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 Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]

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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Ven 6 Nov - 21:28

    Le doux soleil d’octobre caressait les pavés des allées marchandes de ses rayons timides, en ce début de matinée. Chaque jour, il faisait un peu plus froid, les mois défilaient se trainant un peu plus vers un hiver qui promettait d’être rude. Cela n’en plombait pas pour autant la continuelle animation des lieux. En effet, les watérinniens allaient et venaient, les étudiants à l’Académie tout comme les orphelins profitaient de leur week-end, les couples, les familles… Tous se rendaient sur les lieux le samedi matin pour s’offrir les joies de la vie sur Waterin.
    Bien entendu, cela impliquait souvent faire abstraction de l’ombre qui s’étendait peu à peu, de l’emprise grandissante de Sund sur l’île. Cela signifiait aussi des affrontements possibles entre les habitants et un futur où les rues ne seraient plus sûres. L’opposition qui s’encrait chez les habitants de Waterin devenait chaque jour un peu plus profonde, plus effrayante aussi, car il s’agissait d’individus que vous côtoyiez chaque jour avant cela, que vous saluiez, auxquels vous accordiez un charmant sourire et il vous arrivait même de prendre le temps de discuter quelques minutes, à l’occasion.

    Et cette ambiance si conviviale quelques mois auparavant se détériorait peu à peu.

    Même Misaki qui avait été retenue si longtemps chez son père, qui n’avait jamais mis le nez dehors jusque là, voyait nettement les différences sur les visages des gens, cette ombre inquiète qui voilait le regard de chacun, et leurs cœurs prisonniers d’un étau de d’inquiétude et de suspicion. Car l’empathie aussi, permettait d’en savoir bien plus que ce qu’on pourrait le croire. Les gens avaient-ils seulement conscience de ce que leur âme révélait ? Des secrets, des sentiments, des impressions, que ce soit fugace ou profond ? Non, certainement pas, sinon, ils ne se laisseraient pas déborder par de tels élans, si confus, si nocifs.

    Un frisson parcouru l’échine de la jeune fille. Bientôt, cette atmosphère seulement inquiétante pour le moment se muera en un profond sentiment de terreur, de combats, d’hostilité et seule l’animosité demeurera. Elle ne pourrait plus contempler ces visages heureux et souriants, ni profiter du bonheur qui émanait des gens. Elle ne pourrait simplement plus savourer sa liberté précédemment gagnée. Une horreur. Un cauchemar, qui peu à peu plongerait Waterin dans le chaos le plus total.
    Etait-ce vraiment cela, le but de Sund ? Ou bien, pensait-il pouvoir être respecté, adulé suite à ses initiatives on ne peut plus outrageantes et ses lois despotiques ?
    Et, oui. Misaki parvenait encore à se poser la question, quelque fois, ne parvenant pas à se faire à la cruauté du monde. Jusque là, n’étaient parvenus jusqu’à sa prison que des sentiments d’enfants, encore pleins d’innocences. Même si la cruauté puérile s’y glissait, même si les mesquineries étaient parfois au menu, l’Orphelinat Lowy présentait une atmosphère qui n’avait rien de catastrophique, quand bien même la vie d’orphelin n’avait pas toujours quelque chose de réjouissant.

    Et ce Sund, il comptait faire encore plus d’orphelins ?
    Un nouveau frisson remonta tout le long de la colonne vertébrale de Misaki, lui faisant presque dresser les cheveux sur la tête.
    Elle chassa toutes ces préoccupations de ses pensées en resserrant son manteau gris perle sur ses épaules. Déterminée à profiter de ses derniers jours de tranquillité, elle se dirigea vers la chocolaterie de ce pas léger qui la caractérisait, laissant le tissu de sa robe noire caresser ses mollets nus malgré les températures un peu fraîches. Comme souvent, elle avait opté pour une tenue aux allures soignées, mais qui lui donnaient cette apparence de poupée, douce et fragile… Bien entendu, cela constituait une part de sa personnalité, cela allait de soi. Le caractère de Misaki n’en restait pas moins imprévisible de par la singularité de son… éducation, si l’on pouvait encore utiliser ce terme pour de telles choses.
    Puis, après tout, pourquoi ne se fier qu’à cette impression de gentillesse ?
    N’avait-elle pas, comme tout le monde, le droit de haïr ? Ne pouvait-elle pas détester son père ? Sa défunte sœur ? Les responsables de ses malheurs ? Que serait-il advenu d’elle si elle n’avait pas rencontré Gabriel ce jour là ? A chaque fois que cette question lui venait à l’esprit, Misaki ne pouvait pas s’empêcher de remercier Uen et tous le panthéon de lui avoir permis de rencontré un tel individu, en une telle occasion.

    Elle faisait de son mieux pour aider le jeune homme et pour lui montrer sa reconnaissance, cela va de soi. Elle commençait d’ailleurs à vraiment s’inquiéter pour la santé de Gabriel. Il avait maigrit, il ne dormait pas assez, il ne prenait pas soin de lui. Pour qu’elle le remarque, elle, qui n’avait pas eu énormément de contacts humains jusqu’alors, il fallait quand même que ce soit notable. Il lui arrivait même de se demander s’il ne dissimulait pas ces faits aux autres à l’aide de la magie. Il faudrait qu’elle fasse quelque chose, en tout cas.
    Une bonne décision de prise.

    Misaki était tellement plongée dans ses pensées qu’elle s’était à peine rendue compte qu’elle venait déjà de finir ses emplettes, un grand sac plein de tablette de chocolats en tout genre. Sa consommation hebdomadaire, et celle de son colocataire –oui, il mangeait encore sa dose de chocolat noir, encore heureux !
    Elle se dirigea vers un banc non loin de là et s’y assit en poussant un profond soupir, lasse de toutes ces prises de tête. Elle se sortit une tablette de chocolat au lait et croqua dedans avec énergie, comme si cela pouvait chasser tous ses ennuis. Puis, elle recommença à observer les gens, tachant de trouver quelqu’un qu’elle pourrait saluer, ou tout simplement pour voir comment la situation évoluait dans leurs cœurs.
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Gabriel Jewel

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MessageSujet: Re: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Ven 13 Nov - 22:46

    Gabriel avait-il vu Misaki ce matin là, ou s'était-il levé un poil trop tard ? Il était tellement fatigué qu'il ne savait plus exactement. Il ne le croyait pas. En même temps, vu comment il pouvait se comporter lorsqu'il n'était pas bien réveillé... Oui, il était épuisé. La raison ? C'est que, depuis plusieurs jours, et cela se voyait à la pile de livres plus complexes les uns que les autres, bien droite, posée juste à côté de son lit, le leader travaillait pour sa Résistance jusqu'à pas d'heures. Une fois c'était une heure, une autre deux... Il allait rarement plus loin, pour son mouvement rebelle, s'entend. Après, il devait encore vérifier que tout allait bien sûr l'île, en tant que commandant ultime... Passer un instant dans son château, pour que les gens ne remarquent pas que son aura n'y était pas constamment. Et puis, vérifier les messages, et les barrières qu'il avait établies tout autour de l'île... Bien entendu, généralement, Misaki dormait déjà. Il se débrouillait toujours pour que la jeune fille n'ai pas la brusque envie d'entrer quand Sund entrait en action. Bien entendu, il ne pouvait pas l'hypnotiser, ou se servir de sa magie contre elle d'une quelconque façon, ce qui lui compliquait légèrement la tâche... Mais c'était cela qui rendait le tout passionnant. Et terriblement angoissant, aussi. De toutes façons, aux dernières nouvelles, elle n'était pas somnambule... Il devrait juste faire attention aux nuits d'orage. Bien entendu, ce n'était pas parce que monsieur se couchait si tard qu'il avait décidé de se lever tard. Il n'avait pas de temps à perdre à dormir, et trop de choses à faire en une seule journée. Alors, il continuait à se réveiller relativement tôt. Ce qui n'arrangeait pas son humeur au matin, par ailleurs. Véritable zombie, il descendait dans la cuisine, pour y manger parfois quelque petites choses. Ca n'avait pas été le cas ce matin. Parfois, il remarquait la présence de Misaki et l'enregistrait, d'autres fois il la saluait sans même y penser et n'imprimait pas sa présence. Ou alors, elle n'était pas là. Ce samedi, c'était l'une de ses dernières solutions, il n'en savait rien... Ensuite, il allait prendre sa douche. Et enfin, la journée pouvait commencer.

