Vous voici à la merci du Tyran...
 
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 # Hunter.

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AuteurMessage
Hunter O'Connor


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Messages : 77
Expérience : 18
Magie : La main revolver ; tendre l'index, plier le pouce, et pan pan.
Localisation : Va savoir.
Occupations : Fumer, fumer et... fumer.
Humeur : Passive.


MessageSujet: # Hunter.   Jeu 26 Aoû - 2:52



Vous avez juste à appuyer sur le petit bouton.
Pratique.
Et ne cherchez pas de rapport entre la chanson et le personnage.
C'est juste qu'elle pète.
Et on se fait une idée sur ta voix.
Ah ouais ?
Ouais. C'est ta voix.
Ok.



Identité


    Nom : O’Connor.
    Origines irlandaises.
    Même pas.


    Prénom : Hunter.
    Eh, le chasseur ! Tu vas chasser quoi aujourd’hui ?
    Ah, ah… ah. Mort de rire.


    Âge : 24 ans.
    Hum.
    Quoi, ‘hum’ ? Connard.


    Date d’anniversaire : 11 septembre.
    Ouh, pas une jolie date.
    Mais ta gueule…


    Camp : Opposant.
    Mais il ne fout pas grand-chose.
    Hein ?


    Occupation : Surveillant à l’Académie.
    Mais il ne fout pas grand-chose ici non plus.
    Quoi ?


    Magie avantagée : La main revolver.
    Pan pan, je te bute !
    Ne me tente pas.


    Son élément, c’est le vent. Mais il ne s’en sert pas vraiment, en fait, il ne se sert pas vraiment énormément de la magie. Il y a juste ce don, qu’il exploite depuis son arrivée à Waterin, et qui l’éclate proprement ; figurez-vous qu’il n’a pas besoin de flingue, parce que sa main est le flingue. Il a juste à se concentrer et paf, la balle part de son doigt en se matérialisant d’on ne sait où. De petit calibre, les balles n’ont peut-être pas assez de puissance pour tuer d’une seule ; mais il n’empêche que c’est offensif, comme pouvoir. Alors du coup, Hunter s’éclate à lever la main, à replier trois doigts, à lever le pouce en l’air, à tendre l’index, et il n’a plus qu’à mimer le geste d’appuyer sur la détente pour que çà parte. C’est… la classe. Indubitablement.


Précisions


    Caractère :

    Hunter, c’est ce genre de mec qui aime sa petite tranquillité, ce genre de mec passif qui se laisse porter et qui préfère qu’on ne le fasse pas chier, le prudent et le blasé qui se désespère en silence, celui qui fume une clope en solitaire et qui ne vous remballera pas si vous venez l’accoster, mais qui vous dira calmement la vérité s’il estime que vous l’emmerdez. Ce genre de mec qui boit un coup sur la terrasse d’un café en ayant l’air de ne pas avoir dormi de la nuit, ce genre de mec qui soupire doucement en vous regardant d’un air blasé quand vous venez le déranger. Ce genre de mec qui vous regarde longuement sans rien dire, avant de vous donner une tape sur l’épaule en vous affublant d’un surnom abracadabrant, sans prévenir. Ce genre de mec qui se fout de manière générale un peu de tout, mais qui garde toujours un œil ouvert, l’air de rien. D’un genre à baffer, à mépriser ou à adorer. Au choix.

    Solitaire, tout d’abord ; ou tout du moins de manière générale. Hunter n’est pas asocial, loin de là, c’est juste qu’il est du genre à traîner généralement en solitaire par habitude. Il ne cherche pas forcément la compagnie, il aime sa tranquillité, ce calme relatif à la solitude. Il ne supporte pas le boucan, à moins que ce ne soit pour une fête, genre dans une discothèque pleine à craquer - m’enfin, s’il était encore aux US. Les gamins qui braillent, çà l’exaspère ; il aime le CALME, il aime quand on parle posément et intelligemment, avec courtoisie et politesse. Il se prend souvent la tête à cause de çà, d’ailleurs, vu qu’il a eu l’excellente idée de se faire embaucher comme pion à l’Académie. Et ces gosses qui courent, et ces gosses qui hurlent, et ces gosses qui se pavanent, et ces gosses qui exigent, et ces gosses qui minaudent, et ces gosses qui braillent… Ereintant. Heureusement qu’il y a la bibliothèque pour se réfugier, ou encore le toit pour aller se griller une clope au calme. Ouais, il est censé surveiller les gamins mais c’est pas grave, c’est un déserteur.

