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 > Desdémone de Lahelles.

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Hunter O'Connor


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MessageSujet: > Desdémone de Lahelles.    Lun 12 Juil - 1:35


Identité *


    Nom : de Lahelles.
    « Typiquement français, à la base, oui. Avouez que c’est joli, quand même »

    Prénom : Desdémone.
    « Dess pour les intimes. »

    Âge : 21 ans.
    « Vous savez que c’est horrible de vieillir ? »

    Date d’anniversaire : 28 août.
    « Vous n’êtes pas obligés de retenir cette date, vraiment. »

    Camp : Neutre.
    « Ce n’est pas vraiment que je m’en fous, du conflit et tout çà, mais disons plutôt que je cherche à rester objective, la plus impartiale possible et... Hum, non, en vérité, je m’en fiche un peu, oui. Mais dans le bon sens du terme, bien entendu. »


    Occupation : Artiste peintre.

    Oui, Desdémone peint. Elle dessine, elle griffonne et elle esquisse depuis toute petite. Aujourd’hui, en tant qu’adulte qui n’attend de la vie qu’un avenir des plus comblés, elle a choisit de faire de sa passion un métier qui, quoique certes précaire, lui permet de vivre sa vie. Et puis, il faut dire que ses parents ont une situation financière plutôt aisée, mais après tout, par expérience, Desdémone sait pertinemment qu’on ne sait jamais, que la donne peut s’inverser. Alors mieux vaut çà que se tourner les pouces. Et puis, des sous et des jolies choses, on n’en a jamais assez, pas vrai ? Certes. La miss a donc son atelier en ville ; elle expose ses tableaux, ses paysages, ses portraits, ses aquarelles, ses peintures et ses dessins en tout genre, elle les vend à celles et ceux qui veulent bien les acheter, et fait ainsi tourner son petit commerce, au jour-le-jour. Et cela lui convient très bien.


    Magie avantagée : Persuasion tactile.

    Desdémone ne possède pas de Potentiel énorme. Son élément est celui de l'eau, mais elle n'a jamais cherché à l'exploiter entièrement - ou peut-être n'a-t-elle jamais réussi, allez savoir. Elle a surtout tendance à s’en servir lorsqu’elle peint, en tendant un index sur la toile pour humidifier ses couleurs, des choses de ce style, mais rien de plus. Il semblerait également qu’elle ait des capacités dans le domaine de la métamorphose, ou plutôt qu’elle arrive à modifier un aspect ou un autre de son corps, si elle y met suffisamment de volonté. Seulement, ce don semble extrêmement limité, et Dess se contente de l’exploiter au niveau de ses yeux, pour en changer la couleur. Ainsi, elle a prit l’habitude de changer son œil droit, naturellement vert, en un iris de couleur rouge, qu’elle estime beaucoup plus esthétique - allez savoir pourquoi. Et çà s’arrête là, elle ne préfère pas tenter le diable en essayant de changer de coupe de cheveux d’un simple claquement de doigts, par exemple ; parce que si jamais çà ratait, elle se suiciderait. (Comment çà, superficielle ? Mais pas du tout.) Le don principal de Dess, donc, est encore autre chose. Et celui-ci, elle s’en sert bien plus souvent, bien que son Potentiel limité ne puisse guère lui permettre d’accomplir des prouesses. Ce don ? La persuasion tactile, ou l’hypnose tactile. Rien de bien compliqué, à vrai dire. Il suffit qu’elle pose sa fine main sur l’épaule ou sur le bras de quelqu’un, tout en lui suggérant une chose ou une autre avec un gentil sourire, pour que cette personne le fasse sans réfléchir. Si son Potentiel était davantage débridé et qu’elle était un peu plus sombre de caractère, elle pourrait aisément convaincre une personne d’en tuer une autre, ou de se suicider. Mais la demoiselle s’en sert surtout dans la vie quotidienne, sans en abuser forcément, et notamment lorsqu’elle veut vendre une de ses toiles. Car oui, de temps en temps, elle ne se prive pas de persuader un client que cette toile est vraiment maaaaaagnifique, et qu’il faut vraiment qu’il l’achète, oh oui, elle sera absolument parfaite dans son salon, vous voyez. Comment çà, de la triche ? Bah… Appelons çà avoir le sens des affaires, plutôt.