    Cette journée était semblable à toutes les autres. N'allons pas vraiment parler de routine, car il avait toujours, toujours, son lot d'imprévus : entre Misaki qui lui faisait parfois des misères, cet excentrique de Catterson qui se mettait à tenir des propos étranges et le Gouvernement.. On aurait pu penser qu'il en aurait vite assez, au contraire : il n'aimait pas ce qui revennait, et ces journées pleines de surprises étaient donc un véritable bonheur pour lui. Même s'i était épuisé. Pas très bien réveillé malgré sa douche, Gabriel eut une soudaine envie de sucre, de chocolat. Avec un peu de chance, cela suffirait à le mettre à peu près en forme. Il se fit la réflexion de songer à dormir un peu plus : après tout, s'il était toujours aussi crevé, cela n'avait plus vraiment de sens non plus. Il ouvrit les placards, avant de se souvenir qu'il n'y en avait plus. Et mince... Il allait devoir en racheter. En plus, Misaki n'était visiblement pas là, il ne pouvait donc pas lui demander si elle n'avait pas une course à faire pour en profiter. Oui, le hasard était une drôle de chose, n'est-ce pas ? Enfin, peut-être, s'ils s'étaient croisés, lui avait-elle touché deux mots de ses activités du jour... Auquel cas il n'avait pas vraiment suivit ce qu'elle lui avait dit, trop occupé qu'il devait alors être à ne pas se montrer franchement désagréable, ou à s'endormir sur place. Il en avait assez d'être enfermé, aussi. Après tout, quel intérêt avait-il à commander tout le monde s'il devait rester cloîtré chez lui ? Non, vraiment, cela n'avait plus de sens. Négligeant donc les règles de sécurité élémentaire dont il avait fait part à ses " amis" résistants, il décida de sortir prendre l'air frais des matins d'octobre, et tout en éspérant que cela l'aide à se réveiller un peu mieux. Non parce que, dans cet état, il doutait pouvoir supporter de rencontrer quelqu'un comme James, par exemple... Il serait certainement, dans ce cas, contraint à prendre la fuite.

    S'il croisait quelqu'un pour lui faire remarquer qu'il était bien imprudent ? Il répliquerait certainement qu'il éttouffait, chez lui, qu'il avait terriblement besoin de sortir, au moins un peu. Gabriel montrerait aussi qu'il n'aurait pas vraiment de mal à se fondre dans la foule : de taille moyenne, ni trop petit, ni trop grand, s'il faisait partie de ces gens que l'on pouvait plus que facilement qualifier de " mignon", il n'en était pas pour autant incapable de se fondre dans la masse, au contraire. Il ne fallait pas oublier qu'il était quelqu'un de très observateur, qui avait grandit dans un Orphelinat, et donc eu tout le loisir de s'entraîner à passer inaperçu. Et, au pire des cas, il pourrait très facilement se servir de sa Magie. Oui, il ne s'inquiétait pas vraiment. Rennonçant donc à son chocolat, il alla pour la deuxième fois de la journée dans la salle de bain pour vérifier que ses cheveux ne lui jouaient pas de mauvais tour. Son reflet le rassura quelque peu. Déjà, il n'avait pas l'ombre d'un problème capilaire. De plus, alors qu'il avait craint les cernes, il n'en avait pas. Juste un teint un peu pâle, mais il pourrait toujours trouver une excuse. Enfilant donc une écharpe blance et son caban noir, qui commençait à devenir légèrement trop large pour lui puisqu'il le possédait déjà avant de faire son coup d'état - il serait bête de tomber malade alors qu'il prennait le temps de sortir un peu-, lissant une dernière fois les plis de son jeans, le jeune homme savoura donc un instant l'air frais du matin, avant de refermer soigneusement la porte derrière lui. Un regard encore à sa maison, et le voilà parti. Il errait ça et là, et, comme prévu, ne se fit pas remarquer. Le Tyran bénit Uen de ne pas être tombé sur James, aussi : avec ce type, la notion de discrétion ne semblait pas possible. Or, pour des raisons pratiques, il était bien plus intelligent que sa sortie ne s'ébruite pas trop.

    Ses pas le conduirent sans qu'il y pense jusqu'aux allées marchandes. Il réflechissait à diverses choses, et s'était laissé porté par la foule. L'ambiance était encore bonne. Beaucoup étaient éxcités à l'idée du Bal d'Halloween, qui approchait à grand pas... Sans même chercher à le deviner, il le ressentait. Plus nombreux étaient les gens inquiets. Rares étaient ceux qu'il ne sentait pas, qui dissimulaient leurs pensées et sentiments pour tenter de les garder pour soi... Ces gens ne l'intéressaient à vrai dire pas vraiment. Il lisait dans les autres quasi-inconsciamment. Mais voilà qu'il n'arrivait pas à sentir une autre personne, tout en reconnaissant son aura. Il se dirigea donc vers elle, tranquillement. Sa collocataire était donc de sortie, ce matin, elle aussi. Et visiblement, elle avait acheté quelques petites choses. En voyant qu'elle mangeait du chocolat, une lueur enfantine, étrangement joyeuse, passa dans ses yeux : elle s'évanouit tout aussi vite. Pas qu'il souhaitait le désirer, bien entendu. Juste qu'il avait autre chose à penser que le fait, réjouissant en soi, qu'elle ait éventuellement pensé à racheter du chocolat. L'avait-il vue ce matin ? Cette question continuait à trotiner dans son ésprit. Il tenta de se dépatouiller de toutes les façons possibles pour le savoir, mais pas moyen. Il se montra alors agréablement poli, avec son ton doux, comme d'ordinaire, et tant pis s'il l'avait déjà vue et en paraîssait ainsi idiot, innatentif ou amnésique, il ferait avec.


    " Bonjour."

    Tout simplement. Et puis, tranquilement, il s'installa à côté d'elle. Son envie de chocolat, il venait de s'en rendre compte, était morte. Tant pis. Il n'avait pas faim, à l'instant, au contraire. Pourtant, depuis qu'il s'était levé, il n'avait rien avalé. L'appêtit lui viendrait certainement à midi, il ne s'en inquiétait pas vraiment... Mais pas sûr que ce soit de l'avis de sa charmante colocataire, n'est ce pas ?
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Sam 14 Nov - 20:11

    Si Misaki avait-vu Gabriel ce matin là ?
    Evidemment. Juste avant de partir, à vrai dire. Elle lui avait conseiller de manger un morceau, sorti des tartines grillées et tout le tralala avant de s’éclipser, signalant par la même occasion qu’elle allait faire une course, et plus particulièrement racheter du chocolat. « Histoire que tu te défasses de cet air grognon » avait-elle faussement réprimandé. Enfin, ce qui l’inquiétait le plus était surtout la mauvaise tendance qu’avait Gabriel à maigrir. Ne pouvait-il pas se nourrir convenablement ? Arrêter de surmener ? Se montrer un tant soit peu raisonnable ? De toute évidence, cela n’entrait pas dans les incroyables capacités de Sir Jewel.
    Humph.

    « Bonjour » ?
    Misaki manqua de lâcher son chocolat de surprise. C’est qu’elle était tellement plongée dans les tréfonds de ses pensées qu’elle n’avait même pas réalisé que Gabriel s’était installé à ses côtés. Puis, « bonjour »… puis quoi encore ? Il comptait le lui dire combien de fois, en l’espace d’une journée ?
    Un air faussement contrarié et hautain, elle rétorqua :

      « … On s’est déjà vu ce matin, Gabriel. »


    Parfois, elle se demandait s’il avait bien conscience qu’ils vivaient dans la même maison. Soit elle n’avait pas la moindre importance à ses yeux, soit il se surmenait de trop. Ou les deux. Car si une chose restait certaine dans l’esprit de notre petite Misaki, c’était que la jeune génie s’épuisait à la tâche. Il maigrissait à vue d’œil, semblait sans cesse fatigué… Elle avait beau argumenter pour qu’il prenne de repos, rien n’y faisait. Il était pourtant évident qu’il ne pourrait pas faire face à Sund s’il s’était au préalable vidé de toute énergie.
    Quoi qu’il en soit, elle n’avait pas l’intention de remettre cette conversation sur le tapis dans l’immédiat. Pas besoin de se prendre la tête dès le samedi matin. Après tout, elle n’était pas la nounou de Monsieur-je-n’en-fais-qu’à-ma-tête, non plus. Elle avait bien du mal, déjà, à gérer l’Académie et l’administration de la Résistance… Franchement, elle commençait à se demander de quelle étrange façon il menait ses investigations pour passer ainsi des nuits blanches.
    Parce que, évidemment, elle n’ignorait pas qu’il ne dormait pas, en plus de ne pas se nourrir convenablement. Plus d’une fois, elle s’était réveillée au milieu de la nuit, pour une raison x ou y. Et à chaque fois, soyez sûr que notre adorable petite Misaki notait que la lumière de la chambre de son colocataire était toujours allumée. Et oui, tout le monde n’est pas inattentif, au réveil. Gaby-chou devrait en prendre de la graine, non ?

