Vous voici à la merci du Tyran...
 
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 Just gonna stand there and watch me sink ? [Eres ♪]

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Misaki Kurohana

The Puppet.

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MessageSujet: Just gonna stand there and watch me sink ? [Eres ♪]   Sam 11 Sep - 19:52

    Besoin d’air.
    De liberté. Misaki avait éprouvé ce désir irrépressible de fuir. Fuir la demeure Jewel, étouffée par le deuil. Fuir ses responsabilités auprès de la Résistance malmenée. Fuir l’Académie, où les jeux d’enfants devenaient une version miniature de la situation de l’île. Fuir les rues de la ville, dans lesquelles chacun se fixait avec une méfiance non contenue. Elle voulait échapper, aussi, à l’oppression constante, l’influence malsaine du maître autoproclamé de l’île, à cette nuisance asphyxiante qui polluait l’adolescente.
    Et pourtant, maintenant qu’elle se trouvait sur cette plage isolée, elle se sentait toujours la même : égarée dans un monde déchiré, accrochée à une existence vaine et misérable. Le vent charriait l’iode contenue dans l’air marin agitait sa chevelure déjà malmenée. Son regard d’acajou avait beau se perdre dans l’immensité devant elle jusqu’à l’horizon où mer et ciel se rencontraient, elle avait beau se laisser bercer par le son des vagues qui s’échouent sur le sable, rien ne parvenait à apaiser réellement son esprit. Ses pensées demeuraient semblables à l’océan de novembre, houleuses et imprévisibles. Il y avait dans ce calme apparent quelque chose de cruel, car l’agitation était pareille à une tempête dans les profondeurs, les courants traitres et lames de fonds n’avaient de cesse de l’entraîner dans les eaux les plus sombres et les plus glaciales.

    Elle frissonna.
    Son manteau en laine gris perle ne la protégeait pas vraiment du froid mordant, ses collants noirs étaient bien trop fins pour la saison. Elle regrettait de ne pas s’être couverte un peu plus, et d’avoir oublié son écharpe sur son lit en parant. Elle soupira. Inspira une grande bouffée d’air marin, avant de ramener une mèche derrière son oreille – en vain, car aussitôt une nouvelle bourrasque l’ébouriffa à nouveau. Heurtée par le tumulte qui l’habitait, elle fit quelques pas. D’abord en avant, pour que le bout de ses bottes caresse l’écume laissée par les flots sur le sable mouillé. Puis en arrière, pour s’enfoncer un peu plus le sable, pour pousser les grains agités par la brise capricieuse à chacun de ses pas, pour les contempler, tournoyants autour d’elle.

    Reculer encore.
    Inspirer.

    Tournoyer sur soi-même.
    Expirer.

    Contempler les cieux.
    Inspirer.

    Espérer s’envoler.
    Expirer.

    Un pas, de plus, en arrière, la nuque douloureuse à force de fixer le ciel gris.
    Et la chute, inattendue. Misaki sentit le sable céder sous son poids, et ne comprit trop tard qu’elle se trouvait au dessus d’une galerie creusée par une de ces énormes taupes des sables que l’on trouvait sur l’île. Peut-être que si elle avait prêté plus attention à l’endroit où elle posait les pieds, elle aurait pu constater le relief particulier qui caractérisait le passage de l’animal. Peut-être. En attendant, elle sentait le sable retomber sur elle, jusqu’aux épaules, se resserrer sur elle comme pour l’aspirer. De ses mains, elle essaya de s’agripper, mais elle ne trouvait aucune prise, les grains de sable fuyaient sous ses doigts, et inexorablement elle se sentait attirée vers le bas, vers les profondeurs de cette galerie où elle finirait enterrée vivante.

