toujours et qu'il avait toujours raison. Il ne lui dirait pas que lui aussi, pour ne pas la voir pleurer, pour ne pas la voir partir, pour ne pas la voir le haïr, il lui mentait.


Dernière édition par Hayden Cole le Mar 16 Mar - 14:03, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Hayden Cole   Dim 14 Mar - 16:09

    Le parc
    03 Août,
    16h08



      - 2 -






      - Ce n'est pas juste ! Vous n'avez pas le droit de prendre Hayden !


      - Pourquoi ? Tu n'avais qu'à le prendre en premier !


      - Les équipes ne sont pas équilibrées !

      Les deux garçons s'affrontèrent longuement du regard comme si cet ascendant sur leur adversaire aurait suffi à le ranger à leur avis. Autours d'eux, une dizaine de gamin était réunie en cercle tout en délimitant une légère séparation qui figurait explicitement de la composition des dites équipes. Le temps était à l'orage et pas seulement sur un plan relationnel. Le ciel disparaissait sous des nuages bas et lourds qui emprisonnaient la lumière alors même que l'on se trouvait en pleine après-midi d'été. Un temps assez commun à Waterin qui n'effrayait pas plus que ça les enfants qui s'étaient réunis dans le parc avec la ferme intention d'y faire une partie de balle au prisonnier.


      - Par Uen, ce n'est pas juste ! Si vous prenez Hayden, un membre de votre équipe doit venir dans la notre.


      - C'est hors de question : vous serez plus nombreux !


      - Ce qui nous donnera plus de chance de les toucher avec la balle. Ça ne me semble pas une mauvaise idée.


      Chacun se détourna de la dispute entre capitaines pour fixer le petit garçon de onze ans affalé sur un banc, les bras derrière la nuque qui, se sachant observé, se releva d'un mouvement vif pour passer en position assise. Le principale intéressé par cet dispute ayant tranché la question, la tension ambiante retomba significativement devant son petit sourire ironique.


      - On commence ?


      Son chef d'équipe acquiesça comme la moitié des gamins présents et prit l'organisation en main alors que la partie s'engageait avec cet enthousiasme et cette énergie propre aux enfants de cet âge. Dès les deux premières minutes de jeu, la tactique d'Hayden fut payante puisque l'équipe adversaire souffrait déjà de trois prisonniers contre un seul de la leur. Malgré tout, le petit garçon ne se faisait pas d'illusion. Il était la cible principale de leurs adversaires, l'homme à abattre pour faire reconnaître sa valeur aux autres joueurs. Souple, vif et agile, il possédait la constitution idéal pour l'esquive, pour se glisser entre les joueurs et le ballon avec aisance et facilité. A l'inverse, il était particulièrement désavantagé dès qu'il s'agissait de passer à l'attaque, manquant de force et de précision. La partie battait son plein à grand renfort de cris surexcités, lorsqu'il se mit soudainement à pleuvoir. Rapidement, le parc qui était déjà détrempé par les pluies précédentes ne fut plus qu'une immense flaque dans laquelle s'éparpillaient les enfants pour rejoindre un abri, se promettant de remettre la partie à plus tard tout en jouant avec l'eau, poussant leurs camarades dans les flaques ou les tirant des auvents. Ce fut dans cette débâcle que le corps chétif d'Hayden fut propulsé de tout son long dans une fantastique marre de boue dont il se releva avec grande difficulté, glissant dès qu'il parvenait à mettre un pied au sol. Remis sur pied avec l'aide d'une autre camarade, il imita les autres qui se séparaient et s'enfuyaient en riant pour retourner chez eux. Sophie l'accompagna pour un bout de chemin avant de se préparer à tourner pour entrer dans son propre immeuble. C'était elle qui l'avait aidé à se relever, elle aussi qui prenait toujours soin à ce qu'il ne soit pas martyrisé ou mis à l'écart, s'étant pris d'affection pour ce garçon déjà si énigmatique.


      - Ça ira avec ta mère ?


      - Bien sûr, ce n'est pas grand chose. Il suffit de nettoyer.


      - Elle est vraiment gentille, moi je vais surement me faire gronder.


      - C'est la meilleure.


      Ils se séparèrent et le garçon parcourut les derniers mètres qui le séparait de chez lui. Hayden grimpa vivement les escaliers, trempé de la tête au pied et couvert d'une boue que l'averse et sa course n'étaient pas exactement parvenues à effacer. Farfouillant dans sa poche, il en sortit sa clef et l'introduisit dans la serrure avant de pénétrer dans le petit appartement qu'il avait toujours partagé avec sa mère. Elle n'était pas là. Elle rentrerait sûrement d'ici une heure, juste avant que la nuit tombe, ou bien elle serait partie se soûler avec des amies et il devrait aller la chercher en la portant à moitié comme la dernière fois. Il fila directement dans la salle de bain où il enleva ses vêtements alourdis par l'eau et salis par la boue. Son reflet dans le miroir lui offrit une vision méconnaissable de lui même, les cheveux brunis par la boue, le visage taché de terre sur lequel l'eau tombant de ses cheveux avaient tracés des sillons similaires à des larmes, et un genoux égratigné où perlait son sang à moitié recouvert lui aussi de terre. Comme cela arrive souvent, il ne prit soudainement conscience de la douleur qu'après avoir vu qu'il s'était blessé et les larmes aux yeux, il entreprit de se débarbouiller avec soin sous l'eau chaude et presque bouillante de la douche. Enfin propre, un pansement sur sa blessure qu'il avait oublié par la même occasion, il passa des vêtements secs tout en posant les sales dans le lavabo. Il fallait qu'il lave tout ça avant qu'elle ne revienne. Il ne fallait pas qu'elle s'inquiète, qu'elle se fasse du soucis. De toute façon il allait tout nettoyer, elle n'y verrait rien.


      Dans un premier temps, il revint à l'entrée armé d'une serpillière avec laquelle il effaça ses traces de pas. Puis, la serpillère lavée à son tour, il s'attaqua à ses vêtements, laissant couler l'eau et frottant avec acharnement pour faire partir les tâches d'herbe et de terre qui y avaient élu domicile. Il s'évertua ainsi jusqu'à ce que ses mains rougies ne le fassent souffrir et qu'il s'estime plus ou moins satisfait. Son pantalon s'ornait à présent d'un trou au niveau du genoux tandis que son tee-shirt ne retrouverait sans doute jamais sa couleur crème d'origine à cause de la trace verdâtre qui parcourait tout le flanc droit. S'avouant vaincu, Hayden les porta à sécher sur le fil où l'attendait le linge propre qu'il plia précautionneusement comme il le faisait depuis tout petit. Ses vêtements n'étaient presque pas abîmés, sa mère n'y verrait rien, ou du moins pas tout de suite. Elle aurait été fâchée s'il n'avait pas arranger la situation, peut être qu'elle lui en voudra de lui avoir menti. Est-ce qu'il ne ferait pas mieux de lui en parler ? Elle le punirait sans doute et puis, elle serait triste. Il ne voulait pas qu'elle soit triste, surtout par sa faute. Mais ce n'était pas une raison suffisante. Elle lui disait toujours que s'il se comportait mal, il serait puni et voilà qu'il ne savait que dissimuler son forfait. C'était minable, ça le dégoutait. Puisqu'elle n'en saurait rien, il devait agir à sa place.


      Il passa à la cuisine, ouvrit le tiroir et y prit ce dont il avait besoin avant de filer à la salle de bain et de s'y enfermer. Ça faisait longtemps qu'il ne l'avait pas fait, il tremblait un peu. Hayden s'assit sur le rebord de la baignoire et remonta doucement l'une de ses manches. La dernière cicatrice s'était bien résorbée, on ne la voyait presque plus tandis que ses discrètes et plus anciennes consœurs n'étaient que peu visibles puisque situées dans la partie interne du bras. Il prenait garde à ce que ces blessures n'attirent pas le regard, il savait que sa mère aurait des ennuis si les autres étaient au courant. Il craignait un peu aussi qu'on lui en veuille et puis après tout, ça ne regardait que lui. Il posa son coude sur les genoux après y avoir apposé une serviette et sa main sur son épaule avec une méthode qui trahissait l'habitude de cette préparation. Lorsqu'il resserra ses doigts autour du couteau, il se sentit pris d'un irrationnelle peur panique qu'il jugula rapidement en respirant profondément. Puis, calmement, il apposa la lame sur sa peau, contact froid et agressif du métal sur sa chair. Il s'entailla consciencieusement les quelques centimètres qu'il avait choisi pour subir la punition qu'il méritait. Les enfants sages ne faisaient pas de bêtise. Ils ne salissaient pas leurs vêtements et ils ne mentaient pas à leurs parents. La douleur lui faisait monter les larmes aux yeux mais le libérait aussi progressivement de son angoisse et de sa culpabilité. Il estimait se rendre justice même si ce n'était pas agréable, c'était honnête.


      Puis il laissa tomber le couteau dans le lavabo où il rinça son bras soigneusement avant de compresser la plaie avec la serviette où figurait déjà des traces de sang. Il commençait à farfouiller dans la pharmacie avant de se souvenir qu'il avait utilisé le dernier pansement pour son genoux. Hayden rouvrit la porte de la salle de bain. S'il se souvenait bien il y en avait dans la cuisine. Il se remit à fouiller dans les placards, sa serviette sur le bras qu'il tenait levé pour couper un minimum la circulation sanguine, avant de trouver ce qu'il cherchait. Calmement, il revint vers la salle de bain quand la porte s'ouvrit sur sa mère. Dire qu'il n'avait pas refermé à clef comme d'habitude. Dire qu'il savait qu'elle allait revenir peu de temps après son propre retour. Il avait été négligeant et éminemment stupide.



      - Hayden ? Qu'est ce que tu fais ?


      - Ce n'est rien, je me suis blessé en jouant. Ne t'inquiète pas.


      Sa mère posa son sac directement dans l'entrée et s'approcha de lui, soucieuse. Terrorisé à l'idée qu'elle découvre son secret, son fils courut presque jusqu'à la salle de bain au moment où elle essayait de l'attraper, convaincue cette fois qu'il lui cachait quelque chose de grave.


      - Fais-moi voir.


      - Non, ce n'est rien ! Laisse-moi tranquille !


      La surprise la saisit soudain et elle le lâcha avant de se reprendre en main. Une seconde durant laquelle elle n'avait pas reconnu son petit garçon. Lui toujours si calme, enjoué et optimiste qui soudain venait de la repousser brutalement en lui criant dessus. Il venait d'atteindre la porte juste à côté et tentait de la refermer lorsqu'il trouva l'opposition de sa mère de l'autre côté.


      - Hayden dis-moi ce qui se passe.


      - Non !


      - Je vais entrer de toute façon, dis-moi ce qui se passe !


      - Non ! ! !