    D’une passivité affolante, Hunter n’est pas vraiment du genre combattif. Il n’a aucun idéal à défendre, aucune personne chère à venger, aucun but à poursuivre. Alors du coup, il préfère hausser les épaules et remettre toujours à demain ce qu’il peut faire aujourd’hui. Aux réunions de la Résistance, il a toujours l’air distrait ou blasé, il répond sagement, exécute docilement les ordres, mais il se fout de tout et çà se voit. Je-m’en-foutiste invétéré, monsieur ne s’intéresse guère à grand-chose. Prudent de nature, il préfère se taire et réfléchir avant de parler, tout comme il n’est pas téméraire ; il n’a pas spécialement envie de mourir, hein. Il n’a pas non plus particulièrement envie de sauver sa peau mais… Entre les deux, il préfère choisir de sauver sa peau, of course. Il n’est pas un traitre, mais il n’est pas forcément loyal non plus, alors il oscille entre les deux ; il s’investit au moins un minimum chez les Opposants, il est docile, obéissant et pas chiant, mais si jamais on lui fait une offre plus… intéressante, il n’est pas exclu qu’il change d’avis. Quoique, le clan des Partisans ne lui dit rien qui vaille, en fait, alors il préfère quand même la Résistance. Sauf qu’il se dit qu’il aurait du rester neutre en fait, çà aurait été moins chiant.

    Nonchalant et désinvolte de nature, il donne toujours l’impression d’être un peu dans la lune. Rêveur, songeur, il aime se balader dans les chemins tortueux de ses pensées, et tant pis s’il s’y perd. Il est parfois particulièrement ardu et gonflant d’attirer son attention, et allez savoir s’il le fait exprès ou si c’est vraiment naturel. On ne sait jamais. Il sait se montrer fourbe, l’air de rien, le petit, sous ses airs de je-m’en-foutiste à baffer. Laconique et calme, Hunter s’exprime toujours d’une voix tranquille, désintéressée. Quand il est fatigué et qu’il est pensif, il peut parler tellement bas qu’on n’entend plus rien, et il n’en a rien à faire, bien évidemment. Il n’est pas du genre à hausser le ton, mais s’il est suffisamment contrarié, çà peut bien sûr arriver le plus naturellement du monde. De nature sincère, Hunter est plutôt franc ; peut-être même parfois un peu trop, dans certain cas. Mais là encore, il s’en fout. Et s’il n’est pas matérialiste, il n’est pas pour autant généreux ; il veut bien être gentil, mais trop, faut pas déconner.

    En parfait fumeur invétéré, le jeune homme se trimballe toujours ou presque avec une clope au bec. Irrémédiablement accro à la nicotine, il éprouve comme une nécessité le fait d’avoir toujours un paquet de cigarettes sur soit ; et quand il commence à être à court, c’est le drame. Il devient vite ronchon, exécrable, cassant et mordant quand il est en manque de nicotine, le bonhomme. Comme on peut s’en douter. Il ne surveille absolument pas son alimentation et mange n’importe quoi ; essentiellement du café et quelques parts de pizza froide le matin, par exemple. Il ne tient pas bien l’alcool et préfère se cantonner aux bières ou encore au champagne ; parce que faire un strip-tease en plein dans un bar, une fois, une seule, il y a quelques années, çà lui a suffit. Cigarette au bec, café, bière, il n’en demande pas plus. Sinon, Hunter est un fan du billard et du poker ; il est même pas mal doué. Il possède également une guitare qu’il aime gratter tranquillement quand il est seul ou quand il en a envie, et s’il n’a pas la prétention de se dire guitariste, il est plutôt doué là aussi. Il n’a pas réellement suivi de cours, donc il n’est pas un guitariste hors-pair, mais il ne joue pas pour le grand public, il joue pour lui ; alors çà suffit amplement. Il n’a pas pour vocation de devenir musicien, de toutes façons. Il n’a aucune vocation mais c’est pas grave. Et pour finir, il est insomniaque ; d’où les cernes qu’il se tape perpétuellement. Il a toujours énormément de mal à s’endormir, et ce depuis qu’il est jeune ; il est bien trop souvent obligé de prendre des somnifères et encore, parfois, çà ne suffit pas. Alors souvent, il est fatigué.