    Inutile de crier.
    Elle savait pertinemment qu’il n’y avait personne dans les alentours… Qui irait se perdre sur une plage isolée, si ce n’était une jeune fille poussée par les instances du désespoir ? Elle ravala un sanglot silencieux, planta encore ses doigts dans le sol friable au possible, se cramponna, usant des rares forces qui habitait son être, crispant le moindre de ses muscles pour lutter contre le poids imposé par ses jambes déjà prisonnières. Elle glissait, encore et encore, inexorablement, dans la galerie. Où était donc Gabriel ? Ne sentait-il pas sa détresse, son potentiel ne portait-il pas si loin ? Si, certainement, fallait-il encore qu’il fût focalisé sur elle. Or, le grand Gabriel Jewel avait bien d’autres choses à faire, comme libérer l’île du tyran. Au point de se moquer totalement de la mort de James Catterson. Au point de négliger sa propre santé.
    Elle glissa encore un peu plus.

    S’agrippa de plus belle.
    Non ! Elle ne voulait pas mourir étouffée bêtement. Elle refusait de laisser Waterin aux monstres sans se battre ! Elle voulait vivre, profiter un jour de sa liberté. Elle souhaitait poursuivre son existence, sa quête d’un monde meilleur. Elle ne pouvait pas se laisser aller…
    Et pourtant, elle glissa encore, un peu plus, sa tête en dessous du niveau de la mer désormais, ses mains tendues vers le ciel pour tenter de se retenir, ses doigts s’enfonçant sur la paroi, malgré le sable qui courrait le long de sa peau, malgré le froid et l’humidité qui gagnaient ses membres, l’effort fourni qui engourdissait chaque seconde un peu plus ses membres déjà fatigués. La lassitude la gagnait, même si elle luttait avec la force du désespoir. Hélas, plus elle s’agitait, plus elle s’enfonçait.

    Franchement…
    Qui irait se perdre sur une plage isolée ?
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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Just gonna stand there and watch me sink ? [Eres ♪]   Dim 12 Sep - 4:04

But thats alright because I like the way you swim ~

Qui, hein ? Je vous le demande ! Non mais franchement, quelle idée… débile !

C’est exactement ce que pensait Eressëa Sùlë Hravan, maugréant contre cet imbécile de Sterval qui était parti planquer le butin de la nuit passée dans une grosse boîte sous le sable… Il y en avait qui lisait trop, décidemment. Sterval… Cette espèce de crevette agile et pratique, aussi loquace qu’un macchabée mort d’un décès, se révélait un compagnon précieux dans les larcins mais… Tellement bête. Eres lui avait demandé de cacher le petit coffre deux jours, et lui… Il lui annonçait innocemment qu’il l’avait enterré sur une plage tantôt rongée par les taupes, tantôt recouverte par la marée ! Crétin ! Résultat, au lieu de prendre paisiblement son jour de congé, Eres devait aller jouer les chercheurs de trésor, pelle en main, avant qu’un myope animal ou la bougresse de mer ne le lui souffle !

Enfonçant rageusement ses bottes dans le sable, il se remémora rapidement l’opération de la veille, étudiant scrupuleusement la question suivante : Sterval méritait-il réellement sa paye ? Tout avait commencé avec une rumeur dans les quartiers : la vieille Glhisbée aurait été hospitalisée après avoir glissé dans ses escaliers. Ce que ça faisait ? Ca faisait qu’après avoir descendu vingt marches de pierres sur un derrière vieux de huit décennies, on ne songeait surement pas à remettre les charmes de fermeture de porte en place ! Eres avait donc contacté Sterval dont le pouvoir consistait à effiler tant ses doigts qu’il pouvait les insérer dans les serrures les plus compliquées pour les crocheter. La fripouille blonde avait toujours trouvé cela répugnant, mais bon, c’était pratique… Eres s’était ensuite faufilé dans la demeure, ombre parmi les ombres et… Sterval avait déclenché l’alarme, juste derrière lui. Un chien. Un idiot de chien l’avait vu. Exaspéré, Eres l’avait laissé se faire courser par le cabot -affamé depuis le temps que la vieille était partie- pour s’occuper de la part du boulot. Après avoir fourré un maximum de bijoux dans un coffret trouvé sur une commode, le larron s’apprêtait à fuir comme un voleur mais… Le pauvre Sterval, perché sur une armoire, l’avait apitoyé et Eres l’avait délivré en trouvant un steak avarié dans le sellier. Le corniaud fou s’était décidé pour la viande plutôt que pour les cuisses rachitique de la crevette.
Mouais… Sterval n’avait pas servi à grand-chose, en définitive…