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Hunter O'Connor


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MessageSujet: Re: > Desdémone de Lahelles.    Lun 12 Juil - 1:45

Précisions *


    Caractère : [UC]

    Physique : Dess ? Depuis toute petite, on luit dit qu’elle est absolument ravissante.

    De taille moyenne tout d’abord, ni trop petite sans être pourtant très grande, Desdémone ne se démarque pas du tout par sa taille. Elle gagne quelques centimètres à l’occasion, en portant des chaussures à talons hauts, mais même avec çà, elle ne bat pas des records de grandeur. Bref, taille moyenne, donc, tout à fait dans la norme des jeunes femmes de son âge. La silhouette mince et élancée, Desdémone est longiligne, svelte et gracieuse, à l’apparence peut-être un peu frêle, même. Ses jambes sont vertigineuses, longues et fines ; ses bras, frêles ; ses doigts sont ceux d’un pianiste et ses mains sont soignées, souvent manucurées. Elle ne dispose pas de formes véritablement très prononcées, mais elles sont tout à fait respectables et elle n’en complexe pas, loin de là. La peau très claire, la jeune fille n’est pas d’un naturel à bronzer très facilement, et même si cela l’agace parfois, elle n’en fait pas tout un plat. Une peau douce et lisse, c’est déjà çà, après tout, non ? Certes.

    Son visage fin, aux traits bien dessinés, peut avoir l’air encore un peu juvénile et la rajeunit considérablement, mais l’impression de maturité qui s’en dégage la plupart du temps rééquilibre la balance. Des lèvres fines, un petit nez, de longs cils, de grands yeux, un visage indéniablement joli. Ses yeux, à l’origine, ont la couleur de l’émeraude, mais depuis un bon moment maintenant, Desdémone est affublée d’un œil droit écarlate. Cause ? Sa capacité à changer la couleur de ses yeux par magie. Le sens artistique constamment en éveil, il peut lui arriver d’avoir des goûts somme toute assez étranges, et sa lubie du moment, oui, est d’avoir cet œil vert et cet œil rouge, allez savoir pourquoi. Sa chevelure d’or, longue et bouclée, cascade jusqu’à sa taille, et des mèches éparses et souples encadrent son fin visage, constamment. Soyeux, éclatants et décidément très longs, ils sont généralement ce que l’on remarque en premier chez elle.

    Le style vestimentaire de la jeune fille est pour finir toujours recherché, ainsi que soigné. Âme d’artiste, elle prône l’originalité en même temps qu’elle admire la sobriété, alors elle tient à concilier les deux dans ses tenues, du mieux qu’elle peut. Il est tout d’abord assez rare de la voir en pantalon, Desdémone ayant une nette préférence pour les robes et les jupes en tout genre. Sa garde-robe est vaste, et la demoiselle cherche souvent à obtenir des pièces uniques, en allant voir des couturiers, notamment. Une petite robe en soie noire, qui virevolte à chaque pas, des escarpins assortis et un pendentif unique ; une robe chasuble et des collants, avec une paire de bottes à talons ; une jupe plissée et un chemiser, avec d’innombrables bracelets ; une robe bustier avec un châle, et des manches fines qui lui recouvrent les avant-bras, des créoles fines aux oreilles ; ou alors un jeans sombre et fin, et un chemisier blanc, avec deux pendentifs et des escarpins, pourquoi pas. Elle varie ses tenues, elle aime les vêtements sans être complètement accro au shopping, elle accorde une grande importance à l’esthétique. Attirée par l’originalité mais tenant au naturel, elle n’a aucun piercing ni tatouage, conservant sa peau sans artifices.

    Ravissante, vous dis-je.