    Pauvre Misaki.
    C’était à se demander comment elle faisait pour ne pas sombrer dans le plus profond des désespoirs. Eh, oui, parce qu’aussi surprenant cela puisse paraître, elle offrit un sourire radieux à son vis-à-vis, accompagné d’un rire cristallin. Sa façon à elle de lui dire qu’elle blaguait plus ou moins quand à son excès de politesse –si je puis dire. Elle n’allait pas lui faire une crise parce qu’il l’avait salué deux fois dans la même matinée…
    Du moins, pas encore.

      « Re-bonjour, Gabriel. Ca t’est certainement sorti de la tête, mais, j’ai fait des emplettes, comme promis ! Tiens, c’est pour toi. »


    Se disant, elle lui fourra une tablette de chocolat noir dans les mains. Le reste finirait dans le placard de la cuisine de la demeure Jewel, évidemment. Pour combien de temps, par contre… Le chocolatier n’avait pas fini de voir la petite colocataire de la personne la plus célèbre de cette île.
    De toute évidence, miss Kurohana s’attendait à ce que Gabriel mange du chocolat des à présent. Si elle ne voulait pas le réprimander quand à sa maigreur, ce n’était pas pour autant qu’elle le laisserait en paix… Et elle n’hésiterait pas à lui faire un scandale ici même s’il ne goutait pas à une modeste tablette soixante-dix pourcents cacao. Et puis, de quoi pouvait-il se plaindre ? Elle ne le houspillait pas sous prétexte qu’il sortait de la maison, non ? Donc, dans un sens, elle le laissait faire à sa guise. Pas très logique ? Je trouve aussi.
    Il va sans dire que Gabriel savait certainement cela… Après tant de temps à supporter la petite peste, il devait s’être fait à ses manières quelques peu excessives. Puis, zut ! Elle était le bras droit du chef de la Résistance ! Les gens comptaient sur elle ! Elle devait, par conséquent, prendre soin de leur chef adoré. Si ce dernier la poussait à bout, elle n’aurait plus qu’à confier cette tâche ardue à un individu à la hauteur. C'est-à-dire, increvable.
    James Catterson.
    Evidemment.

    Misaki posa son sac sur le banc, y refourra sa plaquette de chocolat à moitié entamée et se leva, s’étirant de tout son long, levant les bras vers les cieux. Elle apprécia quelques instants la caresse du soleil matinal, puis, se tourna vers son interlocuteur, ce cher ronchon de Gabriel, tout en s’exclamant mue par son éternel enthousiasme :

      « Qu’il me tarde d’être le trente et un Octobre ! Le Bal d’Halloween promet d’être grandiose ! »


    Il fallait dire, aussi, que notre miss allait participer à son premier bal. Qu’elle avait hâte ! Aider aux préparatifs ne lui donnait qu’un léger aperçu de ce que serait la fête. Et sa robe… La magnifique robe qu’elle s’était choisie et qui l’attendait patiemment chez le couturier. Elle n’avait qu’une envie, se glisser dedans pour se parer de velours et de dentelles.
    Oh ! Et Gabriel !
    Ils n’en n’avaient pas encore parlé, mais, il serait son cavalier, non ? Le contraire l’eut étonné… Mais elle n’en saurait plus qu’après la réunion à la résistance pour étudier la possible apparition de Sund lors de cet évènement annuel. Et, elle aimerait voir seulement ses réactions, lorsqu’il la verrait dans sa robe (qu’elle avait payé avec l’argent de son hôte, évidemment). Et lui ? Quel masque allait-il choisir ? Quelle couleur allait-il porter ?

    Les questions se bousculaient de la petite caboche de notre Misaki nationale, alors qu’elle affichait un sourire rêveur… On pourrait presque se demander si elle avait toute sa tête. Mais, n’ayez pas d’inquiétude : il ne s’agissait là que de la joie puérile et sincère d’une enfant qui participe à une fête pour la première fois.

    Alors, Gaby-chou ?
    Prêt ?


Dernière édition par Misaki Kurohana le Mer 18 Nov - 20:43, édité 1 fois
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Gabriel Jewel

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MessageSujet: Re: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Mer 18 Nov - 19:50

    Vu la tête que lui fit Misaki, Gabriel comprit avant même qu'elle prenne la parole qu'ils avaient déjà dû se voir. Enfin, au début, il pensa plutôt qu'elle était tout simplement surprise de le rencontrer, car il n'était pas censé sortir de la maison. Mais, à sa mine contrariée, le jeune homme n'eut aucun mal à comprendre son erreur. Bien entendu, elle ne manqua pas de la lui signaler... Donc, ils s'étaient bel et bien déjà vu. Les sourcils légèrement froncés, il effleura rapidement sa lèvre inférieure de ses dents. Flûte. S'il ne se souvenait même plus de ce qu'il faisait, cela commençait à devenir assez grave... Oh, bien entendu, il ne pensait pas qu'oublier qu'il avait croisé sa colocataire soit dramatique, mais c'était si jamais il faisait des choses plus importantes... En se concentrant un peu, il avait le souvenir flou d'un conseil, elle lui avait dit de prendre un petit déjeuner, s'il se souvenait à peu près bien... Mais était-ce ce matin là où un autre ? Il réalisa alors que ce qu'il avait rangé, ce matin, avant de partir et ce, sans même y penser, avait dû être sorti par la jeune fille... Ne plus réussir à se souvenir précisément de ce qui lui était arrivé tant son cerveau fatiguait l'agaçait, aussi se promit-il de dormir quelques heures en plus. Voilà une bonne résolution de prise, pas vrai ? Et, bien sûr, il la tiendrait : après tout, il devait rester plus où moins en forme pour commander Wateriniens et Wateriniennes tout en luttant contre l'oppresseur... Oui, il avait besoin d'énergie. Et donc, les sourcils encore légèrement froncés, il fit un petit sourire navré à la jeune fille, ce genre de sourires qu'il savait si bien faire, étirant à peine ses lèvres, et qui le rendait si adorable qu'on ne pouvait lui en vouloir longtemps. Le pire, c'est que, s'il avait conscience de sa gueule d'ange, il ne remarquait même pas l'impact que pouvait avoir ce genre de sourire sur les autres.

    Bref. Misaki ne lui en voulait visiblement pas vraiment, puisqu'elle ne tarda pas à émettre un charmant rire, visiblement d'excellente humeur. Elle avait de la chance d'être aussi en forme dès le matin, pensa-t-il. Certes, s'il le voulait, il pourrait quitter son état de zombie, en dormant un peu plus : mais il restait d'une amabilité bien trop limité au réveil, il jugeait donc qu'on ne pouvait lui reprocher de penser que la demoiselle soit chanceuse, sur ce point, au moins. Parce que vraiment, ne plus se souvenir d'avoir vu la jeune fille... Il n'en revenait toujours pas. Il fallait donc absolument qu'il se couche un peu plus tôt, ce soir. Surtout, il venait d'y penser, il lui faudrait récupérer un peu d'énergie pour la prochaine réunion de la Résistance... Hors de question de supporter un Catterson qui, lui aussi, était toujours en forme, dans un tel état. Comme vous vous en doutez, la simple idée d'avoir James sur le dos pour le forcer à manger n'était pas du tout du goût de Gabriel. Si ce dernier trouvait Misaki amustante, il trouvait l'autre excentrique plutôt lourd - désolée, James. En fait, moins il le voyait, mieux il se portait. Alors si Misaki chargeait l'autre hurluberlu de la santé du Résistant en Chef... Et bien, ce Résistant en chef risquait fort de ne pas y survivre, ou pas longtemps, en tout cas. La demoiselle fourra quelque chose dans les mains de son interlocuteur, qui le regarda d'un air intéressé... Oups. Voilà qu'elle le piégeait. Mais il prit la parole quand même, comme si de rien n'était...