    Physique :

    Hunter n’est pas de ces beautés sculpturales que l’on admire sur son passage, loin de là, mais il a un quelque chose dans l’allure et l’attitude qui lui confère un certain… charme ? Ouais. Un charme particuliers, disons plutôt. Certes, les goûts et les couleurs, çà ne se discute pas, mais c’est indéniable. C’est un grand dadais, d’abord. Il dépasse le mètre quatre-vingt, il stagne quelque part dans la barre du mètre quatre-vingt-cinq, peut-être un peu moins. Et çà lui convient parfaitement, vous vous doutez bien. Non, être petit, c’est chiant. Etre grand, c’est marrant. Il a la fâcheuse tendance à se tenir souvent avachi, cependant. Adossé contre un mur pour se griller une cigarette, par exemple, il sera voûté avec nonchalance et ennui. Son corps est svelte et dégingandé ; ses membres sont déliés et allongés, sa taille, fine, ses hanches, étroites. Il est mince de nature, sans pour autant être frêle. Non, il est musclé, tout de même ; légèrement, certes, mais suffisamment. Son torse est plat et bien dessiné, tout comme son ventre. Ses jambes sont longues, ses poignets, maigres. Sa peau est claire sans pour autant être trop pâle, elle est lisse et ne se teinte que très difficilement d’un hâle doré lorsque monsieur reste au soleil. Ses épaules, sans être carrées, sont cependant marquées ; sa gorge est sculpturale et opaline ; son visage est allongé, bien dessiné et viril ; le front plat est dégagé, la peau est lisse, les lèvres sont fines et souvent craquelées, les sourcils sont sombres. Ses iris n’ont rien d’exceptionnel, elles sont d’une couleur terne à mi-chemin entre le gris et le noir ; il a souvent des cernes sous les yeux, qui refusent de s’en aller, et qui attirent le regard. Son regard, justement, s’il peut être vide ou complètement absent parfois, peut être également inquisiteur, froid ou un rien méprisant ; et il a toujours cet air de je-m’en-foutisme éternel peint sur le visage, il hausse toujours très légèrement un sourcil pour marquer un tant soit peu sa surprise, il a tendance à plisser un peu le nez ou à froncer un peu les sourcils, mais généralement, il a l’air absent, distrait, blasé, ennuyé. Ses cheveux ne sont pas soignés, ils sont ternes et rêches ; décolorés, ils ont pris une teinte étrangement grisonnante, et tombent de part et d’autres de son visage dans des mèches trop longues ; et ils sont plus courts dans la nuque. Hunter a toujours ou presque une cigarette glissée entre les lèvres, en fumeur invétéré qu’il est. Il a quelques piercings discrets aux oreilles, et un au nombril ; mais aucun tatouage, parce qu’il n’aime pas çà. Au niveau vestimentaire, il ne se démarque pas du commun des mortels ; aucune fantaisie dans les tenues ou dans les couleurs. Il va au plus sobre et au plus simple, sa garde-robe contient juste des jeans, des pulls et des t-shirts - peut-être une chemise, et encore. Une veste en cuir, des chaussures classes, et puis voilà. Il n’a pas besoin de plus. Sa voix, quant-à elle, est grave et vibrante ; la plupart du temps basse et tranquille. Quand il hausse le ton, cependant, les accrocs dans la voix apparaissent, et elle finit par se casser quand elle se fait trop haute, ce qui lui confère un charme particulier.


Histoire


    Origines : Hunter est né sur Terre, aux Etats-Unis d’Amérique.

    Position : Il se fiche un peu du conflit, en fait, et il ne se souvient même pas vraiment pourquoi ni comment il a rejoint la Résistance, au juste ; toujours est-il qu’il en fait partie.

    Histoire :



    One night of the hunteeeeeer ♪

    Oh allez, c‘est juste pour rigoler.


    Hunter O’Connor est né en banlieue de Seattle.