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Hunter O'Connor


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MessageSujet: Re: > Desdémone de Lahelles.    Lun 12 Juil - 1:55

Histoire *


    Origines : Née sur Waterin, d’un père héritier, Benjamin de Lahelles, et d’une mère dépensière aux origines yoliennes, Margaret de Lahelles, Desdémone ne connaît et n’a jamais connu que cette fameuse île où elle se trouve présentement.

    Position : Neutre, incontestablement neutre et définitivement neutre, Dess préfère ne pas prendre position dans le conflit qui fait rage sur Waterin, même si cela peut paraître stupide et lâche. Elle préfère s’occuper de ses affaires, suivre le mouvement, faire l’autruche, attendre.

    Histoire :

    Ils avaient tout pour être heureux.

    Elle, elle était belle, lui, il était riche.
    Héritier d’une famille noble de Waterin, famille aux origines terriennes et françaises si l’on cherchait encore plus loin, Benjamin de Lahelles avait de l’argent, beaucoup d’argent. Il épousa cette fameuse Margaret, qui venait des îles yoliennes, une virtuose du piano, et ils eurent aussitôt ce charisme du couple terriblement bien assorti, un couple noble et élégant, posé et aimant. Enceinte, l’épouse de Lahelles ne perdit rien de sa beauté, et bien que le mari fut quelque peu déçu de ne pas avoir de fils, l’arrivée de Desdémone en ce monde se fit des plus simplement, des plus sereinement.

    Déjà toute petite, on pouvait constater qu’elle était le portrait craché de sa mère.

    Les longs cheveux blonds, si bouclés, cette silhouette fine, ce joli visage, ces deux émeraudes à la place des yeux, tout était de Margaret, il n’y avait aucun doute possible. On s’extasiait devant « ce ravissant enfant » lorsque les dames venaient prendre le thé, on s’agenouillait toujours devant la petite pour essayer de lui arracher un sourire éblouissant, on admirait les jolies tenues, les robes diverses et froufroutantes que sa mère lui faisait porter, on n’avait de cesse de passer la main dans ses cheveux d’or, on disait qu’elle était une princesse, une véritable petite princesse, et que ses parents avaient beaucoup, beaucoup de chance d’avoir un petit ange pareil sous leur toit.

    Et elle, elle se laissait faire, bien sûr, elle restait sage et polie, sage, très sage. Calme, aussi, un peu réservée peut-être, rêveuse, dans son monde. Elle n’aimait pas trop être loin de sa mère, elle avait toujours la manie de lever son bras menu pour attraper la main de cette jolie femme qui lui ressemblait, pour ne plus la lâcher de la journée ou de la soirée. Collante ? Oui, Desdémone fut de ces bambins sans cesse accrochés aux jupes de leur mère, en effet. A chaque réception à laquelle Margaretde Lahelles se rendait, à chaque thé qu’elle allait boire avec des amies de sa caste, on pouvait être sûr de voir l’adorable enfant marcher à ses côtés, une main agrippée à sa jupe, silencieuse, curieuse, un brin sur la défensive. Elle ne voulait boire que du thé vert, et lorsqu’elle commençait à s’endormir sur les genoux de sa mère, elle se réveillait sans cesse en sursaut comme si elle avait peur qu’on l’oublie sur place pendant qu’elle serait endormie. Alors épuisée, il fallait souvent qu’on la porte pour rentrer, et lorsque c’était son père, la petite fille se sentait instantanément en sécurité, et même si elle ne voyait pas sa mère, elle pouvait être sûre de rejoindre les bras de Morphée dans l’instant.