    " Merci. "

    Il n'avait vraiment pas faim du tout. Il avait même l'impression qu'il vomirait s'il mangeait ne serait-ce qu'un tout petit peu. Oh, il pouvait toujours faire comme si de rien n'était et glisser nonchalament le chocolat intact dans la grande poche de son caban mais il sentait bien que ce n'était pas exactement ce qu'il avait de mieux à faire. La jeune fille risquait trop de lui faire un véritable scandale et, en plus de n'avoir aucune envie de se prendre la tête avec elle - avec qui que ce soit, à vrai dire - dès le matin, il ne devait surtout pas attirer l'attention. Il ne fallait pas du tout que sa sortie s'ébruite, pour des raisons pratiques évidentes. Un instant, il fut tenté d'utiliser un sort pour passer inaperçu mais... Non. Tant pis, à vrai dire, et advienne que pourra. Il se demandait beaucoup quelle serait la réaction de Monsieur Lowy s'il apprenait cette petite escapade quelque peu interdite... Bah... Déjà que cet homme aussi l'harcelait à propos de son poids, alors, il aurait la totale. En fait, il en était déjà quelque peu reconaissant à Misaki pour ne pas avoir fait de commentaires quand au fait qu'il n'était pas vraiment censé être là. C'est certainement pour cette raison qu'il fit une concession et, presque à contre-coeur, qu'il avala un carré de chocolat. Pas plus. Il n'avait vraiment absolument plus aucunne envie de chocolat. Mais la douce amertume de cet aliment lui fit du bien, en quelque sorte, et lui permit en tout cas de ce sentir un peu plus réveillé, un peu mieux... Peut-être car c'était là la première chose qu'il avalait depuis son réveil. Ou alors, c'était l'air frais et le soleil timide qui lui faisaient du bien. Va savoir.

    Misaki se leva, et lui se contenta de la suivre des yeux. Par ailleurs, il en profita pour glisser discrètement la plaquette de chocolat qu'il avait tout juste entammée dans le sac de la jeune fille... Qu'il porterait au retour. Comment ça, ils n'en avaient pas parlé ? Pour lui, c'était une évidence. Et oui, c'est qu'il était bien élevé, le tyran... Elle semblait s'émerveiller à l'approche du Bal d'Halloween. Il du s'empêcher de lui signaler qu'il ne s'agissait que d'un Bal, après tout... Il enviait quelque peu son innocence infantile, c'est vrai. Et s'il la briserait, petit à petit, ce serait toute en finesse. Toujours. Il fronça légèrement les sourcils, de nouveau. Ce Bal lui causait plus de tracas qu'autre choses, en réalité... Et cela allait de sa tenue à d'autres choses plus importante. Même s'il avait déjà participé à un événement semblable l'année précédente et qu'il n'avait pas l'impression d'avoir grandit entre temps, il ne voulait pas remettre la même tenue qu'avant. D'abord parce qu'il avait tout simplement envie d'en changer, mais aussi et, avouons-le, surtout, parce qu'il savait qu'il avait maigrit, et qu'il craignait qu'on le remarque trop. Puis, il n'était toujours pas décidé à faire apparaître ou non Sund lors de ce bal... S'il le faisait, par ailleurs, il ne savait pas du tout comment il allait se débrouiller. Car il était évident qu'il irait accompagné de Misaki, non ? Enfin, il finirait bien par trouver. Il fit un léger sourire à la jeune fille et à son charmant enthousiasme.


    " C'est vrai que c'est un événement splendide. Mais personnellement, je n'ai pas trop hâte d'en repasser un... "

    Ben oui, non seulement il croiserait trop de gens qu'il connaissait et qu'il n'avait pas spécialement envie de voir mais, en plus, théoriquement, sa vie était en danger à chaque fois qu'il sortait... Et le serait d'autant plus lors de ce Bal, non ?
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Sam 28 Nov - 16:12

    Tssss.
    Non, mais vraiment, ce Gabriel… N’avait-il pas honte de doucher ainsi la bonne humeur de notre Misaki ? Comment pouvait-on ne pas souhaiter se rendre à un bal masqué ?
    Bon, bien entendu, il y avait toujours le facteur danger. Chose ennuyeuse, n’est-ce pas ? Néanmoins, la Résistance ne pouvait pas se permettre de se trouver face à Sund sans leur pièce maîtresse parmi eux. Car, l’éventualité que le maître autoproclamé se présente n’était pas exclue. S’il décidait de profiter de l’évènement pour utiliser son monstrueux potentiel et éradiquer la Résistance,
    Bien qu’elle n’ait qu’une envie, profiter de cette soirée, Misaki comptait bien se charger de la sécurité de son cher Gabriel. Lors du briefing, elle ne se gênerait pas pour faire part de ses désirs concernant la surveillance, l’organisation et tout le blabla pour ne pas laisser quelques Partisans interférer avec son plan de soirée parfaite. Hm ? Misaki, une gamine ? Mais vous le saviez déjà, voyons.

    Elle fit volte face pour toiser Gabriel et protester :

      « Pourquoi ne pas vouloir participer à un si bel évènement, c’est ridicule ! Puis, de toute façon, tu n’as pas vraiment le choix. Tu y es convié aussi bien par M.Lowy que les directeurs de l’Académie, sans oublier que tu seras notre seule chance si… »


    La jeune fille hésita un instant, jetant des regards à droite et à gauche.
    Jugeant plus prudent de ne pas mentionner Sund, elle marmonna :

      « Enfin, tu sais bien. »


    Elle fit quelques pas à reculons, se donnant une allure timide, les mains croisées dans son dos, son manteau gris légèrement entr’ouvert laissait apparaître le haut de sa robe au bustier brodé de perles. Une brise fraîche s’engouffra dans les rues, secouant les mèches folles de la jeune fille. D’une grande inspiration, elle s’imprégna de son élément de prédilection, laissant le vent tourbillonner en elle, se délectant de cette délicieuse impression de se sentir légère. Un exercice vivement conseillé pour exercé ses dons et prédispositions, une sorte de rituel quotidien conseillé à l’académie afin de parfaire sa maîtrise, quoi qu’il s’agissait plus d’une accoutumance qu’un acte visant à fortifier l’utilisateur. Un exercice dépourvu de conséquences. En théorie.
    Seulement, avec la chance naturelle de Misaki –ou bien un simple hasard ?- cela ne manqua pas, la vision se présenta à elle. Enfin, plutôt qu’une vision, il s’agissait d’un sentiment, d’une certitude. Aucune image n’avait traversé son esprit, seulement une série d’impressions extraites de ses souvenirs, et toutes les sensations qui y étaient liées, avec en filigrane le sentiment d’urgence, d’immédiat. C’était une prévision assez désagréable, qui instaurait un certain malaise, un mal-être révulsant s’emparait de Misaki.
    Un long frisson parcourut l’échine de la jeune miss Kurohana.
    La vision prit fin.

    Il ne lui fallut pas longtemps pour interpréter.
    Elle fit volte face, se saisit du sac qui contenait le chocolat, se saisit du bras de Gabriel pour l’inciter à se lever, persuadée qu’ils pouvaient encore partir à temps. Elle l’entraina un peu plus loin, dans l’espoir d’échapper à ce que son destin lui avait réservé. Malgré elle, son cœur battait à tout rompre et sa main glissé au bras de son colocataire agrippait le caban de ce dernier sans qu’elle en ait vraiment conscience. Elle le savait pourtant, qu’il était ridicule d’agir de la sorte. Après tout, son père restait un membre intègre de la résistance et les horreurs qu’il lui avait fait subir était le seul bémol parmi toutes les bonnes actions qu’il avait accompli.
    Oui, c’était bien monsieur Lowy qui avait mis Misaki dans tout ses états. L’idée de le croiser ne lui plaisait pas du tout, lui faire face serait un véritable cauchemar, plus encore que la façon dont il l’ignorait ouvertement durant les réunions. Quoique cela valait toujours mieux qu’un scandale, me diriez-vous.