    Sa vie n’a pas été particulièrement mouvementée, pas tout de suite. Il vivait dans une maison modeste avec ses parents, Dwayne et Lilith O’Connor. Il ne se souvient pas bien de ses premières années, mais il se rappelle avoir été un gamin plutôt pleurnichard et surtout tranquille. Du genre à se coller aux jupes maternelles en pleurnichant dès que quelque chose n’allait pas, mais aussi du genre à regarder sagement un film dans le salon en suçant son pouce sans rien dire. Ses parents l’avaient nommé Hunter, mais il n’avait aucune fascination quelconque pour la chasse ; il y avait juste les jeux de tir sur la console où il était plutôt doué pour son âge, mais c’était tout. A l’école, on le titillait au sujet de son prénom, ou alors on lui disait qu’être né un 11 septembre, ce n’était pas très joli-joli à cause des attentats qu’on assimilait automatiquement à cette date. Mais c’était tout. Il jouait, il dessinait, il courait dans les flaques, il regardait des films, il collait sa mère, il grandissait comme n’importe quel enfant normal. Il avait une petite sœur, aussi, qui naquit quatre ans après lui ; Anna. Il était le grand-frère, il se devait de la protéger, il devait se montrer exemplaire ; elle était la personne la plus importante à ses yeux, la plus chère. Ce fut cependant à cause de lui qu’elle mourra, et cela, il ne pu jamais se le pardonner. Une vie normale, donc. Qui ne le fut plus vraiment ensuite.

    Est-ce que c’était à cause de l’alcool, ou bien est-ce que çà avait toujours été dans la nature de Dwayne O’Connor ? Ce fut la question que se posa inlassablement Hunter, lorsque toute cette histoire marqua un premier tournant à 180° dans sa vie. Il devait avoir 13 ans, à l’époque, lorsque tout commença. Lorsqu’il vit pour la première fois son père frapper sa mère. Lorsqu’il le vit pour la première fois hurler de cette façon, dire ces choses, s’emparer d’une bouteille pour boire de cette façon. Lorsqu’il vit sa mère saigner. Il avait été terriblement choqué, tellement qu’il en était resté statufié ; et alors que Dwayne O’Connor assenait un coup de poing à sa femme en hurlant quelque chose qu’il ne comprit pas, Hunter resta recroquevillé contre un mur du salon, entre un fauteuil et une étagère, serrant très fortement sa petite sœur contre lui, instinctivement. Il connu véritablement la peur pour la première fois ce soir-là, certainement. Les films d’horreur et les montées d’adrénaline qu’on pouvait avoir en tombant méchamment de vélo n’étaient rien en comparaison. Et il attendit. Comme Anna, comme sa mère. Il attendit que l’orage passe. Dwayne finit par quitter le salon en trombe pour sortir en claquant la porte d’entrée derrière lui, bouteille en main, et là encore, Hunter ne bougea pas tout de suite. Il finit cependant par se précipiter vers sa mère, et voir les ecchymoses sur son visage lui fit comprendre que la colère qui s’enflammait en lui n’était que haine pour son père. Lilith se montra cependant rassurante et ferme à la fois, et après avoir soigné ses blessures, elle envoya les enfants se coucher en leur répétant sans cesse que tout allait bien - mais rien n’allait plu, désormais. Hunter dormit avec sa sœur, cette nuit-là, parce que cette dernière n’arrivait pas à s’arrêter de pleurer et qu’il voulait la rassurer ; alors que lui ne l’était pas du tout.