    Elle était petite, elle était fragile, elle était sage, calme, silencieuse et rêveuse, elle était curieuse de tout, prudente ; elle avait toujours ce petit froncement de sourcils tellement adorable et équivoque lorsque quelque chose lui déplaisait ; il y avait toujours ce thé vert qu’elle réclamait sans cesse lorsqu’elle avait soif ; il y avait eu cette visite à l’aquarium où elle était restée plantée pendant plus d’une heure sans bouger devant les méduses, la bouche entrouverte d’une admiration fulgurante et sans bornes ; il y avait le magnifique piano blanc planté au milieu de la salle de séjour, où elle apprit jouer dès ses cinq ans ; il y avait ces heures où elle restait dans sa chambre à dessiner, dessiner et encore dessiner ; il y avait eu le cri strident et suraigu de sa mère, le jour où elle avait renversé un pot de peinture sur sa robe de marque et hors-de-prix préférée ; il y avait ces innombrables services à thés si jolis, si finement ouvragés ; il y avait cette vieille dame charmante à qui ils rendaient parfois visite, avec ce petit garçon que le père de Desdémone qualifiait sans cesse de « sale gosse » sans que celle-ci comprenne pourquoi parce que vraiment, elle le trouvait fort mignon ; il y avait ce si joli ciel qu’elle aimait reproduire sur une feuille ou sur une toile ; il y avait tous ces innombrables vêtements dans sa penderie, ces robes si sublimes, ces robes moins sublimes, ces rubans à outrance et ces socquettes diverses ; il y avait ces sucreries, ces peluches, ces cadeaux, il y avait les sourires béats des autres mères et des vieilles dames, il y avait les considérations égoïstes des autres gamins de son âge et de sa caste, il y avait la haute silhouette de son père qu’elle avait toujours trouvé à la fois si fascinante et si inquiétante, il y avait tous ces livres que ce dernier lisait, il y avait toutes ces chaussures, si nombreuses, que sa mère achetait ; il y avait toutes ces images, ces pièces, ces fragments de son enfance qui s’éparpillaient dans l’album-souvenir mental de sa mémoire, intangibles, impalpables mais là, bels et bien là.

    Comment ils finirent quasiment ruinés, çà, par contre, elle ne s’en souvient pas.

    Elle se souvient parfaitement du moment, cependant. C’était l’année de ses 12 ans, elle était assise sur le petit tabouret de velours, devant le piano à queue blanc du salon, et elle jouait une symphonie de Bach, ses longues boucles blondes cascadant jusqu’au bas du dos, lorsque les éclats de voix de ses parents la perturbèrent et lui firent rater une note. Un froncement de sourcil assombrissant le joli visage encore si poupin, une hésitation, et la jeune fille finit par quitter le piano, pour cavaler jusqu’à la bibliothèque. Ses parents s’y trouvaient bien ; son père, toujours aussi grand, occupé à faire les cents pas devant un rayonnage, visiblement emprunt d’une vive agitation, les sourcils froncés et la mâchoire crispée ; sa mère, toujours aussi belle, postée devant la cheminée, vêtue d’un tailleur élégant et décontracté à la fois, un bras replié sur son ventre et un coude posé dessus, certainement occupée à mâchouiller l’ongle de son pouce, comme elle le faisait toujours lorsqu’elle était agacée ou stressée. La petite Desdémone, perplexe, s’arrêta au niveau du seuil, n’ouvrit pas la bouche pour signaler sa présence. Ses parents ne la virent pas, et son père se remit soudain à vociférer, alors qu’il continuait ses cents pas.

    - Tu entends, Margaret ? Ruinés ! Tu entends ?
    - Oui, j’entends très bien, figure-toi.

    Le ton agacé, la mère de Desdémone ne bougeait pas, conservait son calme ; au contraire de son mari, qui lui, écarquilla un peu plus yeux en entendant sa femme. Un rire nerveux le secoua un court instant, alors qu’il s’arrêtait de marcher.

    - Tu entends ? Tu ENTENDS ? Mais alors REAGIS, bon sang ! RUINES ! RUINES, tu sais ce que çà veut dire ? Je n’ai plus un sou ! Tout juste de quoi vivre, vivre comme quelqu’un du PEUPLE ! Tu sais ce que çà veut dire, çà ? Tu SAIS ?

    Dess se souvint de s’être retirée dans le couloir, pour coller son dos contre le mur et écouter, les sourcils froncés, figée de stupeur devant l’emportement de son père et surtout toujours aussi perplexe. Alors que son père vociférait, sa mère, elle, crachait ses mots d’une voix sifflante, coupante, claquante.