      « Gabriel ! »


    Cette journée n’avait pourtant pas trop mal commencé…
    Elle ferma les yeux quelques instants, histoire de se forger un masque neutre au possible et de calmer les battements frénétiques de son cœur, prit une grande inspiration, se préparant à ce qui allait suivre. Docile mais sans lâcher Gabriel, elle effectua un demi-tour pour attendre la personne qui avait interpellé le chef de la Résistance. Monsieur Lowy ne sembla même pas remarquer Misaki et offrit un sourire engageant à son ancien pensionnaire :

      « Je me disais bien que c’était vous, toujours cette même démarche ! »


    Le directeur du pensionnait fit une petite pause ridiculement théâtrale, avant d’ajouter :

      « Ne devriez-vous pas rester chez vous ? Enfin, peu importe, j’ai à vous parler du Bal ! »


    Ah ?
    Alors, comme ça, il faisait passer le bal avant la sécurité de son cher Gabriel ? Misaki eut toutes les peines du monde à retenir un reniflement méprisant. Voilà que son père irresponsable et incapable de surmonter la mort de sa femme se comportait tel un parent laxiste avec Gabriel, prenant un ton condescendant, prônant indulgence et fierté. Faisait-il réellement parti des individus qui avaient tellement confiance en la force de Gabriel qu’ils ne souciaient pas de sa sécurité ou bien cherchait-il à irriter Misaki ? Car rien n’était plus irritant, en effet, que de faire face à son géniteur qui, non pas content de vous avoir séquestré pendant des années, semblait dédier quelques sentiments paternels aimant à une autre personne, en sa présence.
    Elle se secoua mentalement, essayant de ne pas virer à la paranoïa. Peut-être était-il simplement enthousiaste d’autant plus que le Bal serait un évènement qui changerait un peu les idées des orphelins, mais aussi de toute la ville. N’était-il pas question de faire comme si Sund n’était pas là ? Comme si rien de tout ça n’était arrivé ? De ne pas se laisser étouffer par la tyrannie ?
    D’autant plus qu’étant l’un des organisateur et engagé dans la Résistance, monsieur Lowy était certainement l’un des individus qui mettait le plus sa vie en danger après Gabriel. Peut-être que Misaki devrait faire un effort, dans le fond.
    Peut-être.

    Mais elle ne pouvait pas ignorer ce que son instinct et son pouvoir lui soufflait.
    Comme si dans un futur pas si lointain…
    Un drame.
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Gabriel Jewel

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MessageSujet: Re: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Sam 5 Déc - 17:44

    Dire que Gabriel ignorait totalement quelle serait la réaction de Misaki serait un mensonge : après tout, leurs quelques mois de vie commune conjugués à ses talents d'observateur lui permettait de commencer à la connaître un minimum. C'est uniquement car il savait à peu près quelle serait sa réaction qu'il lui avait confié son manque d'envie de se rendre au bal. Non seulement il pourrait ainsi obtenir une conversation qui dépassait le stade de banalités mais, en plus, elle lui faisait le plaisir de flatter son ego. Mais commençons par le premier point. Sans pour autant avoir envie de se disputer avec elle, il jugeait qu'ils pouvaient très bien parler de sujets qui pouvaient être considérés comme un peu " dangereux", afin de s'amuser des réactions de la demoiselle. Oui, il était un peu mieux réveillé, l'air frais et le chocolat ayant fait leur office, et il se sentait suffisament en forme pour affronter le monde.. Quoi que. Il fallait pour cela que ce monde lui soit un minimum agréable, qu'il ait bien envie de le voir, contrairement à Catterson ou à Lowy. En effet, il voyait déjà ce dernier lui faire la morale quant à son escapade. Ou pas. Le directeur de l'Orphelinat faisait partie de ces rares personnes dont il n'arrivait pas à prévoir les actions et réactions.
    Quand au second effet qu'eut les paroles de cette charmante collocataire, celui de son importance, c'était bien simple : non seulement la demoiselle insistait pour qu'il vienne mais, en plus, elle soulignait la nécessité de sa présence en parlant de lui comme de la " seule chance" ... Il était certes très tordu que la raison pour laquelle Misaki le faisait parraître indispensable fut une mascarade, une comédie montée de toutes pièces par l'intelligent jeune homme. Cette ironie du sort, il faut le dire, lui plaisait et, en son fort intérieur, il se demandait presque pourquoi tout était si facile.

    Certes, il était fatigué, et même épuisé. Certes, au fond de lui, il n'ignorait pas la véritable origine de ses problèmes alimentaires. Mais à part ces quelques petits imprévus, tout fonctionnait à merveille. Les autres étaient si crédules... Bien entendu, il avait fait un coup de maître. Et il était l'un des moins sucéptibles d'imposer une monarchie, quand on voyait l'adoration presque religieuse qu'il éprouvait envers ses parents, morts à cause de la royauté. De plus, son grand potentiel lui permettait aisément d'inspirer la confiance, et faisait de lui une saillie inéspérée à laquelle s'accrocher pour ne pas plonger dans les ténèbres chaotiques de la tyrannie. Et ce, sans même parler de son physique avantageux. Ensuite, il était connu comme un garçon très gentil, absolument adorable, à mille lieues d'un despote meurtrier. Et ceux - rares- qui ne le connaissait pas avant la prise de pouvoir ne pouvaient que se laisser convaincre par les autres. Enfin, il cachait admirablement bien sa véritable nature : dans une autre vie, s'il l'avait souhaité, il aurait facilement pu devenir acteur et, pourquoi pas, décrocher des oscars. C'était certainement pour toutes ces raisons, entre autres, que toutes ses manigances passaient si bien. Pour l'intant, il ne tentait même pas de pimenter un peu plus le jeu, déjà bien épicé : il fallait encore qu'il se stabilise, que la confiance que les gens lui accordaient s'ancre un peu plus dans leurs coeurs... Et il verrait ce qu'il ferait par la suite, continuer à les tromper ou tout détruire en se révélant. Toujours est-il qu'il fit un petit sourire à la demoiselle, s'apprêtant à lui dire quelque chose. Une autre chose, cependant, l'en empêcha.

    Il ressentit une drôle d'impression. C'était infime, et il sentait vaguement le hasard de la manoeuvre. Mais ses sens un poil trop affinés ne pouvaient le laisser passer à côté du fait que quelqu'un utilisait la magie. A vrai dire, s'il n'avait pas autant travaillé, et qu'il n'était pas si doué, il n'aurait absolument rien remarqué. Or, présentemment, il était tendu comme un arc : pour Gabriel, que quelqu'un emploie la magie était un signe de danger. Il se raisonna bien vite : le sort lui semblait vraiment mineur et, à moins que le Sya qui y était associé soit un maître dans l'art de la dissimulation, ce ne devait pas être bien dangereux. De plus, il y avait du monde, dans ces allées marchandes, ce qui ne rendait que plus probable l'usage de la magie. Il ne devrait donc pas s'en inquiéter, le sort lui paraîssant donc des plus innofensifs. Une seconde chose l'interpella alors : le changement d'expression opéré sur le visage de Misaki. Envolée, sa joie naïve. Le tyran n'eut pas le temps de s'enquérir de ses soucis qu'elle l'avait déjà saisi par le bras. Les questions fourmilliaient dans l'esprit du jeune homme. Avait-elle sentit la magie, elle aussi ? Impossible. Elle n'était pas si douée. C'était donc certainement elle qui était à l'origine du sort, quel qu'il soit. Ou alors, elle avait remarqué quelque chose qui avait échappé à notre génie. Ou les deux. Elle l'entrainait à sa suite, l'air visiblement pressé de quitter ce lieu bondé. Gabriel, qui s'interrogeait encore profondément sur les raions du geste de la demoiselle, ne tenta même pas de la retenir. Il finirait bien par connaître les causes de ce soudain empressement... Et ce, même plus tôt qu'il le pensait.