      Néanmoins, ses bras de petit garçon n'avaient pas la force de lutter contre une adulte qui s'évertuait à entrer malgré tout. Il finit par reculer alors que la porte soudainement privée de sa contrainte vint frapper le mur avec violence, sa mère se tenant dans l'encadrement. Ses yeux passèrent de son fils à son bras ensanglanté, au couteau dans le lavabo, à la serviette tachée de sang qui se trouvait à ses pieds. Il se mit à s'expliquer entre ses sanglots, tremblant de rage ou d'effroi, perdu et paniqué.


      - Pardon maman, je ne l'ai pas fait exprès !


      - ...Hayden...


      - C'est à cause de la pluie... j'ai...j'ai glissé et je me suis sali. J'ai tout lavé, ne t'inquiète pas ! J'ai tout lavé... mais... C'était ma faute tu vois. C'était ma faute alors... Ne m'en veux pas maman, pardon...


      - ...Qu'est ce que tu as fait ?


      Elle s'avança vers son fils qui eut un mouvement de recul en saisissant son bras meurtri dans sa main.


      - N'y touche pas !


      Elle s'accroupit à sa hauteur alors qu'il continuait à lui fournir des explications sans logique.


      - J'ai glissé et... et il y avait de...de la boue... J'ai fait une...une bêtise... pardon...


      Ses sanglots devenaient si violent qu'il n'était pas capable de poursuivre ses phrases d'une traite.


      - Mais... ne t'inquiète pas... c'est bon maintenant... je me suis puni...


      Horrifiée, elle vit ses doutes se confirmer. Il s'était infligé ça tout seul ? Le terrifiait-elle au point qu'il préfère se blesser plutôt que de lui avouer la vérité ? Croyait-il vraiment qu'elle allait lui réserver une punition terrible à cause de trace de boue sur des vêtements ? Elle devait admettre qu'elle avait été un peu rude ces derniers temps. Elle avait été renvoyée de son travail et avait du en cumuler deux autres pour continuer à pouvoir payer le loyer et se nourrir. Souvent fatiguée, elle n'avait pas le temps de s'occuper de lui comme elle le devrait et surtout, elle n'avait pas la patience de le faire. La semaine dernière ne s'était-elle pas emportée parce qu'il avait fait tomber la bouteille de lait ? La veille, ne l'avait-elle pas envoyé au lit en lui hurlant dessus parce qu'il avait abimer son chemisier préféré en le lavant ? Sibylle l'attira contre elle en le berçant doucement alors que la culpabilité écrasait son cœur. Elle était vraiment la pire des mères qui soit...


      - Ça va aller mon chéri. Calme toi. Je ne suis pas fâchée.


      Que devait-elle faire ? Que devait-elle dire pour gérer cette situation ? Tout en continuant à le réconforter, elle prit son bras et le nettoya avec la serviette. Il y avait d'autres cicatrices... Depuis combien de temps faisait-il cela ? Comment avait-elle pu passer à côté ? Maintenant qu'elle y repensait c'est vrai qu'elle avait remarqué telle ou telle petite blessure et n'y avait pas prêté plus d'attention. Quel enfant ne se blessait jamais ?


      - Pourquoi tu as fait ça ?


      Hayden était plus ou moins parvenu à se calmer. S'il pleurait toujours, ses sanglots s'étaient apaisés. A la question de sa mère, ils repartirent de plus belle et elle dut attendre patiemment en le câlinant tendrement pour qu'il trouve le courage de répondre à ses questions.


      - Tu avais peur que je te punisse c'est ça ?


      Il secoua vigoureusement la tête en signe de négation, plongeant sa mère dans la perplexité.


      - Non... Je... je savais que...tu serais déçue.


      Ce qu'il lui confiait était comme une claque au visage. Elle qui se félicitait constamment auprès de ses amis et de ses voisins d'avoir un fils si merveilleux. C'était un enfant adorable et serviable, mariant à un visage d'ange un sourire à croquer, qui savait déjà faire preuve d'une grande autonomie et qui ne se plaignait jamais. Même quand elle était injuste, Sybille ne l'avait jamais entendu se plaindre ni jamais vu se mettre en colère. Comment évacuait-il ses émotions s'il ne les manifestait jamais ? Cette pression qu'il s'imposait, comment la supportait-il ? Elle le força à la regarder.


      - Hayden, écoute moi bien. Jamais tu ne pourras me décevoir. Tu m'entends ? Tu es mon fils et je suis très fière de toi.


      - Mais...tu es triste quand je...fais une bêtise...


      - Tu n'as pas à t'inquiéter de ça. C'est normal pour les parents de se faire du soucis pour leur enfant.

      - ...mais...je ne veux pas être un soucis !


      Il la repoussa violemment et Sybille l'observa avec un air interloquée. Elle ne comprenait pas. D'où venait ces angoisses ? D'où venait cette détresse ?


      - Tu as déjà trop de soucis.


      Que répondre à cela ? Que dire à cet enfant qui avouait les faiblesses de sa mère en s'en faisant le reproche ?


      - Je ne veux pas que tu fasses ça. C'est dangereux et ça m'inquiète alors ne recommence plus jamais.


      - …


      - Hayden ?


      - Je te le promet.


      - Et si tu as un problème je veux que tu m'en parles à l'avenir.


      - Oui.


      - C'est bien. Viens là.


      Tandis qu'elle le serrait encore dans ses bras, Sybille jugulait la sensation désagréable qui lui étreignait le cœur. Un sentiment d'impuissance et de culpabilité mêlée qui étouffaient en elle toute l'énergie qu'elle déployait pour faire de son mieux et être une bonne mère pour lui. Un idéal qui ne sera sans doute jamais. Un idéal qu'ils savaient mensonger et pour lequel ils se bandaient les yeux tous les deux, refusant de voir la réalité qui pourtant s'imposait. La pensée qu'il venait de lui faire une promesse intenable l'effleura et une vague de désespoir la submergea. Peut être qu'au fond, cet enfant qu'elle aimait n'était qu'une illusion qu'il dressait pour lui faire plaisir, pour ne pas l'inquiéter, pour qu'elle puisse avancer. Mais ce n'était pas aux enfants de soutenir leurs parents...


Dernière édition par Hayden Cole le Mar 16 Mar - 14:05, édité 5 fois
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Hayden Cole


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MessageSujet: Re: Hayden Cole   Mar 16 Mar - 10:35

    Maison de Sophie,
    29 Avril,
    17h58



      - 3 -





      - Ça suffit maintenant...


      La voix doucereuse et posée du jeune homme s'éleva dans un soupir de lassitude. Un fin sourire et ses yeux clos conféraient à son visage une sérénité qui démentait toute irritation. Il dressait juste le constat rationnel d'un jeu auquel il était temps de mettre fin. Bien sûr, ce n'était pas comme s'il faisait preuve d'une autorité intransigeante en cet instant. Proprement avachi sur le lit comme il aimait répandre sa personne sur toute surface capable de l'accueillir dès lors que son corps n'était pas en activité, Hayden offrait l'image même de la paresse, les jambes pliées, genoux au ciel, bras négligemment posés sur la poitrine, tête pendant dans le vide tandis qu'il appuyait simplement sa nuque sur le rebord. Pas vraiment l'attitude de celui qui veut imposer son point de vu, juste celle de celui qui veut se montrer irritant, celle aussi de celui qui faisait l'objet de l'attention générale. En l'occurrence, celle-ci ne se résumait qu'à deux personnes puisque seul Derek se trouvait dans la chambre de Sophie avec eux. Depuis tout gosse ils avaient l'habitude de se retrouver chez les uns ou chez les autres en bande bien plus nombreuse, dévalisant la cuisine, défonçant les lits ou les canapés, détruisant la salle de bains devant l'acceptation résignée et fataliste mais aussi tendre et émue des parents qui voyaient s'épanouir cette bande d'adolescent feignants ou plutôt cette armada de destructeurs en puissance. Ceci dit, Hayden figurait d'être l'exception. On allait chez tout le monde, on allait jamais chez lui, sous aucun prétexte que ce soit.


      - Allez, ne te fais pas prier.


      - J'ai autre chose à faire qu'amuser la galerie.


      - Genre.


      - Juste encore un peu.


      L'adolescent soupira et rouvrit un œil qu'il posa sur Derek, un garçon qui, s'il partageait ses treize ans, en paraissait bien davantage en comparaison. Il était aussi grand et costaud que lui-même était petit et fluet. Assis en tête de lit, il appuyait son dos contre le mur tandis que Sophie assise en tailleur, s'appuyait sur ses genoux.


      - Ça marche.


      - Quel était le nom de ton premier animal de compagnie ?


      - Kastor.


      - Juste.


      - As-tu déjà volé dans le porte monnaie de tes parents ?


      - Non !


      - Mensonge.


      Sophie jeta un regard scandalisé à Derek qui s'empourpra immédiatement.


      - C'est pas infaillible ton truc, j'ai juste emprunter l'argent !


      - Je dois dire que c'est encore un mensonge ou tout le monde a compris ?

      Derek se tut, vaincu alors que Sophie priait Hayden de continuer.

      - Es-tu amoureux de Sophie ?


      - Hayden !


      - Quoi ? C'est une simple question.


      - C'est fourbe comme question !


      - Ce n'est pas moi qui ait voulu continuer le jeu. A moins que Sophie préfère que tu ne répondes pas ?


      - Ne t'amuse pas à ça avec moi.


      - Plaît-il ? Il évite la question je te ferais remarquer.


      - Non. Pas vraiment.


      - Non ou pas vraiment ? Ce n'est pas pareil.


      - Non.


      - Il dit vrai.


      - Tu es un petit crétin Hayden !


      L'intéressé se redressa soudainement, jouant des abdos et lui lança un sourire suffisant proprement insupportable.


      - Tu aurais préféré que je te mente ?


      Elle lui mit une claque mais il ne se départit pas de son sourire, ravi en son fort intérieur du petit scandale dont il était le responsable. Là le jeu commençait à devenir intéressant.


      - Ce n'est pas ça.


      Oh si c'était ça, il le savait bien.


      - A part ça Hayden, il commence à être tard.


      - Quelle heure est-il ?


      - 18h.


      - En effet, je ferais mieux de rentrer. Je vous laisse donc en amoureux.


      Sophie lui balança un oreiller qui rencontra la porte à défaut de son crâne lorsqu'il quitta la chambre. Cela aurait pu être une journée totalement banale. Une journée qu'il aurait commencé à son réveil, seul. Une journée où il se serait occupé de la maison, seul. Une journée qu'il aurait passé désœuvré avec ceux qui l'appelaient « ami » et que lui appelait « divertissement ». Une journée où il se serait peut être amusé une fois de plus dans le terrain vague, à l'abri des regards, à jouer avec son canifs et ses veines, histoire de comprendre comment les gouttes de sang devenaient parfois explosives. Une journée enfin, où il serait revenu tranquillement chez lui comme à présent, toujours éternellement heureux et inquiet à l'idée de retrouver sa mère, comme si cette contradiction était la base même de son existence. Non. C'était réellement la base même de son existence. Pas étonnant qu'il se sente parfaitement perdu après ce qui arriva. Il ne se rendit compte que quelque chose d'inhabituelle avait lieu que rendu au milieu de l'escalier, lorsque les éclats de voix lui parvinrent. Une agitation qui réveilla immédiatement son intérêt et le convainquit d'accélérer son pas flegmatique.


