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 « Is there a reason, why a broken heart begins to cry? » [Damon]

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Einleen Starfield

Chanteuse à l'Auberge Ahea.

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MessageSujet: « Is there a reason, why a broken heart begins to cry? » [Damon]   Sam 1 Mai - 10:17



    L’Auberge.
    Une étrange ambiance c’était emparée de ces lieux, entre la douceur de la mélodie et le silence plutôt inhabituel. Ce n’était que le début de soirée, mais la grande salle était déjà bondée, nombreuses étaient les personnes moroses, perdues dans leurs pensées, qui réalisaient désormais quelle était l’influence de Sund. Finalement, la Résistance n’était pas compromise, car Sund avait confronté les Watérinniens à un choix, et son acte de cruauté n’allait pas forcément dans son sens. Peut-être que plus d’individus seraient prêts à rejoindre la Résistance, finalement. Et pas des lâches, non. Ce ne serait plus un mouvement abstrait dont l’ordre laissait à désiré. Il s’agirait là d’un renouveau, d’une volonté réelle d’arrêter le Tyran qui jusqu’alors ne s’en était jamais pris à ses citoyens directement, juste au Conseil, et à un témoin un peu trop gênant, si Einleen avait bien suivit.
    Cette morosité, la jeune femme espérait pouvoir la calmer. Alors elle chantait. Là sur l’estrade, perchée sur son tabouret, sa robe sage d’un noir profond couvrant ses genoux et contrastant avec la pâleur de son teint, elle laissait sa voix se propager.

    « Someone said goodbye, but you don’t why… »

    Pourquoi avait-elle choisi cette chanson, ce soir ? Pourquoi ?
    Il fallait certainement se détourner de son sens premier, pour pouvoir saisir toutes l’intensité de ses paroles. James Catterson avait dit « au revoir », d’une façon qui seyait que trop bien à son excentricité. Certains ici rentraient tout juste de l’enterrement de ce dernier, qui avait eu lieu dans l’après midi. Sous le ciel gris de Novembre, la cérémonie s’était passée sans encombre, les Partisans jugeant qu’il ne fallait pas attiser la haine des Opposants maintenant, mais les laisser sombrer dans la détresse. Les Watérinniens, quant à eux, disaient au revoir à la paix. D’autres, à l’espoir. Ils seraient obligés de faire un choix. Tôt ou tard. Personne ne comprenait vraiment pourquoi, mais chacun avait des adieux à faire, là, leurs nez plongés dans les verres, le regard perdu dans le vide, leurs oreilles discernant les paroles de la chanson, comme s’ils n’y prêtaient pas attention. Mais en réalité, les paroles transperçaient leurs âmes, traçaient sur les cœurs de ces marques indélébiles, de celles dont on ignorait si elles seraient un jour un souvenir agréable ou non. Einleen espérait alléger les cœurs, néanmoins, il était probable qu’elle en alourdirait certains.

    « You won’t say goodbye… »

    Mais si.
    Damon, lui…
    Il l’avait dit.
    Un « adieu », si froid. Et bien qu’elle se fût attendue à une réaction de ce type, jamais de simples mots l’avaient laissée aussi mortifiée. Ses agissements étaient compréhensibles, pourtant : elle avait blessé sa fierté, elle l’avait obligé à courber l’échine devant le maître de l’île, et si elle lui avait sauvé la vie, l’échec demeurait, d’une manière ou d’une autre. Il l’avait dit, c’était tout, il ne voulait plus la revoir, et cette perspective lui était presque insupportable.
    Si la voix d’Ein’ était aussi chargée d’émotion ce soir là, c’était simplement qu’elle-même avait le cœur lourd. Elle ne comprenait pas le contraste entre les différentes émotions qui la traversaient. C’était comme si à son chagrin se mêlait les différents effets que son chant avait sur les clients, un partage doucereux et tacite, dans le respect des choses, un accord parfait et profond.
    Le regard d’Einleen parcourait la salle, elle ne cessait pas de chanter, savourant l’instant. Elle ne savait pas si elle devait trouver ce moment magnifique, ou bien si elle devait se plaindre de sa tristesse. Malgré le contexte, un étrange sentiment de paix s’élevait en elle, comme si sa confession glissée lui ôtait un poids. Comme si chanter sa propre déception lui permettait de l’oublier un peu, et le partage de sentiments avec cette foule la rendait heureuse, en un sens, même si elle ne saisissait pas vraiment pourquoi.

    Son cœur loupa un battement lorsqu’elle distingua la silhouette massive, à une table un peu à l’écart.

    « Give me a reason, why you never want to say goodbye ? »

    Elle ne voulait pas dire « au revoir ».
    Lui non plus ? Elle avait pourtant sous-entendu qu’elle était là, souvent. Et il était venu. Peut être n’était-il un habitué, qui n’avait pas l’intention de changer sa manière d’être sous prétexte qu’il lui avait dit adieu. Et connaissant vaguement le caractère de Damon, Einleen se trouva une certaine tendance à opter pour cette hypothèse. Elle se contenta de le fixer quelques secondes, avant de se détourner. Le regard perdu dans le vide, elle continuait à chanter, en priant pour que l’émotion ne la prive pas de ses moyens. Elle se voyait mal quitter la scène en prétextant qu’elle se sentait mal. Elle ne voulait pas montrer ce genre de faiblesse, elle voulait juste apaiser les âmes meurtries qui étaient venues, pas leur communiquer sa peine pour qu’elle les alourdît plus encore.