Avec un soupir las, Eres lança un regard circulaire sur les lieux. Personne. Parfait. Voyons… Un rocher aux airs d’otarie… Hinhin… En plus d’être un imbécile, La Crevette avait une imagination débordante… Où avait-il pu planquer ces fichus bijoux ? Alors qu’il s’approchait d’un récif à la forme vaguement plus étrange que ses confrères, un mouvement attrapé au coin de l’œil attira le regard de la crapule… C’était… Une main ? Il amorça un recul épouvanté : une main ? Comme… Comme une main ? Qui sort du sable ? C’était… C’était affreusement glauque !

Sceptique, Eres s’approcha dudit membre avec circonspection… Puis remarqua la bosse sur le sable qui trahissait un tunnel taupinier. Ha… C’était donc ça. Il poussa un soupir de soulagement et s’approcha d’un pas plus assuré, posant sa pelle : ce devait être un bleu qui s’était fait avoir. Lui-même, petit, était tombé une fois… Il avait cru à sa fin. Heureusement, Valentin était venu le tirer de là.

Un sourire goguenard commençant à étirer ses lèvres, Eres se pencha au dessus du trou et, avisant une petite tête brune, s’apprêtait à lancer une pique bien sentie quand il remarqua que la fameuse main était en réalité une petite menotte fragile… Ha… C’était une gosse. Il soupira à nouveau, coupé dans son élan, et ravala sa verve pour se restreindre à un simple :

« Hé, la Taupe ! Un coup de main, sans doute ? »

Ce qui n’était bien entendu pas une question mais un simple avertissement : il était là. Il saisi les deux mains de la future noyée entre ses grosses pattes. Et… La pauvre créature leva vers lui… Ciel… Deux prunelles d’un brun chaleureux plantées dans le visage de… Misaki Kurohana. Pas de doute. C’était ce fichu Grain de Sel. Sur le coup, il faillit la lâcher, comme piqué par une abeille particulièrement hargneuse, mais après avoir grommelé un juron aussi élégant que la situation l’en inspirait, il se reprit. Non mais celle-là décidemment… Qu’est-ce qu’elle ne ferait pas pour le faire rompre sa promesse ! Après s’être échappé pour cavaler dans Waterin, elle rejoignait les rangs d’un jeune dingue, manquait de se faire calciné à Halloween et tout ça pour finir… Dans une galerie taupinière. Franchement triste.

« Accroche-toi. » maugréa-t-il avec humeur.

Et sur ce, il la hissa à lui sans plus d’effort que s’il extrayait un couteau d’une plaquette de beurre -qu’on nous pardonne la comparaison.
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: Just gonna stand there and watch me sink ? [Eres ♪]   Lun 27 Sep - 10:11

    Elle agrippait, fébrile, les mains de son sauveur.
    Même lorsqu’enfin, elle fut extirpée de la taupinière, ses menottes allèrent chercher n’importe quoi, tant que ce ne fût du sable : des vêtements. Elle reprenait difficilement son souffle, choquée en réalisant qu’elle venait de frôler – stupidement – la mort. Du revers de sa manche, elle tenta d’enlever le sable sur son visage et sur ses lèvres, dans le but d’épargner sa bouche et ses yeux. Du sable… Elle en avait partout, provocant de désagréables démangeaisons : dans ses vêtements, sous ses ongles, dans ses cheveux… Elle aurait donné n’importe quoi pour une rafale digne de ce nom, ou ne serait-ce qu’une bonne douche. À genoux, des mèches retombant sur son front, la respiration haletante, elle imagina quel spectacle idiot elle devait donner à voir. Mais impossible de bouger pour le moment, tant elle était habitée par la peur, et l’impression que ses jambes demeuraient prisonnières de la galerie.