    Un mois s’écoula sans incident, puis un autre. Pourtant, Hunter n’arrivait plus à voir son père de la même façon. Sa mère faisait comme si de rien n’était, mais cette lueur qu’elle avait au fond des yeux, c’était de la peur. Et il le voyait, même si elle s’efforçait de la cacher. Lui aussi avait peur. Il était haineux, et il était effrayé. Encore plus lorsque Dwayne prenait Anna sur ses genoux pour lui lire une histoire, ou lorsqu’il lui tapotait la tête ; et si jamais il frappait sa petite sœur ? Si jamais il perdait à nouveau les pédales, et qu’il la frappait, elle qui était si innocente, si fragile, si faible ? La peur, le doute, l’angoisse, l’impuissance, c’était pire que tout. Il n’était qu’un gamin. En comparaison, il n’était rien. Il ne pouvait rien faire. Alors il ne fit rien. Il restait toujours collé à sa sœur, cependant, pour la protéger de manière dérisoire de sa présence ; il surveillait sa mère du coin de l’œil, aussi, toujours, lorsque son père était là. Et il attendait. Deux mois, quelques jours, et çà recommença. Hunter était couché, cette fois là. Et les éclats de verre brisés, les cris, le réveillèrent en sursaut. Il resta figé dans son lit, le cœur tambourinant avec force dans sa poitrine d’enfant, et il avait tendu les oreilles en refusant de comprendre. Ces cris, ce père qui vociférait, ce père qui frappait… encore. Il lui fallut tout son courage pour se lever. Pour sortir dans le couloir, et ordonner à Anna qui passait la tête par la porte de sa chambre de retourner se coucher. Tout son courage pour descendre, et se planter dans le salon en ordonnant d’une voix timide et chevrotante à son père d’arrêter. Encore une fois, ce dernier avait trop bu. Et il n’entendit rien, si bien qu’Hunter se dressa entre sa mère et lui de manière totalement impulsive, pour cette fois lui hurler d’arrêter. La gifle qu’il se prit alors fut tellement violente qu’elle le fit tomber, et il se cogna sur la petite table du salon. La suite ne fut qu’un souvenir flou, dans son esprit, parce que la douleur qui lui vrillait le crâne occulta tout le reste ; il y eut juste les cris de sa mère, qui se firent plus fort, il y eut ceux de son père, il y eut encore des coups, puis il y eut cette porte qui se claquait, ce cadre dans l’entrée qui tombait pour s’écraser au sol. Puis le silence. Et sa mère qui pleurait. Sa mère qui s’occupa de sa bosse, et qui lui répéta encore une fois que tout allait bien. Que tout allait s’arranger.

    Il recommença un autre soir. Et encore un autre, plus tard. Une fois lorsqu’Hunter et Anna rentrèrent de l’école. Et un matin. Il y eut des jours où il ne vint pas à la maison, parfois des semaines. Il n’était plus Dwayne O’Connor le père, mais un inconnu, quelqu’un de dangereux, une personne haïe. Pourtant, Lilith l’aimait. Alors elle se maquillait, elle cachait ses coquards sous des lunettes de soleil, elle ordonnait aux enfants de s’enfermer dans leurs chambres quand Dwayne rentrait saoul, pour qu’elle soit la seule à se faire frapper, la seule à subir. Et la haine de Hunter enfla, enfla. Elle lui rongeait le sang, elle lui brûlait les veines. A l’école, il devint taciturne, renfermé, distrait. Il devint plus mature, plus dur, plus adulte. Il ne collait plus sa mère en pleurnichant dans ses jupes, mais il lui demandait si elle avait mal, et il lui demandait si elle comptait enfin appeler la police. Mais elle fuyait. Encore et encore. Elle pleurait, aussi. Beaucoup. Hunter l’entendait, quand elle les croyait endormis. Il était énormément protecteur envers Anna, également ; il essayait de tenir la petite loin de tout çà, il essayait de préserver son cocon d’innocence. Elle était sa petite sœur, elle était tout, et il ne pourrait tout bonnement pas accepter que son père la frappe elle. Ce fut pour çà que la haine explosa ce fameux soir. Dwayne était là, il buvait encore une bière devant la télé ; Lilith s’efforçait de préparer le dîner comme si de rien n’était, et Anna jouait avec le chien, un labrador qu’ils avaient appelé Prince. Hunter était assis dans un coin de la pièce, avec un livre ; aux aguets. La tension était devenue permanente lorsque Dwayne était à la maison, et encore une fois, tout se passa très vite. Anna lança la balle au chien qui traversa la pièce comme une furie pour la rattraper, il fonça dans la table, renversa une chaise. La petite brunette fondit donc tout naturellement en avant pour réparer les dégâts, et le fait qu’elle passa devant la télé déplût fortement à Dwayne ; sa bière tomba, et il lui attrapa violemment le bras, pour tourner la petite vers lui comme une vulgaire poupée de chiffons et la gifler de manière retentissante. A cet instant, le sang de Hunter ne fit qu’un tour. La haine le rongeait depuis trop longtemps maintenant. Et toucher à Anna, c’était la goutte de trop. Il envoya valser son livre sans plus de cérémonie, se leva d’un bond, ignora les aboiements du chien et fonça tout droit sur son père pour le percuter au ventre. Ils s’écroulèrent, Anna tomba par-dessus la petite table, Hunter sentit un coup de poing lui percuter la tempe et lui faire voir des étoiles, il entendit les cris de son père agresser ses tympans, et il mit toute sa force dans ses coups de poings pour se débattre et exprimer toute sa colère. Il y eut de nombreux coups, de nombreuses douleurs, de nombreux cris. Et puis il y eut cette main qu’il posa sur le ventre de Dwayne pour le pousser, et il y eut cette détonation assourdissante qui déchira l’air. Ce bruit affreux mais salvateur, qui arrangea et détruisit tout. Cette balle venue de nulle part qui traversa le corps de Dwayne O’Connor pour se ficher dans le mur. Cette balle qui lui perfora le ventre, qui fit apparaître cette tâche écarlate, qui le fit tituber, qui le fit s‘arrêter, qui le fit taire. Qui le tua.