    Chanter.
    Chanter, oublier.
    Chanter, se souvenir.
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Damon Claymore


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MessageSujet: Re: « Is there a reason, why a broken heart begins to cry? » [Damon]   Sam 15 Mai - 11:14

    Jour de deuil.

    Damon s’était rendu à l’enterrement de James Catterson, en tant que simple camarade. Il avait refusé de trop se mêlé à la foule : il aurait pu, pourtant. Il avait aidé la petite Misaki à s’arranger pour que les restes de James ne finissent pas abandonnés sur la place. Elle était venue le chercher, et, s’il l’avait tout d’abord accueillie avec la mauvaise humeur coutumière, accentuée par sa fierté bafouée et le meurtre atroce dont il souhaitait faire vengeance, il avait finit par n’opposer aucune résistance et en constatant l’état de la demoiselle – bien qu’il ne se soit pas montré plus ému ou apitoyé que cela, bien entendu, il aurait été contre nature de le voir avoir clairement pitié de la pauvre jeune fille – et la justesse de son désir et de ses propos. Mais il préférait rester de côté. Il n’avait après tout pas été vraiment proche de James, de son vivant. Il avait même fait de son mieux pour conserver une grande distance avec lui, le jugeant bien trop excentrique pour faire partie de ses trop rares proches. Rester à l’écart, oui, non seulement parce qu’il n’était pas lié à James autrement que par l’idéal de liberté mais également pour surveiller. Damon était sur ses gardes : il ne tolérerait pas que l’on manque de respect envers l’immolé. La venue d’un partisan affiché aurait été un affront tel qu’il en tremblait presque de rage rien qu’à y penser. L’idée avait beau le faire frémir d’horreur, il restait prêt à réagir s’il le fallait. Debout, immobile, véritable et colossale statue, il assista à la cérémonie avec l’air de chien de garde qu’il semblait tant affectionner. Il partit avant même qu’elle ne s’achève véritablement : tout danger était visiblement écarté, les partisans, s’ils étaient venus pour une raison x ou y, s’étaient habilement dissimulés, et il ne voyait pas pourquoi ils attendraient la fin de la cérémonie pour agir si tel était leur souhait. Alors, assez rassuré pour la suite de la cérémonie, il s’en alla, tout simplement. Il n’aimait pas les funérailles. Il n’aimait pas voir les gens qui lui étaient proches, des compatriotes, mourir. Il repasserait sur la tombe de James plus tard, lorsque les gens ne seraient pas là, et tout irait très bien.

    Après avoir erré un instant, Damon, se rendant bien compte qu’il n’avait strictement rien à faire, décida de se rendre à l’auberge. Il hésita un instant en se remémorant les paroles d’Einleen. Peut-être serait-elle là bas. Mais il se reprit bien vite : après tout, il ne voyait pas pourquoi il changerait ses habitudes. Sous prétexte qu’il ne voulait plus la voir ? Pfeu. Ce n’était pas cela qui l’empêcherait de vivre comme il l’entendait. Cette fille était suffisamment délicate pour avoir saisi le message, pas vrai ? Puis, confrontée à son ignorance, il doutait qu’elle se lance dans l’entreprise périlleuse qu’était une tentative de rapprochement avec notre grizzly adoré. Depuis la fin tragique de la soirée de leur rencontre, il ne voyait pas cela comme possible. Et ce malgré le goût amer des regrets qu’avait laissé son adieu sur ses lèvres. C’est ainsi qu’il décida d’y aller quand même, à l’auberge. De toute façon, il y était déjà allé bien souvent, et ne l’avait jamais croisée. Oui, il tentait de se rassurer aussi. Car un sentiment qui se rapprocher d’une certaine angoisse le prenait à l’idée de la revoir. Il ne le voulait pas, justement parce qu’il n’aimait pas ce sentiment, entre autres choses comme sa fierté bafouée. A peine fut-il entré que la malchance sembla s’abattre sur lui.