    Ce fut seulement lorsqu’elle eut repris son souffle qu’elle leva à nouveau les yeux vers son sauveur, et articula un timide « merci ». Enfin, elle manqua de s’étrangler, notant les quelques ressemblances avec le mystérieux individu du Bal. Cette stature, ce regard, ce timbre de voix, ces cheveux… était-ce lui ? Elle ne pouvait être certaine, mais… Soudain elle ne savait si elle devait haïr cet homme, pour l’avoir empêchée de se rebeller, elle aussi, quitte à finir dans le même état que James Catterson. La colère qu’elle éprouvait à son égard était certes injustifiée, mais surtout due à la perte d’un être cher. Une excuse ? Peut-être. Quoiqu’elle se demandait aussi si elle ne devait pas plutôt le remercier pour lui avoir permis de continuer à vivre, de poursuivre son devoir, bien que cela fût dans l’ombre, encore et toujours. Un étrange sentiment, à la frontière entre le ressentiment et la gratitude, qui la laissait assez perplexe. Il n’y avait pas de raison pour se laisser emporter par ces impressions, cependant. Après tout, rien ne lui prouvait pour l’instant que son interlocuteur fût le sauveur masqué – si ce n’était une tendance à la sauver, justement, et une ressemblance physique.

    Réalisant qu’elle ne cessait de le fixer d’un air béat et interrogateur, elle ferma la bouche et fixa ses mains sur ses genoux, un peu honteuse, curieuse aussi. Alors, de façon plus claire cette fois-ci, elle répéta :

    « Merci. »

    Elle inspira profondément, s’apprêtant à lui poser la question au sujet du Bal. Se ravisa. Cela pourrait paraître assez impoli de soupçonner de la sorte son saveur… Son regard d’acajou scruta le visage du jeune homme, à nouveau. Des présentations ! Voilà ce qu’il manquait, des présentations. Elle se força à sourire, malgré le traumatisme qu’elle venait de subir, avant de déclarer d’un ton plus avenant :

    « Je suis Misaki Kurohana. »

    Bien entendu, la pauvre petite ne se doutait pas que son interlocuteur la connaissait déjà. Néanmoins, elle pouvait déjà caresser l’espoir de lever le voile de mystère quant à l’identité de son vis-à-vis, ce qui devrait satisfaire – partiellement – sa curiosité. Du moins, elle pourrait savoir par la suite s’il figurait sur la liste des opposants… Elle espérait, du moins, qu’elle ne venait pas d’être sauvée par un fanatique de Sund. Un frisson la parcourût à cette simple pensée. Elle se rendait peu à peu compte que, si elle s’était engagée dans un but purement idéologique, sa haine pour Sund ne cessait de croître, tout comme son implication. Mais dans le fond, la raison lui apparaissait clairement, aussi nette que cette plaie béante sur son cœur : meurtrier. Manipulateur. Traître. Tyran.
    Jusque là prisonnière de son petit monde, elle ne réalisait pas encore tout à fait la portée de ces mots, de la colère avec laquelle ils étaient prononcés. Pour elle, toutes les émotions semblaient tamisées, faute de relation sociales normales. Le monde extérieur gardait cette distance singulière, tant elle s’y sentait étrangère. Désormais, elle avait derrière elle quelques bons mois d’intégrations, grâce à Gabriel qui l’avait accueillie chez lui, après cet étrange repas à l’auberge. Elle s’était fait des amis. Et voir l’un de ses amis assassiné pour insubordination avait rendu la réalité tout de suite plus nette.
    Plus triste.
    Plus cruelle.

    Inexorablement, l’étau se resserrait.
    A ‘limage du piège de sable dans lequel elle s’était fourrée. Étouffant, asphyxiant. Instaurant désespoir et impuissance. Elle n’était qu’une petite poupée fragile qui s’efforçait d’être forte en toute circonstance, comme si elle avait quelque chose à prouver, comme si elle ne voulait pas que le combat fût vain. Et c’était exactement ce que lui inspirait son sourire qu’elle adressait à Eres. Et cette prise de conscience brisa quelque chose en elle, quelque chose de plus.
    Son innocence ?
    Son côté juvénile ?