    - Je SAIS, sombre idiot ! Tu n’es qu’un incapable, voilà ce que je sais.
    - Un incapable ? Un incapable ? Alors çà c’est la meilleure ! C’est moi qui dépense des sommes faramineuses dans des chaussures, encore et encore, dans des fringues, dans des tailleurs de marque et dans des robes pour la gamine, outrancièrement, peut-être ? Je te ferais dire que lorsqu’on s’est mariés, tu n’avais pas un sou, Margaret, c’est MOI qui avait le pactole !
    - Tu parles d’un pactole ! Il s’est vite épuisé, ton foutu pactole, Benjamin.
    - La faute à QUI ? Tout çà c’est de ta faute, il va falloir se serrer la ceinture, tu te rends compte ? Se serrer la ceinture ! Des de Lahelles ! C’est… grotesque.
    - MA faute ? Mais c’est toi qui n’est même pas fichu de gérer un héritage correctement, c’est toi qui n’est pas capable d’ouvrir une entreprise ou je ne sais quoi pour renflouer les caisses, c’est toi qui a laissé cet argent s’envoler, Benjamin Hector de Lahelles !
    - Tu sais ce qu’il te dit, Benjamin Hector de Lahelles ? Que tu ne sers fichtrement à rien, Margaret, foutrement à rien. Tu n’as même pas été fichue de me pondre un fils pour avoir un héritier digne de ce nom, tu as dépensé tout le fric, tu ne sers à RIEN.

    A partir de là, à cause des cris hystériques de Margaret qui se mêlèrent aux vociférations de Benjamin, ce fut plus confus. Et à vrai dire, Desdémone n’en écouta pas davantage. Non, ce jour-là, en entendant les dernières paroles de son père, la petite fille fut profondément marquée. Elle buta sur ce qu’il avait dit, et les cris de ses parents lui parurent par la suite intelligibles, parce qu’elle n’y faisait plus attention. Elle ne comprenait pas vraiment la situation, elle ne comprenait pas ce que çà signifiait, être ruiné, et tout ce qu’elle savait, c’était que ses parents se disputaient, se disputaient violemment, et que son père avait dit qu’il aurait préféré avoir un fils. Parce qu’il l’avait dit, n’est-ce pas ? Elle n’avait pas rêvé. Elle avait toujours eu l’impression qu’il y avait une espèce de distance entre son père et elle, mais elle pensait que c’était juste une impression. Non, elle s’était persuadée que ce n’était qu’une impression. Mais en vérité, et si son père avait vraiment, vraiment voulu un fils ? Il avait du forcément être atrocement déçu de la voir venir au monde, non ? Si. Certainement.

    C’est tout ce qu’elle retint, en majeure partie.
    Et c’était déjà amplement suffisant.

    Desdémone ne remarqua pas tout de suite de majeur changement dans la vie de sa famille. Son père était plus souvent absent et sa mère avait tendance à s’emporter pour un rien, mais la jeune fille, à cette époque, n’avait pas l’impression de n’avoir plus un sou. Ils devaient leur en rester tout de même un peu, suffisamment, des sous, mais pas assez pour que le couple se paye le luxe de ne pas travailler. Ainsi, son père s’absentait, pour aller monter des affaires très certainement, ou quelque chose du genre (à moins qu’il aille se saouler dans les bars, allez savoir) et sa mère, elle, fut embauchée pour jouer du piano dans des réceptions mondaines, ces mêmes réceptions où ils se rendaient encore pour donner le change. La relation entre ses parents se dégrada, la tension était constamment palpable, et lorsqu’ils en vinrent à vendre l’immense domicile familial, Benjamin et Margaret frôlèrent le divorce. Ils se prenaient sans cesse la tête, mais il refusaient en vérité de se séparer, à cause du qu’en dira-t-on, et pour des raisons pratiques, aussi. Non, vraiment, le divorce, c’était trop prise de tête. Alors ils restèrent ensemble, et ce même s’il aurait mieux fallu pour eux et pour leur fille qu’ils se séparent une bonne fois pour toutes, au lieu de s’engueuler sans arrêt comme ils le faisaient toujours.