    La voix s’éleva et l’électrisa. Pas elle… C’était donc ça qu’elle entendait lorsqu’elle se disait assez connue ici. A vrai dire, l’aubergiste, qui connaissait bien Damon à force de le voir si souvent, avait déjà parlé avec lui d’une mignonne petite chanteuse qu’il avait engagée. Mais jamais il n’avait prononcé son prénom et jamais le garde du corps n’avait eu l’occasion de la voir sur scène jusqu’à présent. Un sentiment confus s’empara de Damon, qui s’empressa donc de s’assoir. Maudissant sa haute taille et sa stature impressionnante qui l’empêchaient ici de disparaître, tout simplement, aux yeux de tous, il s’assit immédiatement à une table la plus éloignée de la demoiselle qu’il le put. Malheureusement pour lui, il y avait déjà du monde et il ne put se réfugier vers le fond, dans un coin sombre. Tant pis. IL se contenta de lui tourner le dos, et, une fois sa commande passée, de ne piper mot. Il écoutait, attentivement. Il appréciait la voix mélodieuse de la demoiselle tout en sentant un étrange sentiment de peine, dont n’était pas étranger l’enterrement auquel il avait assisté un peu plus tôt, s’emparer de lui. Rien de suffisamment intense pour qu’il quitte son masque de glace, mais quelque chose qui alla rechercher un écho jusqu’au fond de son âme… Adieu… Oui, il l’avait dit. Rarement il disait des choses qu’il souhaitait si peu. S’en rendait-il seulement compte, ça… Damon décida quoi qu’il en soit de rester le plus discret possible, de faire en sorte qu’elle ne le remarque pas et qu’il puisse s’éclipser plus tard sans même qu’elle ne l’ait remarqué.

    Son plan tenait très bien la route, exception faite de sa haute stature. Mais ce que Damon n’avait de toute évidence pas calculé, c’était son mauvais caractère. Une voix s’éleva dans la foule, causant une brisure dans le presque-silence total, quasi-religieux, qui laissait s’étendre la voix de la jeune fille à l’envi. Vous voyez ce genre de petits crétins qui n’ont rien de mieux à faire que de critiquer sans arrêts, pour le simple plaisir et de gêner voire même de perturber complètement des gens tout en s’attaquant à plus faible que lui ? Ce genre d’imbéciles éternellement insatisfait, souhaitant peut-être frimer avec ses potes pour montrer que oui, il était le plus fort ? Il y en a partout, de ce genre de petits vantards insipides, ce genre de personne que Damon ne peut absolument pas supporter. Même sur Waterin. Il faut dire que, sur le buffet des personnes aux allures faibles et inoffensives, Einleen était une pièce de choix : sa constitution maigrelette et ses traits doux ne donnait absolument pas l’impression qu’elle pouvait être un danger quelconque. Aussi ne se priva-t-il pas, le petit imbécile, pour critiquer librement la chanson, la chanteuse et le style. Grossièrement, il prétendit que sa chanson ne valait absolument rien et qu’elle ferait mieux de laisser sa place à quelqu’un d’autre. Oui, ce genre de petits crétins qu’il ne vaut mieux pas écouter et aux provocations desquels il ne faut pas céder. Malheureusement, l’impulsivité de notre garde du corps prima une fois de plus.

    Il ne savait pas vraiment si c’était la rupture provoquée par ce type, le fait que sa cible soit Einleen ou tout simplement le genre du personnage qui l’horripilait le plus. Sûrement un peu des trois, et la deuxième proposition plus qu’il ne le croyait. Toujours est-il qu’il se leva en un bond, repoussant violemment la chaise derrière lui et, arrivé à la hauteur du petit enfoiré debout, l’attrapa tout aussi violemment pour le coller dos à la table. Flippant, avec son regard écarlate qui lançait des éclairs et ses sourcils froncés à l’extrême, le petit Damon ? Je ne vous le fais pas dire. Vu la tête qu’il fit, c’était également la pensée du fauteur de troubles. L’homme s’en moquait totalement, et il siffla, l’air véritablement mauvais.


    « Que ça te plaises ou non, c’est pareil, mec. Alors soit tu la boucles, soit tu dégages, compris ? »

    Visiblement trop choqué pour parler, le jeune homme hocha vigoureusement la tête. Damon eut la chance que, si l’idiot avait eu un don un tant soit peu dangereux, il était bien trop inquiété par la taille des poings de l’homme qui l’avait saisit pour songer à l’employer. Alors que l’aubergiste s’approchait dans l’intention d’inciter Damon au calme, celui-ci lâcha de lui-même le pauvre idiot qui s’empressa de se redresser et de fuir plus loin, rejoignant certainement un ou deux de ses copains. Damon le suivit des yeux d’un air franchement méchant avant de regagner sa place, comme si la plupart des regards n’étaient pas tournés vers le grand impulsif qui venait de défendre Einleen sans la connaître plus que ça. Officiellement, c’était juste parce qu’il ne supportait pas ce genre de mec et que sa figure ne lui revenait pas. Officieusement… Et bien, officieusement, il n’y pensait pas vraiment.

    En tous cas, il se maudissait avec cette désormais certitude, pour la discrétion, c’était loupé. Et il craignait bien qu’elle vienne le revoir. Franchement, il lui avait dit adieu… pourquoi avait-il agit ainsi ? Vous l’aurez compris, maintenant qu’il n’était plus emporté par son caractère coléreux, Damon était très déçu de son attitude.