    Qu’il était désagréable d’être arraché à l’enfance par ses responsabilités.
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Eressëa S. Hravan


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MessageSujet: Re: Just gonna stand there and watch me sink ? [Eres ♪]   Lun 27 Sep - 22:10

Euuuuh… Mouais, super. Et sinon, elle comptait le lâcher un jour où… ? Pas qu’il soit mal à l’aise, non mais… Enfin peut-être un petit peu… Pourquoi ? Pourquoi ? Non mais… Manquerait plus qu’elle le connaisse, cette gosse ! Eres s’entendait en général très bien avec les mouflets -quoi que celle-ci grandissait bien- mais ce n’était pas n’importe quelle mouflette ! C’était celle de Kurohana-mère qu’il était censé protéger et dont il n’avait absolument aucune envie de s’enticher. Non, elle restait une sorte de… De contrat. Si jamais il commençait à la trouver adorable, colérique, caractérielle ou finalement humaine, ça allait devenir franchement pesant comme histoire. Or, là-maintenant-tout-de-suite, elle était vraiment trop mignonne à s’agripper à lui comme à une bouée de sauvetage et à crachouiller du sable en reprenant son souffle. Il avait l’impression d’un chiot tiré de la noyade, le genre de bestiole qu’on ramène chez soi, qu’on frictionne puis qu’on nourri pendant une semaine jusqu’à ce que, finalement, on l’adopte. Non, non, non ! Pas moyen. En plus, pour peu qu’elle ait le même caractère que la frangine, ce serait un cauchemar ! Non, il l’avait -encore- sauvée et il allait -encore- disparaitre, comme d’habitude. Pas de quoi fouetter un chat. Et elle allait l’oublier, comme d’habitude.

Comme elle levait les yeux sur lui tout en essayant de se débarrasser du sable englué sur sa jolie bouille, elle parut s’étrangler suffisamment méchamment pour inquiéter la crapule qui s’accroupit à côté de son bout de chou -déjà bien grand, mais il ne le reconnaitra sans doute jamais. Elle n’allait pas mourir étouffé par du sable, pas vrai ? Ca serait vraiment trop triste pour… Non, ce serait surtout super con de se parjurer comme ça. Il lui adressa un regard mi-ennuyé mi-inquiet, attendant de voir s’il allait devoir l’attraper par les chevilles et la secouer jusqu'à ce que vie s'ensuive -idée qui ne l’enchantait guère, je vous assure, mais qu’il n’hésiterait pas à mettre en pratique.
Seulement, le problème ne semblait pas tout à fait venir du sable… C’est vrai que la façon dont elle le dévisageait, l’air hébété, n’était pas forcément la mimique d’une strangulée par des taupes, mais plutôt d’une… Et bien, d’une gamine qui reconnait quelqu’un. Et merde, il aurait dû faire plus attention. Quand ? Il n’en savait trop rien, à la fête d’halloween, sans doute, puisqu’il n’était pas vraiment entré en contact avec elle avant le bal macabre. Génial. Vraiment génial. De mieux en mieux.

Comme une jeune mariée prise en faute, elle ferma précipitamment la bouche et ramena sagement ses mains sur les genoux. Entre le soulagement et l’effarement, Eres n’était plus très sûr de ce qu’il devait penser : est-ce que la situation était mieux avant, ou après qu’elle eut affiché sa tête de poisson hors de l’eau ?

« Merci. »

Gêne et curiosité. Diantre, il fallait se sauver en vitesse… Elle prit une grande inspiration presque solennelle -et Eres fit la grimace du garnement qui va recevoir une volée-, coupa net son élan, tergiversa sur un sujet aussi obscur et nébuleux que l’humeur actuelle de chenapan, puis, semblant avoir une illumination -contrairement à son acolyte- elle esquissa un aimable sourire encore un peu ébranlé par les précédents évènements et... se présenta. Non mais sans blague. Comme s’il avait pu oublier un nom pareil, un nom que ses miettes de conscience lui rabâchaient dès qu’il se passait quelque chose chez la Résistance. Il eut une mimique entre l’exaspération et la blasiation la plus profonde avant de remarquer les prunelles brunes qui le détaillaient, cherchant sans doute à le superposer plus précisement à un souvenir. Il pinça les lèvres, gêné de sa propre réaction fasse à tant de candeur et toussota, franchement désœuvré… Il devrait répondre, sans doute… Non ?