      - Inutile de protester madame, c'est là un arrêter du juge. Si vous faîtes obstruction je devrais vous passer les menottes.


      - Je vous interdit de me menacer ! Il est hors de question que je vous laisse entrer dans cette maison !


      - Sybille je t'en prie, c'est pour son bien ! Toi même tu le sais !


      - La ferme sale petite fouine, je suis sa mère. Je me suis toujours occupée de lui et ça sera toujours comme ça.


      - Laissez nous voir l'enfant madame.


      - Vous n'entrerez pas je vous dit.


      - Hayden !


      Le jeune garçon observait la scène avec une évidente pointe d'incrédulité et de cynisme dans le regard. Parvenu au sommet des escaliers, il s'appuyait nonchalamment contre la rambarde, les mains dans les poches de son jean défoncé sur lequel retombait une chemise à manches longues à l'aspect tout aussi grunge. Devant lui, sa mère se tenait dans l'encadrement de leur porte et empêchait visiblement à quiconque l'accès à sa demeure en faisant barrière de son corps. S'il s'agissait d'une femme chétive, elle semblait mettre toute son énergie dans cette tâche et aucun des deux hommes qui lui faisait face ne semblait enclins à user de la force pour l'en déloger. A côtés des deux inconnus, Mathilda dite la matrone, la propriétaire des lieux, celle qui s'était rendu compte la première de l'arrivée d'Hayden.


      - COURS !


      Y a-t-il plus impératif qu'un ordre hurlé par la personne qui vous a mis au monde ? Y a-t-il la moindre hésitation à avoir quand vous avez la plus absolue confiance en elle ? Il n'avait pas encore réagit qu'un des deux types venait de lui saisir l'épaule dans une formidable détente. Il n'y avait pas besoin de tergiverser, de toute évidence, il était en danger. Hayden se tortilla dans la seconde, jouant de son corps fin et monstrueusement agile pour se dégager au péril de sa manche qui se déchira sous l'emprise de la contrainte qu'elle subissait. Certes, il faut avouer qu'il ne lui fallait plus grand chose pour qu'elle se découvrît des velléités d'indépendance. Son agresseur, car oui, quiconque essayant de l'immobiliser par la force pouvait naturellement être considéré comme un agresseur, tenta de refermer les bras sur son petit corps mais déjà le gamin coulait contre son torse, tournoyait sur son flanc, se pliait pour éviter son coude, s'élança dans les escaliers. Il lui avait filer entre les doigts et jamais métaphore n'avait été plus juste.


      - Rattrape-le !


      Comme s'il allait les laisser faire... Savait-il qu'il s'attaquait à la seule personne qui tenait en défaut tous les autres gamins du quartier dès qu'il s'agissait de l'attraper ? Savait-il à quel point il était un monstre de rapidité et comme il savait éviter de justesse les doigts tendus dans sa direction ? Non. Mais il l'apprit très vite. Y a-t-il plus horripilant que quelque chose que vous vous apprêtez à saisir et qui se dérobe juste sous vos doigts ? Malheureusement pour lui, si Hayden était un sprinter et un feinteur hors normes, il n'avait pas l'endurance nécessaire pour rester performant lors d'un longue course. Il n'avait pas le choix, et tant pis si ça ne marchait pas. Acculé dans un cul de sac, il tournoya encore sur lui même au moment où son agresseur se jetait sur lui, l'évitant de justesse, et dans le même mouvement, sortit son canif avant de s'entailler superficiellement l'avant bras. Parfait, juste quelques gouttes qu'il laisserait tomber sur le sol, ça devrait pouvoir le ralentir. Il fonça à toute allure en direction inverse, hors du cul de sac, mettant le plus de distance possible entre eux deux, puis parvenu au bout, il se retourna, jugeant de la quinzaine de mètres qui les séparaient. Un sourire narquois prit place sur ses lèvres, il lui fit au revoir de la main...


      - Bye bye.


      ...et claqua des doigts. Immédiatement, les pavés au sol implosèrent littéralement dans une déflagration aussi soudaine que violente. Tout ne fut plus que poussière et gravât qui retombaient en une pluie presque discontinue. Néanmoins, la diversion ne suffirait pas, tout juste lui offrait-elle un répit dont il espérait bien profiter. Hayden détala aussi vite qu'il put, sans s'inquiéter : l'explosion était plus impressionnante qu'elle était dangereuse.


      - Pas si vite.


      Hayden fut brutalement stoppé dans son élan. Ses jambes dans une gaine de glace, il était incapable du moindre mouvement. A peine pouvait-il jeter un œil derrière son épaule et voir le complice de l'autre type se redresser lentement et s'avancer dans sa direction, une ligne étincelante et bleutée de glace comblant la distance qui les séparait et emprisonnant Hayden dans son étau. Trouver une solution. Vite. Il appuya sa blessure sanguinolente à la base de la glace. Non. Agir comme cela le blesserait surement.


      - On ne te veut pas de mal.


      Hayden se figea, infiniment méfiant, immensément inquiet. Qu'est ce que cela voulait dire ? Pas de mensonge dans cette déclaration ? Pourquoi sa mère lui avait-elle dit de fuir ?


      - Nous avons été averti que tu subissais de mauvais traitements. Tu vas être placé à l'orphelinat en attendant que l'on trouve le reste de ta famille. Tu n'as pas besoin de s'inquiéter.


      Petite mort intérieure, moment de panique intime. Ne rien laisser paraître. Hayden se détendit perceptiblement, poussant un soupir d'aise comme si ce qu'on lui disait là expliquait toute la situation et qu'il ne trouvait rien de plus affligeant. Il tourna vers son interlocuteur qui l'avait maintenant rejoins un sourire hautain pour crédibiliser ses dires.


      - Il faut croire que l'on vous a mal renseigné.


      - Je ne pense pas non.


      La glace se brisa d'elle même, surprenant Hayden qui n'eut pas le temps de réagir avant qu'on ne lui saisisse le poignet.


      - Ce n'est qu'un conseil mais vous feriez mieux de me lâcher.


      - Ce n'est qu'un conseil mais tu ferais mieux de ne pas me menacer.


      - Lâchez moi.


      - Il faut que je vérifie quelque chose avant.


      Il saisit le bas de sa chemise. Hayden se débattit avec violence, profitant de ce que son poignet ensanglanté rendent les doigts de son agresseur glissants, mais que peut faire un gamin de treize ans face à la poigne d'un adulte ? Il la remonta comme il put, laissant apparaître les meurtrissures de sa peau opaline.


      - Arrête de gigoter.


      Hayden arrêta. C'était trop tard de toute façon. Un instant de silence saisit les deux hommes qui venaient de tout jeter aux orties, de tout détruire. Réalisant enfin que ce voyeurisme dépassait les bornes, ils le lâchèrent, interdits, graves, bouleversés peut être par la vision de ce petit garçon qui faisait tout pour protéger sa mère. Hayden recula un peu, honteux, rageur, les bras resserrés sur son corps comme s'ils leur défendaient d'oser sans approcher. Personne n'avait le droit de savoir. Ni les coups, ni les marques, ni la douleur... Aucune des équimoses, aucun des hématomes. De toute façon, il avait l'habitude, ça ne faisait mal que sur le coup ou plutôt sous le coup mais après tout allait bien et elle lui faisait des crêpes pour se faire pardonner. Ils allaient ensemble sur la grève se balader et elle riait quand il lui racontait ses journées. Ce n'était pas grave. Ce n'était pas si grave. Pourquoi n'avaient-ils pas l'air de comprendre ?


      - Va arrêter la mère si elle ne s'est pas déjà enfuie, je vais m'occuper de lui.


      - Vous n'avez pas le droit !


      - Écoute mon garçon, il faut qu'on te mette à l'abri.


      - Je n'en ai pas besoin !


      - Tu dois comprendre que tu ne peux pas continuer à vivre avec elle.


      - C'est vous qui ne comprenez rien. Je ne peux pas continuer à vivre sans elle.


      Hayden fut emmené sans qu'on ne prenne garde à ses protestations, ses vociférations, ses coups qu'il distribuait abondamment à quiconque l'approchait de trop près. Ceci jusqu'à ce qu'il comprenne que ça ne changerait rien, qu'il s'évertuait en pur perte à leur faire comprendre que cette histoire ne les regardaient pas. On l'arrachait à sa mère, à ses repères, à sa vie sans aucune considération pour ce qu'il pensait de la question, lui répétant qu'il la reverrait bientôt, mensonge, qu'il serait heureux ici, mensonge, qu'il devait être courageux pour qu'elle soit fière de lui, mensonge. Ici, c'était un bâtiment peu accueillant assez vieux et froid que Hayden prit immédiatement en aversion, ne serait-ce que par principe. On lui donna des affaires propres, le soigna, lui demanda de se laver, le conduisit dans un dédale de couloir et de porte qui lui faisait penser à une prison. Puis on lui présenta les autres. Ceux dont on disait qu'ils deviendraient ses amis, qu'ils avaient vécu des choses similaires ou n'avaient tout simplement pas eu de parents, qu'ils l'accueilleraient bien parmi eux, avant de le laisser enfin. Hayden considéra un instant le dortoir, ces visages nouveaux et curieux, ce qu'on lui avait désigné comme son lit. Il y posa ses affaires en silence. Que devait-il faire ? Quelle attitude adoptée ? Comment sa mère s'en sortait-elle sans lui ? Elle n'avait jamais été douée pour mentir à l'inverse de lui.


      - Salut ! Moi c'est Jonas et toi ?


      Hayden releva la tête vers le garçon qui venait de l'aborder. Le visage rond et malicieux, le sourire avenant et stupide, le regard niais et franc. Typiquement le genre de personne qu'il ne supportait pas, qu'il aimait blesser s'il le pouvait, qu'il se ferait une joie de tyranniser pour évacuer sa colère. Détaché, Hayden lui offrit un sourire engageant tout en paraissant parfaitement à l'aise malgré la situation, comme s'il n'y là rien de plus normal, comme s'il prenait les choses en s'en amusant. D'ailleurs, ne s'amusait-il pas en ce moment ?


      - Hayden, ravi de te rencontrer.


      Il lui serra la main qu'il lui tendait, flegmatique, sympathique, amicale.


      - Je suis sûr que nous serons de très bons amis.