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Einleen Starfield

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MessageSujet: Re: « Is there a reason, why a broken heart begins to cry? » [Damon]   Lun 26 Juil - 13:57

    Einleen termina sa chanson aussi calmement que possible, suivant du regard l’agitation soudaine et inattendue dans la salle. Même l’aubergiste se déplaça, si bien que la jeune fille fronça les sourcils, intriguée et perplexe. Elle n’avait entendu les répliques, elle était un peu trop loin pour cela, donc, elle ne comprenait pas le moins du monde ce qui se tramait par là bas. Rien de grave ? Il ne manquerait plus que ce soit le bazar à l’Auberge… Était-ce sa faute ? Quelqu’un se révoltait contre le sifflement mauvais qui avait traversé la salle ? Elle n’espérait pas. Elle ne voulait pas être responsable de quoi que ce soit. Et surtout pas de Damon. Parce qu’évidemment, ce dernier s’était levé dans un vacarme plus dérangeant encore que ce qu’avait pu dire l’importun. Pas très délicat, pour un donneur de leçon… Mais dans le fond, cela faisait certainement sourire la jeune fille. Elle ne pouvait pas s’en empêcher, tout dans la gestuelle et les manières de cet ours ambulant la rendait encore plus douce, sans qu’elle n’en sût la raison. Les mystères des relations humaines, de l’attachement, ce genre de futilités auxquelles on ne pouvait échapper, malgré toute la volonté du monde. Inexorablement, les aimants s’attiraient. En avait-elle seulement conscience ? Voulait-elle seulement l’admettre, elle, qui craignait tant de se muer en monstre abominable, l’un de ces chiens à la solde du Tyran, d’un consentement forcé ? Une terreur sans nom s’éprenait alors d’Einleen alors que de tels futurs s’imposaient à son esprit, des possibilités horrifiantes pour sa nature si douce, si bien qu’elle avait l’impression de mourir asphyxiée. Elle était bien trop faible pour s’opposer à son destin, elle le savait…

    Enfin, la dernière note.
    Elle salua son public, d’uns sourire distrait, légèrement timide mais débordant de douceur, avant de descendre de la scène d’un pas délicat. Il n’était plus question de se soucier de lointaines possibilités, mais de régler les différents immédiats, provoqués par le grizzly national. Elle s’avança jusqu’à l’attroupement, intriguée, même si Damon s’était déjà éclipsé. Tout autour, les conversations reprenaient, et Einleen se glissa jusqu’à l’aubergiste.

    « Que s’est-il passé ? »
    « Rien de bien important. Un gaillard qui a fait taire un idiot. »

    L’homme, qui semblait assez ennuyé, esquissa un sourire désolé, avant de retourner à son comptoir. Il devait vivre dans l’inquiétude depuis la prise de pouvoir de Sund. Une émeute dans son établissement nuirait fortement à son commerce… Heureusement, nombreux des Partisans ne fréquentaient pas vraiment cet endroit, mais se rendaient dans les Tréfonds, où ils étaient les seuls à pouvoir y accéder. Une rumeur courrait sur ses lieux, seuls les véritables serviteurs du Tyran savaient combien les lieux étaient réels. Évidemment, Einleen n’y avait jamais mis les pieds. Elle n’était pas faite pour ce milieu, fuyait les Partisans le plus possible, sans pour autant cesser de se sentir prisonnière d’une secte délurée. Il suffisait de constater quelques phénomènes, comme cette Chazera Ohnelli, complètement barrée. Ou Hayden, insupportable adolescent, qu’elle avait aperçu, de loin, et qu’elle ne tenait pas à approcher. Uen savait combien ce genre d’individus pouvaient être nuisibles, et combien Ein’ ne pouvait rien contre eux, seulement armée de sa douce sensibilité. Comment pouvait-elle espérer survivre dans de telles conditions ? Entourée d’individus cruels, peut-être que certains ne tarderaient pas à jeter leur dévolu sur elle, prétextant la traîtrise, malgré les interdictions de Sund. Oh, elle ne doutait pas qu’il y avait quelques individus respectables parmi les Partisans, bercés d’illusions, mais respectables, oui… Néanmoins, lorsque l’on contemplait cette fragilité, qui ne rêvait pas de la serrer, de serrer si fort cette silhouette frêle, jusqu’à la briser ?

    Einleen hésita quelques instants, puis pris son courage à deux mains. Elle s’avança dans le fond, passa derrière le grizzly, et, plutôt que de le réprimandé comme elle aurait dû, se contenta de dire d’une voix douce :

    « Bonsoir Damon. »

    Où comment lui dire qu’elle existait, qu’elle le remerciait, sans insister, sans l’étouffer. Aussitôt, elle poursuivit son chemin, se glissa derrière le comptoir et se fit offrir un jus de fruit par un client. Oh, bien sûr, elle ignorait que le client en question n’aimait pas du tout sa musique, que c’était l’imbécile qui avait sifflé un peu plus tôt. Einleen, petite fée si frêle, aurait-elle malgré tout un physique enchanteur ? Enfin, elle restait sage, naïve certainement. Elle ignorait tout des intentions de son bienfaiteur, ne lui offrit qu’un sourire débordant de sympathie. Tout en sirotant son jus de fruit, elle aida d’ailleurs l’aubergiste à servir des boissons. Il y avait foule, ce soir, elle n’était pas de trop et, de toute façon, ravissait les clients. Telles étaient les deux facettes du monde de la petite Ein’, convaincue de la bonté des habitants, mais effrayée par la sauvagerie des Partisans. Bien qu’ouverte, elle ne pouvait se défaire de cette vision bipolaire. Peut-être parce qu’elle était beaucoup trop gentille… Peut-être, aussi, parce qu’elle n’avait que trop souffert de sa situation. Elle ne trouvait pas d’appartenance, ni chez les Partisans, ni chez les autres Wateriniens. Dans le fond, elle restait convaincue qu’elle était condamnée à rester seule, à errer.