Misaki frissonna, ce qu’Eres mit sur le compte du froid -il ne pouvait bien entendu pas se douter que la petite-pas-si-petite-que-ça pensait à Sund. Ce qui eut pour effet de lui remettre les yeux en face des trous : c’était certes la fameuse Misaki Kurohana, Grain de Sel épicé et casse-pieds notoire, mais c’était surtout une adolescente qui venait de manquer de se faire étouffer dans du sable en plein mois de Novembre. Il poussa un long soupir, lui lança un regard coopératif et esquissa finalement un sourire indulgent, en coin. Bah… Il n’allait pas l’abandonner comme ça, de toute façon. Il tendit sa manche pour frotter une plaque de sable du front de sa jeune protégée -masquant ainsi son trouble-, se redressa, retira galamment sa veste et la lui jeta sur le dos.

« Eres, pour te servir » fit-il, laconique.

Après tout, son nom n’était connu que dans un certain milieu et elle-même ne l’avait sans doute jamais entendu. Elle ne pourrait jamais faire de rapprochement avec quoi que ce soit de cette façon.
Il lança une œillade rapide vers l'intérieur de l'île et, souriant un peu plus gentiment à la presque-noyée, il retrouva un tantinet son ton taquin quotidien :

« Bah alors, ne me dis pas que je dois te porter sur mon dos, en plus ? »

Ce qui n’était pas tout à fait une boutade… Elle allait pouvoir se relever ?
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Misaki Kurohana

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MessageSujet: Re: Just gonna stand there and watch me sink ? [Eres ♪]   Sam 2 Oct - 14:52

    Ne pas loucher.
    Misaki se contenta de froncer les sourcils alors que la manche s’approchait de son front, jusqu’à le toucher pour enlever le sable encore collé à sa peau. Elle secoua la tête pour chasser les derniers grains qui glissaient depuis le sommet de sa tête sur son minois, puis passa une main dans ses cheveux pour réaliser – horreur ! – qu’une quantité effrayante de grains s’était égarée dans sa chevelure déjà en désordre à cause du vent. Rien que l’idée de ressembler à un bonhomme de sable l’exaspérait : elle n’avait plus l’âge de faire des châteaux, et qui s’y risquerait en Novembre de toute façon ? C’était stupide. Ou alors, les gens sauraient en la voyant qu’elle s’était bêtement laissée tomber dans une de ces foutues taupinière, ce qui ne s’avérait guère plus glorieux. Et oui, c’était bien là le côté superficiel des Lowy qui ressortait chez cette chère Misaki. Mais de là à ce qu’elle ressemble à sa sœur… Il ne fallait tout de même pas abuser.
    Elle fut vite tirée de ses pensées, ne s’inquiétant plus tellement de la réaction des habitants lors de son retour lorsque le poids de la veste du jeune homme se fit sentir sur ses épaules.

    « Eres, pour te servir. »

    Ah bon ?
    Son regard se leva à nouveau vers son sauveur, mi-amusé, mi-admiratif et… Par Lyhla ! Qu’elle se sentait petite, soudain, à genoux dans le sable, alors qu’il se dressait devant elle ! Et c’était qu’il se moquait d’elle, en plus. Comment ça, elle ne pourrait se relever ? Une moue contrariée se dessina sur son visage, et elle sembla quelques instants sur le point de faire un caprice d’enfant. Et en quelque sorte, c’en était un, à moins qu’il ne s’agît là de fierté à recouvrer. Certes, elle était maladroite, mais elle pouvait marcher, tout de même ! C’était un jeu d’enfant, une fonctionnalité élémentaire, elle n’était pas une gamine… Néanmoins, le monde tourna de façon fort étrange, voire amusante quand elle commença à se redresser. Amusant, cela l’était moins quand elle se sentit presque nauséeuse. D’un geste spontané, elle s’accrocha d’Eres, prit appui sur lui. Fermant les yeux un instant, elle laissa la sensation s’estomper, se forçant à inspirer et expirer profondément, chassant le malaise de ses veines. Et lorsqu’enfin elle se sentit en mesure de parler, elle fit un sourire à Eres.