      Jonas s'étonna puis lui rendit un sourire plus niais que le précédent pour toute réponse. Déjà autour d'eux, on affluait pour découvrir le nouveau venu. Oui, il jouerait ce rôle là, il ferait le petit garçon sage en attendant de pouvoir retourner chez lui, de retrouver sa mère. Car il allait la retrouver n'est ce pas ? Certainement. Il s'avachit sur son lit comme il en avait l'habitude, répondant aux questions avec toute l'humilité, la réserve et la patience requise. A la fois intriguant et fondamentalement banal, déjà certain de manipuler tout son auditoire, s'amusant d'ores et déjà de leur crédulité. Il n'aurait qu'à faire pareil avec les adultes. Ce serait le meilleur moyen, il justifierait tout, sa mère pouvait compter sur lui, il arrangerait tout.


Dernière édition par Hayden Cole le Mar 16 Mar - 14:00, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Hayden Cole   Mar 16 Mar - 10:37

    Bureau de l'avocat,
    02 Mai,
    19h26



      - 4 -






      - Arrête de jouer les imbéciles !


      Hayden se contenta de regarder stupidement et en toute innocence l'adulte qui lui faisait face. La soixantaine grisonnante, le regard perçant et intimidant, son avocat était un homme d'une certaine prestance qui n'en était pas à sa première affaire et encore moins à son premier gamin récalcitrant assigné comme client. Pourtant, cela faisait deux heures qu'il essayait de recueillir son témoignage, assisté par des experts en psychologie infantile et ce gosse allait les rendre fous. Il échangea un regard décontenancé à la femme de l'orphelinat chargée du dossier Hayden Cole. Un dossier d'une effroyable complexité juridique : comment défendre quelqu'un qui ne veut pas être défendu ?


      - Je ne joue pas, monsieur.


      Le sexagénaire revint prendre place derrière son bureau, observant ce jeune adolescent qui semblait se trouver parfaitement à son aise en plus de les faire tourner en rond depuis deux bonnes heures.


      - Les hommes qui sont venus arrêter ta mère, tu t'en souviens Hayden ?


      - Oui, monsieur.


      - J'ai ici leur rapport où il est fait mention de traces de violentes physiques présentes sur ton corps et qui sont confirmées par l'orphelinat qui t'a accueillit quelques heures plus tard.


      - C'est possible monsieur.


      - J'ai aussi la déposition de ta mère qui avoue t'avoir frappé récemment mais que c'était la première fois.


      - Je ne le nie pas, monsieur.


      - Dis-moi la vérité Hayden. Tes voisins se succèdent dans mon bureau depuis ce matin. Tous me disent qu'ils ont l'habitude de te voir avec des hématomes de temps en temps.


      - Je suis plutôt chahuteur. Avec les copains, on essaye toujours de savoir qui est le plus fort.


      - Depuis combien de temps te bat-elle ?


      - Je vais pouvoir revoir ma mère bientôt ? Je veux rentrer chez moi.


      - Est-ce qu'elle s'occupe bien de toi ?


      - Elle me manque. Je veux la voir.


      - Est-ce qu'elle boit beaucoup ?


      - Je l'aime.


      - Est-ce que tu as peur d'elle ?


      - Je veux rentrer chez moi.


      - Est ce que tu cherches à la protéger ?


      - Je veux rentrer chez moi.


      L'avocat s'adossa au dossier de son fauteuil, agacé. Il jeta un regard à la femme de l'orphelinat assise tout près du garçon dans un attitude protectrice.


      - Tu peux tout nous dire Hayden. Nous sommes là pour t'aider. Ici elle ne peut plus te faire du mal.


      - Qui a dit qu'elle me faisait du mal ? Je vais très bien et je veux retourner chez moi.


      - On n'arrivera à rien. Si je le fais témoigner et qu'il nous sort ça le juge refusera de les séparer et tout ce qu'il a déjà vécu recommencera.


      - On ne peut pas le laisser retourner avec cette femme ! Elle est dangereuse, elle n'est pas capable de s'occuper de lui !


      - Essayez de le lui faire comprendre.


      - Il n'y a rien à comprendre, c'est vous qui compliquer les choses.


      Hayden les regarda avec un ennui profond. Il ne voyait pas où ils voulaient en venir. N'était-ce pas évident qu'il n'allait pas les aider d'une once ?


      - Hayden, si tu coopères, je te promets que je ferais tout pour que tu retournes chez toi.


      - Menteuse.


      - Je ne te mens pas.


      Menteuse et idiote en plus... Hayden la jaugea du regard sans même lui répondre, se tassant davantage dans son siège.


      - Hayden ?


      - ...


      - Ca suffit... L'audience est prévu demain, on se passera de son témoignage. J'ai suffisamment d'éléments dans le dossier pour plaider contre la mère.


      - Vous êtes sûr que ça ira ?


      - De toute évidence il ne fait pas la différence entre l'amour que sa mère lui porte et les violences qu'elle lui fait subir. Ce serait une perte de temps.


      - Je vous remercie beaucoup.


      Les deux adultes se levèrent et se serrèrent la main comme s'ils venaient fièrement de conclure un pacte diabolique visant à le rendre malheureux. Estimaient-ils avoir fait leur travail ? Pathétique. De retour à l'orphelinat, Hayden fila directement sur le balcon du dortoir avant d'escalader un la gouttière pour atteindre le toit comme il en avait rapidement pris l'habitude en à peine quelques jours passés dans cet endroit.


      - Alors comment ça c'est passé ?


      - Une merveille, ils ne veulent rien entendre.


      - Ils sont stupides, c'est pas leur faute... quoique...


      - T'en veux une ?


      Hayden s'assit précautionneusement sur les tuiles parmi les trois autres gamins que constituait leur petite bande. Jonas était le plus jeune avec ses douze ans tandis que Loki et Train en avaient respectivement quinze et dix-sept. Inutile de préciser que le plus âgé était tacitement le chef et que c'était ce dernier qui venait de proposer une cigarette au nouveau. Hayden l'accepta plus pour se trouver une occupation que par réelle envie et suivit d'une oreille distraite la conversation qu'il avait interrompu par son arrivée et qui reprenait de plus belle.


      - Quoiqu'il en soit Jonas à ta place je ne me ferais pas tout un film.


      - Je ne me fais pas tout un film, je vous raconte ce qu'il s'est passé !


      - Qu'est ce qui s'est passé ?


      - Il y a un couple de la haute qui est passé ce matin et le petit Jonny leur a fait son grand numéro de charme.



      - Comme s'il allait être adopté à douze ans.


      - Jeanne avait douze ans l'an dernier quant elle est partie !



      - C'est une fille.


      - Où est le rapport ?


      - Elle était plus mignonne que toi.


      Jonas s'occupa de mettre une tape derrière la tête des deux ainés qui riaient de concert devant leur plaisanterie. Hayden pour sa part était assez indifférent, en retrait de la conversation aussi bien que de l'agitation.


      - Je suis sûr que cette fois, ce sera la bonne.



      - Tu disais ça aussi il y a deux ans.


      - Sauf que ce coup-ci j'ai fait très fort.


      - Au fait qu'est-il arrivé à Ethan ?


      - Je me suis débrouillé pour éliminer la concurrence.


      Hayden tiqua imperceptiblement, laissant la cigarette se consumer dans le vide avant que Loki de la lui demande.


      - Qu'est ce que tu veux dire ?


      Mais ce fut à Train d'expliquer, en expert de la situation apparemment.


      - Le principe est simple. Un couple se pointe. Ils présentent leur dossier, précise le sexe qu'ils recherchent, l'âge et on leur présentent des gamins susceptibles d'être adoptés.



      - Considère qu'à partir de dix ans c'est mort mais bon, il y en a qui ont toujours de l'espoir.


      Jonas se contenta d'un regard assassin envers Loki qui refilait sa cigarette à Hayden.


      - Bref, sur ce coup Jonny entrait dans les choix proposés et Ethan était ton meilleur concurrent.



      - Gueule d'ange contre gueule d'ange, je te laisse imaginer.


      - Du coup je l'ai poussé dans l'escalier.


      - Pardon ?


      - T'inquiète il a trois fois rien, juste un poignet foulé.


      - Mais le pauvre chéri en a perdu tous ses moyens et il a insulté Jonny de tous les noms, on entendait ça d'ici. Je te raconte pas le raffut.


      - C'est triste tout de même, si prêt du but.


      - Toujours est-il que j'ai pu faire comme d'habitude. Je leur ai sorti le grand jeu. J'ai raconté mon histoire, j'ai même tiré une larme à la femme et je leur ai fait mes yeux de chien battu.



      - Il a de très beaux yeux de chien battu.


      Jonas se retourna vers Loki pour lui en mettre une autre mais Train les calma tout de suite.


      - Ça va tout les deux, commencez pas à me soûler.


      Hayden tira une autre bouffée sur la cigarette avant d'écraser le mégot sur les tuiles.


      - En gros tu leur a complètement menti quoi.


      - C'est pas un mensonge.


      - Tient ?


      - C'est de la survie.



      - Toi tu viens d'arriver, tu sais pas encore ce que c'est que vivre ici. C'est pas franchement désagréable en fait mais ça devient grave au bout d'un moment.


      - Ça fait douze ans que je vis ici. Loki cinq et Jonas six. On a tous connu une vie normale auparavant. Je veux dire, avec une famille. C'est le genre de souvenir qui te tue à petit feu. C'est comme les champignons. Plus on te met à l'ombre plus ça t'envahit et ça mec, c'est insupportable. Moi j'ai plus que deux ans à tirer et je me casse, je vais vivre ma vie. Mais franchement je peux pas en vouloir à Jonny d'essayer de s'en sortir.


      - Je vois.


      Ils entreprirent de redescendre, l'heure du dîner n'allait plus tarder et ils auraient eu des problèmes si on les avait trouvé là-haut.


      - Je suppose que tu vas encore rien manger ?


      - Fais gaffe, s'ils te trouvent trop bizarre, ils vont t'envoyer des batteries de psy.


      - Non ça va, j'ai faim là donc je prendrais ce qu'il y a.



      - Tu ne manges que quand tu as faim ?


      - C'est un principe.


      - C'est comme lorsqu'il tient la porte ouverte aux filles.


      Les trois garçons éclatèrent de rire.



      - Sérieux ? Tu fais ça ? Tu veux te faire bien voir où il y en a juste une qui te plait ?


      - Non, j'ai juste été bien élevé.


      Loki stoppa net alors que Train le poussa d'un simple pression du bras contre le mur bien qu'il n'en fallut pas plus à Hayden pour s'y écraser. Non seulement leur chef était infiniment plus grand et plus fort mais en plus il les avait provoquer volontairement.


      - Tu devrais faire gaffe à ce que tu racontes.


      - C'est bon, il l'a pas fait exprès. Il a pas encore compris qu'on était tous dans le même bateau.


      Train ne lâcha pas Hayden pour autant, le flinguant du regard et mourant d'envie de lui faire ravaler son air étonné et son sourire ingénu.