    Ce n’était là néanmoins que des pensées enfouies profondément, qu’elle se dissimulait, dont elle avait à peine conscience. Aveugle à son propre désespoir, elle continuait de sourire, même aux plus odieux, seulement dirigée par son instinct de survis, guidée par une seule doctrine : ne pas devenir un monstre.

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Damon Claymore


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MessageSujet: Re: « Is there a reason, why a broken heart begins to cry? » [Damon]   Mar 27 Juil - 12:04

    Qu’allait-elle faire ? Comment allait-elle réagir ? Telles étaient les questions que se posait inévitablement Damon. Allait-elle interpréter sa réaction comme un signe de vie, de reconnaissance, comme un appel pour qu’elle vienne le voir ? Allait-elle être effrayée par tant de violence ? Car violent, il n’avait pas pu l’être, lors du bal. Elle l’avait retenu, empêché d’intervenir. Allait-elle l’ignorer tout bonnement ? Cela ne l’étonnerait même pas. C’était ce qu’il lui avait laissé entendre, non ? Qu’il ne voulait plus la voir, plus jamais, et qu’elle ferait mieux de l’éviter, de l’ignorer. Il se sentait alors ridicule. Pourquoi avait-il agit ainsi, pourquoi n’avait-il pas laissé causer cette mauvaise langue ? Et pourquoi, pourquoi éprouvait-il un tel serrement au cœur à l’idée qu’elle décide de l’ignorer totalement ? Lui tournant le dos alors qu’elle achevait sa chanson, il priait Uen pour qu’elle agisse de la façon qu’il le souhaitait. Le problème, c’était qu’Uen ne pouvait savoir comment il voulait qu’elle agisse puisque lui-même l’ignorait. Cette indécision avait le don de l’agacer prodigieusement tout en le mettant terriblement mal à l’aise. Et il voyait les dernières notes comme annonciatrices de sa sentence. Si seulement il était resté bien tranquille… Certes, il n’avait pas l’espoir qu’elle ne l’ait pas aperçu, mais tout de même : se doutait-elle des raisons qui l’avait poussé à agresser le pauvre idiot ? Ou alors, pensait-elle qu’il avait agit pour une raison quelconque et bien loin de la concerner ? Encore une fois, il ne savait pas quelle était sa solution favorite. Aucune des deux, peut-être. Oui, il aurait préféré qu’elle ne le voit pas manifester sa colère du tout, qu’elle soit ailleurs, ou lui, peu importait désormais. Il avait presque envie de s’enfuir, mais c’était trop tard… Et puis, n’importe quoi ! Damon Claymore ne fuyait jamais face à un péril, quel qu’il soit, même sentimental, pas vrai ? De toute façon, il allait bientôt savoir puisqu’elle avait cessé de chanter et qu’elle se déplaçait, il le sentait.

    D’un coup d’œil discret, il remarqua qu’elle était allée parler à l’aubergiste. Il fronça les sourcils. Elle allait sûrement lui demander ce qu’il s’était passé, non ? Bon sang… Il se demanda ce que l’aubergiste pu raconter à la jeune chanteuse. Non mais, ça n’allait plus ! Pourquoi se préoccupait-il autant d’elle ? C’était absolument ridicule… Oui, voilà, ne plus s’occuper d’elle, c’était parfait, il le lui avait dit, après tout, qu’il ne voulait plus la voir. Aussi comptait-il faire comme si de rien n’était, sauf que voilà… Bonsoir Damon ? Elle venait comme ça lui dire bonsoir, comme si de rien n’était ? Comme s’il ne lui avait jamais fait cet adieu regrettable ? Il ne savait pas ce qui l’agaçait le plus : qu’elle vienne lui parler bien qu’il ait fait clairement comprendre qu’il ne souhaitait plus la voir, ou la satisfaction subtile qu’il avait ressentie alors même qu’elle lui adressait la parole. Toujours est-il que le summum de l’agacement fut pour son éloignement. Elle venait, lui disait bonjour et se barrait comme ça ? Comme si de rien n’était ? Minute… N’était-ce pas ce qu’il voulait, après tout ? Toutes ces histoires lui prenaient la tête, inutilement à son avis. Il la suivit des yeux, et c’est quand elle accepta un verre de jus de fruit qu’on lui offrait qu’il décida de jeter toutes ses résolutions aux orties. Exit, l’adieu, le voilà qui se levait déjà, se dirigeait vers le comptoir ou elle sirotait tranquillement le jus de fruit offert par l’imbécile qui l’avait critiqué un peu plus tôt. Ne supportant pas ce fait, il se glissa avec une agilité déconcertante pour sa haute taille dans la foule, vers la demoiselle. Puis, l’air mécontent, il lui arracha littéralement son verre des mains, avant de le mettre en hauteur, trop haut pour elle, se servant de sa haute taille. Puis, le regard toujours aussi sec et la voix vibrant d’une colère contrôlée qui n’était nullement à l’encontre d’Einleen, il prit la parole, la fixant de ses yeux écarlates comme pour mieux imprimer le message à l’esprit de la charmante demoiselle aux yeux lunaires.