    « Me porter, non. Me raccompagner, cela m’arrangerait… »

    Son ton avait encore quelque chose d’innocent, mélange de gêne et d’amusement, comme si elle prenait part à une plaisanterie dont elle était l’objet. Elle préférait prendre ce genre de choses avec le sourire, plutôt que s’obstiner stupidement car selon elle, valait mieux en rire qu’en pleurer. Autrement, la vie serait bien trop morne. Puis, de toute façon, c’était dans sa nature de ne pas se laisser aller, non ? Du moins, essayait-elle de s’en convaincre ces derniers temps.
    Brave petite.

    Elle resongeait, néanmoins, à cette ressemblance, ce qui commençait à tourner à l’obsession. Elle replongeait dans ses souvenirs pour tenter d’en tirer quelque choses, un détail de plus, afin de compléter – ou démentir – cette étrange superposition. Cette main, sur son épaule, lorsque l’inconnu l’avait forcée à s’agenouiller devant Sund… étaient-elles identiques ? Certes, ce n’était pas des mains d’ouvriers, mais ensuite ? Pouvait-elle différencier le teint, le grain de la peau ? Tant d’éléments d’une précision précieuse lui échappaient, pour la simple et bonne raison que son esprit n’avait été marqué que par l’horreur de la scène qui s’était déroulée sous ses yeux par la suite.
    Le doute demeurait. Intense. Sa curiosité insatisfaite laissait naître une désagréable frustration en elle, accentuée par son incapacité à savoir ce qu’elle éprouvait à l’égard du fameux Inconnu. Et Misaki se mordait l’intérieur des joues pour se garder de poser une question qui ne la mènerait nulle part, si ce n’était dans la confusion. Une décision difficile à prendre : se taire ou non. Quelles en seraient les conséquences ? Dans le fond, elle ne savait pas à qui elle s’adressait. Un sauveur, certes, mais quoi d’autre ? Partisan ? Ou simple personne mal intentionnée qui ne faisait qu’endormir sa méfiance ? Elle ignorait tout d’Eres.

    Et pourtant…
    Elle fit résonner chaque phonème de ce prénom dans sa tête, comme charmée par un nouveau mystère, rassurée par cette simple présence. Elle avait beau tourner le problème dans tous les sens, tout son être tendait à lui faire confiance, poussée par un pressentiment, habitée par la sensation de faire face à une vieille connaissance. Alors, elle ne pouvait pas tellement prendre ses jambes à son cou. Premièrement, elle n’irait pas bien loin. Ensuite, elle se demandait qu’elle serait la réaction de son sauveur. Elle ne voulait pas paraître ingrate. Elle pourrait, une fois à la maison, se contenter de renseigner. Demander à Gabriel de le sonder, tant qu’à faire… Enfin, prendre des mesures de sécurités, quoi.
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MessageSujet: Re: Just gonna stand there and watch me sink ? [Eres ♪]   Dim 24 Oct - 19:07

Eres ne put retenir un petit sourire attendri lorsque sa mouflette fronça les sourcils, l’air boudeur, vexée que l’on puisse la prendre pour inapte à rentrer chez elle. C’est qu’il avait sa fierté, le chaton trouvé, on ne devait pas le confondre avec n’importe quelle créature mal dégrossie et geignarde… Décidée à faire ses preuves, Misaki prit sur elle-même et esquissa une ébauche de redressement, vacilla et Eres crut voir le monde tourner autour d’elle. C’est tout naturellement qu’il tendit le bras pour la rattraper au moment ou celle-ci faisait de même : elle s’accrocha à la manche de la fripouille qui fit la grimace… Ouais, pour sûr, il allait devoir s’occuper d’elle un petit peu plus longtemps que prévu… Il lui laissa le temps de reprendre ses esprits sans rien dire, regardant un peu plus loin, histoire qu’elle ne se sente pas épiée durant ce bref moment de faiblesse. Délicatesse ? Noooon… Vous croyez ?