    Hunter ne comprit pas très bien ce qu’il se passa ensuite. Il y eut de nombreux policiers, et il n’écouta pas vraiment ce que sa mère racontait au sujet d’une certaine légitime défense et d’une arme à feu que détenait Dwayne. Tout ce qui importait, c’était qu’il avait tué son père. Qu’il avait tué tout court. Il ne comprenait pas comment il avait pu faire, parce qu’il n’avait pas eu d’arme dans les mains à ce moment-là, quoi que Lilith puisse raconter aux autorités. Il se fichait en vérité de savoir comment il s’y était pris, ce fut juste le fait qui se répétait inlassablement dans son esprit, et il ne savait pas s’il était soulagé ou s’il avait envie de vomir. Tuer. Dans un jeu vidéo, c’était simple. Dans la vie réelle aussi. Sauf que çà ne produisait pas le même effet sur la conscience, loin de là. Il fut immobile et silencieux toute la nuit, à la maison puis au poste de police. Anna lui tint la main tout du long, très fort, sans rien dire, et elle finit par s’endormir contre son épaule. Il posa la joue sur son crâne, il ferma les yeux un instant, et le sommeil le happa comme s’il n’attendait que çà. Il avait 14 ans lorsqu’il tua la première fois.

    Les mois passèrent, nombreux, et Hunter se renferma sur lui-même. Ils changèrent de maison, avec sa mère et Anna, parce que ce n’était plus possible d’y vivre. Ils s’installèrent dans un appartement en plein centre de Seattle, et Lilith trouva un nouvel emploi qui la fit souvent s’absenter, parce qu’elle avait besoin d’argent et qu’elle travaillait donc d’arrache-pied. Lorsque Hunter entra au lycée, il commença à dévaler la mauvaise pente. Ce fut progressif, mais irrémédiable. Avoir tué l’avait changé. Il fit les mauvais choix, fréquenta les mauvaises personnes. Il ne s’intéressa plus à l’école, et ses résultats scolaires chutèrent. Il se mit à la cigarette, et il lui fallut un certain temps pour s’y habituer mais il devint bien vite accro. Il refusa de toucher à l’alcool avant ses dix-sept ans, parce qu’il avait toujours l’image de son père en tête. Il ne sortit avec aucune fille, se contenta d’essayer des coups d’un soir. Il se bagarra, entra dans une bande sans réfléchir, la quitta, se fit tabasser, en rejoignit une autre, jongla et se laissa porter. Il testa la drogue, en pilules, en poudre, en injections, mais cela ne lui plu pas et il arrêta bien vite. A 18 ans, il comprit enfin qu’il pouvait tirer des balles sans même avoir de flingue en main ; il s’en rendit compte lorsqu’il explosa une bouteille dans un bar, pendant une bagarre. Il n’en parla à personne, la peur d’être anormal lui rongeant le sang pour annihiler toute pensée. Il était toujours autant protecteur et responsable envers Anna, parce qu’elle était celle qu’il aimait le plus au monde, et il refusa pendant un temps de la toucher, après sa découverte, de peur de lui coller une balle dans la tête sans faire exprès. Il la voyait s’inquiéter, se faire du souci ; il voyait le reproche, dans ses grands yeux pétillants, lorsqu’il rentrait avec des bleus ou qu’il sortait en pleine nuit avec sa veste en cuir. Mais comme sa mère l’avait fait avec lui avant, il lui répétait sans cesse que tout allait bien. Sauf que tout dérapa à nouveau, encore une fois. De manière plus horrible encore.