    « Ne bois pas ça. »


    Paranoïa, jalousie ? Peut-être un peu, sans qu’il s’en rende compte, mais c’était surtout la méfiance due à son métier qui le faisait agir ainsi. Il avait l’habitude de s’occuper des gens menacés de morts : du coup, il était rodé à une observation vive et son flair ne le trompait que rarement lorsqu’il trouvait quelqu’un louche. Hors, en plus de son animosité envers le petit imbécile qui l’avait dérangé il y avait à peine cinq minutes, Damon ne le sentait vraiment pas. S’il avait voulu, il aurait vérifié s’il n’y avait rien dans le verre dont il s’était emparé et qu’il gardait hors de portée de la demoiselle, mais en plus de penser ne pas en avoir le temps, il avait légèrement d’autres chats à fouetter. La demoiselle, une fois la surprise passée, serait très certainement frustrée des actes du rustre personnage qui venait de lui voler son verre, sans même le boire, alors qu’il avait prétendu ne désirer plus jamais la revoir, n’est ce pas ? Aussi demanda-t-il un jus de fruit à l’aubergiste, pour tenter d’atténuer la colère qu’il était susceptible d’avoir provoquée. Il n’espérait qu’une chose : qu’elle comprenne pourquoi il avait agit ainsi. Ah et, si elle pouvait ne faire aucun commentaire sur son adieu, ce ne serait pas plus mal, certes.
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MessageSujet: Re: « Is there a reason, why a broken heart begins to cry? » [Damon]   Sam 2 Oct - 15:59

    « Ne bois pas ça. »

    Hein ?
    Einleen battit des paupières, ne s’attendant pas à le voir si près.
    Une fois.
    Deux fois.
    Son regard passait de son verre, offert, hors de portée désormais et Damon, à l’air toujours aussi mécontent. Pourquoi diable avait-il fait cela ? Pour attirer les regards ? Et bien bravo ! Suite aux adieux, l’entrée en scène était des plus réussie. Non mais vraiment, tout le monde allait croire que… Que quoi, au juste ? La petite Einleen s’empourpra, et, les poings sur les hanches, s’emporta :

    « Je peux savoir pourquoi, au juste ? »

    On aurait dit une petite fille qui faisait un caprice, tant son air mécontent ne lui enlevait rien de sa douceur juvénile. Elle s’apprêtait à poursuivre avec quelques remontrances. Jaloux le monsieur ? Ou encore, peut-être qu’il avait décidé de lui pourrir la vie, aujourd’hui. Qu’en savait-elle, dans le fond… Mais aussi innocente pouvait-elle être, Einleen n’était pas idiote. Et un coup d’œil à l’homme qui lui avait offert son verre lui suffit pour comprendre qu’il y avait anguille sous roche. Elle lu dans sn regard et dans son attitude un mélange de crainte et de colère. Un jus de fruit…
    Son regard repassa sur Damon, qui contenait à peine son agressivité. À l’inconnu qui s’apprêtait à protester. Elle ne voulait pas d’éclat, pas encore. Encore moins une bagarre. Et certainement pas parce qu’elle s’était montrée trop naïve, une fois de plus. En fait, elle ne souhaitait qu’une soirée tranquille, posée. Un peu de calme. Elle voulait que le deuil se fasse en paix, autant que cela pouvait être possible en ces temps lugubres. Alors, poussée par une soudaine inspiration, elle saisit le bras de Damon de ses petites mains, et entreprit de l’entraîner à sa suite :

    « Puisque tu refuses de répondre, tu vas m’offrir une limonade à la place ! »

    Et sur ces paroles enjouées, elle lança un clin d’œil à l’aubergiste, soulagé, qui préparait déjà un plateau pour les consommations de l’étrange duo. Einleen se dirigea donc avec Damon vers une table dans la salle annexe, écartée du comptoir et de la scène. Si cette dernière s’avérait aussi remplie que le reste, les tables demeuraient séparées par divers paravents, plantes et décorations : c’était la salle qu’on utilisait pour manger tranquillement, mais quand le soir, le bar était plein, les gens avaient le droit de s’y installer. Une seule table demeurait inoccupée, et Einleen prit place, en espérant que Damon aurait la décence de ne pas rebrousser chemin, de s’esquiver en la laissant seule, affreusement ridicule et mal à l’aise. Mais il ne le ferait pas, n’est-ce pas ? Il n’était pas odieux… Du moins, c’était ce que son regard interrogatif inspirait alors qu’elle fixait le sombre garde du corps en espérant qu’il s’installât. Bon, d’accord, ils auraient plus l’air d’un couple qu’autre chose, mais tout de même… Ce grand gaillard ne devait pas avoir grand-chose à faire des apparences, si ? Qu’il se préoccupa de tels détails serait assez rageant, mais mignon. Si, si, je vous assure ! Einleen s’empresserait le de le taquiner, d’ailleurs, avant de se sentir offusquer de son comportement de rustre. Ah, que voulez vous…