    Dess restait à l’écart. Elle grandissait au fil des années, elle accompagnait toujours sa mère aux soirées mondaines, ou lorsqu’elles étaient invitées pour boire un thé, elle restait calme, stoïque, silencieuse, mais très belle et incontestablement douce. A 14 ans déjà, elle respirait la maturité ; elle parlait posément, elle avait du vocabulaire, elle aimait la lecture, elle avait des sujets de conversation, elle se tenait droite, elle buvait son thé avec le petit doigt en l’air, elle semblait réservée et pure, et aux dires de tous, elle était parfaite. Elle se montrait même parfois plus adulte que sa mère, lorsque celle-ci se laissait aller à jurer à voix haute en pleine réception à cause d’un ongle cassé, ou lorsqu’elle se mettait à insulter à qui mieux-mieux son mari, à voix très haute, fâcheusement sujette aux sautes d’humeur fréquentes. Devenue irascible et colérique, Margaret de Lahelles n’était plus vraiment une femme qu’on tenait à inviter à la moindre réception ; et c’était en vérité Desdémone qui avait reprit le flambeau, qui tenait à conserver une excellente image pour raviver la flamme de leur réputation. Ainsi, on se souvenait de cette jeune fille absolument charmante et ravissante, avec son minois d’enfant qui respirait pourtant terriblement la maturité, avec ses excellentes manières et sa jolie voix mélodieuse, sa dextérité au piano et sa courtoisie exemplaire, et on l’associait à ce nom, celui des de Lahelles. On se souvenait du nom, et on les invitait, on parlait d’eux, on compatissait, on les respectait, on les appréciait, on les admirait. Les apparences primaient avant tout dans n’importe quel monde, somme toute, et cela, la jeune fille l‘avait parfaitement compris.

    Ils leur fallu plusieurs années avant qu’une tante éloignée de Benjamin ne décède d‘une crise cardiaque foudroyante, et cède tout son héritage à son neveu préféré. Certes, l’héritage était loin d’être grandiose, en vérité, mais cela leur suffit pour acheter une nouvelle demeure (une vraie, s’entend, comme aimait le préciser Benjamin de Lahelles), et pour que Margaret puisse de nouveau se ruer dans les magasins pour acheter de nouvelles paires de chaussures, s’étant privée depuis beaucoup, beaucoup trop longtemps. Les tensions entre le couple se tarirent quelque peu, le monstre du ressentiment se mettant à ronronner face aux sous qui revenaient, et Desdémone fit le constat réaliste que le bonheur (ou tout du moins la sérénité), était étroitement lié à l’argent.