    Il n’avait pas vu qu’elle l’avait suivi, ce soir-là. Il rejoignit dans une rue les types avec qui il traînait, et ils prirent le chemin d’une boîte sordide dans laquelle l’un d’entre eux devait récupérer une commande auprès d’un dealer. Bref, la routine. Hunter fumait clope sur clope, main dans la poche, sans rien dire, en se demandant pour la énième fois ce qu’il foutait là au juste. Comme toujours. Il ne remarqua Anna que lorsqu’il s’adossa à un mur près de l’entrée de la discothèque, pour finir sa cigarette pendant que les autres entraient. Elle était sur le trottoir d’en face, et elle le fixait en essayant vainement de se dissimuler derrière un réverbère. Il était resté interdit quelques secondes, la clope était tombée de sa bouche, il n’y avait pas pris garde et il l’avait appelée, d’une voix forte, en colère. Elle avait sursauté, hésité, puis l’avait finalement rejoint, le menton redressé de manière obstiné mais les yeux hésitants. Elle lui avait dit qu’elle en avait marre de le voir partir comme çà, de le voir faire toutes ces choses, de le voir déraper comme çà. Et il lui répliqua que çà ne la regardait pas, qu’il était hors de question qu’elle traîne dans des coins pareils, qu’elle devait rentrer immédiatement. Elle refusa, et il éleva la voix. Il voulait la protéger, et pour cela, elle devait rentrer, elle devait l’écouter, elle devait le laisser et elle devait vivre sa vie le plus innocemment et joyeusement du monde. La discussion dégénéra bien vite en dispute, il y eut des choses dites, d’autres non, puis finalement, Anna tourna vivement les talons, en larmes, pour partir en courant. Et il aurait du la retenir. Il aurait du, il aurait du. Sauf qu’il n’esquissa aucun geste, ce soir-là. Il la suivit des yeux en fronçant les sourcils, et il ne pu qu’assister à la scène. Il ne pu rien faire, il ne pu que voir la voiture arriver à toute allure sur la chaussée. Cette voiture rouge comme le sang qui faucha Anna comme une brindille, qui la fit tournoyer dans les airs pendant une seconde et qui la fit s’écrouler au sol. Cette voiture qui freina trop tard, dans un crissement de pneus horrible, qui s’arrêta une fraction de seconde et qui repartit à toute allure dans la rue déserte. Et Hunter n’avait pas bougé. Figé, statufié comme la première fois où il avait vu son père frapper sa mère. Non… Non. Il voulait que le temps s’arrête, il voulait réparer ses erreurs, il voulait juste revenir quelques secondes en arrière et retenir sa sœur par le bras le temps que la voiture passe. Il voulait… Il voulait… Il ne voulait plus rien. Plus rien du tout. Comme un automate, il se détacha du mur. Pour courir. Pour hurler son nom. Pour déraper près d’elle, se jeter à genoux à côté d’elle, passer délicatement sa main dans ses cheveux pour décoller sa joue du sol. Le sang était partout ; parterre, sur sa main, dans les cheveux d’Anna, sur son visage, sur ses bras, sur ses vêtements. Elle avait les yeux fermés, et elle ne les ouvrit plus jamais.

    Les jours s’écoulèrent sans qu’ils aient le moindre sens. Il y eut l’hôpital, les médecins, la morgue, l’enterrement. Il y eut sa mère en pleurs, il y eut tout ce monde, toute cette réalité qui ne l’intéressait plus. Il n’ avait plus rien à faire de rien, maintenant. Alors le temps passa, et il le laissa filer sans le retenir, sans en profiter, sans le vivre. Le temps était long, lent, monocorde. Constant, sans interruption. Il s’écoulait avec une lenteur infinie, mais très vite à la fois. Une seconde plus tard, et la seconde passée ne pourrait plus jamais être vécue. C’était étrange. La vie était étrange. Tout était étrange.