    Enfin, il consentit à s’asseoir, après un moment de confrontation silencieuse. C’était qu’elle ne lâchait pas le morceau, la petite, à le fixer intensément. Pourquoi ? Mais pour qu’il ne fît pas de bêtise, pardi ! On ne pouvait décemment lâcher une bête sauvage et enragée sur un pauvre homme ivre, bien que ce dernier fût en tort. Einleen attendit que l’aubergiste qui les avait rejoint, eût fini de poser leurs verres sur la table, et qu’il fût reparti, avant de s’exprimer, d’un ton reconnaissant :

    « Merci de ne pas avoir fait de scandale… »

    Elle avait failli dire « de ne pas avoir fait plus de scandale », mais elle doutait que l’accuser des quelques remous dans la salle ce soir là fût une idée judicieuse pour abordée un ours tel que lui. Il fallait le ménager quelque peu. Après réflexion, elle se disait même que commencer la conversation en le remerciant n’était peut être pas plus malin, non plus. Elle se demandait quelle allait être sa réaction. S’il n’allait pas encore la malmener. Le malaise s’empara d’elle.
    Il lui avait dit adieu.
    Que faisait-il là, alors ? Pourquoi se trouvaient ils face à face, sur son lieu de travail ? Pourquoi était-il intervenu ? Le hasard ? La volonté divine ? Ou bien, un coup du destin, bon ou mauvais ? Elle ne savait si elle devait être ravie de sa présence, ou au contraire, furieuse de ses manières. Elle le connaissait si peu… Que dire ? Comment engager la conversation de manière spontanée ? Dans ses souvenirs, il était peu bavard. Alors, peut être allait-il se contenter de se taire, puis de partir.

    Pour dissimuler son trouble, elle attrapa son verre, prit la paille entre ses lèvres et laissait la boisson sucrée et bulleuse la distraire, comme une enfant émerveillée par n’importe quelle boisson. Malgré cela, son esprit alerte n’attendait qu’une seule chose : qu’il s’exprimât.

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Damon Claymore


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MessageSujet: Re: « Is there a reason, why a broken heart begins to cry? » [Damon]   Mar 12 Oct - 0:00

    Il garda la mâchoire serrée, après s’être emparé du verre de la demoiselle et lui avoir donné l’ordre de ne pas boire le contenu dudit verre. Bordel, mais que faisait-il ? L’adieu, ce n’était désormais même plus la peine d’y songer. Il la voyait, face à lui qui lui avait pourtant promis l’ignorance. Elle ne semblait pas des plus ravie : c’était un peu logique, en même temps. Car même si elle semblait être la douceur incarnée, il était normal qu’elle ait son petit caractère et que celui-ci se manifeste alors qu’un grizzly mal réveillé lui prenait son verre sans raisons apparentes et sans daigner le lui rentre. Et il jura intérieurement contre lui-même alors qu’énervée, son visage enfantin exprimant cette colère qu’il avait sciemment provoquée, il eut à réprimer le désir de tenter de la calmer. Il n’avait pas à s’inquiéter des sentiments de la demoiselle, encore moins de se sentir responsable de sa colère. Et puis, c’était de sa faute à elle ! La pauvre inconsciente ! Elle aurait dû faire bien plus attention. Elle ne devait surtout pas accorder sa confiance au premier venu, c’était d’une naïveté aberrante. Il suffisait, pour l’œil exercé de Damon en tous cas, de regarder cet homme pour se rendre compte qu’il n’était pas très net. Surtout maintenant qu’il le fusillait du regard. Damon ignorait parfaitement le projet de cet homme mais il avait vraiment un très mauvais pressentiment quand à ses intentions concernant l’adorable petite poupée de porcelaine, au visage si délicat. Et il ne put s’empêcher d’enrager lorsqu’il se rendit compte qu’il s’inquiétait de savoir si elle rentrait seule ou accompagnée. Il s’inquiétait, quoi ! Non mais fallait arrêter le délire, vraiment. Il ne pouvait se permettre de se faire du souci à propos d’elle, il avait déjà assez à faire entre ses problèmes personnels, son désir de vengeance et son implication dans la Résistance – sans compter les problèmes de ses clients, qui devenaient les siens tant que ceux-ci le payait. Non, vraiment : puisqu’il ne pouvait mettre en œuvre son adieu, elle serait une simple et vague connaissance. C’est beau d’y croire, Damon…