La jolie princesse tourna enfin vers lui sa frimousse -ensablée- pour lui offrir un timide sourire auquel Eres répondit maladroitement. Elle confirma ses craintes et il poussa un soupir résigné -pas trop fort non plus, qu’elle n’ait pas l’impression d’être un fardeau…

Il n’aimait pas du tout l’idée de la raccompagner, disons… De façon visible. Galoper derrière elle, dans l’ombre, il l’aurait fait, de toute façon. Mais là, des gens les verraient forcément ensemble et approcher la demeure Jewell où il savait que la gamine habitait, ça n’était pas non plus pour lui plaire. Ce dernier point, c’était une méfiance plus instinctive que rationnelle : en soit, qu’y risquait-il ? Les partisans n’y faisaient pas forcément le pied de gru H24, aucun Opposant n’allait lui sauter dessus ou lui poser des questions… Quoique, si, peut-être. Après tout, Misaki était le second de la Résistance, Eres n’ignorait rien de cette position qu’il maudissait depuis qu’il avait eut l’idée saugrenue de délivrer sa protégée. L’idée saugrenue… Est-ce qu’il regrettait, de l’avoir sortie de ses combles ? Est-ce qu’il regrettait, de ne pas l’avoir laissé se flétrir avant l’heure, enfermée dans ce petit espace clos, seule et ignorante du monde ? Non, pas vraiment. Eres ne laisserait jamais personne à un tel sort. Personne. C’était à son sens un châtiment pire que tout autre : prisonnier à vie… Brr…

Il frissonna et chassa ces réflexions de son esprit : elle était dehors, maintenant, de toute façon. C’était juste un peu plus compliqué pour lui, mais bon… En général, elle n’était pas trop mal gardée, petite mascotte au centre de la Résistance.

Il lui saisit un peu plus fermement le bras, sans brusquerie ni mauvaise humeur, simple soutient pour que la demoiselle marche droit et répondit :

« Il sera fait selon votre désir, mademoiselle l'engloutie… »

Toujours un peu cynique sur les tournures de ses phrases, Eres avait le plus grand mal à ne pas user avec Misaki le ton que les adultes employaient généralement pour les enfants particulièrement fragiles. Il fallait qu’il arrête avec ça : Misaki n’était ni une enfant, ni fragile. Enfin pas à ce point, quoi.

Il allait se mettre en route quand une réflexion capitale lui vint, une erreur parfaitement stupide qu’il avait faillit commettre. Avec une mimique amusée qu’il destinait plus à sa distraction momentanée qu’à la jeune femme, avec cet adorable sourire en coin un brin agaçant et charmeur qui lui était si quotidien, il tourna son regard gris pâle pour le vriller dans l’acajou chaleureux de l’exhumée vivante :

« Et donc, quelle est notre destination ? En espérant que votre esprit ne soit pas trop ensablé pour s’en souvenir… »

C’était presque de l’autodérision : il plaisantait sans réelle joie dans la voix. Il lançait des boutades creuses, fatiguées. Et bêtement, il poursuivit sur sa lancée, comme un abruti d’animal chargeant une cible et se rendant compte au dernier moment qu’au lieu d’une proie appétissante, il s’agit d’un effroyable rocher cruellement solide :

« Au quel cas je connais une taverne qui sert de quoi éclaircir n’importe quelle vue, aussi myope soit-elle. »

Mais quelle bourde… Ca n’avait absolument rien de méchant, c’est à peine s’il s’adressait à Misaki ! Cette dernière remarque, d’ailleurs, s’il l’avait poursuivit dans le champ lexical des taupes, il se la destinait, désireux d’en finir avec cette journée dans une taverne. C’est bien stupidement qu’il avait énoncé son idée. Il dut faire tous les efforts du monde pour ne pas se mordre méchamment la lèvre et rester de marbre en constatant l’énormité de sa bêtise !

« Euh… »

Restait plus qu’à espérer que la gamine trouverait cette proposition étrange, louche, voir tout à fait indécente pour une première rencontre… Ou alors qu’elle ait honte de se présenter en publique pleine de sable, ou bien qu’elle croit à une simple plaisanterie sans aucune invitation derrière ou bien que… Non : elle n’accepterait pas, il y avait bien trop de raisons de refuser…

N’est-ce pas ?
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Just gonna stand there and watch me sink ? [Eres ♪]

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