    On l'interpella, et son sang se glaça, aussi bien à cause de cet appel que par l'identification de la personne qui avait prit la parole. Il s'arrêta donc, pour se retourner vers Monsieur Lowy, qui semblait mi-supris, mi-heureux de le voir. Gabriel ne l'avait pas remarqué plus tôt pour la simple et bonne raison que Monsieur Lowy possédait un certain Potentiel et qu'il savait dissimuler ses pensées. Or, comme Gaby n'avait fait aucune fouille pour savoir si des gens qui risquaient de le reconaître étaient présents... Le chef de la Resistance se maudit de ne pas avoir utilisé un sort pour passer inaperçu. Ce n'était pas comme si la situation était dramatique, mais il n'avait aucunne envie de parler à Lowy dans l'immédiat. Cependant, il ne laissa pas son sentiment parraîte sur son visage d'ange. Au contraire, il accueillit le directeur de l'orphelinat avec un léger sourire, mi-chaleureux et mi-distant. Sa main gauche se posa bièvrement sur la main de Misaki, qui enserrait toujours son autre bras, afin de la rassurer, en quelques sortes. Il ne savait toujours pas exactement ce qu'il s'était passé entre ces deux-là, quoi qu'il eut des doutes - il attendait que l'un ou l'autre lui en parle, idée qu'il trouvait bien plus séduisante que de fouiller dans l'esprit du père - mais cela provoquait visiblement chez eux une haine sans bornes l'un envers lautre. La lègère envolée de ses doigts sur ceux de Misaki était également, sans trop qu'il s'en rende compte, une manière pour lui de signaler qu'il ne l'abandonnerait pas au profit de Lowy. Personellement, evers le père de Sakura, il avait jadis éprouvé une affection particulière. Aujourd'hui, même s'il continuait à le respecter, il n'aimait plus trop le savoir près de lui... En grande partie parce que cet homme conaissait un peu trop bien l'agent double et qu'il était le plus à même de deviner sa double identité. Or, Sund persistait à vouloir opérer dans l'ombre.

    Il l'avait reconnu à sa démarche, donc. Cela ne faisait que confirmer ce que pensait le despote : le directeur, pour l'avoir vu grandir, le connaissait trop. Il pourrait poser problème, à l'avenir... Il allait donc devoir réfléchir au moyen le plus sûr de conserver son secret, de préférence sans éliminer son aîné. Gabriel estimait avoir encore un peu de temps pour y réfléchir.Comme il le craignait, Lowy aborda sa sortie... Ou pas. En fait, il se contenta de l'évoquer, et Gaby lui répondit par un petit sourire contrit, comme un enfait prit en faute. Il s'excuserait par la suite d'avoir prit des risques. Lowy ne semblait penser qu'à une chose : le Bal. Celui-ci causait décidément pas mal de problème à notre cher tyran... Tyran qui se fit modèle de galanterie, en tendant sa main libre vers Misaki, dans le but évident de porter le sac. En même temps, il répondit à son interlocuteur, ses fins sourcils délicatements froncés et un petit sourire désolé au coin des lèvres.


    " Désolé, j'avais besoin de prendre un peu l'air... Le Bal ? Vous êtes sûr que nous sommes au bon endroit pour en parler ? "

    Vouvoiement, en réponse à celui de Lowy. D'ailleurs, depuis combien de temps le vouvoyait-il ? Il se souvenait encore que, quand il n'avait qu'une quinzaine d'années, si lui s'adressait en employant le " vous" à monsieur Lowy, l'autre le tutoyait. N'était-ce pas quand son Potentiel avait commencé à flamber ? Ou alors, dès son passage à l'âge adulte ? Ou encore, une fois qu'il lança la Résistance ? Gabriel ne le savait plus, mais cela le désolait sans qu'il n'en parle. Il préférait quand même quand Lowy, qu'il voyait comme une figure paternelle, dans le sens où il aurait souhaité l'avoir pour beau-père du vivant de Sakura, le tutoyait, plutôt qu'il dresse entre eux la barrière polie du vouvoiement...


Dernière édition par Gabriel Jewel le Jeu 10 Déc - 9:25, édité 1 fois
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Mer 9 Déc - 9:47


    Misaki frissonna.
    Que ce soit à cause de la présence de son père où de la sollicitude de Gabriel, elle ne savait pas trop. Cependant, malgré le geste rassurant, elle demeurait crispée. Pire, elle ne sut si elle devait donner le sac de chocolat à Gabriel ou non. Si jamais elle le faisait, son énergumène de géniteur la mépriserait pour son manque de civilité. A l’inverse, si elle le gardait, il pourrait se faire des idées saugrenues. Comme si Misaki pouvait considérer Gabriel comme un voleur ou Uen sait quoi encore. Après un bref instant de réflexion, elle se rendit compte que celui qu’elle incommodait le plus dans l’affaire, c’était son colocataire. Elle lui tendit donc le sac : avec un peu de chance, il lui prendrait l’envie de manger un peu de chocolat, et si ce n’était pas ce qu’il y avait de meilleur pour la santé, cela n’en restait pas moins quelque chose dans l’estomac de môssieur-je-vire-à-l’anorexique.

    Dans le fond, la jeune fille ne savait pas trop ce que Gabriel pensait de son père. En sa présence, il avait toujours été poli, humble et sobre, à le vouvoyer, même s’ils se connaissaient depuis longtemps. Pourtant, par expérience, elle savait que ce qu’affichait Gabriel n’était pas toujours ce qu’il pensait vraiment. Elle l’avait constaté une ou deux fois après des réunions. Enfin, dès le départ, elle l’avait sentit un peu comédien sur les bords. Comme ses pouvoirs ne fonctionnaient pas sur elle, elle était plus à même de noter certains de ses penchants pour la dissimulation et autres manipulations. Rien de bien inquiétant, elle en déduisait seulement que Gabriel aimait qu’on le laissât en paix, mais qu’il appréciait aussi qu’on le considérât comme quelqu’un de bien, qu’on l’appréciât. Ce qui était entièrement justifiable, du point de vue de la résistance, qui plus est.

    Elle fixa M.Lowy d’un œil mauvais, alors qu’il rétorquait :

      « Cela me semble pourtant le moment opportun, justement ! Je ne pourrais pas me rendre à la prochaine réunion sur le sujet, j’ai des affaires à régler à l’orphelinat. Or, je n’ai que quelques précisions à vous demander, rien de bien méchant. Vous avez bien quelques minutes à accorder à un vieil ami, Gabriel ? »


    Un vieil ami ?
    « Hypocrite ! » eut envie de hurler Misaki. Un vieil ami, c’était seulement depuis qu’il connaissait son potentiel, comme tout le monde. Parce que Gabriel était apprécié comme le petit génie de l’Orphelinat, que n’importe qui aurait été fier d’accueillir ! Parce qu’aujourd’hui Gabriel représentait l’espoir des Watériniens, il se glissait sournoisement à ses côtés, se parant du affectif qu’il se targuait de posséder. En marque de respect, le vouvoiement, évidemment.
    La petite Kurohana s’abstint néanmoins de tout commentaire. Bien entendu, elle aurait adoré se placer entre les deux et s’exprimer d’un ton hautain. « Désolée, Sir Gabriel a des affaires plus importantes à régler aujourd’hui. Veuillez prévenir plus tôt à l’avenir ». Enfin, c’était à Gabriel de prendre ce genre de décisions, pas à elle. Agir de façon déplacée serait une erreur, elle en était totalement consciente.

    Puis, il ne l’abandonnerait pas, hein ?
    Il ne la planterait pas là, au beau milieu de la rue, sous prétexte d’avoir à parler avec M.Lowy. Cela lui donnerait l’impression débile de « la conversation d’adulte », et elle, petite fillette, s’en verrait écartée de la façon la plus humiliante possible. Mais comme la fillette aux allures de poupées en porcelaine n’était autre que Misaki Kurohana, elle se sentirait obligée de sourire, et de partir d’une démarche faussement guillerette, pour ne pas avoir à montrer sa jalousie et son amertume. Ni ses larmes.
    Résolue, elle décida d’user de ses prédispositions, quoi qu’elle ne sût pas vraiment si elle était en mesure de parvenir à l’affiner de la sorte. Elle tenta de se concentrer uniquement sur M.Lowy, histoire de voir ce qu’il avait derrière la tête, ou au moins, derrière ce qui devait lui servir de cœur, puisque Misaki n’était pas télépathe de nature, mais bien prédisposée à l’empathie. Les émotions des individus des environs s’estompèrent les unes après les autres, jusqu’à ce qu’elle puisse se focaliser sur son paternel détesté.
    Rien, le néant.

    Qu’elle était bête !
    Il avait évidemment un potentiel nettement supérieur au sien. Contrariée comme une enfant, elle ne pouvait que ronger son frein aux côtés de Gabriel, tout en écoutant les babillages du directeur de l’orphelinat. Elle tenta de se forcer au calme, de ralentir les battements de son cœur. Puis, elle se détacha de Gabriel : il serait vraiment embarrassant que Lowy le remarquât et la considérât comme une pauvre bête apeurée accrochée à Gabriel. D’autant plus qu’elle vivait déjà chez ce dernier, à ses dépends. Elle n’avait pas à s’en plaindre, mais souvent, elle se demandait si ce n’était pas un peu trop. Nourriture, vêtements, caprice… Parfois, Misaki pouvait se montrer très dépensière. D’autres, très raisonnable… Néanmoins, une chose état sûre : elle demeurait une charge supplémentaire pour le chef de la Résistance, et elle ne trouvait pas grand-chose à faire en contre partie.