    Il n’avait strictement aucune envie de répondre à la demoiselle : tout ce qu’il souhaitait, c’était fondre sur le pauvre abruti qui le flinguait des yeux – ne vous en faites pas, il avait droit à un magnifique retour de balles – pour régler définitivement ses griefs avec lui. Mais elle semblait en avoir décidé autrement. Remarquant sûrement l’échange tueur, elle saisit brusquement le bras du garde du corps. D’ordinaire, il n’aimait pas vraiment les contacts physiques dont il n’avait pas l’initiative, qui lui inspiraient toujours une sensation de danger. Mais comment se sentir en danger alors qu’une demoiselle à l’air aussi angélique provoquait le contact ? C’était ridicule. C’était comme s’il s’était senti en danger parce que Megaré ou Misaki , deux gosses de la Résistance, lui avaient par mégarde touché le bras. Certes, c’était là différent puisque la demoiselle l’avait saisit en toute connaissance de cause, décidant visiblement de l’entraîner avec elle et réclamant une limonade. Elle le prenait pour Crésus ou quoi ? Certes, il était prêt à lui payer autre chose dès qu’il lui avait retiré son verre : néanmoins, le fait qu’elle le réclame en ajoutait encore à son agacement général. Illogique ? Je ne vous le fais pas dire, mais bon, on va éviter de contrarier un peu plus l’ours. Et puis, comme s’il était évident qu’il la suivrait, comme s’il n’avait que ça à faire que s’installer tranquillement à une table avec une simple connaissance sur laquelle il était tombé par mégarde en cette soirée – oui, très beau – elle sembla persuadée qu’il la suivrait. Le plus frustrant ? Il la suivit en effet. Il avait un honneur à maintenir, non le sien, mais celui d’un disparu. Un disparu qui s’était efforcé de lui donner la meilleure éducation possible. En souvenir de son père, il se devait de rester un minimum correct.

    Ainsi, il la suivit. Le climat d’intimité qui fut instauré entre eux, qui se retrouvaient donc bloqués entre plantes et paravents. Damon faillit faire remarquer avec son irritation continuelle qu’ils avaient l’air d’un couple, à chercher un peu d’intimité dans cette salle annexe. Pourquoi il ne le fit pas ? D’abord parce que tous ceux qui pourraient penser cela d’eux deux n’étaient certainement que des crétins – à l’avis de notre garde du corps, en tous cas – et qu’il ne fallait donc pas faire attention à leur avis. De toutes façons, quoi qu’ils pensent, il ne changerait pas sa façon de faire pour eux. Non, vraiment, c’était hors de question : il agissait comme il l’entendait, et tant pis pour les autres – bien qu’en réalité, le fait qu’il se préoccupe du fait qu’ils puissent tout deux avoir l’air d’un couple démontrait bien le contraire. Ensuite, il ne souhaitait pas en faire la remarque tout simplement parce qu’il tirait encore la tronche. Il serait donc préférable qu’il conserve cet air glacial et ce silence buté. Silence qui s’attarda un peu dans l’atmosphère, relativisé par le bruit des conversations alentours mais silence malgré tout. Il resta debout, tout comme elle. Alors qu’elle attendait certainement une réaction de sa part, son reste d’éducation faisait qu’il attendait que la demoiselle s’assoit la première. Et même après qu’elle fut assise, il demeura un instant debout : il n’était décidément pas à l’aise. Il ne savait pas ce qu’il faisait là. Il était très tenté de s’en aller, de partir, de la laisser seule avec sa limonade qui finirait par arriver. Mais, mû par un sentiment qui le dépasser, l’ours s’assit à son tour. Mais que faisait-il, bordel ?

    Les consommations arrivèrent : Damon décida de boire quelques gorgées de son alcool histoire de faire passer une absence de réponse comme à peu près naturelle. Elle le remerciait de ne pas avoir fait de scandale. Pfeuh. Il ne faisait JAMAIS de scandale. Pardon, ses disputes fréquentes et plus ou moins violentes ? C’était des discussions tout à fait justifiées. Alors que la notion de scandale sonnait comme de la futilisé à ses yeux. Certes, on peut dire que certains sujets sur lesquels il s’énervait aisément n’étaient parfois importants qu’à ses yeux, que tout n’était qu’une question de subjectivité : mais tant que ça lui paraissait justifié, il ne changerait pas sa façon d’agir. Il reposa son verre, attendit un moment : oui, il aurait été facile de se lever et de s’en aller, après avoir fini son verre cul sec. Mais à la place, glacial, il prit la parole.

    « … Je suis garde du corps. »

    Non, vous ne rêviez pas. Il donnait une information, assez précise en plus, sur lui. En fait, et il se trouvait on ne peut plus stupide à l’instant même où il avait prononcé ces quelques mots qu’il ne désirait qu’effacer de la mémoire de la demoiselle. Il ne faisait que continuer la conversation qu’ils avaient eut lors de la soirée d’Halloween, en fait. Et il ne comptait pas faire de trop gros efforts supplémentaires.
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« Is there a reason, why a broken heart begins to cry? » [Damon]

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