      - Bientôt, tu ne diras plus ce genre de chose avec suffisance, Cole. Tu t'étoufferas avec comme tout le monde. Tu en chialeras la nuit et tu arrêteras de faire chier avec tes « principes » de fils à maman. Il ne me semble pas pourtant qu'elle mérite cette considération ta chienne de mère, si ?


      Hayden ricana comme si le plus âgé des garçons venaient de faire une bonne blague, concédant de bonne grâce visiblement une réponse prononcée avec son indifférence habituelle.


      - Pas vraiment non.


      - On est d'accord.


      Il finit par le lâcher et Hayden se massa l'arrière du crâne en s'exprimant avec la même légèreté détachée qu'à l'accoutumée. Il ne prenait décidément rien au sérieux.


      - Putain Train ça fait mal...


      - On s'en fout.


      Loki en rajouta une couche en lui balançant un coup de pied pour le faire avancer plus vite et se fut dans une joyeuse bousculade qu'ils descendirent les escaliers, entrainant Jonas dans leurs chamailleries de gosse.



      - Attend, attend ! Faudrait pas qu'il tombe dans les escaliers surtout.


      Les deux gosses éclatèrent de rire tandis que Jonas leur envoyait taloches sur taloches. Joie et bonne humeur. Feintes étudiées d'un parfait manipulateur... Parvenus en bas, ils étaient plus ou moins calmés et Loki rejoignit Train parti devant.


      - Hey, Jonny !


      - Ouais ?


      - Qu'est ce qui va se passer si tu es adopté ?


      - Je vais vivre comme un prince, mec. Vêtements de luxe, remarques attentionnées, éducation privée...


      - Et avec tes futurs parents ?


      - Comment ça ?


      - Tu vas leur mentir tout le temps ?


      Puis il rajouta pour mieux dissimuler son jeu...


      - Je veux dire que moi je ne serais pas capable de jouer au petit gamin sage 24h/24.


      - Honnêtement je m'en fous. Une fois les papiers signés, je ferais ce qu'il me plaît et tant pis si ça ne leur convient pas. L'avantage tu vois c'est que la maison ne reprend pas les articles défectueux. Et puis honnêtement, si je peux leur faire cracher un peu de fric en les faisant culpabiliser je vais pas me gêner.


      - Je vois.


      - Qu'est ce qu'il y a ?


      - Rien, je me disais que c'était égoïste et sournois à souhait. Peut être même un poil injuste et particulièrement lâche.


      - Bienvenue dans le vrai monde Hayden. Ici on se cache plus dans les jupes de nos mères.


      Hayden ne put résister à l'envie de sourire, remerciant la fortune que Jonas se soit précipité devant lui dans la file d'attente pour le réfectoire. Pour quelle raison cette joie cachée ? Parce que comme il s'en était douté, Jonas était une ordure. Désormais il n'aurait aucun scrupule à faire de sa vie un enfer personnel. Son sourire s'élargit en imaginant le plaisir qu'il en tirerait. Sadique le petit chou ? Juste à peine... Le lendemain, on le fit pénétrer dans la salle d'audience fringué comme un as de pique. Plusieurs affaires étaient instruites les unes après les autres et Hayden du patienter aux côtés de son avocat avant de pouvoir passé devant le juge. S'en approchant une fois leur tour venu, il remarqua sa mère, défendue par un petit vieux affairé mais surtout distrait qui semblait vouloir en finir aussi vite que possible.


      - Affaire Cole, dossier numéro 175D439. Que les deux parties s'approchent.


      Ils succédèrent aux plaignants précédents et Hayden voulut tout naturellement rejoindre sa mère qui lui jetait de petits regards effrayés et implorants mais son avocat le tenait fermement par le bras et l'empêchait de se défiler.


      - Mademoiselle Sybille Tania Cole, vous êtes accusée de maltraitance sur la personne de votre fils, reconnaissez-vous les faits ?


      - Non monsieur le juge. J'aime mon garçon et je veux simplement le voir revenir à la maison, jamais je ne lui ferais du mal.


      - J'ai pourtant ici les éléments du dossier dont des témoignages qui affirment le contraire.


      - Monsieur le juge, il est évident que cet enfant à subit des violences sans doute durant toute son enfance et l'enquête menée auprès du voisinage corrobore cette version des faits. La prévenue refuse d'admettre sa culpabilité car elle sait qu'elle risque de perdre la garde de son fils mais en pareilles circonstances, vous et moi savons qu'il s'agit avant tout de protéger l'enfant et non de satisfaire les exigences d'une femme violente, incapable de s'occuper de lui.


      - Je prends note maître, la défense tient-elle à fournir d'autres éléments avant que je ne rende ma décision ?


      - Oui monsieur le juge. Vous noterez qu'un élément important manque à ce dossier : le témoignage de la soit-disant victime. Ma cliente souffre d'une grande impopularité auprès de son voisinage. C'est une femme dure à la tâche qui malgré tous ses efforts ne parvient pas toujours à régler les factures à temps ou à rendre les services qui lui ont été donné. Ce motif ne saurait la condamner à une décision injuste.


      - Laissez moi juger des décisions injustes ou non je vous prie.


      - Oui. Ma cliente reconnaît avoir frappé son fils la veille de l'intervention des hommes de la protection des droits de l'enfance qui je le souligne, a eut lieu sur dénonciation de sa propriétaire avec laquelle elle se trouve en froid. Néanmoins, un écart de conduite d'une femme à bout de nerf et de fatigue qui a toujours fait de son mieux pour subvenir seule aux besoins de son fils ne saurait être pris pour une maltraitance régulière et avérée.


      - Vos arguments sont recevables, je propose d'écouter le garçon afin de trancher la question.


      - Monsieur le juge, je ne pense pas que l'idée soit judicieuse. Le fils de la prévenue connaît cette situation de constante menace et d'agressions depuis son plus jeune âge, il ne fait pas la distinction entre les corrections normales qu'un parent peut parfois donnés à son enfant et des actes de maltraitance.


      - Nie-t-il les faits comme la mère ?


      - Oui, monsieur le juge.


      Le juge revint un instant aux différents éléments du dossier.


      - Si je puis me permettre monsieur le juge, cet enfant à treize ans, il est parfaitement capable de donner son avis sur la question, d'autant plus que sa mère ne craint pas son témoignage. Ce fait seul prouve que les allégations du voisinage de ma cliente sont infondées.


      Hayden sentit son avocat se tendre et il devait lui même faire un effort violent pour contenir les vindictes qu'il retenait derrière ses lèvres. Finalement, le juge porta son regard sur lui avec insistance.


      - Es-tu battu par ta mère ?


      - Non.


      - Je sais que tu dois être assez effrayé par toute cette affaire mais tu es dans une coure de justice ici, le mensonge est un délit grave. J'ai besoin que tu me dises la plus stricte vérité pour ton bien.


      - Je veux simplement rentrer chez moi et retourner avec ma mère. Je l'aime et je ne veux pas être séparé d'elle. Je ne comprends pas ce que je fais ici, personne ne devrait avoir le droit de nous séparer.


      Sybille laissa échapper un sanglot qu'elle retint fermement en l'étouffant d'une main plaquée sur sa bouche. Son fils... Jusqu'au bout il l'aura protéger, il aura prit soin d'elle, il l'aura soutenue... Tant de choses qu'elle n'avait jamais su lui retourner. Son avocat tenta de la calmer et le juge ce joint à la partie.


      - Mademoiselle Cole, je vous en prie. Je conçois que ce soit difficile mais je me contente d'examiner impartialement les faits.


      Hayden lança à sa mère un regard inquiet. Elle avait toujours été moins forte que lui, c'est pour ça qu'il la protéger mais elle devait tenir bon, juste encore un peu... Leur vie pourrait reprendre comme avant et il se fichait bien de ce que dirait Train, jamais rien ni personne ne lui enlèverait sa mère, d'ailleurs les choses étaient plutôt bien engagées. Son avocat reprenait la parole mais le juge le regardait d'un air sceptique. Hayden avait réussi à le convaincre. Tout allait bien se passer. Il avait envie de le crier dans les bras de sa mère pour qu'elle arrête de pleurer. Tout allait bien se passer. C'est ce qu'elle murmura en le regardant passionnément entre ses larmes. C'est ce qu'elle murmura suivit d'un « je t'aime ». Juste avant qu'Hayden ne se fige d'horreur en comprenant trop tard ce qui allait se passer.


      - C'est moi, c'est ma faute.


      - Je vous demande pardon mademoiselle ?


      - C'est moi, je...je l'ai battu. Ça dure depuis des années.


      Son avocat accourut lui intimer de se taire tandis que son fils en oubliait de respirer, sidéré, la regardant avec un désespoir qui ne cessait de croitre. Que faisait-elle ?! Pourquoi le leur dire ? Personne n'avait besoin de savoir. Il ne s'était jamais plaint non ? Seule l'incompréhension la plus totale marquait ses traits. Elle n'avait pas le droit de le trahir, pas maintenant !


      - Laissez moi !


      Elle ne maîtrisait plus ses larmes, observant le parquet effondrée, secouée par ses sanglots.


      - C'est un gentil garçon, il ne mérite pas ça. Mais je l'aime vous savez ! Et...si vous saviez comme c'est dur. Je travaille toute la journée et parfois une partie de la nuit et quand je reviens je dois encore m'occuper de la maison. Je ne sais pas pourquoi je fais ça...


      - Mensonge ! Pourquoi tu mens maman ?!


      Trop de détresse pour être crédible, trop de déchirement pour faire illusion.


      - On...on s'occupera bien de lui, n'est ce pas ?


      Sa voix s'étrangla sous les regards de son public ébahi mais Sybille avait fait ce qu'il fallait. Elle avait forcément fait ce qu'il fallait. Désormais il aurait une vie plus heureuse sans elle. Il vivrait une adolescence épanouie. Il n'aurait plus à se soucier de ses problèmes d'adulte, on s'occuperait bien de lui. Oui, on s'occuperait bien de lui. Au fond elle avait toujours attendu cette libération. Quand il était plus jeune elle avait pensé à partir en le confiant à quelqu'un mais elle n'en avait pas été capable. Égoïstement elle l'avait gardé pour elle, pour se rassurer et pour se sentir aimée. Elle avait toujours su qu'elle n'était pas la mère qu'il lui aurait fallu. Elle avait porter ce poids, ce lourd fardeau sur ses épaules depuis si longtemps. Elle avait vingt huit ans maintenant et elle n'avait plus la force de faire face. Si... si on lui prenait Hayden maintenant. Maintenant qu'il était assez grand pour comprendre, elle arriverait peut être à sortir la tête hors de l'eau. C'était horrible... Elle était horrible. C'était peut être l'occasion pour elle de repartir à zéro. Elle aimait son fils plus que tout autre chose mais elle n'en pouvait plus. Elle craquait, elle avait besoin d'aide. On s'occuperait bien de lui...à sa place.