    Elle se secoua mentalement pour chasser ces sombres pensées de sa petite tête : il n’était certainement pas question de se remettre en question maintenant. Ce n’était pas vraiment le moment, encore moins l’endroit adapté. Si elle doutait parce qu’elle se trouvait en face de son père, cela ne faisait que souligner sa faiblesse.
    D’ailleurs, lui-même, au fond, ne se posait-il pas des questions ? Ou bien songeait-il naïvement que si Gabriel s’occupait de Misaki, ce n’était que parce qu’il éprouvait de la pitié pour elle ? Car, si une chose était certaine, c’était que Sir Jewel savait parfaitement que le directeur et la sœur de Sakura ne s’entendaient pas bien du tout. Ou du moins, elle haïssait son père et ce dernier se contentait d’ignorer la jeune femme, de faire comme si elle n’avait jamais exister. Puis, ça s’arrêtait là, à moins qu’il eût mené quelques investigations, Gabriel n’était pas sensé en savoir plus.
    Misaki lui jeta un coup d’œil en biais.
    Que savait-il ?
    Et surtout, qu’en était-il réellement ?
    Depuis qu’elle vivait avec lui, il n’avait de cesse d’esquiver les questions auxquelles il refusait de répondre. Qu’il lui proposât de venir chez lui pour la dépanner quelque temps, elle voulait bien. Cela ne lui posait pas vraiment de problème. Elle avait pensé trouver un travail, mettre de l’argent de côté puis se trouver une maison. Sauf que ça ne s’était pas vraiment passé comme cela, puisque son hôte avait insisté pour qu’elle aille à l’académie. Elle avait fini pas céder, puisqu’elle avait intégré la Résistance, cela impliquait donc qu’elle sût se défendre de manière correcte, en vue de la qualité de son don. Puis, elle n’avait pas trouvé le temps de trouver du travail, entre les cours, le retard qu’elle avait sur les autres élèves de son âge et la Résistance. Sans compter qu’elle passait de plus en plus son temps à vérifier si Gabriel se nourrissait un tant soit peu.
    Bref.

    Elle se demanda brièvement ce qu’il adviendrait si son père venait à mourir –sans souhaiter son trépas pour autant. Gabriel s’arrangerait-il pour qu’elle hérite de la pension Lowy ? Cela ne serait que justice, elle était la seule descendante de la famille à ce jour. Avec la fortune que cela impliquait, et la place privilégiée au sein de la ville, cela lui permettrait de devenir indépendante, de continuer à financer la Résistance. Cela lui incomberait aussi de nouvelles responsabilités, dont les orphelins, diverses tâches municipales et autres détails dans ce genre.
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MessageSujet: Re: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Lun 21 Déc - 0:09

    Gabriel attendait donc que la demoiselle lui donne le sac. Pour lui, il était inenvisageable qu’elle ne le fasse pas… Et pourtant. Pourtant, l’espace d’un instant, il crut qu’elle allait le conserver, pour une raison bien obscure puisqu’il ne pouvait pas fouiller dans son esprit pour le savoir. Cela l’embêtait beaucoup, présentement. Le Don de Misaki pouvait le gêner énormément, par moments. Bien entendu, il jugeait qu’il était bien plus amusant d’avoir cette part de mystère, d’imprévisible… Mais parfois, cela l’agaçait plus que de raison. Ce matin là, il se situait entre les deux. De toutes façons, elle n’hésita pas bien longtemps, et il put ainsi s’emparer du sac et être tranquille à son propos. Souci mineur que cette histoire de sac, mais cela lui permettait de mieux se concentrer sur le reste. Sur le bruit de la foule, mais aussi et surtout sur Lowy. Non, il ne mangerait pas de chocolat ou, du moins, pas dans l’immédiat. Il n’en avait toujours pas envie.

    Cela dit, il se concentra donc de nouveau sur le directeur de l’Orphelinat et sur ses paroles. Gaby se sentait prit entre deux feux, seul avec Misaki et le père de celle-ci. Certes, l’ambiance n’était pas non plus très joyeuse entre ces deux-là durant les réunions de la Résistance. Mais au moins n’était-il pas seul avec eux, ce qui atténuait sérieusement cette sensation désagréable qu’il avait de se trouver au beau milieu d’une guerre froide sans pouvoir rien faire pour régler le conflit, à défaut de savoir ce qu’il s’était exactement passé entre les deux protagonistes. Or, présentement, cela devenait presque insoutenable, entre un qui ignorait superbement une autre qui lui lançait des regards mauvais. Il avait hâte, d’une façon ou d’une autre, de se tirer d’une ambiance aussi mauvaise. Et, si l’expression employée par cet homme qui l’avait vu grandir le gêna fortement, il ne s’agissait pas moins d’une porte de sortie qu’il venait de lui offrir, et qui lui permettrait enfin de se tirer de cette ambiance détestable. Vieil ami… Il n’allait certes pas le contredire, Gabriel était bien trop poli pour cela. Cependant, en son fort intérieur, il ressentait que, même si Lowy l’appréciait sincèrement, il ne pouvait parler d’amitié. Premièrement, parce qu’il y avait la simple barrière de l’âge, de la génération entre eux. Certes, cela faisait très préjugé. Mais dans la mesure où Lowy avait vu grandir notre petit tyran, ledit tyran ne pouvait pas le voir comme un ami. Ensuite, il y avait eu ses sentiments envers Sakura. Même si Lowy ne les avait, aux dernières nouvelles, jamais connus, le jeune homme ne pouvait s’empêcher d’ajouter de ce fait une barrière à une éventuelle amitié envers le père. Enfin, la dernière raison, la plus simple et certainement la plus triste, était que Gabriel considérait qu’il n’avait pas d’ami. Cela ne lui manquait pas, il s’estimait très bien sans.

    Mais si la formule de Lowy le dérangea quelque peu, il lui offrait quoi qu’il en soit un moyen de se débarrasser de cette sensation désagréable qu’il avait en se trouvant entre les deux parents. En effet, Gaby pouvait très facilement accepter de répondre aux questions du directeur et, puisqu’elle n’aurait rien à faire dans cette conversation, laisser Misaki se débrouiller. Après tout, elle n’était plus une enfant, plus vraiment, et elle connaissait un minimum la ville… Elle ne devrait donc pas avoir de problèmes dans celle-ci. Malheureusement, rien n’était aussi simple. Gabriel ne pouvait pas faire ça. N’allez pas croire à de la gentillesse, même factice, comme il avait l’habitude de la distribuer. Ou, si s’en était, il n’en avait même pas conscience. Il n’arrivait pas à accepter l’idée d’abandonner la jeune fille. Car pour lui, l’orphelin solitaire, cela s’apparenterait bien trop à un abandon. Ne pensez pas non plus qu’il se projetait en Misaki, bien que ce genre de situation lui soit arrivées de temps à autres. Mais il préférais éviter d’agir ainsi. En fait, même lui ne savait pas pourquoi il ne voulait pas la laisser seule, et partir avec Lowy ce qui, au fond, resterait l’attitude la plus normale qu’il pourrait adopter. Ainsi, il hésita un court instant quand à la conduite à adopter.

    D’un côté, il ne voulait pas froisser le directeur de l’Orphelinat. De l’autre, laisser Misaki seule lui était inconcevable. Et il savait qu’il serait très éprouvant pour lui de subir un peu plus longtemps cette froide animosité. Gabriel regarda donc brièvement la demoiselle à son côté, avant de jeter un fugace regard derrière lui, histoire de paraître bien parano. Certes, il ne se contentait peut-être pas de le paraître. Mais au moins, se montrer ainsi pouvait facilement donner l’impression que ce n’était pas exactement sa colocataire que le jeune homme avait cherché à regarder, mais plutôt les gens derrière elle, la foule, bref, tout ce qui pourrait éventuellement le mettre en danger. Décidément, il ne pouvait pas l’abandonner. Ce n’était pas de la compassion ou de la sollicitude aussi stupide qu’inutile, ni même une marque d’un quelconque altruisme… Juste le sentiment qu’il ne supporterait pas lui-même de faire cela, sans comprendre précisément pourquoi, chose qui l’agaçait sérieusement. Il pouvait après tout très bien prétendre qu’il avait laissé une tonne de travail à la maison… Qu’il n’avait pas prévu de s’attarder au dehors, et qu’il était justement en route pour rentrer… Ce ne serait même pas vraiment un mensonge, vu comme il était débordé. Et puis, il pourrait lui proposer une alternative qui risquait fort de plaire au père de Sakura… Même si Gabriel risquait de s’en trouver fort embêté. Aussi se lança-t-il, avec un petit sourire gêné, dans sa proposition.