    Elle s’éloigna de ses parents pour aller étudier à l’Académie, et prendre un peu d’indépendance. Elle aimait beaucoup lire, elle aimait passer des heures dans la bibliothèque au lieu d’aller en cours, elle était toujours aussi charmante et courtoise, et elle se découvrit observatrice, sociable et créatrice. Elle avait l’esprit artistique, et elle aimait toujours autant dessiner et peindre. Son Potentiel n’était pas énorme, mais elle réussit un jour à changer la couleur de ses yeux, et elle trouva çà fort intéressant. Elle ne chercha jamais à modifier autre chose que la couleur de ses iris, par contre, n’étant très peu ambitieuse au sujet de la magie. Elle se découvrit le don de la persuasion tactile, également, lorsqu’elle commença à trouver étrange que toutes les personnes dont elle touchait le bras acceptaient de bonne grâce d’aller lui chercher un livre sur un haut rayonnage ou d’aller lui chercher une tasse de thé vert. La période qu’elle passa dans cette fameuse Académie fut une période de découvertes, une période frivole, légère et sereine, une époque où elle se rendit compte qu’il y avait toujours des personnes qui lui tapaient dans l’œil, soudainement, sans aucune raison, de manière fulgurante, à l’instar de la méduse qu’elle avait vu toute gamine et dont elle se souvenait encore. Elle donnait l’impression d’être appréciée de beaucoup et méprisée par d’autres, mais restant toujours fondamentalement seule ; pourtant, il y avait certaines personnes qu’elle côtoya plus que d’autres, dont cette fille aux cheveux si sublimes, à l’air incontestablement fier et hautain, fascinante, et ce garçon aux yeux si profondément bleus, avec qui elle sortit pendant plus de deux ans. Elle avait tendance à rester foncièrement en retrait, à observer plutôt qu’agir, à sourire pour dissimuler des choses, mais elle était sincère, franche, courtoise et diplomate à la fois, elle était calculatrice dans l’âme et elle savait retomber sur ses pattes, toujours ou presque. Elle était prudente, stratège et fine observatrice, douce, courtoise et charmante, passive et sur la défensive, rêveuse et réaliste, originale et simple, plutôt altruiste et assez égoïste ; bourrée de paradoxes, elle était la fleur qui s’ouvrait au monde, qui se découvrait, l’archétype de la jeune fille simple mais pourtant foncièrement originale et incontestablement unique, comme chacun. Elle était elle, et c’était tout.

    A 19 ans, son petit-ami et elle rompirent à leur sortie de l’Académie, et très loin de s’en attrister ou de s’en démonter, Desdémone partit avec le sourire aux lèvres, la tête pleine des perspectives d’avenir qui l’attendaient. Elle retourna dans la demeure familiale, demeure où ses parents s’y trouvaient de moins en moins souvent, chacun occupé avec ses petites affaires, d’un bout à l’autre de Waterin. La vie était redevenue simple et tranquille au sein du foyer des de Lahelles, et l’éloignement avait certainement participé à cette sérénité retrouvée. Dess voyait moins ses parents, mais elle était loin de s’en attrister,
    elle avait sa propre vie à construire, désormais. Elle joua du piano à l’Auberge, puis les cours de dessin qu’elle donna aux gamins du voisinage lui procura l’envie de faire de sa passion un semblant de métier, et ce fut ainsi que son idée d’exposer ses œuvres diverses et de les mettre en vente lui vint.

    En même temps, il y avait cette envie de satisfaire et de rendre fier son père, qu’elle avait secrètement depuis le jour où elle avait entendu ce dernier dire qu’il aurait préféré avoir un fils. Elle ne pourrait pas devenir un héros national, elle ne pourrait pas être un héritier digne de ce nom, mais elle pourrait toujours être cette jeune fille de bonne famille, ravissante et artiste, qui pouvait toujours se marier avec un bon parti pour embellir davantage le nom de ses parents. Superficiel, comme objectif ? Peut-être bien. En tous les cas, lorsque Daisy-Violet Neuwright lui dit qu’elle était vraiment devenue une jeune femme ravissante, alors qu’elles prenaient toutes les deux le thé chez la première, Desdémone eut la fugace pensée qu’il faudrait qu’elle tienne le « sale gosse » de Jeveh à l’œil, parce que même si elle ne l’avait croisé que de rares fois dans sa vie, rien n’interdisait de faire connaissance - et puis, statistiquement, il était parfait ou presque, non ? Beau et riche, c’était parfait, et puis, sa grand-mère était charmante. Il y avait juste ces gens qui disaient qu’il avait un caractère exécrable, et qu’il courait après tout individu de sexe féminin, mais ce n’était qu’un menu détail. Non ? Après tout, ce n’était pas comme si elle croyait à l’amour avec un grand A, au mariage qui unissait pour la vie deux cœurs aimants. Non, un mariage d’intérêt avec une personne qui l’intriguait fortement lui paraissait amplement suffisant. Ou tout du moins, c’était ce qu’actuellement, en jeune femme qui avait encore tout à apprendre de la vie qu’elle était, elle pensait.

    Et puis mince alors, elle verrait bien.
    Les prises de tête, elle n’en voulait pas.
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