    A 19 ans, il partit. Sans prévenir. Il fuyait. Il prit la voiture qu’il possédait maintenant depuis deux ou trois ans, et il partit de Seattle. Il descendit la côte ouest des Etats-Unis, sans but, s’arrêtant seulement lorsqu’il était fatigué, sans se presser. Il était Hunter O’Connor, et il s’en fichait. Il déambula sans but, laissa la passivité s’emparer de lui. Que pouvait-il bien faire ? Rien. Il n’avait rien à faire, il n’avait rien envie de faire. Il finit néanmoins par s’installer à Sacramento, en Californie, histoire de se poser. Il trouva un job de serveur, s’en contenta pour gagner un minimum sa vie. Il acheta une guitare sur un coup de tête et apprit à en jouer tout seul, pour passer le temps. Il fit quelques rencontres, n’approfondit rien. Passif, éternellement passif. Deux années passèrent ainsi, monotones et sans grand intérêt, puis ce fut l’année de ses 21 ans qu’il passa sans le savoir ce passage entre les deux mondes, et qu’il atterrit sur les îles yoliennes. Encore aujourd’hui, il ne sait pas comment il a fait au juste. Et il s’en fout pas mal. Cà ne l’a pas perturbé plus que çà, de débarquer soudain dans un lieu inconnu, mais il lui a fallu tout de même un temps pour s’y retrouver, pour rencontrer quelqu’un qui lui expliqua tout ce qu’il y avait à savoir, et surtout pour assimiler tout çà. Mais bon, il tirait bien des balles de son doigt, hein, il avait fini par comprendre depuis longtemps que la normalité n’était qu’un concept. Alors Hunter se fit à ce nouveau monde, et quelques mois passèrent avant qu’il ne prenne un bateau pour Waterin, une île dont il avait entendu parler. Il y avait sur cette île une Académie censée aider les jeunes à dompter leurs dons et pouvoirs divers, et comme Hunter n’avait absolument rien à faire, il voulu tenter sa chance. Sauf que les cours, ce n’était pas du tout fait pour lui. Alors comme il séchait plus qu’il ne se rendait en cours, il finit par se dire que çà ne servait à rien, et il abandonna. Tant pis, il se contenterait de son don, celui qu’il savait contrôler, et au diable le reste. Ce fut comme une bouffée d’air frais, et les trois années qu’il passa sur l’île le firent sentir chez lui. Le temps continuait de s’écouler, inexorablement, et Hunter vivait sa vie avec la même passivité ; il avait gardé sa guitare, il jouait, il faisait des rencontres, il s’agaçait contre des gamins bruyants, il enchaînait les petits boulots, il s’entraînait au tir en prenant stupidement la pose parce qu’il trouvait çà marrant, il flânait, glandait, fumait. Inlassablement. Puis ce fut la prise de pouvoir de Sund, soudain, et Hunter se demanda longuement ce qu’il se passait au juste, là. Le temps de comprendre qu’un fou sanguinaire avait pris le pouvoir sur l’île, que ses Partisans étaient tous ou presque des fanatiques étranges, et le jeune homme se dit que c’était la merde. Non mais franchement… Qu’est-ce que les gens avaient à toujours vouloir compliquer les choses, hein ? A croire que çà les tuerait de vivre tranquillement. Bref. Sans trop savoir pourquoi, Hunter rejoignit les rangs de la Résistance, alors qu’il aurait peut-être eu mieux sa place chez les neutres. D’un côté, il commençait sérieusement à s’ennuyer, alors autant s’enrôler, hein. Et puis, les Partisans ? Un peu trop zarbis à son goût. Bref, résistance. Et puis, c’était classe, être un opposant. Et tuer, çà ne le dérangeait plus. Alors autant mettre sa main revolver à contribution, quoi. Bref, affaire à suivre, tout simplement.



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Hunter O'Connor


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MessageSujet: Re: # Hunter.   Jeu 9 Sep - 17:07

Fiche finie
Avec histoire faite à l'arrache, mais tant pis u.u
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Gabriel Jewel

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MessageSujet: Re: # Hunter.   Jeu 9 Sep - 18:22

    Je te valide avec plaisir, très chère x3

    Night of a hunter quoi... Tu abuuuuuses XD
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MessageSujet: Re: # Hunter.   

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# Hunter.

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