      - Mademoiselle Cole, vous comprenez que ce que vous venez de dire sont des aveux ?


      - ...Oui.


      - Vous reconnaissez donc être responsable de maltraitances sur votre fils ?


      - ...Oui.


      Le juge marqua un temps d'arrêt dans un élan de compassion et d'humanisme.


      - Je rends donc le jugement suivant : Hayden Cole sera placé à l'orphelinat de Waterin. Vous aurez droit à des heures de visites encadrées qui seront à négocier avec la direction de l'établissement. Affaire suivante.


      Hayden se débattit comme un beau diable mais la surveillance de son avocat s'étant relâché, il n'eut aucun mal à s'en amender pour filer directement dans les bras de sa mère.


      - Pourquoi tu as fait ça ?!


      - ...pardon, pardon.


      - Pourquoi ?!


      - Pardonne-moi. Tu comprendras plus tard, je t'aime tellement.


      On vint les séparer et Hayden ne se priva pas de filer de généreux coups de pied à quiconque passait à porter.


      - Tu n'as pas le droit ! Tu n'as pas le droit de m'abandonner !


      - ...Hayden...


      - JE TE DETESTE !


      Finalement, on vint à bout de la crevette qu'il était et il n'eut bientôt pas d'autre choix que de se calmer, du moins en apparence. On tenta de le consoler, on lui expliqua que c'était pour son bien, qu'il la reverrait bientôt. Foutaises ! Tout ce qu'il voulait se résumait à une seule chose, être avec elle, ce n'était pas fichtrement compliqué ! Il fut ramené à l'orphelinat mais il n'adressa la parole à personne et la bande à laquelle il s'était rallier eut le bon goût de le laisser tranquille. Il avait besoin de temps. Pour comprendre, pour se calmer, pour se faire à l'idée et pour ne surtout pas craquer. Il y avait une solution. Il y avait forcément une solution. Au moment du dîner, il choisit de ne pas descendre avec les autres. Au risque de surprendre, il n'avait pas d'appétit. Trop de rage, trop de frustration, trop d'émotions contraires. Une femme entra. C'était celle qui s'occupait de lui en liaison avec son avocat, elle avait un être soucieux et timide qu'il ne lui connaissait pas mais pour l'heure, même si elle se dirigeait vers son lit, il s'en fichait royalement, tout à sa douleur.


      - Hayden ?


      Elle s'assit sur son lit et il s'en leva immédiatement. Pour qui se prenait-elle à vouloir le materner ? Oui, il en voulait à la terre entière, il aurait fait exploser tout le dortoir si cela lui avait permis de se calmer un peu.


      - Hayden s'il te plait, j'ai quelque chose à te dire.


      Il tourna vers elle un visage d'une insolence rare.


      - Ah ouais ? Quel dommage je n'en ai rien à faire.


      - Hayden, c'est à propos de ta mère.


      Il se tourna vers elle, agressif, se contentant de frapper le mur de son poing pour évacuer sa colère comme tout gosse en pareil situation l'aurait fait. Jamais encore il n'avait été hors de lui. Lui qui avait toujours su se maîtriser, lui qui savait parfaitement faire abstraction de ses rares, trop rares, sentiments. La femme sursauta devant sa violence et attendit qu'il tourne sur lui même en se calmant un peu avant de poursuivre.


      - Assied-toi s'il te plait.


      - Je suis très bien debout.


      - Cet après-midi, ta mère est retournée chez elle...


      - Chez nous.


      - ...et elle a prit des médicaments qu'elle prenait contre le stresse.


      - Oui et ?


      Ça commençait à le gonfler cette discussion qui n'allait nulle part.


      - Elle est morte Hayden. Elle s'est suicidée.


      Il s'arrêta de marcher, la regardant avec franchise et neutralité dans les yeux. Ce n'était pas possible... Il n'avait rien senti, mais c'était forcément un mensonge. Elle n'avait pas pu... Soudain, il saisit enfin les bribes de compréhension qui lui manquait depuis les évènements du tribunal. Aveuglé par sa colère, elles lui avaient échappé mais maintenant tout était clair. Il comprenait. Il comprenait parfaitement. Brutalement, il se sentit apaisé comme si toute sa colère accumulée n'avait jamais existé, comme si cette révélation venait de lui ramener un certain équilibre.

      - Hayden ?


      Elle esquissa un geste pour le prendre dans ses bras, sans doute habituées à ce que les adolescents de l'orphelinat craquent devant elle. Et pourquoi ferait-il cela s'il vous plait ? Non. Tout allait bien maintenant.


      - Ça va aller.


      Sa voix était de nouveau parfaitement calme. Peut être était-il un peu trop statique pour qu'on constate que son attitude normale était revenue mais le moins que l'on puisse dire c'est qu'il prenait plutôt bien la nouvelle. La femme fut un peu décontenancée mais elle le laissa en lui disant qu'elle était s'il avait besoin de quoique ce soit. Il lui assura que ce ne serait pas nécessaire. Lorsque les autres enfants revinrent du réfectoire, il se dirigea le plus naturellement du monde vers la bande qu'il s'était constituée.


      - Hey, tu vas mieux ?


      - La forme.


      - Hayden, vient par là deux minutes.


      - Quoi ?


      - Fais voir tes bras.


      - Pas envie.


      Il se retourna vers Train, méprisant Jonas tandis que Loki éclatait de rire à la réaction du nouveau.


      - Qu'est ce qu'ils ont tes bras ?


      - Pas grand chose.


      - Fais pas ton modeste et surtout pas ton chieur. Fait voir je te dis.


      - Écoute, ma mère vient de se suicider et vous allez sans doute m'avoir dans les baskets pour un bout de temps, tu es sûr de ne pas vouloir attendre que je me les esquinte un peu plus ?


      Hayden lui balança un sourire amusé tout en s'étant exprimé le plus naturellement du monde.


      - Désolé.


      - Désolé de quoi ?


      Ils échangèrent un regard mal à l'aise.


      - C'était tout ce qu'elle méritait de toute façon. Une pauvre fille dans son genre ne pouvait que finir ainsi. Mais si mon corps peut te satisfaire Jonny, vas y, ne te gène pas.


      Après la mort de sa mère, plus jamais il ne devrait perdre son sang froid. Il retroussa ses manches et lui tandis son bras droit tandis que Train et Loki retenaient des exclamations surprises pour l'un et admiratives pour l'autre.


      - Je vous l'avais dit que c'était un malade ce mec.


      - Arrête les compliments, ça va me faire rougir.


      Il leur servit un de ces sourires ambigües dont il avait le secret. Désormais ils seraient tous persuadés qu'il était comme eux. Il pourrait en faire ce qu'il voudrait et avant toute chose, il se ferait un régal de martyrisé Jonas. Pas question que ce petit salopard s'en sorte avec une vie de château quand on était aussi mauvais que lui. La justice des hommes était une aberration, il venait de le comprendre. Mais lui, il saurait rendre le jugement qu'il mérite. Il serait à la hauteur de la tâche, qu'on lui fasse confiance...


Dernière édition par Hayden Cole le Mar 16 Mar - 15:59, édité 14 fois
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Hayden Cole


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MessageSujet: Re: Hayden Cole   Mar 16 Mar - 10:37

    Salle de classe B-02,
    30 Juin,
    15h52



      - 5 -







      - Sally, tu me passeras le cours d'hier ?


      - Je ne l'ai pas, quelqu'un l'a pris ?


      - Ne me regarde pas ! Si j'ai choisi la place du fond c'était par pure stratégie...


      - Ok, je vois. Jeremiah ?


      - Moi je l'ai mais franchement si vous êtes motivées pour déchiffrer mes hiéroglyphes.


      - Mais c'est pas vrai ! Vous êtes tous aussi cancres que moi ?


      Éclats de rire amusé, joyeux, réprimés dans la seconde par le regard assassin du professeur. Échange d'un regard complice, des étudiants qui se mettent à pouffer.


      - McKelen, votre punition de la dernière fois ne vous aurait-elle pas suffit où vous désirez réitérer l'expérience ?


      Emportement incontrôlable de toutes la bande d'adolescent qui entraînait à leur suite le reste de la classe.


      - Pour une fois que je n'y suis pour rien !


      Hilarité générale devant l'indignation exagérée du zouave de service.


      - On se calme, je sais que vous avez hâte de partir mais il y a encore cinq bonnes minutes à tenir alors terminez de me recopier ce qu'il y a au tableau. Cole, juste qu'à nouvel ordre ce n'est pas une façon de se tenir en cours.


      Les jambes sur son bureau, son bloc note contre ses cuisses, le dos contre le dossier et l'épaule contre le mur, Hayden se trouvait ni plus ni moins dans une position de travail parfaitement appropriée à son sens et la chose était tellement commune que même les professeurs avaient perdu l'habitude de le lui faire remarquer. Il releva la tête ce qui montrait qu'il n'avait rien entendu de la remarque du professeur, à moins qu'il ne fît semblant de ne pas avoir perçu l'injonction sous-entendue. Toujours est-il qu'une de leur camarade de classe eut la bonne idée de poser une question, le sauvant ainsi des foudres professorales. Le grand échalas se contenta donc de se ratatiner davantage dans son coin douillet. Douillet ? Pour quiconque cette position eut été une véritable torture s'il eut fallu la tenir plus d'une dizaine de minute mais avec sa souplesse et sa manie de s'étendre le plus possible à la façon d'une plante envahissante ou d'une colonie de fourmis, Hayden se trouvait parfaitement à son aise. De toute façon, nous ne sommes plus à une interrogation près à son sujet... Un grand brouhaha ne tarda pas à s'instaurer et le professeur signa sa rédition en se mettant lui-même à papoter avec le premier rang.


      - Hayden l'a sûrement.


      - De quoi ?


      - Le cours !


      Jeremiah lui tapota l'épaule et l'intéressé releva la tête en signe d'écoute mais sans prononcée une parole, c'était suffisamment explicite.


      - Tu l'a ?


      - C'est possible.


      - File-le nous.


      - Rêve.


      Et il revint le plus naturellement du monde à son bloc note sans s'être énervé pour un sous, s'exprimant toujours avec cette voix fade et sifflante qui donnait toujours l'impression d'une personnalité effacée et tout aussi insipide.


      - Je le frappe tout de suite ou j'attends un peu ?


      Kathleen se leva et vint s'agenouiller juste à côté d'Hayden.


      - Que me vaut cette charmante visite chère voisine ?


      - J'aurais comme un service à te demander.


      Leurs faux-semblants amusèrent la galerie, néanmoins habituée à pareille joute orale.


      - Tient donc et quel est-il ?


      - Je voudrais que tu me passes le cours d'hier s'il te plaît mon cœur.


      - Cela me paraît être une requête tout à fait recevable.