    " Je suis vraiment navré… Je ne crois pas que dans l’immédiat, ce soit possible. Je ne comptais pas m’attarder ici, non seulement pour des raisons de sécurité mais aussi parce que j’ai encore énormément de travail. Mais, si vous voulez, je pourrais passer vous voir un peu plus tard dans la journée, ou dans les jours suivants ? "


    Oui, cette alternative pouvait être intéressante pour Lowy. D’abord parce qu’il aurait ainsi toutes les cartes en mains, qu’il pourrait choisir exactement le moment qui l’arrangeait. Quel que soit le moment, Gabriel lui répondrait sûrement oui. De plus, il pourrait aussi passer un peu plus de temps avec le chef de la Résistance, qui serait par ailleurs un peu moins tendu à cause de la foule dans d’autres conditions. Enfin, raison non négligeable et que craignais beaucoup Gabriel, c’était que lui aussi semblait se faire du soucis par rapport à la relation que Gabriel entretenait actuellement avec la nourriture. Aussi, choisir de l’inviter au moment du dîner, par exemple, était le moyen le plus sûr de le surveiller au cours d’un repas et de s’assurer qu’il se nourrisse convenablement au moins une fois dans la journée. Cette alternative, vous vous en doutez, ennuierait beaucoup notre despote, qui priait secrètement pour qu’elle ne soit pas choisie par le directeur…
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Misaki Kurohana

The Puppet.

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Magie : ♦️ Eléments ♦️ Eau, Vent.
♦️ Prédisposition ♦️ Empathie, Prescience, Chance.
♦️ Don ♦️ Annulation.
Localisation : ♦ Jamais bien loin de Gabriel.
Occupations : ♦ Etudiante à l'Académie, Résitance.
Humeur : ♦ Légère, la plupart du temps.


MessageSujet: Re: Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]   Mer 27 Jan - 19:29

    Prière.
    Misaki priait Uen et toutes les divinités qui lui venaient à l’esprit pour que Lowy s’en allât. Après tout, cela ne serait que justice, qu’il laisse un peu de liberté à sa fille après tant d’années de captivité. Quelle ironie. Cette pensée sarcastique amena la petite Kurohana à froncer les sourcils. Décidemment, elle ne s’arrangeait pas en présence de se grossier personnage. Elle avait certes l’esprit tordu, mais en général, plus dans le sens loufoque du terme. A ce rythme là, elle se verrait bientôt à concevoir des plans machiavéliques à l’instar de Sund-le-vilain-tyran-lui-même. Ô joie.
    Quoi qu’il en soit, elle ne rêvait que d’une chose : rentrer à la maison pour se grignoter du chocolat, prendre un bon bain chaud et faire son travail pour l’Académie : elle avait un devoir d’histoire à rendre pour le mardi suivant. Oh, vous devez vous dire que, lorsque l’on vivait avec Gabriel, rien n’était bien difficile ? Détrompez-vous : jamais Misaki ne s’abaisserait à lui demander de faire ses devoirs pour elle. Son hôte était d’ores et déjà bien occupé avec ses propres obligations pour qu’elle ne l’obligeât à prendre soin d’une étudiante paresseuse.
    En un sens, Gabriel se présentait bien plus comme un membre de sa famille que son propre père. Elle partageait sa vie que depuis quelques mois, et elle avait l’impression de devoir veiller sur un grand frère buté, toujours convaincu qu’il pouvait supporter seul son fardeau. Et qu’il pouvait cesser de se nourrir impunément ! En contre partie, il passait son temps à lui dire de se couvrir, il l’hébergeait et la supportait les nuits d’orages. Même s’il était relativement ronchon, maniaque des épis des le matin, et peu bavard, elle estimait qu’elle s’entendait bien avec lui. Qu’elle l’appréciait.
    D’un regard en biais, elle observa le bonhomme qui lui servait de géniteur.
    Seul le mépris lui vint à l’esprit.

    Monsieur Lowy sembla capituler.
    Gabriel était-il un si fin rhétoriqueur, ou le directeur de l’Orphelinat avait-il tendance à se laisser mener par le bout du nez ? Allez-savoir. Quoi qu’il en soit, il allait céder à la demande de Gabriel, laissant ce dernier en paix. Et elle, par la même occasion. Elle allait enfin pourvoir vaquer à ses occupations et s’apaiser.

    « Oh ! Dans ce cas, je serai ravi si vous pouviez passer déjeuner demain. Les enfants seront heureux de vous voir, qui plus est ! »

    Ah.
    Beaucoup moins sympathique, tout ça : Misaki devrait se trouver quelqu’un d’autre avec qui manger ce dimanche. Après tout, la tradition Waterinienne ne se perdait pas à ce sujet : le dimanche était une journée que la plupart des gens passaient en famille. Même si cela la rendait un peu triste, elle ne pouvait que sourire en imaginant Gabriel au milieu de tous ces orphelins en admiration devant lui, en train de manger à la table du directeur. Bah, peut-être irait-elle enquiquiner l’ami Catterson. L’avantage avec lui, c’était qu’elle était toujours la bienvenue, et elle n’avait à supporter que les surnoms extravagants, « Fleur de Lys », ou quelque chose dans ce goût là… Il n’en restait pas moins un homme fort aimable et d’agréable compagnie, même si Gabriel n’était pas vraiment de l’avis de la jeune fille.
    Bref. M.Lowy ne prit pas la peine d’écouter la réponse de Gabriel, qui de toute façon, était positive. Il devait suffisamment connaître ce dernier pour savoir qu’il accepterait… Quoi que. Si c’était vraiment le cas, il devrait aussi savoir que ça l’ennuyait, non ? Car même s’il ne le montrait pas, Misaki sentait bien cette contrariété qui émanait dans l’air.

    Elle regarda quelques secondes la silhouette de son paternel s’éloigner, encore secouée par cette rencontre inopinée. C’était bien le genre de chose dont elle se serait volontiers passé. Enfin terminé. A croire que le destin avait placé l’odieux personnage sur son chemin. Un moyen de lui faire regretter ses actes passés ? Misaki l’ignorait : les jugements d’Uen n’étaient pas accessibles aux pensées des mortels. Cela n’en restait pas moins une rencontre dont elle se serait volontiers passée.

    Son regard d’acajou vint trouver celui de son bienfaiteur, dont elle avait enfin lâché le bras. Bien des émotions l’envahirent, mais ce n’était pas le moment de se laisser aller. Encore moins devant Gabriel. Elle ne voulait pas qu’il sût combien elle détestait son père, alors que Gabriel avait passé bien des années à l’orphelinat, et qu’il appréciait certainement le personnage de Monsieur Lowy. D’ailleurs, Misaki était certainement la seule personne avec qui il s’était mal comporté : jamais un seul des orphelins ne s’était plaint, ni quoi que ce soit.

    « On rentre ? »

    Que dire de plus ?

    La question avait été posée sur le ton le plus enjoué possible. Rien de très naturel, mais qui avait le mérite de ne trahir qu’un léger stress. Question joie de vivre, Misaki en connaissait un rayon, alors, ce genre de situation ne devrait pas lui poser trop de problèmes après tout. De toute façon, du moment qu’il n’y avait pas d’orage, elle pouvait rester relativement forte. Gabriel ferait bien de le remarquer avant qu’elle ne lui pète un câble, d’ailleurs. Personne ne voudrait savoir Gaby-chou pendu à son balcon sous prétexte qu’il refusait de manger, n’est-ce pas ? Imaginez un peu la tête de James face à ce spectacle…
    Un jour, elle proposerait cela à Gabriel. Une mauvaise blague à l’insupportable James Catterson pourrait toujours le divertir un peu. Misaki espérait seulement qu’il n’accepterait pas dans l’espoir de voir périr le jeune Résistant d’une syncope dans la seconde qui suivrait…
    Ah, ce pauvre James…
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Ame en peine, ou peine des âmes... [Libre~]

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