      Il sortit de son bloc note les trois feuilles parcourues de son écriture en patte de mouche très élégante et lisible malgré tout. Les lui remettant, il ne les laissa pas filer mais les retint alors même qu'elle s'en saisissait.


      - Hein ? Ah oui. Merci.


      Il laissa filer la feuille et Kathleen retourna vers le reste du groupe, placé plus en arrière duquel Hayden se trouvait un peu excentré. Il faut le comprendre : Jeremiah ne lui avait pas demandé poliment. Lorsque la sonnerie retentit et signala le début des vacances, les étudiants ramassèrent leurs affaires en quatrième vitesse et se ruèrent comme il se doit vers la sortie, parfaitement indiscipliné sous le regard désespéré mais bienveillant de leur professeur.


      - Hayden, attendez une minute s'il vous plaît.


      Le garçon s'arrêta en enjoignant ses camarades à s'avancer, qu'il les rejoignait tout de suite alors que le flot d'élève se tarissait et que le professeur l'invitait à s'approcher de son bureau.


      - Comment vous sentez-vous ?


      - Comme un bouton de rose sous la rosée d'un petit matin qui...


      - ...Je crois avoir compris. J'ai vu que vous aviez retiré vos pansements un peu plus tôt que prévu ?


      - La cicatrisation est pratiquement terminée.


      - Permettez ?


      Hayden lui tandis l'un de ses bras avec son indifférence flegmatique habituelle sous le regard inquiet et observateur de son professeur.


      - Oui, on voit bien la différence avec les coupures plus anciennes, c'est un grand avantage.


      Hayden se contenta de hausser les épaules, ce n'était pas comme s'il avait eu une considération esthétique en se mettant à utiliser des scalpels plutôt que son canif quand il était rentré à l'Académie de Waterin pour y développer ses talents magique il y avait deux ans de cela. A vrai dire, s'il appréciait tellement d'utiliser des scalpels c'était avant tout pour la rapidité de la cicatrisation. Les plaies propres et nettes permettaient aux chairs de se rapprocher rapidement et à accélérait la cicatrisation de presque deux à trois jours comparées à ses entailles imprécises et irrégulières du début.


      - Vous devriez ralentir le rythme, la fréquence de vos entraînements m'inquiète. Votre corps ne pourra pas supporter un manque constant en hématies et cela affaiblit vos défenses immunitaires.


      Hayden n'avait pas oublié les petits accrocs du début quand il s'évanouissait après avoir laissé durer un combat trop longtemps où lorsqu'il était tombé malade à plusieurs reprises après avoir perdu une importante quantité de sang et que sa blessure se soit infectée.


      - J'apprécie votre sollicitude mais j'ai trouvé un équilibre qui concilie à la fois la possibilité de progresser et celle de rester en vie ce qui constitue tout de même un avantage, vous en conviendrez.


      Son professeur dut résister à l'envie de l'étrangler car il se mordit la lèvre tout en posant ses mains bien à plat sur le bureau. Hayden lui envoya un sourire, satisfait de son impertinence.


      - A propos, j'ai appris ce qui c'était passé.


      - A propos du cours ? Il ne faut pas leur en vouloir, ils faisaient un pictionnary hier.


      - Pardon ?


      - Non rien.


      - A vrai dire, je voulais parler de Loki. Je sais que ça doit être difficile à supporter mais sachez que si vous avez besoin de vous adressez à un adulte, vous ne devez pas hésiter à le faire.


      Alors celle-ci c'était la meilleure ! Il ne pouvait pas laisser passer une occasion pareille. Déjà que, en veillant à ne pas être dans le trio de tête mais en le talonnant de près, il était l'un des meilleurs de la classe, s'il pouvait en plus s'attirer la compassion de son professeur... Il aurait tout loisir de l'utiliser lorsque l'occasion s'en ferait sortir, c'était le genre d'atout qu'il fallait toujours avoir en mains. Ayant étudié la situation, le jeune homme garda le silence quelques instants ce qui convainquit l'adulte qui lui faisait face qu'il était ébranlé par ce qui c'était passé. Si seulement il savait...


      - Je comprends que vous préfériez ne pas en parler.


      - ...Non, c'est que...


      Il marqua une pause, montrer de l'hésitation, rien de mieux pour paraître crédible.


      - J'ai encore du mal à réaliser. Même s'il s'est suicidé je pense encore que je vais le retrouver en retournant à l'orphelinat. C'est comme Jonas, pour lui aussi j'avais mis longtemps avant de comprendre que c'était...


      Oh oui ! Parfaite petite larme qui vint couler sur sa joue car si ses yeux demeuraient invisibles ou presque depuis la mort de sa mère, il était toujours du plus bon effet de pleurer en pareille circonstance.


      - Ne vous inquiétez pas. Profitez de ces vacances pour vous reposez.


      - Mais le travail que vous nous avez donné...


      - Prenez votre temps, il y a d'autres impératifs.


      Gagné ! Lui qui leur filait toujours des délais impossibles à tenir... Ah... C'était machiavélique et tellement beau qu'on pouvait douter que ce fusse vrai. Franchement ces deux là lui avaient été utile jusque dans leur mort, si ce n'était pas magnifique. Il inclina la tête en signe de remerciement muait comme s'il se trouvait étranglé par la reconnaissance avant de se diriger mains dans les poches vers la porte avec cette attitude nonchalante qui le caractérisait.


      - Bonnes vacances monsieur.


      - A vous aussi, Hayden.


      De retour à l'orphelinat, l'adolescent se contenta de se couler de sa manière coutumière parmi les autres pensionnaires, daignant honorer le dîner de sa présence puisque pour une fois sa faim coïncidait avec l'heure du repas. Or, c'est au sortir de celui-ci qu'en laissant traîner ses oreilles par mégarde, il perçut les petits cris surexcités de deux petites filles.


      - Tu as réussi à prendre du poulet ?


      - Oui ! On va aller lui donner tout de suite !


      - Non, attend ! Si on y va à deux...


      Il ne put entendre la suite, le niveau sonore dans le couloir étant monté d'un cran à cause de la découverte d'un crapaud dans un dortoir. Encore les jeunes qui s'amusaient à effrayer ces demoiselles. Intrigué, Hayden abandonna le groupe de son dortoir pour suivre l'une des deux gamines particulièrement excitée. Il la fila jusqu'aux étages supérieurs, prenant garde de ne pas se faire remarquer. Puis, s'aidant d'une commode particulièrement bien située qu'elle escalada, elle tira sur la trappe du plafond pour en faire descendre le petit escalier qui menait au grenier et qui était évidemment interdit aux enfants. Cachotière ? Comploteuse ? Hayden l'y suivit dans le plus parfait silence, émergent parmi les cartons poussiéreux, les tapis rongés aux mites et toutes sortes de bibelots qui s'agençaient en cet endroit de façon anarchique. La nuit n'était pas encore tombée même si cela ne saurait tarder et les fenêtre octogonales aux vitres embuées de poussière ne laissait filtrer qu'une lumière pisseuse mais qui ne manquait pas de charme à faire scintiller les grains de poussière resté statiquement dans l'air. La petite fille se pencha vers une petite boite posée à peine le sol, tout contre ce qui avait du être une bibliothèque avant de se retrouvée consciencieusement réduit en pièce par des générations de petits orphelins turbulents.


      - Il s'appelle comment ?


      La gamine sursauta si violemment qu'elle faillit se cogner la tête contre celle d'Hayden, penché au-dessus d'elle et qu'elle n'avait pas entendu venir. Terrifiée, elle se retourna vers lui mais il n'affichait qu'un sourire goguenard dévoilant, un œil rieur entre ses mèches décolorées, les mains jointes derrière le dos comme s'il n'y avait absolument rien d'étrange dans tout ceci.


      - Il est à toi ?


      - Non... enfin...


      - Tu t'en occupes c'est ça ?


      Il s'agenouilla près de la boîte pour que sa grande taille ramenée à une masse plus compacte cesse de l'effrayer.


      - ...Oui.


      Hayden tandis l'un de ses fins et longs doigts vers la petite boule de poil orange qui essayait ses petits crocs fin comme des aiguilles sur les morceaux de poulet qu'elle avait amené.


      - C'est trop gros pour un chaton.


      [color=#99CCCC]Elle s'agenouilla à son tour et entreprit de dépioter les morceaux tandis qu'Hayden prenait le chaton sur ses genoux, jouant à exercer la vivacité de ses doigts échappant aux griffes du petit animal.


      - Il s'appelle L'oiseau.


      - C'est original pour un chat.


      - C'est parce que quand on l'a trouvé il se trouvait sous le nid d'un oiseau très haut dans les branches.


      - Il a peut être essayé de voler.


      La petite fille éclata de rire comme seule savent le faire les petites filles avant qu'Hayden ne reprenne en rendant le chaton à son festin puisqu'elle avait terminé son office.


      - Tu sais que c'est interdit d'avoir un animal ici ? Il pourrait apporter des maladies.


      - Mais il était tout seul, et il serait mort sinon !


      Hayden observa le chaton trop maigre qui ne semblait pas capable de survivre plus que quelques jours s'il continuait d'être aussi mal nourri.


      - Je vais bien m'occuper de lui et je lui rendrais sa liberté quand il sera plus grand.


      Hayden ramassa une lanière de tissu tressé au fond de la boite.


      - Il avait un collier ?


      - Non, c'était déjà dans la boite.


      Menteuse. Si jeune et déjà une sale petite menteuse.


      - C'est bien. Sinon il manquerait surement à quelqu'un.


      - Il n'était à personne.


      - Menteuse.


      Sa voix habituellement douceâtre, soufflé et insipide venait de s'élever avec une intensité détonante et étonnante. Les sons s'étaient faits présents et clairs au lieu de se montrer sifflants et insidieux. La petite fille chercha son regard derrière sa barrière infranchissable de cheveux, inquiète et...


      - Marie ?


      Hayden se redressa en arrière, les mains dans les poches, se relevant avec décontraction et agilité.


      - Salut Train !


      Il joint à ces paroles engageantes et on ne peut plus sympathiques un franc sourire accueillant.


      - Marie, tu sors d'ici.


      - Mais...


      - Tu sors je te dis.


      Partagée entre le chaton, Hayden et l'odre de Train, la petite hésita un instant avant de se lever, intimidée par cet autre garçon qu'elle considérait un peu comme son grand frère. Elle lui obéit et déguerpit sans demander son reste, peut être soulagée de ne pas être punie pour le chaton.


      - Qu'est ce que tu faisais ?


      - Rien, elle me montrait son chaton.


      - Tu ne t'approches pas d'elle, tu ne l'as regarde pas, tu ne lui adresses pas la parole.


      Hayden se contenta de ricaner avec cette voix et cette attitude décontractée qui laissait entendre qu'il ne prenait rien au sérieux.


      - De quoi as-tu peur Train ?


      Le jeune homme ramassa le sac de voyage qu'il avait laissé à ses pieds. Ce soir, il avait dix-huit ans. Il était temps pour lui de quitter l'orphelinat, d'aller s'installer quelque part et de prendre le départ qu'il attendait depuis tant d'années. Il se contenta d'un regard méprisant à l'adresse de celui qui, de trois ans son cadet, le narguait avec ce petit sourire débile et assuré. Peur ? Oui peut être avait-il un peu peur de lui. Ce gamin était effrayant quand on se montrait capable de s'affranchir de la poudre aux yeux par laquelle les autres se laissaient berner. Peur ? Oui, parce qu'il n'y aucun moyen de savoir comment il va réagir, parce qu'il n'a rien à perdre, parce que ce n'est qu'un petit salopard.


      - ...Va te faire foutre.


      Même si Train partait de cet endroit et quittait la proximité de ce gamin, il n'était pas tranquille. Sa sérénité se voyait entachée par ses craintes pour les autres orphelins qui, eux, restaient des proies faciles aussi longtemps qu'il parviendrait à les mener en bateau. Dire qu'il avait presque mis deux ans à s'en rendre compte...et qu'il ne le comprenait toujours pas... L'adoption de Marie était en cours. Elle ne restait plus que trois jours ici. C'était une bonne chose. Il ne pouvait supporter l'idée qu'il puisse lui faire du mal si la fantaisie lui en prenait. Comme pour devancer ses réflexions, Hayden reprit la parole avec son insupportable petite voix de fourbe.


      - Il ne lui arrivera rien. C'est une gentille fille.


      Train se retourna brusquement, lâchant son sac par la même occasion, haineux.


      - Jonas et Loki aussi était des bons gamins. Ça ne t'a pas empêcher de les tuer.


      - Oh ! Comme tu y vas !


      - Ne joue pas au con avec moi, je sais quel sale petit enfoiré tu es.


      Un pas, suivi d'un deuxième, parfaitement calmes, presque apaisants... Le décoloré s'avança vers lui avec un petit air triste... à moins qu'il ne s'agisse de compassion ? A quoi jouait-il encore ?


      - Ça ne sert à rien de te trouver des boucs émissaires Train.


      - Ne commence surtout pas tes petites magouilles.


      - Pourquoi, tu te sens coupable ?


      Tressaillement de douleur, regrets enfouis... Train détourna le regard avant de revenir vers lui.


      - J'ai touché un point sensible on dirait.


      - Tu...


      - Tu aurais pu les arrêter à n'importe quel moment. Tu les voyais s'enfoncer chaque jour davantage dans la dépression. Pourquoi tu n'as rien fait ?


      - Arrête ça ! C'est toi qui a tout fait pour qu'ils en arrivent là ! C'est toi qui les a tué.


      - Un suicide n'est pas un meurtre.


      - Alors c'est ça ton excuse ? Espèce de...


      - Je n'ai fait que leur parler, j'ai été là pour eux tandis que tu jouais trop les petits matadors pour leur prêter l'attention qu'ils méritaient. C'est vers moi qu'ils se tournaient quand ils n'allaient pas bien, c'est à moi qu'ils se confiaient. Comment peux-tu m'accuser de les avoir poussé au suicide Train ? Sois honnête avec toi-même, ça t'arrangeait bien de ne plus les avoir te tournant autours.


      - La ferme.


      - Tu étais devenu trop bien pour eux ? C'est ce qu'ils me disaient parfois tu sais. Au final, tu les a laissé tomber Train.


      - La ferme


      - Mais je dois reconnaître que tu n'as pas besoin de culpabiliser. Après tout, ce n'est pas toi qui leur a susurrer l'idée de se jeter du haut du toit lorsque lors d'une dispute avec Jonas, ni suggérer à Loki de sauter du pont à cet endroit précis de la rivière parce que les courants l'empêcherait de rejoindre les bords. Non, toi tu n'as rien fait n'est ce pas ? Tu étais en colère quand tu leur a dit tout ça, tu ne le pensais pas, pas vrai ?


      - LA FERME !


      Train ne réfléchit pas avant de porter le coup. Il avait corriger des centaines de gamin plus jeunes que lui, mais jamais encore il ne s'était senti si profondément blessé et humilié. Hayden... Comment pouvait-il lui dire cela ? Comme il regrettait... s'il savait... Il sentit son poignet saisit par une poigne à la force insoupçonnée tandis que son élan le projetait en avant. Depuis quand était-il devenu aussi fluide et rapide dans ses mouvements ? Il se laissa aller à la panique un instant. Il se faisait tenir en respect par ce freluquet ? La douleur dans son épaule malmenée l'obligea à poser un genou à terre. Hayden lui tordait violemment le bras derrière le dos mais ce ne fut qu'en sentant un lame froide et effilée sur sa gorge qu'il cessa tout à fait de bouger, haletant et interdit.


      - Allez Train, qu'est ce que tu attends ?


      - Pourquoi tu fais ça ?


      - Parce qu'il faut bien que quelqu'un rende justice ici bas.


      Dire qu'il trouvait encore le moyen de se foutre de sa gueule.


      - Jonas et Loki ne t'avaient rien fait.


      - Des déchets de leur espèce n'ont pas besoin de vivre. Je le leur ai fait comprendre. Si tu savais à quel point ils ont été facile à manipuler.


      - Tu...


      Tout ce qu'il venait de lui dire alors ? Toute son implication ? Est ce que ce n'était que mensonge à nouveau. Il le sentit se pencher vers lui, ses cheveux caresser son visage alors qu'il s'approchait de son oreille. C'était sa faute.


      - Je...


      Il aurait au moins du les protéger d'Hayden.


      - ...plai...


      Puisque les autres ne se rendait pas compte du monstre qu'il était devenu.


      - ...sante.


      Stupeur. Effroi figé au plus profond de son être, comme si cet aveu révélait toute sa perversité. Ignominie d'un jeu morbide auquel il s'adonnait en toute impunité. Train ne se rendit pas compte qu'il s'était mis à trembler, fixant le parquet devant lui comme si cela suffirait à lui échapper. Il était plus âgé, plus fort, plus mature, plus responsable mais en cet instant précis, il était le plus démuni. Hayden était fou. Il était dangereux. C'était sa plus intime conviction. Il retira le scalpel de sous sa mâchoire et le libéra dans le même temps, ce que Train mit à profit pour se relever et s'éloigner immédiatement de lui. Pourquoi ne parvenait-il pas à s'empêcher de trembler ? Il ne le quitta pas des yeux, alerté par le moindre de ses mouvements, redoutant ses paroles. Hayden étira ses bras puis s'ébouriffa les cheveux derrière la nuque comme s'il sortait d'un long échauffement avec un petit sourire satisfait qui passait à peine inaperçue.


      - Hola, hola... Tu es tendu comme une boule de nerf, il faut respirer mon vieux.


      Il...Il disait ça sans rire en plus.


      - Passe devant, tu dois avoir un joli petit comité de départ en bas.


      Train ramassa son sac et descendit sans un mot, sentant la présence oppressante désormais d'Hayden derrière lui. Marchant d'un air désinvolte, les mains croisées sur sa nuque et le sourire aux lèvres comme s'il ne s'était rien passé. Lorsque Train s'arracha à tout ceux qui s'étaient réunis pour lui faire leurs adieux, il eut un dernier regard pour cette vie qu'il quittait, pour ce bâtiment qui l'avait accueilli depuis son enfance mais la seule chose qu'il vit fut un gamin tout en longueur qui se penchait vers lui en lui faisant signe de la main.


      - Bye bye !


      Une menace à fuir...
      Le lendemain du départ de Train, on fit une découverte macabre dans un des dortoirs des filles. Un chaton mort avait été retrouvé dans le lit de Marie, étouffé.


Dernière édition par Hayden Cole le Mar 16 Mar - 18:03, édité 5 fois
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Hayden Cole


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MessageSujet: Re: Hayden Cole   Mar 16 Mar - 10:38

    La place principale,
    09 Juillet,
    21h44



      - 6 -





      Hayden demeura affalé sur le banc qui accueillait sa petite personne lorsque un garçon plus âgé qu'il connaissait sous le nom de Lugi et sa petite sœur Ana revinrent vers le petit groupe qu'il formait avec trois autres étudiants de l'Académie. Des gens qu'il ne connaissait pas plus que ça mais qui l'avait accueillit sans mal et le traitait comme il aimait que ceux qu'il manipulaient le traitent, c'est à dire avec la plus absolue indifférence pour des sujets d'une importance aussi capitale que celui dont il était question aujourd'hui. Une vague d'agitation et d'inquiétude régnait sur la place principale de la ville et la tension ambiante ne cessait de grimper à mesure que toute sorte de rumeurs plus folles les unes que les autres circulaient par le bouche à oreille.


      - Alors ?


      - C'est confirmé.


      - Quoi ?!


      - C'est confirmé je te dis ! On y est allé nous-même et c'est une pagaille monstrueuse. Il paraît que tous les membres du conseil ont été tué un vrai massacre.


      - Passe sur les détails morbides, dis nous ce qui va se passer maintenant.


      - Il n'est pas devin.


      - Apparemment, ce type vient de prendre le pouvoir. Il paraît qu'il a déjà publié de nouveaux décrets et qu'ils ne vont pas tardé à rentrer en vigueur.


      - Tu veux dire... qu'il...


      - Il n'y a plus de démocratie.


      Hayden eut toute les peines du monde à réprimer le large sourire qui menaçait de s'imprimer sur ses lèvres.


      - Ce n'est pas possible !


      - Il n'a pas le droit de faire ça !


      - Il a le sceptre.


      - Il faut partir !


      - Calme toi. On ne sait pas encore ce qu'il va faire.


      - Et tu crois qu'il sera sage et omnipotent ? Réfléchis, il a tué pour accéder au pouvoir !


      Hayden les laissa débattre et paniquer comme bon leur semblait, pour lui la question était réglé. Entraîné à la suite du groupe, il se retourna juste en signe de remerciement vers la statue de sa déesse favorite.


      - Puisse ta volonté être enfin faite.


      Il en serait l'outil, au service de cet homme qui avait mis fin à cette ridicule illusion de la justice et de l'égalité. Il servirait ce pouvoir absolu qui marquait l'avènement d'une nouvelle ère, la construction d'une société où il traquerait mensonges et tromperies. Sa mère serait vengée, elle, la victime innocente de ce système aberrant. Un seul nom suscitait en lui l'espoir, un seul nom lui donnait envie de combattre, un seul nom qui dicterait chacun de ses actes : Sund. Les démons naissent-ils toujours du mal ? Ou ne servent-ils qu'une certaine version du bien ? Franchement...quelle différence ?
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MessageSujet: Re: Hayden Cole   Mar 16 Mar - 18:28

    Bienvenuuuueee <3

    Pour moi, c'est parfait =) Ayant l'aval de Misaki-chérie, je te valide ! \o/

    Bon jeu x3
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Hayden Cole

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